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Poésie libre
hersen : Carnage
 Publié le 15/05/19  -  27 commentaires  -  633 caractères  -  378 lectures    Autres textes du même auteur


Carnage



suspendu aux brindilles du prunellier
un palais de soie

les doigts rosés de l'aube
irisent les gouttelettes de la dentelle

l'oiseau matinal
en voisin
entame son chant
la haie bruisse
accueillant le jour
l'araignée dans ses rets
princesse de sang en diadème
surprend la mouche traînant ses ailes près
si près

en transe macabre
l'épeire funambule embrasse la proie
consomme le drame
sur fond de trilles innocents

puis les huit pattes
avec la douceur du travail appliqué
tissent
effacent
le crime du matin


 
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   embellie   
20/4/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Poésie libre, ô combien poétique ! L'auteur observe l'éveil de la nature au matin, et nous restitue des images magnifiques "les doigts rosés de l'aube irisent les gouttelettes de la dentelle", "la haie bruisse, accueillant le jour"... En même temps, dans ce cadre enchanteur se produisent des crimes, indispensables pour la survie des espèces. L'intérêt du poème c'est cette mise en parallèle de la beauté du cadre et de la cruauté des drames qui s'y jouent. Belle réussite.

   lucilius   
22/4/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Le titre exprime une violence sanglante peu en concordance avec ce texte aux tournures délicates pour décrire la frugalité matinale d'une gentille araignée sur naturelle toile de fond. C'est bien dommage car cela en fausse un peu le sens : "...avec la douceur du travail appliqué tissent effacent le crime du matin".

   Gabrielle   
24/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une jolie façon d'inviter le lecteur à contempler le spectacle matinal d'une araignée se préparant à un festin nouveau.

La voici dans sa besogne, toutes pattes dehors, prête à tout pour se substanter.

Merci à l'auteur(e) pour cette jolie représentation du festin de la "princesse de sang".

Bien à vous.

   Donaldo75   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour hersen,

Je suis content de voir que tu écris encore de la poésie alors que je te sais très occupée par ta nouvelle activité de chocolatière. Et visiblement, du moins cette fois-ci, tu n'as pas écrit ce poème sous les effluves des ingrédients primaires de tes chocognons et encore moins de tes champicolats, qu'ils soient bleus, mauves ou roses.

Carnage: le titre promettait. Le début laissait un gout de vénéneux, peut-être parce que le titre m'influençait déjà. C'etait trop beau pour être vrai, toute cette douceur.

Puis l'araignée apparait.
"princesse de sang en diadème"
Le crime est rapide, presque dans l'invisible.

"puis les huit pattes
avec la douceur du travail appliqué
tissent
effacent
le crime du matin"

Quelle belle fin, pas celle de la mouche mais celle du poème.

Bravo !

   maguju   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

J'ai un souvenir assez ambivalent avec les épeires...Lorsque j'étais petite mon papa les faisait se battre entre elles...Beurk. Mon papa n'est plus là et bizarrement je pense souvent à ces moments.
Ton texte a réussi a me réconcilier avec ces petites bêtes. J'ai adoré la formule "princesse de sang en diadème".

   myndie   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hersen,

le choix du thème doit en faire frissonner plus d'un!^^
Moi ce qui me fait frissonner, c'est la joliesse des images qui lénifient en quelque sorte le fameux "carnage" : contrepoison du venin de l'araignée?
C'est aussi l'oralité du poème, ces sonorités en "S" et en "r" qui font vibrer les vers comme le "crime du matin" fait trembler le "palais de soie".
En réalité, ta plume est diabolique; c'est ton poème la véritable toile d'araignée qui nous prend à son piège de dentelle.
Est-ce vraiment un carnage?

Merci pour ce plaisir matinal.

myndie, victime consentante

   papipoete   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour hersen
elle est là, qui ne bouge pas l'araignée, elle attend... Une mouche s'aventure si près, si près qu'elle se prend au piège invisible de l'épeire.
C'est beau et en même temps, on se sent " mouche " que la tueuse embrasse mortellement... pour se nourrir !
L'avant-dernière strophe est réellement envoutante, et la fin semble effacer un crime parfait !
Tout est dit, fort bien dit !
NB avez-vous déjà fait connaissance avec Dame Epeire ? moi oui ! des gamins dans une fête familiale faisaient les marioles ; je leur lançai le défi de toucher à la belle " jaune " ! pas question ! J'approchai délicatement ma main, et de l'autre la poussai gentiment... alors qu'elle montait le long de mon bras nu ( en été ), et s'apprètait à escalader mon cou, je crus que les " durs " allaient tourner de l'oeil ! Depuis, je la cherche et l'observe à la rosée, les 8 pattes déployées ; elle est belle et ne mange pas de chair humaine...

