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Poésie classique
Hananke : Pénitence hivernale
 Publié le 03/02/15  -  15 commentaires  -  1142 caractères  -  276 lectures    Autres textes du même auteur

Le vent froid de la nuit souffle à travers les branches
Et casse par moments les rameaux desséchés ;
La neige, sur la plaine où les morts sont couchés,
Comme un suaire étend au loin ses nappes blanches.

Leconte de Lisle


Pénitence hivernale




Adieu soleil, bonjour tristesse,
Passe le chemin de janvier
En déposant sur le gravier
Ton amertume et ta rudesse.

Le sol, sous son duvet d’hiver,
Toutes les feuilles sont tombées
Pauvres victimes des flambées,
Est ennuyeux comme une mer.

Tel un cheval à l’attelage
L’espace fume par les bois,
Les brouillards, couvercles de voix,
Paralysent le paysage.

Le blême azur avec ses fards,
Figure de Pierrot lunaire,
Veille en silence mortuaire
L’aspect cadavérique épars.

L’existence quitte la Terre
Et même si l’arbre des nuits
Est illuminé par ses fruits,
Il n’a plus d’yeux à satisfaire.

Pâle désert enveloppeur,
Demeure de la solitude,
Ma Muse par ingratitude
S’est abîmée en la torpeur.

Ô temps mauvais de subsistance
Figeant mes fugues de rêveur,
Le ciel est morne et sans saveur
Pendant ma longue pénitence ;

Et là, comme dans un caveau
De sépultures hivernales,
Je vis des heures marginales
En attendant le renouveau.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   socque   
9/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Rien de bien neuf à mon avis dans ce poème, mais j'en apprécie l'expression assurée, ferme et claire. Un bémol pour moi sur le deuxième quatrain où l'incise que constituent les deux vers centraux gagnerait (à mon avis) à être placée entre tirets plutôt qu'entre virgules : je pense que cela éclairerait la structure de la phrase. Telle quelle, j'ai attendu le verbe de la principale à chaque nouveau vers ; avec des tirets, j'aurais tout de suite su qu'il fallait attendre la fermeture de l'incise. Bon, c'est un détail.

Sinon, j'aime bien les images évoquées, le duvet d'hiver, l'espace qui fume, le brouillard couvercle, les heures marginales. Les associations de mots choisies m'ont paru à la fois légèrement décalées et évocatrices.
L'ambiance funèbre est efficacement rendue je trouve, le mouvement du poème me paraît net... Rien de bouleversant pour moi, je le répète (et faut-il vraiment que la Muse se pointe, même abîmée ? Malgré la nécessité de la biodiversité, je vais finir par militer pour l'extension de la période de chasse de ces bestioles), mais de l'ouvrage solide à mon avis.

   Curwwod   
13/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est un poème assez inégal où le très bon côtoie le laborieux (L’aspect cadavérique épars ?). Certains quatrains souffrent d'une construction un peu trop forcée pour que les exigences de la catégorie choisie soit respectées
(Le sol, sous son duvet d’hiver,
Toutes les feuilles sont tombées
Pauvres victimes des flambées,
Est ennuyeux comme une mer.)
Très descriptif ce poème fait pourtant une place aux états d'âme de l'auteur parfaitement en harmonie avec le climat désolé qu'il a su créer. Je le raccoucirais peut-être pour le densifier. Certains détails n'ont qu'un intérêt limité.
(Tel un cheval à l’attelage
L’espace fume par les bois,
Les brouillards, couvercles de voix,
Paralysent le paysage.)

   papipoete   
14/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
l'Hiver n'est pas votre saison préférée, car vous ne lui trouvez aucun attrait. Tout n'est que tristesse et "l'existence quitte la terre". Dans "votre caveau de sépultures hivernales, vous attendez le renouveau".
Il n'empêche que votre récit est magnifique et riche d'illustrations:
"tel un cheval à l'attelage, l'espace fume par les bois"
"le blême azur avec ses fards, figure de pierrot-lunaire..."
et les vers courent, coulent comme une feuille morte emportée sur l'eau vive d'un ruisseau.
Personnellement, l'Hiver peut être morne, mais aussi embellir la moindre forme; de neige une statue ou une épave rouillée; de glace muer une cascade en grandes orgues. Je peux me réjouir de regarder mésanges, pinsons, verdiers picorant la nourriture que je leur donnai.
Une remarque technique sur la rime (terre/satisfaire) en classique est-elle acceptée?

   funambule   
3/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Est-ce volontaire par moments ce style (presque) télégraphique qui double le sens d'une invisible énumération... ou serais-ce simplement mon propre imaginaire happé par l'ambiance extrapolant frileusement d'autres mots sous le manteau des premiers. Un poème de perception s'appuyant sur le visuel généreux et aride, semblant érigé sur le paradoxe d'images simples convoquant d'étranges sensations. Comme nous l'oublions parfois parce que la "rapidité", le ressenti du corps souligne le regard, lui confère l’acuité. Pas sur que mon commentaire ne rende justice au lyrisme sobre de ce poème. Il me plait, simplement pour le ressenti qu'il procure.

