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Poésie classique
Hananke : Vieillesse
 Publié le 25/09/19  -  16 commentaires  -  935 caractères  -  340 lectures    Autres textes du même auteur

Au bal des rhumatismes.

"La vieillesse est un naufrage."
Chateaubriand.


Vieillesse




Lorsque dès le matin je vois mes cheveux blancs
Pareils à des sommets de neiges éternelles,
Je sais que l’avenir, et loin des faux-semblants,
Hésite à me donner de l’aurore aux prunelles.

Je sens un crépuscule approcher et le soir
Me verse une liqueur d'un geste inexorable :
La Vieillesse ; rugueuse âpreté d'un terroir
Qui rend l'ultime cours de la Vie, exécrable !

Qu'il est dur de se rendre à ces morosités,
De bannir pour toujours ces printemps, ces étés
Qui, souvent, m'ont joué leurs plus belles romances !

Le Temps, ce laboureur me ronge avec dédain
En creusant dans mon corps les sillons d’un jardin
Où n'apparaîtront plus ni germes ni semences,

Car ma chair est meurtrie... et mes yeux en rêvant
N’attendent désormais qu'une brise de vent
Pour tourner mon regard vers des vides immenses...


 
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   Miguel   
2/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ah, que c'est affreux, mais que c'est joliment dit ! Cette mélancolie et cette nostalgie liée à l'inexorable cours du temps sont exprimées ici en images neuves et fortes, c'est plein de trouvailles et de lyrisme non affecté. Il y a quarante ans, j'aurais été aveugle à la plupart des beautés de ce texte ; mais par je ne sais quel prodige, je les perçois trop clairement alors que j'ai de moins bons yeux. Qu'importe que le thème soit rebattu ! L'important c'est de le traiter de manière nouvelle et touchante; Objectif atteint.

PS : Ah, c'est malin d'écrire ça ! Tu crois qu'on n'y pense pas assez ?

   Lebarde   
3/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Beau poème classique sur un sujet classique: la vieillesse et son naufrage.
C’est bien fait c’est bien écrit dans le respect des règles ( à vérifier par les spécialistes ) et pourtant je ne suis pas totalement enthousiaste. Peut être quelques heurts dans le rythme des vers, peut être quelques images un peu pesantes et ternes que je n’arrive pas bien à définir ?

Un travail propre mais une atmosphère monotone et sans relief qui me laisse sur ma faim.

Merci.
En EL

Lebarde

   ANIMAL   
4/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très joli poème expressif sur la vieillesse, considérée avec amertume par la personne concernée (d'autres la voient de façon plus positive, heureusement).

J'aime particulièrement la première strophe et davantage encore la quatrième, la plus poétique à mon sens :

"Le Temps, ce laboureur me ronge avec dédain
En creusant dans mon corps les sillons d’un jardin
Où n'apparaîtront plus ni germes ni semences,"

Sommets, terroir, labour, sillons, germes, semences... multiples sont les références à la terre nourricière, celle aussi qui va se nourrir de nous après notre heure dernière. Juste retour des choses.

Je n'ai rien relevé au niveau de la prosodie, ce n'est pas mon domaine. Mais pour moi l'harmonie et la musicalité sont présents dans ce poème.

Mon seul regret sera donc bien cette amertume avouée envers l'ordre naturel des choses, qui donne un ton triste à ces jolis vers. Cela se comprend, évidemment, lorsque le corps se dégrade et que l'on n'attend plus que la fin.

en EL

   Ioledane   
8/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Ce poème transcrit de manière parlante et poignante l'inéluctable avancée des ans, l'amertume et les appréhensions qu'elle engendre ...

"L'avenir (...) hésite à me donner de l'aurore aux prunelles" : belle image !
"La Vieillesse", tombant comme un couperet en début de vers avec sa terrible majuscule, accentue ce côté inéluctable.
"Le Temps, ce laboureur, me ronge avec dédain" : on ressent bien ici l'indifférence du Temps ainsi personnifié, et l'impuissance à le combattre ...
"et mes yeux en rêvant
N’attendent désormais qu'une brise de vent
Pour tourner mon regard vers des vides immenses" : heureusement qu'il reste le rêve, avant les vides immenses ...

