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Poésie contemporaine
Hiraeth : Anathema sit [Sélection GL]
 Publié le 04/09/19  -  12 commentaires  -  1281 caractères  -  222 lectures    Autres textes du même auteur

Mais qui a laissé ce prêtre entrer dans les ordres ?


Anathema sit [Sélection GL]



La messe est dite, enfin ! Mes brebis sont parties.
Plus d’une heure passée à les bercer du Ciel,
Répéter le Credo pour ne pas qu’ils oublient
Quoi rêver en ce monde au parfum trop mortel…
Ils sont tous obsédés par les Béatitudes,
Rabbi. Ton corps, ton corps meurtri, n’est qu’un vaisseau
Pour les conduire saufs au-delà du tombeau.
Nous sommes tous deux seuls – joignons nos solitudes.

Ah ! le silence ici caille comme le lait,
Doux Christ… Tu sais, tout à l’heure j’ai voulu rire :
Aucun ne te connaît comme je te connais.
Ton sang n’est à leurs yeux qu’une encre pour écrire
Leur partition d’orgueil où tout finira bien ;
Mais moi j’ai bu ton sang comme une bière amère,
Ivre de ton martyre atroce et solitaire,
Car je sais ton secret – et tu connais le mien !

Tu ne reviendras pas juger toutes ces ouailles
Que tu ne peux entendre et que tu ne peux voir.
La mort n’aura pas d’yeux lors de nos retrouvailles,
Ô mon beau fou. Nos vies sont les éclairs d’un soir…
Ta foudre pénétra mes entrailles nocturnes,
Et malgré la terreur de ton tragique sort,
J’ai su l’amour vaincu plus puissant que la mort,
Ô toi tendre héraut des gloires taciturnes !


 
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   Miguel   
16/8/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
De beaux vers, bien frappés, animés d'un souffle élégiaque, mais aussi un certain hermétisme, car on ne comprend pas ce que ce prêtre veut dire exactement : on le sent amer, mais : méprise-t-il ses ouailles (il parle de leur orgueil, comme si un pratiquant ne pouvait être sincère et humble), est-il athée (Tu ne reviendras pas...) Que signifie le beau vers "La mort n'aura pas d'yeux lors de nos retrouvailles" ? Car s'il y a retrouvailles il n'y a plus de mort. Le dernier vers porte le mystère à son comble ; mais quoi, les mystères font partie de la religion.

   cherbiacuespe   
17/8/2019
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai eu du mal à me pénétrer de cette lecture. Il m'a fallu, mais j'ai peut-être le cerveau en bouilli aujourd'hui, plusieurs lectures pour en discerner un sens.

Et, en effet, qui donc a laissé entrer ce prêtre dans les ordres s'il considère ainsi détenir le Grand Secret ("Car je sais ton secret – et tu connais le mien")? S'il pense être l'Égal du "Maître" ("Aucun ne te connaît comme je te connais", "Nos vies sont les éclairs d’un soir")? Puisqu'il ne peut être qu'un guide bienveillant, pas un juge, qu'il ne peut être l'égal de celui dont il transmet la parole.

Après être resté perplexe, désorienté et même déçu pendant plusieurs minutes, j'ai bel et bien fini par apprécier ce texte, cet "anathème". Ce témoignage d'une personne qui pense être au-dessus du commun est bien imagé et très bien décortiqué en conclusion.

   BlaseSaintLuc   
18/8/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Vu mes lacunes catéchistes, je ne suis pas au fait de toutes les petites histoires du paradis, voilà donc un texte qui attire mon attention, du côté de la forme, je le trouve très bien mené, joli style. Missa est donc.

