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Poésie classique
Hananke : Mon Jura
 Publié le 16/10/15  -  20 commentaires  -  2041 caractères  -  392 lectures    Autres textes du même auteur

À La Vieille-Loye, tombeau de mes ancêtres et de mes souvenirs.


Mon Jura



Croissant lunaire au dos de la France gravé,
Plissement déployé comme une parenthèse,
Le Jura, vieux terroir et paradis rêvé,
A su garder l’aspect de son orogénèse.

Tout paraît reposoir, apaisement, sommeil
Mais, s’enfuyant d’un rein telle une outre percée,
La vie ombreuse tend, par l’eau vive au soleil,
Vers le sud ou le nord sa fraîcheur expulsée.

En joyaux d’ornements qu’un orfèvre a semés
Les lacs dans leur écrin de verdure et feuillage
Rutilent sous l’éclat des astres étamés
Ou s’endorment fumeux quand la brume voyage.

Et les crêts dans le ciel semblent se déplacer
Sous l’élan de vapeurs aux errances contraires,
Comme ces grands bateaux que l’on voit avancer
Dont les sapins feraient les voilures agraires.

Le vert, éclaboussé jusqu’au moindre détail,
Forêts toques des monts et pelouses soutanes,
S’étend pour le plaisir de l’œil en éventail
Où tranchent, semaison, des taches alezanes.

Assises dans la côte et ses amples pâtis,
Les fortes Simmental ou les Montbéliardes
Ruminent en hochant des fronts appesantis
Par l’alourdissement de clarines geignardes.

Sonnez ! Sonnez ! Sonnez ! Cloches du souvenir,
Célébrez dans la joie une de mes attaches,
Ce concert obstiné me force à rajeunir :
Certains vibrent au son des mers et moi...les vaches !

J’aime redécouvrir cet éden virginal
Et tendre qui berça mes heures enfantines,
Il est si peu changé par le cortège annal
Que harpe il fait frémir les brins de mes racines.

Je me revois sorti d’un roman de Clavel
Où l’on goûtait, là-bas, au bon pain de Marie ;
Mes vacances portant un effluve éternel
De gerbe qui jamais ne serait défleurie.

À l’heure d’aborder les domaines obscurs,
Je voudrais retrouver mes pas d’adolescence,
Être ce montagnard qui gravit les cieux purs
De son Jura paré de charme et d’innocence.


 
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   Anonyme   
29/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
On croirait survoler la région en compagnie de Yann Arthus Bertrand tant les images sont belles.
Premier survol : la forme des montagnes : un croissant, comme une parenthèse.
En plan rapproché apparaissent les miroitements de l'eau vive et les lacs que la brume laisse parfois entrevoir, et un patchwork de couleurs mêlant le vert aux teintes alezanes.
L'on perçoit en se rapprochant encore, les beaux ruminants qui peuplent le décor.
Tout respire la quiétude, et à présent, la joie du souvenir. Car le poète maintenant exprime son amour pour sa région. Souvenirs d'enfance, recherche de ses racines, sensation rassurante de constater que rien n'a changé, nostalgie et regrets de ne plus pouvoir, à cause de l'âge, arpenter sa chère montagne.

C'est un très beau poème. Comme vous le dites, chacun a ses points d'attache. Pour les uns, c'est la mer, pour d'autres la montagne. Mais l'attachement est le même, et le désir de s'y replonger aussi, surtout si la vie nous en a séparés. Le retour aux sources est un appel irrésistible.

Quelques remarques :
le mot orogenèse, bien qu'il ait le mérite de rimer avec parenthèse, ne m'a pas semblé très poétique.
Ce vers :
Certains vibrent au son des mers et moi...les vaches !
dont la syntaxe me parait douteuse
annal... oui, j'ai bien vu qu'il y avait deux n, mais le mot n'est pas très joli, à cause de ce à quoi on ne peut s'empêcher de penser
Que harpe... difficile à prononcer, et je crois qu'il faudrait une virgule après harpe.
Je n'ai pas vérifié la prosodie car ce n'est pas ma spécialité.
Merci de nous rappeler Clavel que j'ai lu il y a des années.