   Vincente   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un crime dans la fraîcheur matinale : petit déjeuner...!
Poème tout en contemplation, oserai-je "dégustation", car il s'agit tout de même d'évoquer une mort affreuse.

Ce qui m'a étonné, même séduit (heureusement, de mes ailes je ne suis mouche !) c'est la façon très poétique mais qui ne requiert pas de métaphores symbolistes. Les images nous apparaissent par des tournures employant les mots dans leurs deux sens, un premier littéral et un second figuré, l'un et l'autre se conjuguant pour servir la narration. Par exemple "palais de soie", le palais et la soie, oui certainement pour l'araignée qui s'y complaît. Ou "princesse de sang en diadème", si l'on regarde une épeire à la même échelle que nous, oui elle est majestueuse, nourrie de sang, et coiffée d'un diadème par sa calotte exogène, etc...

Très plaisante expression d'un anodin surgissement matinal. On ne refera pas le monde avec cet attentif regard, mais au moins ne l'aura-t-on négligé !

   arigo   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Le carnage prend des airs de délicatesse. C'est à la fois saisissant et effrayant !

La scène se dépeint remarquablement en très peu de mots : on le voit cet oiseau du matin, on voit aussi le soleil qui se lève doucement et la rosée matinale.

On frissonne du travail d'orfèvre dont est capable l'araignée pour arriver à ses fins.

Vous avez eu des mots minutieusement choisis dans cet écrit, malgré, le crime, c'est magnifique.

Bravo et merci pour ce partage,

Arigo

   Zorino   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hersen,

Dès le 5ème vers HIC !, j'ai bien cru que c'était ce voisin gai comme un pinson qui allait servir de repas à cet espèce de mini octopus de terre affamé. "Ambitieuse cette araignée !" que j'me suis dit au...au 10ème vvvvvers HIC ! :-)
Fort heureusement, c'est l'insecte aux ailes transparentes et plus rapide qu'un éclair qui est tombé dans le piège de votre toile poétique si merveilleusement tissée.
Dans votre court poème décrit presque seconde après seconde, on imagine la scène et le frisson est omniprésent car le final dramatique est hélas, prévisible.
De belles images ("un palais de soie". J'adore !) comme vous savez si bien nous en offrir, si ma mémoire est bonne.

Merci pour ce partage
PS : pour les superstitieux, ce poème n'est pas à lire le matin :-)

   Davide   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour hersen,

Dans "carnage", il y a carne, la viande. Le carnage peut désigner étymologiquement le fait se nourrir d'animaux.
La nature, nous le savons, est cruelle. En voici un bel exemple.

Rien de très surprenant dans ce poème, mais de bien belles images, dont cette "transe macabre", ou encore les périphrases poétiques de l'araignée : "princesse de sang en diadème" et "épeire funambule".

J'ai préféré les deux dernières strophes, le moment du drame. Mais l'ourdissage est nécessaire à la compréhension et celui-ci ne manque pas de poésie.
A mon avis, la concision du poème fait sa qualité.
J'ai bien aimé !

Merci du partage,

Davide

   PIZZICATO   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le titre illustre bien le funèbre destin de la pauvre mouche ; mais ce sont les programmations de la nature.
" en transe macabre
l'épeire funambule embrasse la proie
consomme le drame
sur fond de trilles innocents "

Un tableau tout en finesse comme la toile tissée de cette " princesse de sang en diadème ".

Fort belle lecture.

   Lebarde   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hersen

Qui n’a jamais admiré la magnifique épeire avec son gros abdomen doré, au milieu de sa toile tremblante sous le léger souffle d’un matin d’été, décorée par quelques gouttes de rosée scintillant sous les premiers rayons du soleil.

Qui n’a jamais été surpris par la rapidité de l’araignée se précipitant sur sa proie, mouche ou sauterelle, pour en quelques minutes l’emballer dans un filet de soie.
Merci d’avoir superbement décrit cette scène de la nature qu’on ne peut se lasser de contempler.
Beaucoup de superbes images délicates, criantes de vérité parfaitement observées dont je raffole et qui me touchent .

