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Poésie néo-classique
Hananke : Nous deux
 Publié le 26/06/14  -  13 commentaires  -  1447 caractères  -  244 lectures    Autres textes du même auteur

2013 – Pour nos quarante ans de mariage.


Nous deux



Chère, t’en souvient-il du temps des amourettes,
Alors que je prenais dès l’école ta main
Pour, aux Petits-Jardins, cueillir les pâquerettes
Ou… plutôt sur ta bouche en baisers le jasmin ?

C’était l’hiver, malgré la pluie ou la froidure
Qui nous accompagnait, guides inopportuns,
Je trouvais la chaleur sous ta cape en fourrure
Et pâmé respirais dans ton cou tes parfums.

Le banc, hôte de tant d’idylles anonymes
Et complice muet des serments éternels,
Nous réservait ses soirs : les murmures intimes
Se mêlant à nos corps dans leurs élans charnels.

Ce qui, par la jeunesse, instable et courte flamme,
N’aurait pu devenir qu’une aube sans éclat,
Se mua lentement : lorsque tu devins femme,
Au foyer de nos cœurs l’amour étincela !

Et l’ardeur ne fut point comme une régalade
Qui se consume vite et sans chaleur, ses feux
Posèrent sur nos chairs les mots d’une ballade
Dont nous chantons toujours l’envoi voluptueux.

Car après quarante ans d’existence commune
Et deux fruits féminins mûris sur le chemin
De nos étés, je suis l’océan, toi la dune,
Côte à côte l’on reste et ce jusqu’à demain.

Alors que nous passons dans le bois de l’automne,
Que le froid se profile à l’horizon blafard,
À l’abri de ta vie encor je m’abandonne
Et te dis simplement que je t’aime, sans fard.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   RB   
28/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Quelle sincérité et du travail sans aucun doute. Cela me donne un peu l'impression d'écouter une chanson sortant d'un vieux grammophone. Je n'en conteste aucunement la qualité, d'où mon appréciation.

   Miguel   
14/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Au premier vers, il faut "te" au lieu de "t'en", car "en" fait redondance avec "du". De jolis vers, élégants et mélodieux, avec quelque chose des élégies de Rosemonde Gérard.
Le vers 24 est plus faible ; le "on" au lieu de "nous" manque de classe ; le "côte à côte" n'a pas lieu d'être ainsi inversé, il aurait plus de force à la césure ; et le "et ce" est très lourd aussi, très prosaïque ; et pourquoi seulement "jusqu'à demain" ? On vous en souhaite davantage.
En revanche, une mention spéciale "très bien" pour la strophe du banc.

   newman   
15/6/2014
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
bonjour,
cette déclaration d'amour aurait pu être plus intimiste et plus débordante d'amour si vous l'aviez exprimée avec une poésie plus chaude et mieux construite.

des vers pris au hasard:et l'ardeur ne fut point comme une régalade
car après quarante ans d'existence commune
je te dis que je t'aime sans fard.

tout cela ne m'a pas paru très poétique.
donc une réécriture à mon avis s'impose.

   Alexandre   
26/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke... J'ai beaucoup aimé cette déclaration d'amour après quarante ans de vie commune. Votre épouse a beaucoup de chance, vous aussi bien entendu !
De très jolis vers, quelques autres qui pourraient sans doute être améliorés, mais je ne veux pas faire l'autopsie d'un texte écrit avec le cœur. Ce que j'ai surtout ressenti au cours de cette lecture, c'est la sincérité qui s'en dégage du début au vers final...
Bravo pour le texte et ce parcours en commun que je vous souhaite encore très long à tous les deux.

   leni   
26/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke
Ce poème est écrit à plume affective Quelle belle richesse sentimentale
ET dire que Brassens a écrit "Bancs publics" sur un autre ton Je trouve que ce poème est écrit dans un joli moule "il n'y a rien à jeter" La sonorité me plait

De nos étés, je suis l’océan, toi la dune,
Côte à côte l’on reste et ce jusqu’à demain.
Ce sont mes deux vers préférés

Merci pour ce moment fort agréable

Salut cordial Leni

   Lyl_mystic   
27/6/2014
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je n'aime pas quand on décrit des sentiments au lieu de les faire ressentir, je ne sais pas à quoi cela tient, à un point de vue/éclairage extérieur/intérieur. Comme déjà évoqué, je trouve que l'ensemble manque de sentiments personnels, ici j'ai presque l'impression de lire une épopée, et le tout me parait bien artificiel. Il n y a que la dernière strophe et surtout le dernier vers qui me plaisent vraiment, et surtout le "sans fard", c'est tout à fait ça. La première strophe n'est pas désagréable non plus.