Je ne relève pas toutes les belles images qui font la richesse de ce poème que j'ai beaucoup aimé.

   Curwwod   
30/9/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quel joli poème très réussi quant à sa construction, quoique je reste parfois réticent devant le manque de naturel de certaines tournures conditionnées par les exigences propres à ce genre. Les règles ici me semblent observées rigoureusement sans nuire outre mesure à l'harmonie de l'ensemble
Ce poème, construit en deux parties dont la première donne à voir un paysage pittoresque, coloré, sonore, éclatant de lumière parfois, parfois voilé de brumes, et dont la seconde plus intime révèle les sentiments tendres du poète pour son cher pays natal, baigne dans une atmosphère de douceur, de mélancolie qui touche le lecteur et le plonge dans ses propres souvenirs d'adolescence. Le tout est toutefois émaillé de quelques sourires qui ne nuisent en rien à la poésie de l'oeuvre.
"Certains vibrent au son des mers et moi...des vaches.
C'est très réussi. J'ai beaucoup aimé.

   Vincendix   
1/10/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un bel hommage à cet superbe massif qui offre aux visiteurs un panel de paysages différents et remarquables, ce qui est parfaitement décrit dans ce texte. Les souvenirs d'une enfance heureuse dans ce coin de France nous sont offerts sur un plateau. L'inspiration est facile pour celle ou celui qui a vécu ce bonheur, encore faut-il la mettre en scène et c'est parfaitement réussi. Je vois ces montagnes avec ses pâturages où évoluent de paisibles ruminants sonneurs de cloches, puis les forêts de grands sapins, les lacs et les crêts couverts d'une calotte de neige.
Bernard Clavel nous a fait connaitre la vie des courageux Jurassien(e)s, vous ravivez mes souvenirs littéraires.
Pour revenir à ce poème, c'est une véritable déclaration d'amour et je la comprends.

   papipoete   
16/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
tel un guide suranné, nous suivons les méandres des lignes qu'un parchemin très ancien a tracées, pour illustrer ce beau pays qui n'a pas changé depuis la nuit des temps. Il sait pourtant se faire caméléon avec le bleu de ses lacs, le vert de ses forêts, le brun de sa terre. Il peut être bruyant, mais de ces bruits qu'on aime, tel le vent dans les sapins, et le tintement des clarines au cou des vaches.
Qui n'aurait point à cette lecture, l'envie dans les pas de Clavel, d'arpenter ce fameux coin de France où l'auteur " recherche ses pas d'adolescence? "
le 5e vers est superbe, mon préféré.
Je vois au risque de me tromper quelques bémols;
le 16e vers compte 13 pieds
le 22e vers compte 11 pieds
le 25e vers compte 10 pieds
édition:mille excuses au poète qui me comprendra, suite à ces fautes techniques imaginaires ( dont montbéllardes avec la diérèse )
je me demande si je suis encore apte à commenter à l'aveugle! Je suis désolé

   Mona79   
16/10/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Très beau Hananke, ce Jura, où je ne suis jamais allée, mais que je découvre au travers de de votre poésie si évocatrice. Les deux premiers vers annoncent le décor : les lacs, les forêts et les crêts. J'ai fait une belle promenade au son des clarines pendues au cou des vaches et j'ai relu Clavel dont les livres ont enchanté mon esprit (je les ai tous et les relis encore avec le même plaisir). Vous m'avez replongée dans ce Jura dont je goûte le vin jaune, toujours avec le même plaisir. Merci pour ce partage.

   leni   
16/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Hananke
je me présente Leni le Belgicain qui a fit plus d'un fois son tour de FRance Ton titre évoque La péniche le vin jaune et l'arbois j'ai sillonné tout le parcours que tu décris Et bien sûr ton poème a une âme C'est ce que j'ai aimé Tu es mon routard poétique MERCI

Ce concert obstiné me force à rajeunir :
Certains vibrent au son des mers et moi...les vaches !

