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Poésie classique
Hananke : Rêverie
 Publié le 08/02/21  -  15 commentaires  -  846 caractères  -  310 lectures    Autres textes du même auteur

« Te reverrai-je un jour, toi que j'ai tant aimée ? »
« Aguiche sur ton front la dune chevelure. »
« Ô printemps, printemps fou qui me remplit d'émoi… »
« La jeunesse accompagne une bêtise infâme »


Rêverie



Lorsque dans le clocher de ma chapelle intime,
Des bruits m'éveilleront d'un long apaisement,
C'est, que de La revoir, l'heure, inconsciemment,
Aura frémi, frissons d'aiguilles à la cime.

Je ressusciterai, tel un été victime
De dizaines d'hivers se succédant ; comment
L'amoureux de jadis et son revirement
Sera-t-il accueilli, fantôme de l'abîme ?

Cruelles questions se posant à l'esprit :
A-t-elle consumé l'ancien manuscrit ?
Voudra-t-elle enrichir d'un chapitre l'histoire ?

Moi, même si la neige aura sur sa blondeur
Déposé maintenant sa livide splendeur
Et fait des blés d'hier une boulange ivoire,

Je la retrouverai d'un réflexe certain,
Tellement ébloui par un printemps lointain,
Pour changer cette fois ma défaite en victoire.


 
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   Dugenou   
23/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

L'amoureux, autrefois éconduit ou s'en étant désintéressé, va revoir sa belle, le choix que son coeur fit autrefois et qu'il abandonna...

"C'est, que de La revoir, l'heure, inconsciemment,
Aura frémi, frissons d'aiguilles à la cime" :

Ces hémistiches de la première strophe paraissent bancals, surtout le dernier vers, "Aura frémi..."

Plusieurs vers sont très beaux :

" Je ressusciterai, tel un été victime"

"A-t-elle consumé l'ancien manuscrit ?
Voudra-t-elle enrichir d'un chapitre l'histoire ?"

"Et fait des blés d'hier une boulange ivoire"

Pardon si je raconte des couillonnades dans ce commentaire, c'est la première fois que j'ose commenter du classique.

En EL.

   Miguel   
26/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un fort beau poème, plein de belles images et de vers très mélodieux, de questions lyriques, avec une chute particulièrement heureuse. Une prosodie très rigoureuse qui ajoute à la qualité de l'ensemble. Un plaisir de lecture. Bravo et merci.

   socque   
30/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Pour ce tercet :
Moi, même si la neige aura sur sa blondeur
Déposé maintenant sa livide splendeur
Et fait des blés d'hier une boulange ivoire,
je commente. Tellement beau le trouvé-je que je ne résiste pas au plaisir de le citer in extenso. Ah, la livide splendeur, ironique écho de la clichéteuse divine splendeur !

Seulement je suis beaucoup moins convaincue par le reste du poème. Son propos, bon, il est ce qu'il est ; je peux le trouver assez peu original et surtout regretter cette assimilation séculaire de la femme à un trophée, l'objet d'une lutte qui connaîtra « défaite » ou « victoire », mais c'est si habituel que je le relève à peine.
Je peux aussi tiquer sur les deux diérèses présentes dans deux vers successifs du premier tercet, qui m'alourdissent la lecture. Détail.
Non, ce qui me gêne vraiment je crois c'est le manque de netteté dans la narration. Bien sûr dans une forme poétique je n'attends pas forcément un récit circonstancié, mais je n'ai en vérité pas compris le premier quatrain. À quoi peuvent correspondre des bruits dans la chapelle intime, pourquoi l'heure aura-t-elle frémi inconsciemment : la fameuse rencontre est-elle anticipée, ce qui me paraît le cas dans l'ensemble, mais alors pourquoi l'heure se signale-t-elle dans l'inconscient ? Je ne perçois pas les métaphores mises en œuvre et ma lecture bute.
Le deuxième quatrain, à mon avis, confirme l'hypothèse du rendez-vous puisque l'aimée aura le choix d'accueillir favorablement ou non le narrateur ; un accueil, pour moi, ne se fait pas à l'improviste. Je sais que les enjeux personnels sont élevés mais quand même, « fantôme de l'abîme »... Je trouve l'expression outrée.
Le « réflexe certain » me paraît maladroit, un oxymore puisque le réflexe est de l'ordre de l'involontaire et la certitude de la raison ; l'oxymore peut avoir son charme pour exprimer un paradoxe significatif qu'en l'occurrence je ne perçois pas...