"La messe est dite, enfin ! Mes brebis sont parties.
Plus d’une heure passée à les bercer du Ciel,
Répéter le Credo pour ne pas qu’ils oublient
Quoi rêver en ce monde au parfum trop mortel…"

"Ton sang n’est à leurs yeux qu’une encre pour écrire.
Leur partition d’orgueil où tout finira bien ;
Mais moi, j’ai bu ton sang comme une bière amère,
Ivre de ton martyre atroce et solitaire,"

"Ta foudre pénétra mes entrailles nocturnes,
Et malgré la terreur de ton tragique sort,
J’ai su l’amour vaincu plus puissant que la mort,
Ô, toi tendre héraut des gloires taciturnes !"


Sont quelques-uns des passages qui m'ont ravi.

Le rythme est la,alléluia , moi qui ne mange pas de ce pain-là, je croque dans l’Ostie !


Merci pour la lecture

   papipoete   
4/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Hiraeth
je m'ennuie Dieu ! j'en ais assez de rabâcher des crédos, à toutes ces ouailles qui croient le dimanche et puis oublient dès lundi ! Entre nous Dieu, tu y crois vraiment à la résurrection des morts ? Et puis toutes sales brebis qu'on ne veut entendre en confession... mais pour moi seul, ton atroce sacrifice je veux réparer " oh toi tendre héraut des gloires taciturnes !"
NB je vois un prêtre dont le froc tient encore par un cheveu ; son prêche manque désormais de mots, pour retenir l'attention de ce public du dimanche, qui veut gagner son bon de transport, pour renaître après la mort... mais comment leur dire qu'ils croient au Père Noël ?
Un monologue avec soi et Dieu qui l'habite, où les questions et sous-entendus font sourire par instant, mais à l'image du mystère de la foi, ces lignes me plongent dans un vrai imbroglio...
de quel " secret " ces deux personnages sont-ils investis ?
mon vers préféré est, parlant à Dieu " La mort n'aura pas d'yeux lors de nos retrouvailles, Ô mon beau fou. "

   Davide   
4/9/2019
Bonjour Hiraeth,

Je vois plusieurs lectures possibles de ce poème joliment écrit, mais assez peu... explicite.

Je crois déceler une critique de la "religion", mais d'une religion qui aurait perdu son essence, qui aurait perdu sa vérité, et qui serait devenue l'ombre d'elle-même, un simple moyen - bien peu orthodoxe, il faut l'avouer - d'atteindre un bonheur... personnel :

"Ils sont tous obsédés par les Béatitudes"

"Ton sang n’est à leurs yeux qu’une encre pour écrire
Leur partition d’orgueil où tout finira bien"

Il y a quelque chose d'amer, sinon d'ironique, dans les propos de ce prêtre.

A l'heure où la foi se brade comme les relations, la force mystique qu'elle porte en elle a quasiment disparu de notre civilisation mercantile et individualiste. L'essence de la "religion" est pourtant de rassembler, de relier, les êtres entre eux, au monde et à Dieu.
Je retrouve cette puissance joliment exprimée dans ces derniers vers :

"Ta foudre pénétra mes entrailles nocturnes,
Et malgré la terreur de ton tragique sort,
J’ai su l’amour vaincu plus puissant que la mort,
Ô toi tendre héraut des gloires taciturnes !"

J'ai voulu faire part de mes impressions, mais je doute et du sens du texte et du registre littéraire utilisé. En fin de compte, ce poème décrit-il une simple situation comique ou cache-t-il une signification plus complexe ??? Je ne sais pas... je ne note pas...

Merci Hiraeth,

Davide

   Corto   
4/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voici un poème dont on peut dire qu'il a plusieurs entrées.

Ce prêtre, à mon avis a la foi: "Ton corps, ton corps meurtri, n’est qu’un vaisseau Pour les conduire saufs au-delà du tombeau.
Nous sommes tous deux seuls – joignons nos solitudes"
puis: "Aucun ne te connaît comme je te connais".

C'est la foi en Dieu et non la foi dans les rites.

Plus, il y a une sorte de mépris/dérision envers les fidèles :"Ton sang n’est à leurs yeux qu’une encre pour écrire
Leur partition d’orgueil où tout finira bien".

