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Poésie contemporaine
Hiraeth : Apollon et Daphné
 Publié le 16/04/20  -  15 commentaires  -  751 caractères  -  232 lectures    Autres textes du même auteur

Quoi de plus commun qu'un mythe ?


Apollon et Daphné



Je me souviens du temps où mes parents s’aimaient,
Ou du moins le croyaient : maman sur le divan,
Daphné enracinée ; papa dans la cuisine,

Artisan du devoir ; et nous, l’amour vivant
De leur couple mourant. Maman voulut revivre
Le vertige du cri, l’appel de la nuit ivre,

Un jour s’en est allée. Le conte est bien banal,
Mais je n’oublierai pas le regard de mon père
Quand nous bûmes ensemble au bar de sa misère :
On eût dit qu’un palais aux parois de cristal

Venait de s’effondrer dans l’abîme fatal
De son cœur entaillé par mille éclats de verre,
Qui sans fin reflétaient les ombres de ma mère ;
Et ces mots, désemparants et doux : « Fils… J’ai mal. »


 
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   Anje   
27/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Contemporain.
Si son intention était d'écrire un sonnet à rebours, l'auteur n'était pas loin de l'obtenir. Une petite restructuration, une remise à l'ouvrage du premier tercet et il l'avait. Il ressort en tout cas un travail non négligeable et intéressant auquel je veux rendre hommage sans tenter de décortiquer ce texte triste. Car même le rythme cahotique du dernier vers exprime la douleur sourde prête à exploser.
Anje en EL

   poldutor   
31/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour
Belle et triste poésie d'un amour mort; Celui qui part prend son essor en oubliant tout, celui qui reste crie sa douleur sans rien oublier.
Les deux derniers quatrains sont déchirants.
"Mais je n’oublierai pas le regard de mon père
Quand nous bûmes ensemble au bar de sa misère :
On eût dit qu’un palais aux parois de cristal..."

"...De son cœur entaillé par mille éclats de verre,
Qui sans fin reflétaient les ombres de ma mère ;
Et ces mots, désemparants et doux : « Fils… J’ai mal. »"

Magnifique.
Cordialement.
poldutor en E.L

   Pouet   
16/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Slt,

j'ai eu un peu peur en lisant le titre, me disant encore un poème aux accents mythologiques et emphatiques surannés... ô désespoir!

Mais que nenni.

J'ai au contraire beaucoup aimé cet ancrage dans le réel, cette transposition à la modernité.

Et puis ce rythme "saccadé" aussi.

Mais surtout j'ai trouvé cela touchant, fort bien exprimée cette cristalline et paternelle souffrance dans les deux dernières strophes, cet aveu au fils.

Un belle simplicité, vraiment.

   papipoete   
16/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Hiraeth
d'emblée, je vois cette curieuse façon poétique, comme un sonnet renversé ; cela porte-t-il un nom ?
Et pourtant l'histoire se déroule bien avec cet amour qui s'éteint ( tout du moins d'un côté ) et le membre libéré qui s'enfuit chercher " le vertige du cri ".
n'avoir point de témoin du couple qui prend l'eau, et sombre, et parfois éclabousse est moins pénible comme chemin de croix ; mais quand le drame qui se noue, devant les enfants se joue...
NB cette aventure à laquelle en naissant, participèrent les enfants, virent leurs parents s'aimer, se désaimer et se détester est désillusoire, l'on voudrait qu'une fée de sa baguette magique, ressoude cet Apollon et Daphnée mais ainsi ne va pas la vie !
Crescendo va votre poème vers une fin annoncée, et le vers final semble dire " est-ce qu'un homme peut pleurer ? "
je ne sais examiner ces vers qui me semblent dodécasyllabiques ?

   sympa   
16/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir hiraeth,

Un amour qui s'en va revivre sa jeunesse hors du foyer, c'est triste pour celui qui reste et pour le fruit de leur amour passé.
Vous l'exprimez bien dans ce sonnet dont j'ignore s'il a un nom spécifique.
Sonnet inversé???

