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Poésie classique
Hananke : Une escapade
 Publié le 06/02/20  -  11 commentaires  -  1756 caractères  -  263 lectures    Autres textes du même auteur

Un être fidèle par habitudes à son environnement
découvre, pour une première fois, qu'il existe
autre chose derrière les murs de sa maison :
la liberté ? l'amour ?


Une escapade




Qu'elle est belle sa cage au milieu des lauriers,
Des thuyas toujours verts avec eux mariés
Qui font une clôture !
Loin des tumultueux fracas de la cité,
Le merle s'est bâti pour sa captivité
Un nid dans la nature.

Les bouleaux olympiens évoquent la forêt,
Le tapis de pelouse et jardin semble extrait
D'un guide du tourisme
Et parmi les rosiers aux diverses couleurs,
Les bambous délicats et l'agapanthe en fleurs
Lui donnent l'exotisme.

Il a tout pour aimer sa vie et ses langueurs,
Ne connaît en hiver les blessantes rigueurs
Qu'aux travers des vitrages ;
Choyé par sa compagne, entouré des petits,
Il va sur sa rivière aux rythmes ralentis
Par de douillets barrages.

Pourtant ! l'incertitude a transmis un rébus
À son esprit songeur. Que lui faut-il de plus
À cet oiseau fidèle ?
Il oppose au bonheur son front préoccupé
En payant chèrement un instant échappé
Avec une hirondelle.

Sa porte s'est ouverte et son cœur est troublé :
Il n'imaginait point le maïs ou le blé
Sous une autre apparence.
Son chemin, maintenant, lui paraît routinier,
Une vérité triste émeut le prisonnier :
Grande est son ignorance,

Immense sa candeur, nostalgiques ses nuits.
N'ayant jamais connu de frontières que l'huis
Merveilleux de sa cage,
Ces heures ont ouvert un creux de liberté
Dans les murs qui l'avaient si longtemps abrité
D'une invite volage.


 
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   Corto   
26/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Sur la forme, sans rentrer dans les détails (que je laisse à d'autres), il semble que ce poème ait trouvé une sorte d'excellence pour le rythme et l'harmonie. On se balance aisément de 12 à 6 pieds en équilibre avec cette hésitation autour de la découverte du monde.

Le "merle" qui paiera "chèrement un instant échappé Avec une hirondelle" est volontiers hissé en symbole de tout être vivant, humain avant tout. Il sort enfin de son abri moelleux pour découvrir les réalités qui l'entourent, pour ouvrir "un creux de liberté/Dans les murs qui l'avaient si longtemps abrité/D'une invite volage."

La construction de ce poème est de toute beauté.

Le début nous immerge dans la nature "Des thuyas toujours verts" avec un sentiment d'auto-suffisance "Les bambous délicats et l'agapanthe en fleurs Lui donnent l'exotisme."

En 4ème strophe s'ouvre l'interrogation existentielle "Pourtant l'incertitude a transmis un rébus A son esprit songeur".
L'exploration hors du nid l'effraie quelque peu "Il n'imaginait point le maïs ou le blé Sous une autre apparence".
L'aventure peut commencer, un peu comme le sel de la vie ?

Bravo à l'auteur.

   Queribus   
29/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Que dire de plus devant une telle merveille d'écriture, d'originalité, de prosodie parfaite; je suis certain que Hugo et autres Lamartine sont déjà jaloux. Et moi je suis déçu: pas la moindre petite faute à me mettre sous la dent, c'est agaçant à la fin. Ah si, avec mon microscope à balayage électronique, j'ai remarqué qu'il manquaient deux accents sur les A de À son esprit songeur, À cet oiseau. Où vont se cacher le vice et le pinaillage à trois francs six sous!

Quoi qu'il en soit, bravo pour cette petite merveille à résonance universelle dans laquelle beaucoup de gens pourront se reconnaitre. À quand le prochain écrit?

Bien à vous

   papipoete   
6/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Hananke
Une récit qui pourrait faire écho à la chanson de Pierre Perret : " ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux ! "
Le merle qui vivait dans sa volière dorée, séduit par une hirondelle volage, s'échappe vers la liberté, la frivolité près d'autres plumages...mais qu'en sera-t-il lorsqu'il faudra manger ?
NB pas de sonnet estrambot cette fois-ci, pour évoquer cette escapade oiseleuse, où l'auteur parle de cet environnement paradisiaque, que l'oiseau enfermé devrait apprécier plutôt que songer à le quitter ! même l'hiver lui est doux derrière les fenêtres où il passe son temps à ne pas grelotter, mais l'appel du large est trop fort !
les alternances dodécasyllabes et hexasyllabes donnent un rythme agréable à ce poème

   sympa   
6/2/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Il est précisé dans l'incipit "un être" ici un oiseau mais beaucoup d'humains pourraient se reconnaître à la lecture de très beau poème, très explicite et adroitement imagé, où je ne m'étendrai pas sur la forme parfaite.
Un vocabulaire riche pour exprimer cette "captivité":
Cage, clôture,vitrages, barrages, prisonnier, murs, frontière.