« L’araignée dans ses rets
princesse de sang en diadème
surprend la mouche traînant ses ailes près »

Ou
« l’épeire funambule embrasse la proie.... »

Une question pourtant . Pourquoi ce titre « carnage »?

La nécessité de tuer pour vivre, règle de la nature, n’est elle pas ici joliment « emballée ».

Je ne suis généralement pas adepte de poésie libre comme certains ont peut être déjà pu le constater.
Ici j'apprécie particulièrement .
Bravo

   Palrider   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
C’est abouti encore une fois, personnellement je suis plus touché par la poésie libre, surtout, évidemment, quand elle est réussie comme ici, peu importe les pieds les trépieds, les rimes les frimes, les octo les capillo tracto...ici c’est sans fard, ça parle du tout petit et touche bien plus que de grands sujets sociétaux coulants de bien-pensance. Chapeau l’artiste...

   senglar   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Hersen,


Je suis allé revoir quelques images de l'épeire diadème (porte-croix) ; or qui n'en a pas dans son jardin, je vais contempler cette élégante criminelle tout à l'heure à l'angle de ma corde à linge, "princesse de sang" aux "rets" de gladiatrice. C'est que le visage de la mort peut être beau, fascinant en quelque sorte. D'ailleurs celle-ci "embrasse" et tisse le linceul avec "douceur", plus que de l'application on y sent de l'amour, la mort amoureuse...

En fait le mot qui m'est resté en mémoire après la lecture de ton poème c'est le mot "dentelle", on est dans une certaine élégance : élégance dans le piège, élégance dans le drame, élégance quand on efface le crime.

Bravo pour ce travail tout en délicatesse.

"les doigts rosés de l'aube
irisent les gouttelettes de la dentelle"

Chante "l'oiseau matinal", les trois coups sont frappés, que se joue le drame !...


Senglar de Brabantie

   apierre   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un très joli"travail" poétique sur cette scène quotidienne de la vie animalière.Un crime parfait évoqué avec des mots délicats. Bravo et merci pour la lecture !

   wancyrs   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Salut Hersen,

Pour moi, le titre est décalé avec le reste ; connaissant l'auteure, je me dis que c'est voulu. Ça marche sans doute pour certains, mais pour moi, le carnage est lié à soit un crime crapuleux avec beaucoup d'effusion de sang, soit une tuerie massive. Ici on a "smooth criminal" comme dirait l'autre, un crime en douceur, presque trop beau, qui fait admirer la tueuse, alors que l'auteur d'un carnage est généralement détesté ; donc ça ne marche pas tout à fait avec moi.
Je ne peux certes pas ignorer la beauté du texte dans sa construction et sa progression. Le décor est mis progressivement, d'abord la toile, puis la nature, puis l'oiseau, ensuite l'araignée, et enfin la victime. On dirait une scène de crime parfait où l'agresseur à la fin fait disparaître les preuves, étant sûr de son impunité. Le tout narré avec beaucoup de finesse.

Merci pour le partage !

Wan

   Cristale   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il m'en faut une bonne dose d'abnégation pour venir sur le fil de tes vers mais il parait que l'on doit affronter ses démons pour les chasser, alors, passé le titre qui me fit croire qu'il y aurait du sang et des larmes, je me suis rappelée que dans le mot carnage il y a le mot "chair" et que la chair nourrissait aussi quelques espèces vivantes...

Et puis j'ai vu d'autres mots, des lignes comme des fils tissés pas moins délicatement, finement, d'une dentellière. Les gouttelettes de rosée sur la soie, la haie qui bruisse du chant des oiseaux, la princesse en diadème. L'....... (je ne puis écrire ce mot :)) embrasse et tout disparaît plus vite qu'il n'en a fallu pour tisser cette broderie.

L'idée que la pauvre mouche n'ait pas souffert me réconforte un peu.

Quelle finesse que cet écrit !