J'ai une nette préférence pour les quatrains, en particulier le premier .
Les tercets étant, pour ma part, plus en dessous.
L'ensemble est plaisant toutefois.

   Cristale   
25/4/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Pseudo-sonnet à l'italienne dont je soupçonne l'auteur de vouloir me contrarier en me sortant de mon confort perfectionniste car : comment ne puis-je sursauter (déjà ;) à la lecture du premier tercet dont la rime du vers 3 ne s'accorde à aucune autre. Sinon, "s'aimaient" et "cuisine" auraient-ils des finales similaires dont personne ne m'aurait avertie de leur existence ? Bigre, j'ai du retard d'apprentissage si tel est le cas ^-^.

Non, je pense que l'auteur voulait me sortir de ma torpeur, en fait le poète n'en a rien à faire des règles de prosodie, du style, du rythme bon chic bon genre, toutes les règles sont faites pour être enfreintes et il écrit son sonnet en se souciant un minimum des bons usages de la versification.

Il écrit, plongé dans les images de ses pensées, se sont ces images qui sont la prosodie des 14 vers et non la mauvaise rime, le "e" muet non élidé aux hémistiches et autres insignifiantes choses.

Le rythme saccadé des tercets, l'incohérence de la rime fautive sont comme autant de fractures affectives que les quatrains, mieux ordonnés, viennent consolider d'un onguent de compassion dans un chagrin partagé.

Je le nommerais "sonnet brisé"...il y aurait plus à dire mais ma plume est confinée dans son encrier :)
Les opposés "nuit/jour" "vivant/mourant"
La voyelle "a" en couleur primaire éclate la gravité de son vacarme
et fait vibrer la consonne "v" qui se voudrait ...bon, j'arrête mon bavardage.

Merci Hiraeth.

Cristale

   BlaseSaintLuc   
16/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Les règles tout le monde sait que je m'en tamponne !

Les fautes de ma grammaire sont plus coupables, elles relèvent voir révèlent d'une inculture, ou d'un manque d'application à reluire des bancs.

Donc peu me chaut de l'académisme bon ton, ici, je ne vois que poésie, passion, sensibilité, émotion.

Il n'y a que l'œil du poète, pour voir des reflets d'ombres dans des éclats de verres brisés.

Pochetron des rêves, à boire au bar de la misère.

fils , ce n'est pas si mal !

   eskisse   
16/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

J'ai avant tout beaucoup aimé l'évocation de la détresse du père avec ce coeur qui devient un véritable piège de cristal. C'est dit avec beauté en quatre vers seulement.
Je suppose que le sonnet est inversé pour souligner le changement de vision du père ou l'effondrement du bonheur.

Merci pour le partage

   Provencao   
17/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Hiraeth, Merci pour cette poésie toute en finesse, en pudeur et en blessure sourde et profonde.

Ce langage vrai qui devient témoin de la désillusion et des "reflets en ombres de votre mère", est un langage très poétique.

Il se nourrit de" regard", de "cœur entaillé" qui se jouent en un drame qui va bien au-delà d'une épreuve. Un dépouillement dans les mots usités.

Très juste, très touchant.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   jfmoods   
19/4/2020
Les humains sont-ils des jouets entre les mains des dieux ? C'est ce que semble suggérer ce sonnet inversé, fuyant à l'occasion la rime (vers 1 et 3), qui réinvestit le mythe pour l'inscrire dans le quotidien (entête : "Quoi de plus commun qu'un mythe ?").

Le poète se plonge dans son passé ("Je me souviens du temps"). Les deux premiers enjambements ("mes parents s’aimaient, / Ou du moins le croyaient", "et nous, l’amour vivant / De leur couple mourant") mettent en lumière l'enjeu délétère du texte. Un parallélisme ("maman sur le divan, / Daphné enracinée ; papa dans la cuisine, / Artisan du devoir") fixe le caractère inamovible du rôle assigné à chacun des parents : nous avons devant les yeux une parodie de couple.