Au final, en dehors du deuxième tercet, les vers que je lis ne parviennent pas à me faire dépasser ma tendance à ratiociner mais au contraire la renforcent par ce qui m'apparaît comme des failles narratives ; je ne décolle pas, n'accède pas à la musique des sphères que j'espère entendre en entamant la lecture d'un poème.

   papipoete   
8/2/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour Hananke
Je vais la revoir... après tant d'hivers dans mon coeur, transi par le froid de ma solitude.
Certes, elle aura changé ; pris quelques fils blancs dans ses cheveux, mais mon amour pour elle est intact, aussi la retrouverai-je comme si c'était la première fois !
NB On dira " on ne parle plus comme cela, pour dire ces choses-là... " or, justement j'aimerais lire en langage actuel ( jeune en particulier ) en quels termes, cette joie serait exprimée !
Un sonnet estrambot, marque de fabrique de notre fameux auteur, qui m'émerveille justement par la " façon " désuète d'illustrer ce bonheur qui se profile à l'horizon du héros !
les métaphores de la seconde strophe " ressusciter tel un été/victime de tant d'hivers... "
le second tercet est une réelle pépite !
N'est que l'enjambement au second quatrain... ( je n'aime pas les enjambements ) qui me déplaît.
je me suis permis de vérifier la prosodie... et n'y trouvai nulle faute !

   Lebarde   
8/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Hananke

Poésie classique, un sonnet estrambot, je pars en principe avec un a priori favorable. Pourtant?

Sur la forme, rien à dire, vous êtes un spécialiste et savez éviter tous les pièges et toutes les exigences du genre.

A titre personnel je ne suis pas fan des rejets/enjambements qui a mon sens cassent souvent le rythme et créent des hésitations que j'ai du mal à maitriser. ( en fait il y en a peu).

Le sujet est bien perceptible, bien sûr même si, un certain flou peut apparaitre à la lecture.
L'amoureux jadis éconduit qui frémit et "stresse" à l'idée de revoir sa belle a un objectif, un peu revanchard, de transformer son échec passé en victoire.

Et si le poème évoquait une retrouvaille dans un au-delà, dans un ailleurs auxquels me font penser certains mots égrainés au fil du texte:
"clocher, chapelle, l'heure, aiguilles ( du sapin et? du temps?), ressusciterai, fantôme de l'abîme."

Peut être me trompe-je? mais cette vision donnerait une allure mystique et originale au propos qui pourrait séduire.

Je ne suis pas d'un enthousiasme débordant , mais quand même...j'ai bien aimé ce poème classique tellement rare sur le site!

Merci pour ce partage.

Lebarde

   sympa   
8/2/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Hananke,


"C'est, que de La revoir, l'heure, inconsciemment,
Aura frémi, frissons d'aiguilles à la cime.

Je ressusciterai, tel un été victime

A-t-elle consumé l'ancien manuscrit ?
Voudra-t-elle enrichir d'un chapitre l'histoire ?

Moi, même si la neige aura sur sa blondeur
Déposé maintenant sa livide splendeur
Et fait des blés d'hier une boulange ivoire,

Pour changer cette fois ma défaite en victoire." ...et bien d'autres...


Des alexandrins magnifiques enrichis de belles images sans compter la maîtrise parfaite et habituelle de la forme classique.

Des retrouvailles après tant d'années seul à regretter une "bêtise de jeunesse" , peut-être un amour non avoué ou non démonstratif, et que le narrateur aurait laissé partir, le regrettant par la suite.

Interprétation et ressentis toutefois personnels.

Une lecture très agréable, BRAVO.

   inconnu1   
8/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Comme beaucoup, je n'ai regardé que superficiellement la technique. on vous fait confiance. Je relève comme certains l'enjambement du 6ème ver, la césure décalée du 4ème ver…

Sur le fond, je penche pour des retrouvailles dans l'au-delà (sa livide splendeur, fantôme, la résurrection après un long apaisement). éclaircissez moi sur la signification des frissons d'aiguilles à la cime.