   TOTO   
26/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut c'est TOTO

Bigre ! quarante ans de mariage, il y a bien longtemps
que la femme à TOTO s'est barrée !
Beau pastiche des amours antiques dans le premier vers
avec un air de monsieur le conte, la bouche pincée.
Georges et ses fameux bancs publics a du passer dans la tête de l'auteur.
Enfin, bravo pour cette longévité que TOTO n'atteindra jamais.

   Francis   
26/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Les amoureux de Pénée ont parcouru, main dans la main, un beau et long chemin. Nul besoin d'artifices pour souligner la présence de
l'amour qui demeure entre ces deux êtres. Je leur souhaite de nombreux crépuscules à contempler encore, blottis l'un contre l'autre. J'aurais aimé écrire ces vers pour celle qui m'accompagne aussi depuis quarante ans !

   Beaufond   
27/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je suis heureux de vous lire ainsi Hananke. Souvent, je vous lis pour des thèmes inédits qui, je crois, vous forcent à des acrobaties littéraires peu sûres. Vous écrivez là avec un égoïsme merveilleux (vous écrivez pour Elle, pas pour Eux).

"Alors que nous passons dans le bois de l'automne" est un vers dont la syntaxe sereine laisse passer tout l'étrange du propos, j'y sens une profondeur effrayante et j'y veux pénétrer.

La fin sans fard cache un beau propos mais le farde. Je ne crois pas que préciser "sans fard" soit vraiment nécessaire ; c'est comme accrocher du vent à des plumes avant de lancer un oiseau dans les airs : attentionné, mais inutile.

Il y a de nombreux vers emplis d'élégance que je ne relève pas, parce qu'ils baignent dans un poème tout de beauté — il n'y a pas vraiment de vers creux faisant ressortir les vers pleins, les mots coulent dans un même cours gracieux.

N'hésitez pas à écrire d'aussi beaux vers Hananke, n'ayez pas peurs des grands thèmes ; votre écriture est fine, il serait dommage que vous l'épuisiez à décrire tous les végétaux ("Les lilas", "La vigne-vierge") et toutes les fêtes ("Toussaint", "Les beaux hivers"), il serait dommage que vous couriez après une autre originalité que celle que vous possédez déjà (L'esthétique du Parnasse vous plaît-elle réellement ? "Spleen météo", "La déprime", ne préféreriez-vous pas que l'on garde de vous les beaux vers de "Nous deux" ?). Je sais que les petits poèmes amusent beaucoup et que les sujets sociaux agitent même ceux qui n'aiment pas le vers, mais je vous préfère largement dans cette manière égoïste, vous exprimant au plus beau et non au plus plaisant.

Je vous veux lire encore.

   Robot   
1/7/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je me suis laissé conduire agréablement sur le parcours de ces vers jusqu'aux deux très beaux quatrains qui achèvent le texte.

   merseger   
4/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une bien belle écriture, très maîtrisée au service d'une tendresse profonde et partagée qui se développe tout au long de 40 années pour fleurir aujourd'hui. C'est une sorte de bilan, et pourtant ce n'est pas une fin. On sent tant de sincérité que l'on est bien obligé et de vous envier et de vous souhaiter que cet attachement digne des plus belles scènes de notre littérature dure encore longtemps, longtemps, longtemps...

   Ellon   
15/8/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
ho ! Quelle déclaration... tout simplement superbe. Ecriture soignée, bien tournée, bien pensée. Que dire de plus ! Tout est là...

Ellon

   jfmoods   
24/5/2015
Le pronom cataphorique (« t'en », « du temps »), secondé par le présent d'énonciation, appuie sur l'émerveillement premier de l'évocation. L'imparfait berce les trois premiers quatrains. Passé simple et présent prennent doucement le relais. Accentuée encore par la diérèse (« voluptueux »), une certaine prégnance des sens s'impose (toucher : « je prenais... ta main », goût : « sur ta bouche en baisers », odorat : « dans ton cou les parfums », ouïe : « murmures intimes », « nous chantons »). Le jeu de suffixation (« amourettes ») s'avère donc trompeur sur les véritables enjeux de la relation, mis à jour dans la quatrième strophe (conditionnel passé assorti d'une négation : « n'aurait pu... que », métaphore : « le foyer de nos coeurs ») et entérinés dans la sixième (marqueur temporel : « après quarante ans », métaphore : « deux fruits féminins mûris »). Si, au gré des métaphores des deux dernières strophes (« le chemin / De nos étés », « le bois de l'automne »), un paysage état d'âme se déploie, signalant l'avancée irrémédiable de l'âge, la complicité demeure, la complémentarité du couple reste totale (parallélisme : « je suis l'océan, toi la dune »).

Merci pour ce partage !


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