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Poésie contemporaine
Hiraeth : Complainte du jeune travailleur
 Publié le 18/11/17  -  10 commentaires  -  1850 caractères  -  136 lectures    Autres textes du même auteur

À Jules Laforgue.


Complainte du jeune travailleur



Parcourant de Paris les puantes entrailles,
Me rendant au bureau dès la percée du jour,
Apathique Thésée que le métro rend sourd,
Lâché dans ce dédale, offert en victuailles

Au monstre costumé qu’on appelle travail,
Je suis un des damnés devant gagner leur vie…
J’ai du mal à savoir ce que ça justifie ;
Mais tout comme ce vers exige rime en -ail,

Je sais bien que les gens consentent aux tenailles
Pour servir le pays et nourrir leurs ouailles.
Or moi, étudiant d’art, jeune et maudit puceau,
Par la nécessité arraché du pinceau,

Sans femme ni gamins je rêve de sérails !
L’imagination, cette fée malhonnête,
Me peint l’illusion d’une charmante fête,
Changeant les stations en caravansérails…

Parfois un vent puissant, soufflant sur ma ferraille,
Avive en moi le feu d’une rébellion
Et me pousse à crier le mot Révolution –
Et je rêve de mort, qu’importe la bataille !

Mourir… Et vivre, un peu ! Assaillir les murailles !
Mourir avec les dieux sur un dernier haut lieu !
Je rêve d’un couchant pour toutes funérailles :
Aux doux yeux d’un mourant que le monde est glorieux !

Les portes du métro s’ouvrent et la pagaille
Me renvoie à la loi terne du quotidien.
N’était-ce que cela ? Un ravissement vain ?
Je vois qu’il n’y a pas que les trains qui déraillent…

Et je ris du vieux Marx, cette aimable canaille,
Dont le brillant dessein me laisse indifférent
Car je suis, comme tous, mon suprême tyran,
Acceptant de mon sort la paisible grisaille

Et n’osant deviner en quoi l’humain bétail,
Soudainement chargé de punir du travail
Les bourreaux désignés par la force publique,
Pourrait se transformer dans l’élan d’une clique !


 
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   fugu   
3/11/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
"Or moi, étudiant d’art, jeune et maudit puceau,
Par la nécessité arraché du pinceau,"
L' Étudiant d'art qui voyait forcément les choses autrement... plus belles.
Dans sa bulle quoi !
Avec bien sûr Marx comme bonne vieille référence et des idées de révoltes. Manque plus que le T-shirt à l'effigie du Che.
Cliché (ou pas), ce texte m'agace.
Alors oui, le poème en lui même est plutôt bien tourné mais je n'adhère pas à cette Complainte.
Le titre d'ailleurs est franchement risible.
- Complainte d'un jeune étudiant en art qui entre dans le monde réel - aurait peut-être été plus en adéquation avec le poème.

   bipol   
18/11/2017
il est aussi bien écrit qu'il me semble ridicule ce texte

Paris et ses puantes entrailles mais de quoi parlez vous??

de la ville romantique et lumineuse

et quel est cet étudiant en art

vraiment vraiment pas

   LenineBosquet   
18/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
J'aime bien votre poème, me reconnaissant dans ces lignes quand j'ai dû mettre de côté la musique pour aller gagner trois francs six sous comme une bête de somme sur les chantiers. Et oui, je rêvais de révolution en effet.

Que nous disait Untel dans son "Eloge de la paresse" déjà? Ah oui, que la maladie du pauvre et du prolétaire c'est d'ériger le travail en valeur suprême jusqu'à en crever, et d'en faire crever ses gosses. Non merci les mecs, on va se démerder autrement hein...

Sur la forme, les rimes en "aille" c'est marrant pur la prouesse mais un peu lassant à force.

Sinon l'alternance du genre des rimes est respectée, les pluriels riment avec les pluriels, de même pour les singuliers, j'aime.