Juste deux petites remarques de détail :
- "et loin des faux-semblants" : j'ai buté à la lecture sur le "et" qui fait un peu trop 'cheville' à mon goût
- La double présence des points de suspension dans le tercet final ne me semblait pas nécessaire ; enlever l'un des deux apporterait une petite touche de sobriété bienvenue sans nuire à l'émotion, car celle-ci est largement présente dans les mots, me semble-t-il.

Par ailleurs, la forme est impeccable.
Merci pour cette belle lecture !

   Recanatese   
25/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
votre poème m’a plu dès le premier quatrain. Vous avez évité l’écueil d’une entrée en matière pesante que je redoutais à la lecture du titre et de la citation de Chateaubriand . Un premier quatrain, donc, que j’ai trouvé à la fois drôle et poétique : bien aimé ce « l’avenir (…) Hésite à me donner de l’aurore aux prunelles » .
Puis les choses se gâtent, le changement de ton est radical mais très bien amené par ce « La Vieillesse », isolé du reste du vers et qui tombe comme un couperet.
Le second tercet est une belle réussite :
« En creusant dans mon corps les sillons d’un jardin
Où n’apparaîtront plus ni germes ni semences »
C’est d’un pessimisme (réalisme ?) redoutable qui continue et s’amplifie avec la dernière strophe, qui m’a bien plu également. Les sonorités rugueuses s’accordent parfaitement avec le propos.
Le premier tercet m’a, en revanche, paru plus convenu. Autre petit bémol (mais je chipote), ce « et » dans le vers « et loin des faux-semblants » ne me semble pas très heureux, voué surtout à faire rentrer le vers dans les clous de la forme classique (qui m’a par ailleurs paru irréprochable, bien que je ne sois pas spécialiste).
Un sonnet avec trois tercets : ultime tentative désespérée de grappiller quelques instants précieux avant de « tourner le regard vers des vides immenses » ? En tout cas, c’est ainsi que je l’ai perçu et j’ai aimé l’idée (mais peut-être suis-je à côté de la plaque…)
Bref, un sujet casse-gueule traité avec élégance et finesse, je ne boude pas mon plaisir.
Merci pour ce partage
Recanatese (en EL)
EDIT: J'avais commenté en EL et voilà qu'à la lecture d'un commentaire, je découvre le sonnet "estrambot"...ce qui invalide complètement ma dernière hypothèse, désolé pour la surinterprétation!

   sympa   
25/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Un très bel écrit : l'auteur semble aimer la vie à tel point qu'au fil du temps et de l'avancée en âge, ( La Vieillesse ; rugueuse âpreté d'un terroir
Qui rend l'ultime cours de la Vie, exécrable ! " ) en vient à regretter l'une des conséquences : Vieillir.
Le mot "exécrable "est dur, mais il marque bien le parallèle entre cet amour de la vie et l'angoisse de sentir son corps, son esprit, aussi, s'affaiblir au fil du temps.
Vous l'exprimez parfaitement avec ces vers :


"Le Temps, ce laboureur me ronge avec dédain
En creusant dans mon corps les sillons d’un jardin
Où n'apparaîtront plus ni germes ni semences.", " car ma chair est meurtrie..."

Ces vers ont ma préférence.

Si le corps pouvait s'accorder avec une éventuelle jeunesse de l'esprit...

J'approche doucement de la cinquantaine, et j'avoue ne pas ressentir les effets du vieillissement ( ou du moins des bricoles )
Cependant, en vous lisant, je ressens une telle émotion que ça me fait réfléchir.
Je vous comprends.
Peut-être était-ce le but ?
On ne peut, selon moi, qu'aimer la vie et en redouter( peut-être ) la fin pour écrire de si beaux vers.

Concernant la forme, elle est parfaite, les images parlantes et percutantes.
Un poème émouvant écrit avec des mots retenus, comme un cri du coeur étouffé.
Merci pour cette lecture triste, certes, mais belle.


Bien à vous.

