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Poésie néo-classique
Hananke : Réalisme et fatalité
 Publié le 14/08/22  -  14 commentaires  -  1446 caractères  -  183 lectures    Autres textes du même auteur

Rien ne changera donc jamais !


Réalisme et fatalité



Bien qu'ayant trop souvent l'esprit dans les nuages,
Songe-creux attiré par le vide et l'azur,
Il me faut quelquefois renoncer aux étages
Pour affronter des yeux un réalisme dur.

Moi le rêveur fervent de paix et d'harmonie,
De justice sur Terre et de biens partagés,
Je suis triste devant la bêtise infinie
Des errements humains par l'aubaine enragés.

L'ombre dans nos quartiers enveloppe les choses
Comme un brouillard d'octobre ou novembre étendu,
Il faut se rapprocher pour voir les ecchymoses
Que la cupidité laisse à l'honneur perdu.

Ils dorment dans des camps chassés par l'opulence,
Le sommeil à l'alcool, la paillasse en carton,
Heureusement, l'hiver est souvent en vacances,
Pour eux, le changement climatique a du bon.

Assis sur le vieux banc d'une grotte abyssale
Où surgit sans arrêts un convoi de l'enfer
Il tend aux voyageurs pressés une main sale
Pour acquérir comme fortune un peu d'éther.

Que passent les saisons, les ans, rien ne s'efface !
Et c'est la guerre encor d'un ami dictateur,
Chaque misère ou mal est toujours à sa place
Devant mes yeux blasés de morne spectateur.

Cessons d'énumérer ces tristes platitudes
Qui ne sont qu'une forme aux ombres de la nuit,
Je retourne indolent rêver en altitude,
Votre Dieu ne peut rien pour ce qu'il a construit.


 
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   Miguel   
30/7/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un fort beau poème, que j'aurais bien vu en section classique. Des mots simples expriment des pensées élevées, sans pathos, avec une émotion réelle et communicative. A part la formule "par l"aubaine enragés", qui me semble un peu incongrue, car je sens comme un hiatus entre la niveau familier de "aubaine" et la construction littéraire avec l'inversion de l'adjectif (et même "enragés par l'aubaine" ne me semble pas très clair, très heureux) je trouve l'expression très belle et grave, les images parlantes, les vers mélodieux. Les injustices sont dénoncés sans vociférations, mais avec une sorte de douceur meurtrie ; elles n'en sont que plus stigmatisées.
Allez, rêveur, ne désespère pas de Dieu ; ce n'est pas qu'il ne peut rien, c'est que c'est aux hommes à faire le boulot.

Miguel,en EL

   Queribus   
9/8/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Tout je salue la perfection de l'écriture néo-classique dans ce poème où il est impossible de trouver la moindre faute avec, de plus, une ponctuation parfaitement à sa place. Sur le fonds, votre énumération des maux de nos sociétés, bien que pas très gaie, est conduite de façon très habile. L'ensemble révèle un triste constat même s'il n'est pas trop nouveau,hélas. Je trouve aussi votre dernier vers un peu"dur": en effet, beaucoup croient encore à ce Dieu et ça toute-puissance et ça les aide à vivre; à chacun ses croyances.

En ce me concerne et en conclusion, je suis enchanté de ma lecture qui témoigne d'un gros travail sur la forme et le fonds.

Bien à vous.

   Cyrill   
9/8/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Je trouve que c’est un plaidoyer convainquant, autant que désespérant devant l’ensemble des misères humaines.
Et surtout empreint fatalisme devant tant d’immobilisme, tant de profiteurs de guerre et autres calamités.
Un petit bémol cependant, dans l’écriture, pour « Chaque misère ou mal » que je ne trouve pas très heureux.
Me vient la réflexion que l’espèce à laquelle nous appartenons brille par son imperfection, et que si chacun est capable de colère, de mouvements d’humeur devant ces « ces tristes platitudes » énumérées avec la force de vos vers, mis ensemble nous sommes bien peu efficaces pour y remédier.
Rien de nouveau sous un soleil accablant qui sera peut-être le point d’orgue de ces calamités.
Merci pour cette lecture et cette poésie puissante.