ET LE BON PAIN DE MARIE
je t'avoue avoir consulté plusieurs fois le Net

Merci à toi pour ce voyage

MoN salut cordial LENI

   cervantes   
23/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très belle et émouvante évocation de ce Jura que je connais peu mais que je visite grâce à vous.
Il y a du Lamartine en vous et le lac du Bourget rutile dans ceux du Jura.
Quelques bémols déjà mentionnés:

Le vers 16 ne fait que 11 pieds. Édit: erreur le vers 16 fait bien 12 pieds. Pardon
Par contre pour moi, les vers 22 et 25 font bien 12 pieds.

Je n'aime pas trop non plus "Que Harpe il fait frémir".

Et comme dans tout poème "romantique", les sentiments se marient à la nature, comme si bien exprimé dans la dernière strophe.

Merci pour ce partage. Je penserai à votre poème si mes pas me mènent dans votre Jura chéri.

   myndie   
16/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,

pour une nordiste qui a connu, enfant, ses plus beaux souvenirs de vacances dans le Jura, votre poème a le goût du poulet au vin jaune, l'odeur des champignons qui se cachent dans les sous-bois, le son des clarines au cou des vaches quand, de leur pas dolent, elles rejoignent leur étable le soir...

Je n'y suis pas retournée depuis longtemps mais votre plume m'a fait retrouver intacte la beauté profonde des lacs quand le regard y plonge du haut du Pic de l'aigle, cette verdure que vous décrivez si bien
"Le vert, éclaboussé jusqu’au moindre détail,
Forêts toques des monts et pelouses soutanes,"
et toute la plénitude que cette région, belle et généreuse, sait offrir à qui l'aime.
Comme vous, j'ai vibré aux récits de Clavel (il me revient en mémoire une nouvelle en particulier "meurtre sur le Grandvaux")


Bref, je retrouve tant de choses dans vos vers que je n'ai pas envie de m'appesantir sur la forme et la prosodie. Tout simplement parce que, classique ou de forme libre, un poème riche de tant d'émotions est un poème réussi.
Merci encore pour cette lecture

myndie

   Francis   
16/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Dans chaque strophe, le lecteur entend les vibrations du cordon ombilical qui relie l'auteur et sa région. Dans ce poème, je retrouve les décors que j'ai aimés dans la région de Morteau. J'y suis allé à trois reprises durant les vacances de février ou de pâques. J'aime tout particulièrement la quatrième strophe. Ces vers ont ravivé de beaux souvenirs. Merci.

   PIZZICATO   
16/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un superbe poème qui fait bien ressentir l'attachement de l'auteur a sa région.
Je n'ai jamais eu l'opportunité de visiter cette contrée qui a la réputation d'être l'une parmi les plus belles de notre pays. Alors je l'ai visité au fil des images de ce texte magnifique.

   Anonyme   
16/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Hananke et merci pour cette balade au cœur du Jura, une des rares régions françaises que je ne connais pas du tout... Une virée très bucolique et très bien guidée. Ecriture sans problème comme d'hab... à l'exception de ce vers :
Certains vibrent au son des mers et moi...les vaches !
Ne serait-ce pas plutôt... des vaches ?

Une lecture plaisante pour laquelle je te remercie vivement !

   ikran   
17/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir,

superbe poésie pour le Jura, superbe lui aussi. On commence dans l’œil du poète, loin au-dessus de la terre. Puis le regard peu à peu parcourt, découvre et goûte l'ensemble, comme une main la peau d'un être cher.


Merci et bonne continuation,

Ikran

   Ioledane   
17/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce poème est écrit avec un vrai souffle et porte en lui beaucoup de richesse : celle des images employées, du vocabulaire utilisé, mais aussi celle d'un passé, de l'amour pour ce terroir.

J'aime en particulier les lacs qui "s’endorment fumeux quand la brume voyage", le vert éclaboussé, les taches alezanes, les vaches qui "Ruminent en hochant des fronts appesantis".

J'apprécie moins "Que harpe il fait frémir les brins de mes racines" (pas très gracieux à mon goût) et "les vaches" du 7ème quatrain : ne serait-ce pas plutôt "des vaches" ? Ce vers me semblerait beaucoup plus 'jubilatoire'.