Ce tiraillement entre foi en Dieu et sentiment que les fidèles ont une vision utilitaire de la religion et de ses rites, ne me paraît pas exceptionnel. Et s'il était plutôt fréquent ?

On voit comme un sommet de cette dissociation avec:
"Mais moi j’ai bu ton sang comme une bière amère,
Ivre de ton martyre atroce et solitaire,
Car je sais ton secret – et tu connais le mien !"

Ce prêtre prépare sa mort et croit à la vie éternelle de façon un peu cynique "La mort n’aura pas d’yeux lors de nos retrouvailles,
Nos vies sont les éclairs d’un soir…"

Voici un beau texte, profond, voire audacieux en ce sens qu'il aborde un sujet habituellement tabou.

Il ouvre un abîme de réflexion pour les croyants.
Il autorise un surplus de cynisme pour les non-pratiquants.
C'est déjà beaucoup pour un poème.

NB: (inutile de dire qu'avec un contenu aussi riche, on se soucie comme d'une guigne de vérifier les règles de la prosodie, d'autant que la forme adoptée permet une lecture agréable au service du thème).

Merci pour ce partage.

   ours   
4/9/2019
Bonsoir Hiraeth

J'ai aimé lire vos vers mais je n'ai pas réussi a en saisir le ton, pour qui faut-il avoir du mépris, ce prêtre qui n'hésite pas à se comparer a Dieu, ses ouailles qui ne cherchent rien d'autre que la béatitude, les deux ? J'avoue être un peu déçu car la forme m'a plu. Je ne noterai pas. Peut être quelques éclairages en forum ?

   taha   
5/9/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Hiraeth,

Joris Karl Huysmans, passe du nihilisme à la foi chrétienne en passant par les messes noires à coups de fulgurances poétiques (en prose) d' égale beauté.

Je suis conquis par le tribun Robespierre ce rhéteur d’exception, ce fou de la république et lorsque je lis D’Aurevilly, antirévolutionnaire forcené, je ne sais plus lequel des deux j’ai le plus aimé.

Personnellement, je serais athée, que cela ne m'empêcherait pas de placer les oraisons de Bossuet au faîte des belles lettres.

C’est pour dire… que nous sommes sur un site de poésie que diable !

Ce que vous proposez, ce sont des vers, de la poésie ;
ni un manifeste d’opinion, ni une apologie de la foi.

Quoi que… la croyance du poète ici, à l’évidence, transcende la foi du commun et ce n’est pas peu.

Mais demain déjà, vous seriez en droit de vous prévaloir, du contraire de ce qu'aujourd’hui vous décrivez.

C’est comment vous le dites qui importe.

« Fais nous rire ou pleurer, qu’importe si c’est faux :
Ton art est vrai pour nous, du moment qu’il est beau » Hiraeth


Vous prétendez à la poésie, est-ce que ce texte en est ?

Vous écrivez :

"Ah ! le silence ici caille comme le lait."

Et puis,

"Mais moi j’ai bu ton sang comme une bière amère."

Ou encore,

"Ô mon beau fou. Nos vies sont les éclairs d’un soir"

"Et malgré la terreur de ton tragique sort,
J’ai su l’amour vaincu plus puissant que la mort,"

Une telle audace d’expression, touché par la grâce qui plus est !

C’est beau,c’est rarissime, c’est POÉSIE…

Excellentissime !

taha.

   senglar   
5/9/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Hiraeth,


"Qu'il soit dit hérétique !" et donc exclu, du moins temporairement de la société des Chrétiens...
Du prêtre au rabbi combien de pas y a-t-il ?

Je suis un peu comme les autres commentateurs Hiraeth, je n'ai pas compris grand-chose (Il est vrai que la religion s'y connaît en Mystères).
En partie à cause de l'incipit qui est censé éclairer, qui donne une voie, une direction, un sens à suivre, mais qui semble là a contrario, qui n'éclaire pas grand-chose.
Et puis parce que ça dérape dès la 2ème strophe...
Et que ça part dans le mur à la troisième !

PASSERA PAS LA QUATRIEME CE FROQUE.