   Vincendix   
14/8/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke,
Triste réalité exprimée avec une réelle pudeur.
Il est vrai qu'à notre époque cette misère qui subsiste, c'est choquant d'autant plus qu'inversement, un luxe insolent s'affiche. Même si ce paradoxe existe depuis la nuit des temps et qu'à l'évidence il existera tant qu'il y aura des humains, on ne peut que s'insurger.
Vincent

   papipoete   
14/8/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Hananke
( vous voyez que vous avez bien fait, de revenir !)
On voudrait détourner le regard, face à cet homme sur son carton, cette femme tendant la main sur ses oripeaux... mais on finirait dans l'mur tant s'affiche la misère, loin des beaux quartiers ; ici sur les trottoirs populeux, il se trouvera bien une pièce glissant jusqu'à cette pauvre sébile !
Passent les rois, les présidents imbus, les tsars ressuscités, d'un côté sonnent les écus, d'un autre un sou de rien...
NB un poème éternellement d'actualité, sur le " je n'en ai pas assez, je veux tout ! " et de " l'autre " une pièce Monsieur, une petite pièce pour manger... et z'avez pas une cigarette ? "
Mais que fait Dieu ? pourquoi n'intervient-il pas ? ( Dieu des francs, Dieu d'Islam, et Bouddha du côté de Bénarès... )
Une réflexion qui traverse bien des coeurs, à part ces gens qui ont un pavé de granit à sa place !
la 3e strophe me touche plus particulièrement !
la 5e est si noire...
Néo-classique écrivez-vous dorénavant, mais je gage que Classique n'est pas loin !

   Vero   
14/8/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,

Très beau texte sur une triste réalité à laquelle on ne peut pas grand chose.
Le titre est très bien choisi, les alexandrins néoclassique de très bonne facture, comme toujours chez l'auteur.
La misère, l'injustice, les guerres et tant d'autres aberrations ne changeront probablement jamais.
Dieu a créé l'homme, et l'homme a créé son histoire et pas de la plus belle des façons.
Certains y trouvent leur compte, d'autres subissent.
Continuez de rêver, ça ne coûte rien, finalement.

   inconnu1   
14/8/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Un peu partagé sur ce poème. Enchanté par la technique très convaincante et le travail qu'il y a derrière. Je partage également vos constatations. Pour tout cela, j'aime beaucoup.

Alors qu'est ce qui fait que je ne suis pas enthousiasmé? Simplement parce que je me demande si le poème est la meilleure forme littéraire pour dire ce que vous avez dit comme vous l'avez dit. J'entends par là que personnellement, j'attends de la poésie qu'elle ne décrive pas les choses de manière prosaique mais de manière détournée, de cultiver le second degré. Boris Vian ou Rimbault n'expriment pas leur antimilitarisme de manière frontale mais l'un en prenant le masque d'un déserteur, l'autre en décrivant un soldat dans le cresson... Il me manque donc un petit supplément d'âme. Mais le point de vue reste très personnel.

Bien à vous

PS : j'enlève ma remarque imbécile sur la césure du 20eme vers, car, une fois de plus, je me suis fait avoir sur un trimètre romantique. Je ne m'y ferai jamais. Merci à la bienveillante personne qui m'a alerté et me donne la possibilité de modifier les choses avant que cela ne se voit trop

   senglar   
14/8/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke,


Terrible constat et aveu d'impuissance que je ne nierai certainement pas. Inéluctable. Inexorable. Vous avez évidemment raison de le rappeler et de le souligner.

Je ferai cependant trois remarques qui me sont venues à l'esprit au cours de ma lecture :
- Je suis triste devant la bêtise infinie
Des errements humains par l'aubaine enragés"
Il ne s'agit ni de bêtise, ni d'errements pour les enragés de l'aubaine, bien au contraire.
Bien sûr c'est votre point de vue et vous avez grandement raison.
- "Heureusement, l'hiver est souvent en vacances,
Pour eux, le changement climatique a du bon."
Je rapprocherais ces deux vers de ceux de la chanson d'Aznavour
"Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil"
La misère est également pénible partout puisqu'elle signifie avant tout la faim. Peut-on peser des surcroits de misère ?
- "Votre Dieu ne peut rien pour ce qu'il a construit."
Trop facile de s'en prendre à un Dieu supposé pour excuser ses propres fautes. C'est l'homme qui a tout à voir là-dedans et pas un quelconque Dieu.