Bien à vous

   Arsinor   
8/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le sonnet est un pommeau de dague, je crois que la formule est de Heredia. En tout cas, je trouve la forme estrambot (merci Wikipédia) quelque peu déséquilibrée. L'exergue aurait mérité la mention de l'auteur et je n'ai pas compris si les quatre phrases se suivaient ou si c'étaient quatre exergues différents, ce qui fait beaucoup pour un sonnet, même allongé.
J'aime bien le clocher lié à la chapelle intime, comme métaphore filée. Se réveiller d'un apaisement me semble tiré par les cheveux, tant le réveil est un phénomène lié au sommeil, d'autant plus qu'il s'agit ici d'une rêverie dans le titre. J'aime bien la structure grammaticale de ce quatrain, complexe sans être alambiqué ou approximative. Le frémissement est lié au bruit qui éveille, les frissons sont éventuellement un peu trop proches du frémissement pour ajouter quelque chose. Les aiguilles concernent l'horloge, l'heure, et le "lorsque" introductif. J'imagine que la cime désigne le haut du clocher et pourquoi pas une girouette (j'extrapole). Cette phrase vaut le coup d'œil, bravo.

Le deuxième quatrain n'est pas à la hauteur du premier. Par ailleurs, que le poète soit un "été" puis chronologiquement dans la phrase un "fantôme" est mal fagoté de mon point de vue sévère.

Manuscrit : hmm... encore un poète qui se prend pour un écrivain ;-)

Une boulange ivoire : rien compris. La belle est supposée pouvoir se transformer en pièce de meunerie aussi blanche que quoi ? l'ivoire. Pourquoi l'ivoire ?

Je pense comprendre à peu près : si la belle n'est pas morte, il saura la retrouver. Mais quels sont ces bruits qui l'ont réveillé et quelles sont les causes de l'apaisement.

Le poème est confus mais recèle un véritable intérêt, concentré dans le premier quatrain.

Idée que vous n'aimerez pas à chaud : supprimer la quatrième strophe et enchaîner direct : Je la retrouverai.

   Hiraeth   
8/2/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
Pas fan du sonnet estrambot. Ce que j'apprécie dans un sonnet, c'est sa brièveté, sa condensation. Et il me semble essentiel que, pour terminer en beauté, les tercets doivent contenir moins de vers que les quatrains. Que l'apodose soit plus courte que la protase, pour parler en termes rhétoriques. Question d'équilibre, bien que ce soit assez subjectif, je l'admets.

Je rejoins l'avis du commentateur précédent qui aurait aimé que le second tercet soit tout bonnement supprimé. Je pense effectivement qu'il casse le rythme et n'apporte pas grand chose au niveau du sens et des images (l'hiver comme métaphore de la vieillesse, c'est quand même vu et revu -- ce qui n'est pas très grave en soi tant que cela s'insère dans un tout équilibré, mais là ce n'est pas le cas).

Pas fan non plus de la majuscule à "La", diviniser sans humour la femme aimée c'est so 14e siècle... Le premier quatrain contient certes de belles images, mais tout comme socque, je suis un peu perdu narrativement parlant, s'agit-il d'un rendez-vous préparé ou de retrouvailles surprises ? D'un paradoxe amoureux joignant les deux ?

L'utilisation du futur pour décrire les mécanismes de l'inconscient (v.3, v.15) est étrange, tout comme son utilisation pour évoquer une résurrection prévue dans le calendrier. Mais pourquoi pas après tout. On peut même apprécier cette naïveté persistante chez un individu qui semble assez âgé.

Le tout ceci dit reste assez agréable à lire, sans fioritures, c'est là la grande force de l'auteur dans les œuvres qu'il propose. Le texte n'est cependant pas sans maladresses : les participes présents (v.6, v.9) alourdissent considérablement la lecture, et l'adverbe "tellement" dans le dernier tercet ressemble beaucoup à une cheville, pas très euphonique d'ailleurs...

Pas le meilleur texte d'Hananké qu'il m'ait été donné de lire, donc, même si comme toujours je salue un artisanat de bonne facture dans l'ensemble, et parfois excellent.

   Myo   
8/2/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Hananke,

Un poème qui sonne juste dans son ensemble mais dont quelques détails me semblent mal à propos.

Dans le 1er quatrain, 3e vers, le " c'est, que..." n'est pas très poétique
et la succession de frémi et frissons manque d'originalité.