   Anje   
25/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un très beau sonnet estrambot que je ne sais comment commenter. Une approche de la vieillesse qu'on peut ne pas avoir, peut-être parce que son âme est plus meurtrie que sa chair, peut-être par choix d'admirer grandir ceux qui nous voient nous affaisser. Comme mon voisin de 92 ans, qui me dit, en ramassant les feuilles mortes dans sa cour, "encore un automne"... et sifflote Le rire du sergent. Ou ma vieille tante qui, pétrie d'arthrose, se dit craquante et fait danser les trois messieurs de sa maison de retraite. Mais ce n'est pas mon poème et l'auteur a su parfaitement peindre la nostalgie, la mélancolie qu'il doit rssentir et peut-être aussi un peu de rencoeur contre le temps qui passe et qui lui verse, contre son gré, cette liqueur âpre dans des vers à la prosodie maîtrisée.

   Davide   
25/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hananke,

Cette perspective de la vieillesse trouve en moi quelque élan de compassion, mais la noirceur qui l'enveloppe et l'obscurcit ne résonne pas en mon cœur de... jeune homme ! Qu'importe !

Je retrouve toujours dans les vers de l'auteur cette douceur embaumante qui me touche parce qu'elle sonne vrai. Ici, la dégénérescence n'y fait pas exception : la musicalité de l'écriture console, elle émousse "l'aprêté" qui ronge le narrateur, elle embellit la clarté de ses "yeux", elle charme par le rythme régulier de l'alexandrin...
En cela, il me semble que le mot "exécrable" (v.8) est hors contexte ; il me donne l'effet d'une vilaine verrue au milieu d'un beau visage marmoréen.

Le premier quatrain est poétiquement enchanteur, joliment imagé, même si l'on peut regretter - à peine - le rapprochement "Lorsque dès", peu élégant. Le ton fataliste, utilisant un présent de vérité générale, ne nous épargnera pas, on le sait, on s'y attend...
Que ces vers sont jolis :
"Pareils à des sommets de neiges éternelles"
"Hésite à me donner de l’aurore aux prunelles."

Ensuite, jusqu'au deuxième tercet, l'écriture se fait plus monotone, agréable, mais sans surprise. C'est alors qu'une certaine force palpable semble surgir des mots, l'advenue imminente de la mort. Un regard qui brûle les yeux.

Au passage, j'ai beaucoup aimé le vocabulaire champêtre, empruntant à la terre, à la nature et aux saisons les derniers instants de vie, avec les premiers frimas de l'hiver : "terroir", "printemps"/"étés", "laboureur", "creusant", "sillons", "jardin", "germes", "semences"...

Enfin, j'ai trouvé puissants les deux derniers vers, cruels même, et ce contraste "brise de vent" / "vides immenses" ; deux formules pléonastiques, deux métaphores fermant le poème - à jamais -, alors que le "matin" l'avait ouvert dans le premier vers.

Franchement, sur l'ensemble, j'ai trouvé ce poème très beau. Un joli partage qui ne manque pas d'émotion(s).

Merci Hananke,

Davide

   papipoete   
25/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Hananke
Dès le matin, le miroir me parle, disant " t'as vu tes cheveux blancs ? Et cette nouvelle ride, là ! " et le temps jour après jour, ronge ma carcasse, d'où plus jamais ne naîtront récoltes après semences...
NB l'auteur n'est pas ami de la vieillesse, cette intime qui nous convie pour le temps qui avance, à nous user " plus qu'hier mais moins que demain ".
de belles envolées parent cet " estrambot ", aux alexandrins parfaits ( comme d'habitude ! ) le second tercet me plaît le plus de toutes ces strophes !
Bien que vieillir, et perdre sa forme pour en prendre de grossières ; ne plus se trouver beau si on le fut un jour ; et débloquer petit à petit ; je ne suis pas si mécontent de cet âge qui devenant " grand ", tôt ou tard nous prendra !
Je devrais être mort depuis 60 ans, et puis quelques réparations " au marbre " , quelques déconvenues, et autres boiteries plus tard, je suis toujours là ! Des AUTOMNES, mais bien des PRINTEMPS, que je fouille dans la besace de mes souvenirs, et je souris !
Ninon du haut de ses 14 ans ( avec son ami Smartphone ), après un intermède de 4 heures auprès de nous, vient de repartir pour sa semaine d'ado... mais me posant au passage 2 grosses bises : rajoutées à toutes celles amassées, ça me donne du carburant, je fais mon plein et , je retourne à mon camélia, puis à ma plume ; je suis vieux mais toujours vivant ! " m'entends-tu Patricia 20 ans, m'entends-tu Alain 17 ans, m'entends-tu Maman 67 ans, m'entends-tu Papa 67 ans ? "
Je n'ai jamais été grognon, encore moins maintenant !
Techniquement, cher poète que dire de ce " classique " que vous maîtrisez comme lion sur la piste, si ce n'est ces rimes riches...