Ceci dit on ne dira jamais assez la misère humaine.

   Ornicar   
14/8/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke,

"Des errements humains par l'aubaine enragés." C'est peut-être ce vers, et plus encore le terme "aubaine" qui me poussent à commenter votre poème. Le fameux "effet d'aubaine" ! Dira-ton assez ses ravages ? Saurons-nous un jour nous en préserver ? L'aubaine, c'est "l'occasion qui fait le larron" dans sa dimension la plus égoïste, purement économique, où l'avantage à court terme l'emporte toujours, ou presque, sur les considérations à plus long terme.
Terribles et désespérants de cynisme à cet égard sont ces deux vers : "Heureusement, l'hiver est souvent en vacances, / Pour eux, le changement climatique a du bon". Hélas, oui ! Pour les SDF des bouches de métro, comme pour les puissants actionnaires qui se réjouissent à la perspective d'un fret maritime empruntant la route des pôles, décuplant ainsi les gains de temps et donc d'argent. Chacun donc, qu'il soit faible ou puissant, maître ou esclave, a ses raisons, et de bonnes raisons.

J'ai aimé votre poème qui débute par un constat amer et se termine par un constat encore plus amer parce que désabusé. Au début (deux premières strophes) c'est le sentiment d'injustice du narrateur (un poète) qui prédomine, sentiment que le lecteur ne peut que partager. Au passage, belle et cruelle trouvaille que ce "songe creux" pour évoquer la figure du poète et au delà celle de l'idéaliste, en en soulignant dans le même temps la vacuité et l'inutilité. A la fin (deux dernières strophes), c'est le sentiment d'impuissance qui prévaut. Entre ces deux extrémités, vous procédez un peu comme un réalisateur de cinéma, par un effet de zoom ou de travelling avant :
- les strophes 1 et 2 font état de considérations générales et abstraites. ( concepts "d'harmonie, de justice, de bétise infinie" )
- strophe 3, le regard se focalise sur l'environnement, la cité, au sens large et celui plus étroit de"quartiers" au vers 9).
- strophe 4, ce sont les victimes humaines dans leur ensemble et de façon indistincte qui appellent notre attention ("ils dorment..." au pluriel au vers 13)
- strophe 5, le regard se resserre encore sur un individu en particulier, bien qu'anonyme ("il tend..." au singulier au vers 19)
- les strophes 6 et 7, elles, ébauchent un travelling arrière avec retour à des considérations plus générales.

J'ai aimé votre poème parce qu'il bouscule et dérange le lecteur. Ne nous y trompons pas. Votre narrateur n'évoque pas seulement la figure du poète et de l'idéaliste, il est également le miroir de chacun d'entre nous dans ses petites lâchetés quotidiennes ("Je retourne indolent rêver en altitude,"). N'est-ce pas là, ce que nous faisons tous plus ou moins ? A de rares exceptions près, il est vrai. Oui, Hananke, derrrière mes belles paroles, c'est aussi ce que je fais, j'en ai conscience. Pire, je m'en accomode, parce qu'il me faut vivre aussi. La poésie, en ce qui me concerne, est d'ailleurs une de mes échappatoires, parmi quelques autres.

M'ont plu également la puissance de ce vers "Que la cupidité laisse à l'honneur perdu". De même, la métaphore de votre cinquième strophe où la bouche de métro, cette "grotte abyssale", ressemble à s'y méprendre à l'Enfer des Anciens, avec aux commandes de ce "convoi de l'enfer", Hadès ou Charon. Enfin, la noirceur du dernier vers ou "l'éther" de l'anonyme du métro n'a que peu à voir avec celui de votre "songe-creux".

Ma seule réserve, concerne le choix du titre qui sonne un peu trop "essai philosophique". Pourquoi pas "Spleen et idéal" ?