   Francis   
3/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Chaque quatrain suggère un beau tableau hivernal : "l'espace fume, duvet d'hiver, brouillards couvercles..." Ce spectacle donne naissance aux sentiments de mélancolie, solitude, torpeur...
Les deux derniers vers annoncent les perce-neige dans leur bustier nacré.

   Michel64   
3/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Visiblement vous n'aimais pas l'hiver et l'exprimais bien dans ce joli poème.

De très belles images comme :

"Tel un cheval à l’attelage
L’espace fume par les bois,"
ainsi que tout le dernier quatrain.

D'autres qui me plaisent moins comme :

"L’aspect cadavérique épars."
ou "Pâle désert enveloppeur"

Mais l'ensemble dégage une tristesse très poétique, qui bien que ne correspondant pas à ma vision de l'hiver, ne m'a pas déplu.

Au plaisir de vous relire

Michel

   Anonyme   
3/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Hananke... Joli poème classique quant à la forme comme à l'idée que l'on se fait de l'hiver...
Chaque quatrain est fort bien tourné et j'ai un faible pour le tout dernier qui clôt de belle façon ce poème de saison et pourtant... voici quelques photos prises ce matin d'un hiver breton qui viennent "tempérer" un peu l'ambiance un peu tristounette de ton poème...

https://www.facebook.com/jeanclaudealexandre

Merci pour cette agréable lecture.

   Cyrill   
3/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Hananke.
J'ai lu de beaux vers, simples et élégants, je dirais même empreints de coquetterie.
Malgré la pénitence dans laquelle tu sembles souffrir, l'hiver a su t’insuffler sa poésie, et t'inspirer des mots qui ma foi, me correspondent assez.
Je n'ai pu cependant aller jusqu'à ressentir l'ennui pour cette saison. La mélancolie, oui, et aussi un certain plaisir à rester encore un peu entre ces parenthèses.

Les deux derniers quatrains m'ont particulièrement plu.

Merci !

   leni   
3/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
un poème dont le sujet est recurrent mais fort joliment traité Chaque quatrain est autonome c'est bien construit Un peu nostalgique

j'aime cette finale en renouveau

Et là, comme dans un caveau
De sépultures hivernales,
Je vis des heures marginales
En attendant le renouveau. Très agréable moment salut cordial Leni

   Disciple   
3/2/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le propos est entendu, certes; une image est particulièrement approximative :
« Couvercles de voix » : on pense aussitôt à un couvercle « fait » de voix ; on finit par comprendre ce que vous voulez dire, mais non sans penser que c’est un peu tiré par les cheveux, quand même.
Une autre est particulièrement obscure :
« Et même si l’arbre des nuits
Est illuminé par ses fruits »
J’avoue que je me suis demandé si vous vouliez parler du ciel nocturne et de ses étoiles ou… d’un sapin de Noël ! Bien que j’aie penché en définitive pour la première hypothèse (mais avec un léger doute tout de même, encore…)
Du coup, l’attention portée à l’état du ciel dans le poème me paraît un peu trop longue, un peu trop rabâchée : pas moins de quatre strophes, sur les huit, si j’excepte la première qui fait allusion au soleil…
Enfin, la pénitence ne me semble pas une épreuve si terrible que cela, même : plus un ennui teinté de douce mélancolie qu’un spleen à la Baudelaire : on vous envierait presque !

Voilà tout ce que j’inscris en contre, pour mon compte (même si je pourrais rajouter qu'il ’est vrai que des tirets d’incise, à la deuxième strophe étaient plus indiqués que les virgules) par rapport à ce poème.

Mais l’ensemble est raffiné, délicat, tout en étant riche d’images et solidement construit, et cela, sur ma balance, l’emporte sans contredit. Un bien charmant poème, en somme…

   jfmoods   
3/2/2015
J'appuie la remarque de Socque concernant une plus grande pertinence des tirets dans la seconde strophe. Du reste, pour accentuer la fluidité de l'ensemble, je suggère des virgules à la fin des vers 6,9 et 25.

Si la thématique n'est pas franchement originale (celle d'un paysage état d'âme propre à une saison), sa mise en forme par le poète ouvre au lecteur quelques prometteurs champs d'investigation.