Je sors sur la pointe des pattes pour que la bestiole ne me voit pas, heureusement que la qualité de l'écriture dépasse le seuil de ma phobie, sinon pour la note c'eut été dramatique (pour moi) :))

La flèche vers le haut pour :

"les doigts rosés de l'aube
irisent les gouttelettes de la dentelle"

Pour l'acte de la bêbête ce serait "vraiment pas moins +"

Cristale

   FrenchKiss   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Hersen,

Voilà bien l’intérêt de connaître l’auteur avant la lecture. D’un inconnu j’aurais bien pu l’arrêter après « La haie bruisse / accueillant le jour ». Je réserve la poésie bocagère à ma femme, quand je veux la soudoyer pour me laisser regarder un match de Champions League, genre Barça-Faro.

Je me suis dit, c’est pas possible, pas Hersen, y’a forcément un loup. Bon, je me suis trompé, c’était une araignée. Elle arrive à point pour faire basculer le poème. La lecture n’est plus la même. Avant de poursuivre, je reprends du début, et là je me mets à angoisser sérieux, et cet oiseau matinal, tout d’un coup devient un corbeau. C’est comme la maison dans la prairie quand passe un éclair d’orage. Et moi qui n’ai jamais pu attraper une seule mouche avec une voilette. Balèzes ces araignées diadème. Bel hommage à la nature qui rappelle aux hommes que la mort et la douceur de vivre peuvent coexister quand elles ne sont que rites éternels d’équilibre, sur fond de trilles innocentes.

La dernière strophe est la plus belle, elle fait exploser le récit descriptif pour immoler la victime à l’autre moitié, la déesse femme, puisque j’ai appris grâce à toi que tout ça était un plan drague, que le mâle, pendant sa parade nuptiale, avait intérêt à bien gaver sa femelle avant, en lui offrant une proie, afin de ne pas se faire dévorer avant le premier coup d’œil. Je transpire encore, en me disant que j’ai bien fait de payer le resto aux deux nanas que j'ai connues dans ma vie.

Le titre m’a donné la patience d’attendre, en même temps je me demande si je n’aurais pas préféré choisir un titre sur la douceur de vivre, qui fasse contraste avec le crime plutôt que de l’annoncer. N'aurait-ce pas été plus terrifiant encore ?

Une belle écriture, comme toujours. Un sens inné de la poésie.

FrenchKiss
Plus friand de toiles que d’araignées

   Stephane   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir hersen,

Vos poèmes sont plus beaux les uns que les autres et il n'y en a pas un que je n'aime pas ; en résumé, je les aime tous ! Bon, celui-ci ne déroge pas à la règle et j'aurais pourtant pu passer mon chemin sachant que vous avez écris précisément sur mon talon d'Achille, cette phobie de cette vilaine bestiole (du moins à mes yeux) qui arrive à me pourrir la vie lorsque je la croise et que, par peur, j'évite de nommer avant qu'elle ne vienne pour m'attirer dans sa toile.

Vous avez pourtant réalisé le tour de force de me faire aimer ce poème malgré le désagrément dont je vous ai fait part plus haut, grâce a une écriture subtile et délicate (poétique, en somme) comme vous en avez le secret, et ce qui aurait du m'effrayer au-delà de tout devient plaisant à lire, tant la toile que vous tissez est sublime.

Alors oui, c'est un carnage, mais décrit avec une telle beauté que l'esthétique l'emporte sur l'indicible et le carnage évoqué dans le titre n'en est plus vraiment un, comme s'il n'avait jamais existé que dans notre imagination.

Cordialement,

Stéphane

   Mokhtar   
16/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il était bien légitime et opportun que vienne sur le net cette sympathique petite bête qui ferait du mal une mouche.

Sur ses huit pattes, elle aurait pu postuler à l’octosyllabe. La poétesse l’a libérée de ses contraintes prosodiques.

Les quatre premiers vers situent d’emblée le niveau et la grâce du poème. La princesse au diadème ne supporte pas que l’on « traine ses ailes » en son domaine. Ses desseins sont affichés : elle est princesse « de sang ».

Les mots coulent en harmonie. Trille, funambule, diadème, dentelle, brindille, princesse. L’arsenal est féminin.

Belle réussite, sans un accroc.