La mère est bientôt emportée par la folie (modalisation : "voulut revivre / Le vertige du cri, l’appel de la nuit ivre", euphémisme : "Un jour s’en est allée").

Si le poète reconnaît le prosaïsme de l'évocation (présent de vérité générale : "Le conte est bien banal"), c'est pour appuyer plus sûrement sur la marque indélébile laissée en son coeur par cet événement tragique (futur : "je n’oublierai pas le regard de mon père", subordonnée circonstancielle de temps assortie d'une métaphore : "Quand nous bûmes ensemble au bar de sa misère"), par la détresse abyssale d'un père (conditionnel passé deuxième forme ouvrant un espace métaphorique : "On eût dit qu'un palais aux parois de cristal / Venait de s’effondrer dans l’abîme fatal / De son cœur", hyperbole : "entaillé par mille éclats de verre", subordonnée relative agrémentée d'un complément circonstanciel de manière : "Qui sans fin reflétaient les ombres de ma mère", démonstratif : "ces mots, désemparants et doux", discours direct).

Merci pour ce partage !

   tundrol   
19/4/2020
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai beaucoup vu ces bars de la misère, mais pas les papas dans la cuisine. Par contre, ils semblent inséparables, vos parents? Ou plutôt l'un transforme en l'autre, et vice versailles?

Evidement, il faut une clef pour tout cela.

Expérences très personnelles.

Celui qui aime à poursuivre les formes fugaces du plaisir ne trouve que feuilles et fruits amers sous sa main.

Enfin.

   aldenor   
24/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un poème touchant qui coule bien, en phrases amples, avec des mots simples et des images senties.
Je m’interroge pourtant sur certains passages :

« Et nous, l’amour vivant » : Le pluriel surprend, venant après « mes parents ».
« De leur couple mourant » : plutôt « moribond » ?
« Maman voulut revivre […] Un jour s’en est allée » “voulant revivre” me semble plus naturel comme formulation.

   Sodapop   
25/4/2020
 a aimé ce texte 
Pas ↓
Je n'ai malheureusement pas accroché à ce texte qui ressemble à un sonnet sans vraiment en être un...
Le thème abordé est tout ce qui ne me fait pas rêver en poésie... Le véritable problème ici est qu'il n'y a pas de rêves justement.
Trop de codes qui personnellement m'ennuie et trop peu de liberté, pour ne pas dire aucune.
Comme disait Kafka : "Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d'un coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire?" C'est un peu ce que j'ai ressenti ici avec votre poème.
Merci néanmoins pour le partage.

   cherbiacuespe   
25/4/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Belle poésie sur une séparation. Le ton reste aérien malgré le thème poignant, ou il en est plutôt la cause. Les mots se succèdent et coulent avec légèreté tout au long de ce témoignage, des mots habillés de tristesse, de mélancolie.

Belle composition avec des paroles simples mais subtilement accordés. Ce qui lui confère une musicalité agréable à la fois à l'oreille et à la lecture. Une belle inspiration.

   Malitorne   
23/5/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Votre discours sur le protectionnisme abusif lié à la pandémie m’avait impressionné. J’avais défendu mollement mes arguments car, au fond, j’étais d’accord avec vous. Par ricochets, j’étais curieux de savoir ce que valait vos poèmes. J’ai donc lu le dernier en date (« Bénédiction ») qui ne m’a guère enthousiasmé. Je ne doute pas qu’il soit conforme aux canons requis mais au niveau de l’émotion, c’est chiche ! J’ai trouvé l’ensemble très froid.
Tout le contraire d’ « Apollon et Daphné », qui s’affranchit de déclarations solennelles, obscures, pour revenir à quelque chose de plus accessible. On ressent bien la douleur du père et l’impuissance du fils à panser ses plaies. Quelques beaux passages aussi : « Maman voulut revivre le vertige du cri ». J’en déduis que je vous préfère dans le registre libre de la poésie que classique, qui me semble trop corseté, à la limite de l’emphase. L’excès d’application, je crois, nuit à la portée des sentiments.


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