   Manuelent   
25/9/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
De l'aurore aux prunelles… pas très joli.
Qui rend l'ultime "cours de la Vie", exécrable ! COURS DE LA VIE les mots formant cette locution ne doivent pas être séparés par l'hémistiche.
Sinon, poème classique, oui, mais plat. Sans intérêt pour ceux qui ont lu vos textes précédents. C'est sûrement vrai : vous vieillissez.

   leni   
25/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonsoir Hananke
Ce sujet est souvent traité Ton poème est distingué fignolé riche en
images qui s'enchainent Ces images sont celles d'un terrien qui a scruté le monde d'une manière sereine
C'est réaliste
Je sais que l’avenir, et loin des faux-semblants,
Hésite à me donner de l’aurore aux prunelles.

Je sens un crépuscule approcher et le soir
Me verse une liqueur d'un geste inexorable :
La Vieillesse ; rugueuse âpreté d'un terroir


Les psy disent que toute prise de conscience est frustante

Et DE GAULE a dit la vieillesse est un naufrage

et voici mes deux vers préférés

Le Temps, ce laboureur me ronge avec dédain
En creusant dans mon corps les sillons d’un jardin

E t la finale est triste
Pour tourner mon regard vers des vides immenses...

j'aurais aimé quelques phrases rappelant des souvenirs guillerets
Joli moment poète Cest à cela que tu nous a habitués

Merci AMI LENI

   troupi   
26/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce poème est tellement sombre qu'il est sûrement plus facile d'en apprécier le contenu quand on n'est pas concerné de trop près.
Dans le cas contraire seuls ceux dotés d'un indestructible optimisme en verront les belles tournures car il y en a et beaucoup.
Aussi belles soient-elles elles ne parviennent pas à masquer le désastre annoncé.
De mon point de vue un très bon texte sur un sujet somme toute assez difficile à traiter avec lucidité en évitant le larmoyant.

   Vincendix   
26/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Hananke,
La qualité de l’écriture ne souffre d’aucune critique en ce qui me concerne, c’est du classique parfaitement maitrisé.
Je suis moins enthousiasme sur le sujet, la vieillesse n’a rien à voir avec l’âge, c’est un état d’esprit, je connais des vieux de 30 ans et des jeunes de 90. Même si l’aspect physique n’est plus ce qu’il était et bien entendu en cas de maladie, il ne faut pas dire que la vieillesse est un naufrage. En tout cas pas pour moi, à 84 ans, je suis heureux de vivre, j’ai des activités physiques et intellectuelles en entretenant mon jardin, mon verger et le reste du terrain, en faisant des reportages et en prenant des photos concernant les événements de plusieurs communes (10 000 habitants). Je suis conscient que cette situation arrive à son terme mais peu importe, je vis le temps présent.
NB. Il devrait y avoir deux appréciations, une pour la forme et l’autre pour le sujet, sur ce texte, pour moi, ce serait passionnément pour la forme et un peu pour le fonds
Vincent

   jfmoods   
27/9/2019
Ce sonnet estrambot en alexandrins est à rimes croisées, embrassées et suivies, suffisantes et riches, majoritairement masculines et consonantiques.

J'avoue être déconcerté par plusieurs passages...

C'est le cas pour le second hémistiche du vers 3 que je ne parviens pas à connecter au reste de la phrase. Peut-être serait-il intéressant de muscler, par une participiale et un verbe d'action, l'allégorie qui s'étend sur les deux derniers vers de cette première strophe...

Je sais que l’avenir, gommant les faux-semblants, / Hésite à faire monter l’aurore à mes prunelles.

La virgule du vers 8 a évidemment pour but de mettre en évidence l'adjectif qualificatif. Cependant, elle est contre-productive à la lecture à voix haute.