Puis, la liberté:
La porte s'est ouverte, il part découvrir ces alentours qu'il ne connaissait pas et dont il ignorait l'existence.
Et l'infidélité, lui pourtant si fidèle et sa vie soit-disant bien rangée.
Enfin, la découverte et ce trouble qui s'empare de lui,: la surprise, l'amour ( infidélité) et surtout la liberté!

Ceci peut arriver à tout un chacun.
À l'oiseau n'ayant connu que les barreaux d'une cage, et qui profite de l'ouverture de la porte pour s'enfuir et découvrir un "monde nouveau" pour lui .
Un autre amour aussi.

Mais également à nous humains, dont certains sont enfermés dans leur routine "métro, boulot, dodo" par habitude ou contraints.
Jusqu'au jour où l'on éprouve ce besoin de liberté, de découvrir autre chose que le train-train quotidien.
On est tellement enfermés dans notre "bulle" pour diverses raisons qu'on en vient à ignorer ce que l'"extérieur" nous propose d'enrichissant pour l'esprit et donc pour notre propre épanouissement.

Ceci est mon interprétation, il en est d'autres, bien-sûr.

Très bel écrit .

   LylianR   
6/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
"Quelle est belle sa cage au milieu des lauriers,
Des thuyas toujours verts avec eux mariés"

"Avec eux mariés" est une tournure peu naturelle et peu poétique.

Même chose pour l'expression "lui donnent l'exotisme" dans les vers suivants :

"Les bambous délicats et l'agapanthe en fleurs
Lui donnent l'exotisme."

"Il va sur sa rivière" est trop prosaïque.

La formulation du vers ci-dessous n'est pas naturelle, manque de simplicité :

"Pourtant ! l'incertitude a transmis un rébus"

A trop rechercher l'originalité, la poésie se perd.

J'imagine mal un merle abandonner le nid pour une femelle d'une autre espèce. Certes, le symbole de l'infidélité est présent...

Il y a cependant de beaux vers poétiques qui ont accroché ma lecture :

Il a tout pour aimer sa vie et ses langueurs,
Ne connaît en hiver les blessantes rigueurs
Qu'aux travers des vitrages ;
Choyé par sa compagne, entouré des petits,
Il va sur sa rivière aux rythmes ralentis
Par de douillets barrages.

L'ensemble reste agréable à lire. Il y a du travail derrière ce poème classique.

   dream   
6/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Par son merle volage, l'auteur fait ici une superbe œillade aux Hommes, à l’’instar de La Fontaine qui mettait en scène les animaux afin d’en définir une morale. A madame de la Sablière, ce dernier écrivit un jour : « L’homme agit et il se comporte en mille occasions comme les animaux ».

Tout particulièrement, ce vers a ma préférence :
« Il oppose au bonheur son front préoccupé. »

Même si je trouve ce poème très beau, je ne puis m’empêcher de relever :

1° Une énorme faute d’orthographe en entrée :

« Quelle est belle sa cage au milieu des lauriers, ».

Qu’elle, bien sûr, ça va de soi…..

2° Il me semble qu’il y a une confusion de diérèse/synérèse quant à la finale de ces deux premiers vers :

« Qu’elle est belle sa cage/ au milieu des lau-riers,
Des thuyas toujours verts/ avec eux ma-ri-és. »

Je m’explique : si « lauriers » a été écrit en synérèse, les 12 pieds de ce premier vers y sont. Mais alors, je suppose que « mariés » doit être obligatoirement –par respect pour la prosodie classique- écrit en synérèse aussi, et dans ce cas ce 2ème vers ne comporterait que 11 pieds ;
Inversement, si «lau-ri-er se déclame sous cette forme, et « ma-ri-és ainsi, pour le coup, le 1er vers aurait 13 pieds et le 2ème, 12. Mais peut-être que ces « lauriers » sont une exception et peuvent tout aussi bien être synérèse et diérèse à la fois…

3° Quant au vers (le 3ème avant la fin) :

« Ces heures ont ouvert/ un creux de liberté »

Il me semble aussi qu’il n’y ait que 11 pieds. On ne prononce quand même pas « heu-res ». Ou alors c’est moi qui n’entends rien de rien à la prosodie classique. Auquel cas...

   Mokhtar   
6/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J’ai lu un jour sur ce site :

« Tout ce qui dépasse la longueur de l’attention que l’être humain peut prêter à la forme poétique n’est pas un poème. » « La poésie doit aller à l’essence des choses, elle n’est pas faite pour raconter. »
La preuve que si puisque l’auteur, galvanisé par son inspiration, nous offre ici 36 vers qui se lisent avec bonheur. Parce qu’ils sont au service d’une bonne idée qui mérite d’être exploitée.

C’est cette « bonne idée » qui, pour moi, constitue l’intérêt majeur de ce poème, qui fait un peu fable. Cet oiseau qui dispose de tout dans sa vie confortable, cadre agréable, nourriture fournie, sécurité découvre un jour le monde, l’aventure, l’amour, la connaissance …La parabole est bien amenée en fin de texte, pour le plaisir de ceux qui ont eu la précaution de ne pas lire l’incipit. Le thème me fait penser à la fable du chien et du loup.