Ornicar

   Cristale   
15/8/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Moi le rêveur fervent de paix et d'harmonie,
De justice sur Terre et de biens partagés,
Je suis triste devant la bêtise infinie
Des errements humains par l'aubaine enragés."

Bonjour Hananké,

Tout est dit dans ce second quatrain.
J'arrive un peu tard sur ce poème, tout ayant déjà été dit, je ne puis que soutenir les propos étayés précédents.

Alors que dire de plus et/ou de mieux ? Juste me rappeler vos mots touchants lors de l'un de mes choix concernant une catégorie autre que classique que je reproduis ici en vous les adressant : "Hananké a franchi le pas mais je me sens trahie !"
Je ne suis pas assez spécialisée pour émettre une quelconque critique sur le néo-classique où je bute bien souvent sur le rythme des vers et quelques autres écarts du classique. Sniff ! Je suis frustrée.

Mais le poème forme un bel ensemble et le discours emporte mon adhésion.

Merci à vous.
Cristale

   Quistero   
15/8/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’ai bien aimé le traitement de ces deux thèmes qui s’entrecroisent, le temps qui passe inexorablement et qu’on ne peut arrêter et puis ces tragédies dont nous sommes l’origine et auxquelles nous pourrions mettre un terme, en regardant plus loin, ou plus haut, en référence au dernier vers. Le rythme des alexandrins sert très bien l’immuable état des lieux que dresse l’auteur. J’ai bien aimé aussi tomber sur quelques petits inserts comme ‘ecchymoses’ et qui donnent un peu de ‘croquant’ au poème. Alors oui, ce n’est pas particulièrement réjouissant mais quand on étend son regard comme le fait l’auteur ici, le monde l’est-il ? Merci.

   Puzzle   
16/8/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sentiment entièrement partagé devant ce monde déroutant. La beauté du texte enveloppe le côté obscur d'une humanité qui oublie que le beau , le bon et l'amour existent ! Ayant aussi souvent l'esprit dans les nuages je déplore cette boue où il nous faut marcher vers un horizon qui n'en finit pas de reculer !
Merci Hananke pour ce partage

   ferrandeix   
18/8/2022
 a aimé ce texte 
Un peu
Quoique le contenu apparaisse relativement général, ce poème s'apparente à de la poésie engagée. J'avoue personnellement ne pas adhérer à ce type de poésie, qu'elle qu'en soit l'orientation idéologique, et encore moins lorsqu'il s'agit de morale (moraline) et encore moins lorsque transparaît une allusion à des évènements contemporains (s'il s'agit d'évènements historiques, c'est différent). Pour moi, c'est un dévoiement de la poésie. Quant au contenu précis, il me semble - pour la raison sus-dite - terriblement verbeux, même si je reconnais une certaine aisance dans l'écriture et le maniement de la prosodie poétique. En revanche, les rimes embrassées, à mon sens, n'apportent rien. Il eût été préférable, me semble-t-il, de les remplacer par quelques homophonies justifiées syntaxiquement et sémantiquement... ou par rien du tout sur le plan phonique. Un point positif: la chute du dernier quatrain - qui continue logiquement l'idée exprimée par le premier quatrain - est bienvenue, ce qui me permet de restreindre ma désapprobation à l'appréciation "Un peu".

   Yannblev   
21/8/2022
Bonjour Hananke,

Et oui !!! « fatalitas ! » comme dirait Chéri-Bibi. Depuis que les chasseurs-cueilleurs ont quitté le nomadisme et se sont partagé l’espace vital à contrôler, l’homme est devenu son propre prédateur et à peu près dans tous les domaines en y appliquant les lois de sa jungle : la plus sauvage. « Bouffer, ne pas se faire bouffer, se reproduire » est son leitmotiv unique. La littérature, du journalisme aux romans, a consacré des volumes à ce sujet… la poésie ? c’est plus rare mais elle n’est pas réservée à l’amour-toujours, aux jolies fleurs et aux petits oiseaux. Et quand la poésie s’en mêle elle est capable de traiter le sujet avec brio et pertinence… vous en fournissez ici une preuve irréfutable.
Merci du partage.


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