Une virgule serait pertinente à l'hémistiche du vers 12.

Le dernier tercet présente des aspérités. En fin de vers 15, Le gérondif (précédant une locution restrictive), ne fait pas sens pour moi : j'y perds le fil du poème. Un participe présent me semblerait plus approprié...

Car ma chair est meurtrie... et mes yeux, dérivant, /
N’attendent désormais qu'une brise de vent

Enfin, le verbe de la chute manque un peu de force dans ce contexte tragique. Je suggère...

Pour livrer mon regard à ces vides immenses

*********************************************************

Les deux quatrains dressent l'implacable constat de la décrépitude physique (citation de l'entête, métaphore de l'entête : "Au bal des rhumatismes", comparaison : "mes cheveux blancs / Pareils à des sommets de neiges éternelles", allégories : "l’avenir [...] / Hésite", "le soir / Me verse une liqueur d'un geste inexorable", périphrase : "rugueuse âpreté d'un terroir...").

Les trois tercets tiennent la douloureuse chronique d'une fin annoncée (exclamative qui se déploie sur les vers 9 à 11, verbes à l'infinitif : "se rendre", "bannir", superlatif : "m'ont joué leurs plus belles romances", allégorie : "Le Temps, ce laboureur", métaphore : "En creusant dans mon corps les sillons d’un jardin", triple négation : "n'apparaîtront plus ni germes ni semences", locution restrictive : "N’attendent désormais qu'une brise de vent", image de la mort : "vides immenses").

Merci pour ce partage !

   TheDreamer   
27/9/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Merci pour le choix de la forme (sonnet estrambot) qui n'est pas courante sur Oniris. Forme jugée par les puristes comme irrégulière.

Le thème est largement usité : la vieillesse, le temps qui passe et les affres de l'âge.

Vous choisissez ici de traiter le sujet sur un mode nostalgique et triste (encore que la vieillesse puisse aussi être heureuse).

Au premier quatrain, les images que vous utilisez dans les vers 3 et 4 ne me semblent pas très heureuses ("... donner de l'aurore aux prunelles"). De même pour dans le second quatrain "... rugueuse âpreté d'un terroir". Le fait de vieillir ne me semblant pour tout dire pas "exécrable". Trop de clichés dans vos mots. Il y aurait eu tant de façons d'aborder le thème.

Le temps passe et l'on n'y peut rien. Oui, votre façon de l'exprimer ne me convainc pas. La liaison que vous faites entre le 2nd et 3e tercet non plus (liaison d'ordinaire proscrite en poésie régulière, même si certains auteurs l'ont utilisée).

J'apprécie ce passage qui clôt le poème :

"... et mes yeux en rêvant
N'attendent désormais qu'une brise de vent
Pour tourner mon regard vers des vides immenses".

Merci !

   myndie   
27/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hananke,

Comme tout cela est bien exprimé et avec quelle élégance ! Votre évocation poétique, merveilleusement douce et sans à-coups, sonne évidemment comme un constat amer sur la fuite du temps, la brièveté de l’existence et sur tout ce qui doit être enduré avant d’atteindre la borne ultime.
Mais pas seulement.
Dès que le thème est abordé, toujours me reviennent en mémoire les vers de Brel :
« Mourir la belle affaire,
mourir cela n’est rien
Mais vieillir, ah vieillir... »
Je me plais à penser qu’écrire sur la vieillesse a valeur d’exutoire. Que cela aide à maîtriser, voire à transcender les ressentis obsessionnels, amertume, tristesse, angoisse, devant l’irrécusable horizon qui s’impose à nous.
A vous lire ici, je le crois volontiers.
L’émotion poétique n’est pas une chose simple et l’alexandrin, par l’harmonie de sa métrique, y est roi. Vos vers nous soulèvent en quelques coups d’ailes et de belles envolées mais toujours sans lyrisme excessif.
Si la métaphore sur laquelle est bâtie la 4ème strophe est plutôt classique (mais je bats ma coulpe, j’en ai moi-même usé!), le tercet final est vraiment magnifique et très émouvant.
Alors pour tout cela, merci

myndie
mimolette 1/2 vieille ^^


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