Après, l'exercice est nécessairement assez hagiographique (c'est un peu la loi du genre) et non exempt de passages plus convenus ; ces derniers sont néanmoins assez discrets pour faire de l'ensemble une belle réussite.

   Pimpette   
17/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'arrive vraiment tard et je n'aime pas ça!
Pardon!

"Tout paraît reposoir, apaisement, sommeil' c'est mon vers préféré....en le lisant, je me sens tout bien...toute reposée...

Mais comme toujours, c'est parfait. Tu es sans doute un de nos plus doués et ton classicisme ne gêne pas...pourquoi? sans doute carton travail n'est pas laborieux, si j'ose dire...

   emilia   
17/10/2015
Un hommage mérité à cette terre natale qui a su vous charmer et que vous avez eu la chance de découvrir dès l’enfance ; son décor où puisent vos racines reste à jamais gravé dans votre mémoire et c’est un grand plaisir que de le découvrir sous votre plume qui nous sert de guide, un lieu prédestiné semble-t-il puisqu’il appartient à la Communauté de communes du « Val d’Amour » : un bien joli nom propice aux enchantements et à la poésie qui vous habite…

   LEO-P   
18/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci pour ce beau poème. Les descriptions sont riches, la prosodie parfaite, les tournures variées, les images soignées, les rimes originales et le vocabulaire riche.

J'ai aimé beaucoup de choses, notamment l'emploi du terme "orogenèse", les strophes 3, 4, 5, 8 et 10 (même si toutes me plaisent) et le travail accordé à l'immersion du lecteur dans cet univers pittoresque.

   Anonyme   
18/10/2015
Bonjour Hananke
Ces quatrains impeccables donnent envie de découvrir cette région.
On sent sous ta plume ton attachement à ton pays natal.
Je le comprends d'autant mieux que j'éprouve le même sentiment pour le mien.
merci Hananke et bravo

   Anonyme   
20/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Des quatrains sublimes et impeccables qui servent un langage on ne peut plus poétique : celui de la nature dans toute sa splendeur.

Votre Jura est vraiment sublime ; un grand bravo !

Bien à vous,

Wall-E

   Cristale   
21/10/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Hananke,

Je découvre avec ravissement une toile poétique tissée de vos mots aux couleurs magnifiques de votre Jura que vous décrivez avec amour et élégance. Je ne vois pas vraiment une nostalgie douloureuse de l'auteur mais plutôt un regard attendri sur les paysages et les souvenirs de son enfance.

L'espace d'une lecture, j'ai vu vos forêts, vos lacs, vos cimes dans la brume et ce vert infiniment vert...Tous les quatrains sont beaux, celui-ci entre-autres :

Et les crêts dans le ciel semblent se déplacer
Sous l’élan de vapeurs aux errances contraires,
Comme ces grands bateaux que l’on voit avancer
Dont les sapins feraient les voilures agraires.

J'admire la grande fluidité de vos vers ainsi que vos rimes, tout cela coule à la perfection et fait honneur à la poésie classique telle que je l'entends.

Quant à la technique, j'ai plus (+) à apprendre de vous et de vos confrères que le contraire alors...
Merci Hananke.
Cristale

   Anonyme   
6/10/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Hananke

En ce moment je remonte le fil des poésies classiques. J’aime bien fouiller le fond des tiroirs :) , j’ai cliqué sur vos publications et j’ai suivi les plumes. J’ai lu beaucoup de vos poèmes et là je crois redécouvrir Lamartine tant vos tableaux sont plus imagés les uns que les autres. Pour moi, c’est un de vos meilleurs crus. Juste un petit détail, simple déformation professionnelle : le superbe quatrain avec aux « voilures agraires » : bon, je sais en poésie tout est soi-disant permis et je pinaille, mais les arbres feraient les voilures sylvestres. Quelle rime trouver pour contraires ? Pas évidente. En tout état de cause, ce poème est peut-être le plus romantique que j’aie vu jusqu’à présent sur ce site.

C’est du grand art


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