La technique est très au point et conforme aux règles du classique, la rime en diérèse des premiers vers étant déconseillée, mais tolérée. Intercaler un six pieds entre des alexandrins peut être intéressant si l’on veut valoriser, mettre en exergue, créer une surprise par son contenu. Or ici je ne vois pas trop l’apport, sauf peut-être pour « grande est son ignorance »

Je ne suis pas très fan du début de deuxième strophe avec son « guide du tourisme », et du « front préoccupé » que l’on voit rarement chez les merles.

Par contre, beaucoup de très bons passages. La troisième strophe, avec ses inversions, fait style ancien : j’aime bien. La découverte du blé et du maïs : bonne idée. L’idylle avec l’hirondelle aussi.
Enfin la dernière strophe, et son « invite volage », conclut avec brio en laissant le lecteur sur une bonne impression.

Beau travail. Félicitations

   Lebarde   
7/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Hananke.

Joli poème où alternent de belle manière, alexandrins et hexasyllabes dans le respect semble t'il des règles classiques. Dommage pour la faute d'orthographe du premier vers que les correcteurs ont laissé passé et çà c'est très rare pour être signalé!!

Ed: je n’ai pas rêvé ou la faute a été corrigée? sinon je serais très très confus de la remarque.

Les scènes bucoliques qui servent de décor au sujet sont bien écrites en passant en revue plaisamment, dans les premières strophes, bon nombre des végétaux du jardin:
lauriers, thuyas, bouleaux, pelouses, rosiers, bambous, agapanthe.

Ensuite le propos devient plus "cérébral" et narratif et un peu moins limpide; mais qu'importe l'ensemble est très fluide, coulé et plein de charme et de poésie.
J'ai bien aimé comme j'aime souvent la poésie classique.

Bravo

Lebarde

   Michel64   
7/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke,

Quelle belle idée au niveau de la rythmique de ce poème d'avoir utilisé cette alternance 12,12,6 pieds. Cela donne du "ressort" à la diction. Bravo aussi pour avoir sur rester en classique sur 36 vers.

Quelques uns de ces vers cependant m'ont un peu moins plus :

"Le tapis de pelouse et jardin... " je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que la pelouse fait partie du jardin ?

"Lui donnent l'exotisme" j'aurais préféré "Le parent d'exotisme" ou autre.

"l'huis... Merveilleux" Ce n'est pas l'huis qui me gène mais son qualificatif, merveilleux. La cage est belle et l'huis merveilleux...

Mais pour le reste, bravo, un joli poème, et même si je ne suis pas fan de la mise en page centrée (ce qui n'influera pas sur ma note) j'ai bien aimé, de plus le fond, l'opposition cage dorée/liberté, n'est pas si souvent traité en poésie.


Au plaisir de vous relire.

   leni   
7/2/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
BJR HANANQUE
un merle a un coup de foudre pour une hirondelle
Pourquoi pas
Une biche peut aimer un sanglier
Et pourquoi pas un homme ne serait pas un tantinet amoureux d'une
presque trop belle
J'interprète ce SUPERBE écrit de la sorte Et ce texte flirte à la symbolique cohérente

moment de réflexion




Pourtant ! l'incertitude a transmis un rébus
À son esprit songeur. Que lui faut-il de plus
À cet oiseau fidèle ?
Il oppose au bonheur son front préoccupé
En payant chèrement un instant échappé
Avec une hirondelle.

La cage s'est ouverte à l'oiseau
Mais le merle est perturbé

je mets ma main au feu qu'au prochain brame on parlera d'autre chose


Quelle plume Ami Je reste un fan admiratif

AMITIES LENI

   Cristale   
7/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Oui : "Qu'elle est belle sa cage au milieu des lauriers"

Et des lauriers, l'auteur mérite d'en recevoir.

Des strophes de six vers layés répondant parfaitement au schéma requis : AAbCCb. Une forme assez proche du ïambe*, (*l'Académie met un tréma sur le i) peut-être un ïambe redoublé pour innover...^-^

J'aime bien les inversions qui rendent une sonorité lyrique d'autant plus qu'elles sont judicieusement employées et placées.

Peut-être un peu trop de redondances du son "é" sur les finales mais j'imagine le travail sur 36 rimes, les rimes en "eurs" des deuxième et troisième strophes me semblent un peu trop proches.

Bon, tout cela c'est de la technique mais comme nous en sommes en classique, je me permets de peaufiner mon apprentissage sur le texte d'un maître en la matière.

Un poème où le bonheur du présent semble gâché par les regrets du passé, une nostalgie de cet autre à vivre...Aussi belle que soit sa cage, le chant d'un oiseau est peut-être un cri de désespoir.

Beau travail !
...et surtout joli poème.

Merci Hananké pour le partage de cette escapade.

Cristale


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