Restons dans la poésie :
"Tapie dans l’ombre à guetter sa proie, prompte à l’assaillir, lui sauter dessus, se repaître de son sang et tout engloutir..."
Puis-je offrir ce texte à mon inspectrice des impôts ?

   hersen   
16/5/2019

   Lulu   
17/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hersen,

Vraiment très beau ce poème qui dessine autant qu'il dit une vie à une échelle discrète et pourtant perçue…

Le titre m'a intriguée, mais je ne le garderais pas spécialement, alors que tout le poème m'enchante pour sa description vibrante d'un petit matin. J'imagine "les doigts rosés de l'aube" et "les gouttelettes de la dentelle" ; le chant de "l'oiseau matinal"... Moment que je préfère, je crois, dans la journée… si inspirant…

L'araignée semble ici si extraordinaire ; une déesse, quelque part…

Le ton est beau : "surprend la mouche traînant ses ailes près / si près"...

Je n'ai pas su, et ne sais toujours pas (je vais chercher dans le dictionnaire) le sens de "l'épeire"... J'ai l'impression, de mémoire, que tu m'apprends souvent des mots (sourire)…

Les "huit pattes" ; belle expression pour désigner notre personnage.

La tonalité est vraiment touchante, belle ; comme nette et appliquée, tout comme ce travail de tissage… (sourire).

Merci pour ce chouette partage, et au plaisir de te relire.

   Robot   
17/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J.H. Fabre n'aurait probablement pas dédaigné cette description poético-naturaliste d'un évènement que l'auteure observatrice nous transmet avec réalisme et dans un style de lyrisme mesuré.

Le final horrible nous est livré avec une image de vérité cruelle mais réelle.

   STEPHANIE90   
17/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hersen,

vous avez suspendu aux brindilles de prunellier votre palais de soie. Je ne suis pas fan des araignées même si je trouve qu'il y en a de bien jolies mais plutôt vu de loin. Rire !

L'ensemble si délicat comme ces huit pattes qui s'appliquent pour ce "subtil carnage" ce que ne me promettait pas votre titre. Pas vraiment sage cette araignée, c'est peut-être ce qui l'a rend intéressante, elle a de la substance...

Merci pour cette vue sur la nature pas vraiment tendre tout en gouttelettes de dentelle,

StéphaNIe

   jfmoods   
18/5/2019
I) Un spectacle grandiose

1) L'éveil de la nature

L'allégorie ("les doigts rosés de l'aube / irisent") et la personnification ("la haie bruisse / accueillant le jour") proposent au lecteur de savourer l'indicible majesté du moment, de goûter le charme incomparable d'un lever de soleil.

2) Une oeuvre d'art

La toile et sa gardienne se présentent dans tout leur apparat ("suspendu aux brindilles du prunellier / un palais de soie", "les gouttelettes de la dentelle", "l'épeire funambule", "les huit pattes", "princesse [...] en diadème", "avec la douceur du travail appliqué / tissent").

II) Un piège fatal

1) Un prédateur aux aguets

La tueuse est en place ("l'araignée dans ses rets"), attendant sa proie. Un instant d'inattention et tout est joué. La victime, inconsciente du danger qu'elle court ("traînant ses ailes près / si près"), n'a pas le temps de parer l'attaque de son agresseur ("surprend la mouche").

2) Un ballet de mort

Le champ lexical du meurtre, qui se déploie dans la seconde partie du poème ("sang", "en transe macabre", "embrasse la proie", "consomme le drame", "effacent le crime du matin"), met en lumière l'implacable violence du titre ("Carnage").

III) Une leçon de vie

1) Un enchantement trompeur

L'ambiance sonore du poème incite au farniente, à la détente, voire à la contemplation ("l'oiseau matinal / en voisin / entame son chant", "sur fond de trilles innocents"). Cependant, dans ce monde où tant de créatures sont en lutte pour leur survie, une vigilance permanente s'impose.

2) Une fable et sa morale

On repense alors à la fameuse phrase de La Fontaine ("Je me sers d'animaux pour instruire les hommes."). Au-delà de la réflexion sur le monde sauvage, le poème nous invite à observer la jungle dans laquelle nous vivons, à nous méfier des traquenards qui nous menacent.

Merci pour ce partage !

   TheDreamer   
18/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Délicatesse du tissage de l'araignée dont le fil de soie est d'une résistance impressionnante capable de tenir face à une pression immense.

Un instantané de la nature où la vie et la mort se côtoient sans cesse. La nature est ce qu'elle est. Aussi douce qu'elle peut être cruelle et sans compromis. Ce poème le dit. L'oiseau siffle. La mouche vit son ultime instant. Ainsi va la vie.

Merci.


Oniris Copyright © 2007-2019