1ère strophe : Qu'est-ce qu'il leur reproche à ses ouailles le rabbin ? De croire au paradis après la mort, à la vie éternelle. C'est le marché non ?
2ème strophe : Où ce prêtre va-t-il chercher que le sang est une encre ?
"Bois, ceci est mon sang"
Le sang régénère c'est un fortifiant.
Le religieux le lit-il dans le sens de pacte, de contrat entre Jésus et ses fidèles ?
3ème strophe : Le marché est présenté comme un marché de dupes. Il n'y aura pas de jugement dernier, pas de retrouvailles après la mort, pas de "... à droite du Seigneur".
A partir de "Ô mon beau fou..." dont je dirais que "audacieux" est un euphémisme de même que pour "Ô toi tendre héraut" je ne comprends plus trop... "Ta foudre pénétra mes entrailles nocturnes", très proche de 'Ton foutre" me fait frémir..
Et puis "l'amour vaincu" : il me semble que l'amour a été vainqueur au contraire.

Bref je ne suis pas le pape ni le grand rabbin mais celui-là je l'excommunie illico moi.
Alors on meurt ou l'on ne meurt pas dans c't'histoire ?
Faudra m'expliquer tout ça Hiraeth...
La puissance de l'amour ne serait-elle que la puissance de la mémoire ?
Et l'immortalité, persistance ?
Dans ce cas c'est mal parti.

Lol


Senglar
:)))))))

   Cristale   
5/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je ne sais et ne crois qu'une chose aujourd'hui : cette écriture n'est comme aucune autre pareille.
La sidération est dans l'harmonie des mots, la musique des vers, la syntaxe précise.

Nul ne revient de la mort, il n'est pas de jugement, ni de pardon
et aucune absolution ne rend un homme bon.
Christ n'était qu'un homme qui distribuait la bonne parole, un guide, un pacifiste condamné et torturé.
Le reste n'est que mensonges et fanatisme.

Voilà c'est dit...à ma façon.

Cette écriture est fascinante.

Cristale

   Pouet   
6/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

sans la phrase de présentation, on pourrait croire à une "crise de Foi", un petit coup de mou, un moment de faiblesse passager, la chaire est faible... Mais il semblerait donc qu'il entra dans les ordres avec son propre désordre.

Il y a une forme de regard désabusé par endroit, de désillusion dans l'humain, ses petitesses, ses hypocrisies. Enfin, je crois.

De très bons vers selon moi à l'instar de par exemple:

"Nous sommes tous deux seuls – joignons nos solitudes."
"Ah ! le silence ici caille comme le lait,"
"La mort n’aura pas d’yeux lors de nos retrouvailles,"

Ce passage est je crois mon préféré:

"Ton sang n’est à leurs yeux qu’une encre pour écrire
Leur partition d’orgueil où tout finira bien ;
Mais moi j’ai bu ton sang comme une bière amère,"

Alors, je ne sais pas vraiment qu'elle est le "secret" partagé. Il est peut-être question d'Amour et/ou de Solitude, des deux, d'aucun.

On peut croire à un instant comme à une relation d'amour christo-charnel avec

"Ô mon beau fou. Nos vies sont les éclairs d’un soir…
Ta foudre pénétra mes entrailles nocturnes,"

Quoiqu'il en soit, j'ai vraiment bien apprécié le traitement du thème.

Original.

   Robot   
8/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
On ressent dans ce texte comme une sorte de désillusion, non pas envers ce christ qu'il vénère mais envers ce que ces brebis retiennent du message et de l'icone. Envers ce qu'on transmis ceux qui ont fait de l'homme prophète un dieu.

Sûr de son interprétation il en vient à parler d'égal à égal avec ce Rabbi qu'il semble voir plus comme un homme que comme un dieu. En tout cas comme un être accessible.

Le texte contient une force expressive dont la conviction transparaît grace à l'écriture au ton direct et dont ressort la sincérité.


Oniris Copyright © 2007-2019