Merci

Edit : j'ai confondu Lafargue et Laforgue, ne m'en voulait pas hein, ça ne change rien à mon commentaire.

   papipoete   
18/11/2017
 a aimé ce texte 
Pas
bonsoir Hiraeth,
Je suis circonspect en lisant votre poème " réquisitoire " contre le travail, qui donne à réfléchir sur la condition humaine .
NB certes, aller gagner sa croûte chaque jour peut se faire à contre-coeur, mais si je n'ignore pas que certaines entreprises maltraitent leur personnel ( j'en pâtis moi-même en son temps ), il existe une défense des travailleurs ( syndicats, médecine du travail ) dans ce pays de France .
Bien que Paris se situe en France, j'ai l'impression de lire " l'ordinaire " d'un ouvrier au Bengladesh !
L'avant-dernier vers de votre plume " les bourreaux désignés par la force publique " reflète la couleur de votre texte, qui découragerait plus d'un " bleu " débarquant sur le quai de l'emploi !

   Hiraeth   
18/11/2017
Je précise juste que cette version n'est pas la version finale. Peu après avoir soumis mon texte à la modération, j'avais apporté des modifications assez importantes aux trois premières strophes, trop importantes pour être acceptées, hélas.

   PIZZICATO   
18/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Pourquoi considérer le travail sous un aspect aussi sombre et le présenter comme une sorte de poids qui étouffe.
Certes il a ses contraintes, ses impératifs, surtout ses obligations de résultat ou de rendement. Mais il fait partie de la vie ; et le pire des maux est d'exercer un travail que l'on n'a pas choisi. Cest la première cause de ce dépit.

" Car je suis, comme tous, mon suprême tyran,
Acceptant de mon sort la paisible grisaille ".

   Gemini   
19/11/2017
Peut-être une bonne illustration de ce que, récemment, un président de la République appelait « fainéant » ?
Comme dit avant, je trouve, cela bien (trop) long, avec une rime en « ail » qui - peut-être, et même sans doute - a pour métier d’évoquer les coups de marteau du travail honni, et qui enfonce son clou dans les tympans du lecteur. Il me semble deviner des vers qui ne sont là que pour le mot de la rime, sérails ou ferraille par exemple, alors que d’autres rimes sont tout à fait dans le contexte : travail, bétail, grisaille, bataille, tenailles (j'aurais mis aussi des verbes tels que faille ou vaille que vaille).
A mon simple avis, il aurait fallu, déjà pour raccourcir le texte, s’arrêter sur ces seuls bons mots, les autres affaiblissent le sens.

   Marie-Ange   
20/11/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↑
Toutes ces rimes en "ail", ce n'est pas vraiment un beau
travail, c'est très monotone et monocorde, trop c'est trop.
Toutes ces rimes sont comme des fausses notes, elles m'ont
fait grincer des dents.

Il faut ajouter à cela un vocabulaire qui semble forcer la dose continuellement sur le sort du travailleur, je conçois aisément que le monde du travail n'est pas facile, mais ce n'est pas le bagne tout de même. Comme en toute chose, il y a du bon.

Rien ne m'a plu de ce poème, ni le fond, trop exagéré, ni la forme avec ces rimes qui au final en font le principal défaut.

   David   
20/11/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Hiraeth,

La complainte, la véhémence, c'est un peu casse-gueule. Ici, il y a la forme mais je reste néanmoins devant le fait de se plaindre, et la fin a quelque chose de ces enfants capricieux qui jurent de ne plus jamais respirer si on ne leur cède : C'est un peu trop emphatique à mon goût. Le poème tient bien sa longueur, peut-être que j'aurais eu besoin d'un plus d'humour ou de bouteille pour apprécier davantage.

   AUDEVAL   
20/11/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Votre poème me semble trop long.
La répétition des rimes en ail est un peu lassante.
Mais peut-être vouliez-vous montrer, par la longueur du texte et la répétition des rimes, que le travail peut sembler, lui-même, long et lassant ?
Vous avez eu le mérite de vous attaquer à un thème difficile selon moi.
C'était courageux.
Merci pour cet échange.


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