Le 2e quatrain est à mes yeux mieux construit malgré le choix de l'enjambement ( j'ai aussi du mal avec ça )
Les diérèses d'inconsciemment et ancien sont un peu lourdes.

Le 2e tercet est superbe.

L'envoi tombe un peu à plat.

Voilà, une lecture plaisante mais dont j'aurais retravaillé quelques passages.

   Cristale   
9/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananké,
J'ai commenté ce poème en espace-lecture mais l'étourdie que je suis n'a pas appuyé sur la touche "envoyer". Ma première impression fut plutôt positive et l'est également aujourd'hui, je reprends donc le commentaire initial de ma page word.

Voici un excellent sonnet estrambot que je suis ravie de découvrir dans mon espace lecture.

Du lyrisme mais sans trop sur une écriture affirmée qui manie la syntaxe à l'ancienne avec modernité...et oui...
Les tournures des vers, les rejets harmonieux, la fluidité de l'ensemble ainsi que la subtilité des métaphores me font apprécier ce poème.
Ces vers entre-autres :
"... le clocher de ma chapelle intime,
...frissons d'aiguilles à la cime."

"A-t-elle consumé l'ancien manuscrit ?
Voudra-t-elle enrichir d'un chapitre l'histoire ?"

"Moi, même si la neige aura sur sa blondeur
Déposé maintenant sa livide splendeur
..."


Bravo et merci pour cette agréable lecture.
Cristale

   WILCO   
9/2/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Très beau texte. Le passé sublime d'anciennes amours qui ressurgissent dans le cœur (chapelle intime) du poète. De belles "images": aiguilles du Temps, fantôme de l'abîme, ancien manuscrit, neige sur sa blondeur. La forme impeccable (malgré l'enjambement), force le respect pour cette plume d'exception.

   emilia   
9/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une douce rêverie pour un amour ancien disparu, mais toujours présent dans cette « chapelle intime » qu’est le cœur, comme un culte voué à cet amour de jeunesse dont la « bêtise infâme » fut de le laisser s’éloigner… À l’heure des retrouvailles, comme un rendez-vous programmé, le narrateur s’enquiert de l’accueil qui lui sera réservé, dans l’espoir d’un nouveau chapitre à écrire, certain de pouvoir retrouver « la tant aimée », même sous la forme d’un « fantôme livide », tant ressurgit avec force l’ardeur printanière de cet amour qu’il espère enfin victorieux et qui mérite bien un tercet supplémentaire pour prolonger ce rêve romantique…

   Edgard   
9/2/2021
Je ne sais pas… je suis un peu lourdingue du cervelet, mais je n’arrive pas à vibrer. Cette vibration, ce frémissement du sol sous les pieds…ce truc qui monte…
C’est peut-être la forme un peu contrainte par tant de règles à respecter… c’est peut-être de dire d’une manière compliquée des choses simples, un rêve de retrouvailles après un long temps, c’est peut-être que « l’objet du désir » est un peu trop objet... un peu tout ça qui nuit, à mon humble sens, à la spontanéité, (cruelles questi-ons se posant à l’esprit… Voudra-t-elle enrichir d’un chapitre l’histoire ?) Presque impersonnel . Racine oui, mais c’était il y a longtemps tout de même…
Bien sûr reste le talent. N’importe qui ne sait pas écrire comme ça, c’est sûr.
Je laisse aux spécialistes le soin d’évaluer.
Bien cordialement

   Hec4   
14/2/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Hello,
Une douce rêverie au gré des saisons où la seule certitude est de revoir le soleil. J'aime bien :)

Je n'ai pas grand chose à dire sur le respect de la prosodie, on voit que tu connais tes règles :)
Mais je vais quand même me permettre un avis tout personnel : il est des règles qui, pour moi, ne sont pas très agréables à l'oreille.
Notamment les diérèses et hiatus intérieurs...

Je ne conseille pas de les transgresser au risque de ne plus écrire un texte "classique" mais personnellement je les évite.. je préfère revoir completement des tournures de phrases et changer des mots pour éviter les petites choses comme "d'ai/guill/es/à.." qui risquent fort de faire trébucher un lecteur même averti.

Par contre pour ma part j'apprécie les enjambements et les rejets pour cette particularité qu'ils ont de varier le rythme sans forcer un lecteur métronome à marquer une pause s'il ne le souhaite pas.

Au plaisir de te relire
Hec'


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