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Poésie contemporaine
Hiraeth : Chant d'automne
 Publié le 10/12/17  -  9 commentaires  -  586 caractères  -  178 lectures    Autres textes du même auteur

The world is weary of the past,
Oh might it die or rest at last !

Percy Shelley


Chant d'automne



Dis-moi, combien de temps encore ?
Voici l’automne après l’été,
Prêt à rejouer sa vieille aurore…
N’en est-il donc jamais lassé ?

Voici l’automne après l’été,
Le show du monde continue.
N’en est-on donc jamais lassé ?
Des gens descendent dans la rue.

Le show du monde continue.
Mêmes infos à la télé :
Des gens descendent dans la rue,
Un autre mec s’est explosé.

Mêmes infos à la télé,
Un p’tit scandale, un compte offshore.
Un autre mec s’est explosé…
Dis-moi, combien de temps encore ?


 
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   Provencao   
22/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Belle composition en cette poésie classique, avec ce 2eme vers qui se répète en première instance dans le quatrain suivant, appuyant à mon sens la difficulté de penser le temps.

Le passé n'existe plus, le futur n' apparaît pas encore. Quant au présent, il se réduit à un insaisissable mimétisme du temps passé.

" Voici l’automne après l’été,
Le show du monde continue.
N’en est-on donc jamais lassé ?
Des gens descendent dans la rue."


L'être du temps semble vous échapper, autant que son passé. Y a-t-il toujours eu du temps?

"N'en est-on donc jamais lassé ?"
Il semblerait que ces mots conduisent la pensée à ses limites.

J'ai beaucoup aimé ces vers, qui nous hissent à la hauteur d'une réflexion qui embrasse sous un seul regard toute la force de "Dis-moi moi, combien de temps encore ?"

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   socque   
10/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aime bien le pantoum, et je m'y suis beaucoup essayée fut un temps, mais je ne crois pas avoir jamais réussi à dépasser le stade dit "du relou", où le ressassement se voit trop. Je trouve que vous évitez cet écueil, d'une part grâce à l'octosyllabe, un vers léger, d'autre part parce que vos mots sont simples et percutants et que vous avez soigné vos reprises de vers : à mon avis, elles s'insèrent bien dans le sujet.

Sujet qui d'ailleurs convient au pantoum puisqu'il parle de cycle. J'aime particulièrement le premier/dernier vers désespéré ; je le comprends comme une aspiration à la mort : combien de temps encore avant qu'on échappe par la tombe à cette ronde de simagrées brutales ?

Bref, un poème efficace, avec une bonne adéquation de la forme au fond. Je trouve que c'est réussi... et flippant dans son genre.

   Marite   
10/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Ce poème me séduit en premier lieu par la forme et ces vers discrètement repris chacun à leur tour dans les quatrains qui se succèdent. Alors que par le titre je me préparais à découvrir une n-ième description des splendeurs de la Nature à cette saison, j'ai découvert celle d'un automne de notre monde. Espérons seulement que l'hiver à venir ne soit pas trop rude ...

   Brume   
10/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Hiraeth

Poème simple mais percutant. Un chant d'automne particulier. Vos mots ont une très forte résonance. Le dépit accompagne chaque vers.
Un poème sans fioriture au plus près de la réalité.

Sur la forme, les pantoum et autres poésies classiques je n'y connais rien. En revanche les seconds vers reportés à chaque quatrain ne m'ont pas sauté aux yeux. De ma part c'est un compliment, cela veut dire que je n'ai lu aucune lourdeur.

   PIZZICATO   
10/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Un langage simple, des images de la vie à notre époque.
Une autre façon de décrire l'automne.

Est-ce la métaphore de la morosité actuelle dans notre société ?

   papipoete   
10/12/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
bonjour Hiraeth
Tout n'est qu'éternel recommencement au programme de la vie ; mode, alimentation, sécheresse, inondations, faim, guerres et paix !
" Voici l'automne après l'été ", mais il peut arriver qu'en " plein été morde le froid de l'hiver " quand survient un drame qui glace le sang !
NB en général, j'aime bien les poèmes à forme fixe ( sonnet, gérardine, maillet ) seul le pantoum me déplaît ; le vôtre n'y déroge pas et le sujet me chagrine, me déprime aussi ne puis-je m'étendre davantage sur votre écriture !

   Marie-Ange   
10/12/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un "Chant d'automne", qui me laisse sans impression
particulière, il manque de nerf, de mordant.

Est-ce la forme qui me produit cet effet, je le trouve languissant, je sens l'idée présente, intéressante, mais par vraiment bien exploitée.

Ce poème n'appuie pas la démarche, il l'effleure.
Ce qui me laisse pas tout à fait conquis, c'est un dommage,
parce que ces interrogations sont parfois les miennes.
J'aurais voulu que votre phrasé leurs donnent l'élan nécessaire
pourtant plus loin ce questionnement.

   jfmoods   
10/12/2017
Le poème est composé de quatre quatrains en octosyllabes, à rimes croisées, pauvres et suffisantes, féminines et masculines alternant à chaque changement de strophe.

Ce pantoum détonne autant par sa thématique que par son niveau de langue familier ("mec", "s’est explosé", anglicismes : "show", "offshore", apocopes : "infos", "télé", syncope : "p'tit").

Le titre lui-même ("Chant d'automne") est trompeur qui suggère un état d'âme plus intime.

L'interro-négative (question rhétorique : "N’en est-il donc jamais lassé ?") et la question ouverte qui, prenant à partie le lecteur, entame et clôt le poème ("Dis-moi, combien de temps encore ?"), signalent le regard désabusé porté sur un monde contemporain dépourvu d'idéal, incapable de se remettre en question, tournant à vide (verbe réduplicatif  à sens ludique : "prêt à rejouer", assimilation du sérieux au trivial : "Le show... continue", image de la répétition stérile : "Mêmes infos à la télé", adjectifs qualificatifs soulignant l'usure : "sa vieille aurore", "un autre mec", présentatif avalisant une mécanique immuable : "Voici l’automne après l’été").

L'époque, gainée d'obscénité, est aimantée, électrisée, obsédée par la contemplation de sa propre décrépitude, par le spectacle de sa propre déliquescence (terrorisme : "Un autre mec s’est explosé", "Des gens descendent dans la rue", paradis artificiels de l'argent roi : "Un p’tit scandale, un compte offshore").

Dans un tel contexte, le souhait véhiculé par la citation de Percy Shelley (entête : "The world is weary of the past, / Oh might it die or rest at last !") met en évidence, derrière la lassitude accablante, l'exaspération profonde d'une situation, la radicalité d'une attente.

Assonances (en", "è/é") et allitérations (d, t) appuient sur la dureté de l'évocation.

Merci pour ce partage !

   Gouelan   
17/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
Le rythme du poème rend bien la notion de boucle.
Les saisons se succèdent inlassablement, tout comme les drames à la télé.
"The show must go on", malgré les larmes et les déserts. La nature n'en a que faire. Et l'homme aussi doit se relever. Il y a toujours un printemps quelque part.
J'aime bien la façon dont vous avez développé l'idée.
On a l'impression d'être sur un disque, le disque du monde. Ça tourne inlassablement.


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