Parmi ceux-ci, on pourrait, par exemple, s'attarder sur l'organisation de l'espace à l'intérieur du poème. Les conditions météorologiques particulièrement contraires rendent l'horizontalité difficile à appréhender. L'expression « paralysent le paysage » est suffisamment explicite à ce niveau. Quant à la verticalité, sur les huit strophes, on peut dire que les deux premières présentent un mouvement de brusque descente (« soleil », « le chemin », « le gravier », « le sol »). Les strophes 3 et 4 réenclenchent une ascension (« L'espace », « Les brouillards », « azur »). Les strophes 5,6 et 7 opèrent une jonction entre climat bâché (métaphores : « l'arbre des nuits... n'a plus d'yeux à satisfaire ») et puissance tutélaire revêche déniant au poète toute forme d'inspiration (métaphores : « pâle désert enveloppeur », « Demeure de la solitude », métonymie : « Ma muse »). C'est la dernière strophe qui entérine le titre du poème (« Pénitence hivernale »), scellant le creusement d'une tombe propice à la mise en jachère de la créativité (champ lexical de la mort : « caveau », « sépultures »).

Merci pour ce partage !

   pieralun   
4/2/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Difficile d'écrire en octosyllabes, les vers sont courts, les images doivent être breves,...difficile.
Bonjour Hananke, tu t'en sors bien, l'ensemble est respectable.

J'aime l'idée du premier quatrain, même si l'impératif rompt le fluidité.

Le sol sous son duvet d'hiver est ennuyeux comme la mer: perso j'aime et l'image et la sonorité de ces deux vers poétiques. Les deux vers centraux sont comme une parenthèse et déconnectent trop les extrêmes. Ce n'est qu'un avis, mais peut être aurait-il fallu coller à l'idée principale, sans déroger et dans la continuité, du 1er au 4ème.

Moins d'attache pour les quatrains3 et 4

J'ai beaucoup aimé le 5

Bon, pour le 6, je pense que " ma muse " a tellement été utilisé......

Le 7....ni oui ...ni ....non

Le 8 superbe!!

Un poème Baudelairien et assez réussi malgré le défi de départ.

   Beaufond   
9/2/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'aime beaucoup « l'arbre des nuits », étrange, onirique, effrayant.

Je ne comprends pas la quatrième strophe. Ce poème contient beaucoup d'images différentes, et je ne parviens pas à les suivre, jusqu'aux deux derniers quatrains, qui semblent former un poème à eux seuls. Ce poème est long pour peu de choses à mon goût, un amas d'images peu reliées ni par quelque rhétorique ni par quelque évidence ; plusieurs effets tirent le poème dans diverses directions avant les deux dernières strophes, l'impression est difficile.

Ne faudrait-il pas une présentation classique des vers pour la poésie classique ? Le texte centré donne une impression de désordre accablant ; l'œil revient à la ligne à des emplacements aléatoires, sans justification musicale, sans servir à préparer l'oreille, sans rien, sans autre raison que le plaisir de saigner.

Malgré tout, Hananké reste l'un de nos meilleurs poètes.

   Pussicat   
14/2/2015
Bonjour Hananke,
certains pensent l'Hiver comme l'une des plus belles saisons, ici elle se confond avec le spleen de l'auteur : "Ma Muse par ingratitude / S’est abîmée en la torpeur".
J'ai eu peur à la lecture du premier vers, reprise volontaire du titre d'un livre passé à la postérité : clin d'oeil à Sagan ?
Je ne suis pas d'accord avec vous sur l'image du "sol... ennuyeux comme une mer"... "La mer, la mer toujours recommencée" est un tableau mouvant.
La présence presque étouffante du ciel et tout ce qui s'y rapporte augmente - involontairement peut-être - ce côté oppressif, et tout ce qu'il reste à faire est de rester dans cette maison-caveau pour y attendre les jours meilleurs.

Bémols : "bonjour tristesse", et mon désaccord sur la mer.

Bons poins : Je pense que la présence du ciel et les différentes images utilisées apportent un plus, une cohérence au thème choisi. Une maîtrise de l'octosyllabe. Un texte qui correspond avec le titre et l'intention.
A bientôt de vous lire,

   Robot   
16/2/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte on ne peut plus classique. De bonnes rimes même si toutes ne sont pas des plus riches. Une ambiance volontairement appuyée sur la langueur, la monotonie et la tristesse.
Après, chacun voit les saisons selon sa sensibilité, et ce qui est le sentiment d'un jour peut différer le lendemain avec un rayon de soleil d'hiver.
Sur un sujet tellement rebattu, une poésie qui pourtant sort du lot commun.
J'ai bien aimé cette métaphore:
"Les brouillards, couvercles de voix,
Paralysent le paysage."


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