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Poésie libre
Hiraeth : Fantasmagories
 Publié le 01/07/19  -  5 commentaires  -  2221 caractères  -  130 lectures    Autres textes du même auteur

« Même en rêve, faire le bien n’est pas vain. »
Pedro Calderón de la Barca


Fantasmagories



Le murmure de Dieu n'atteignait mes tympans. Des mouches bourdonnaient dans mon crâne funèbre ; le son me consumait sous ma peau de ténèbres… Seul, j'enviais la mue du lumineux serpent.

L’Enfer n’est qu’un grand bruit
|ses ondes des barreaux|
où se perdit l'ego qui s'y perdra encor
fuyant musique
et forme
au chaos qui s'enor-
-gueillit face au Seigneur de ses simples haros

Ton aubade est légère, ô Toi qui fis le jour,
Et pourtant plus réelle et ô combien plus belle
Que les cris décharnés de mon âme rebelle !

Hébété de stupeur, j’étais aveugle et sourd ; car le fruit défendu est une fausse oronge, et l’on sort du péché comme l’on sort d’un songe.

*

J’ai tellement péché que c’était irréel.
Les étoiles fuyaient comme un troupeau de zèbres, et je me dévorais sous le feu des ténèbres – Érysichthon damné par un rêve mortel.

J’étais comme Ixion dans sa luxure vaine ; les frissons de l’Enfer parcouraient tout mon corps,
Quand, délirant tout seul d’une extase de mort, je connus que la Pomme est hallucinogène.

Ton Étoile est lointaine, ô Toi qui fis le jour,
Et sa faible lumière est-elle plus réelle
Que les âcres vapeurs tournant dans ma ruelle ?

Qu'importe… Même en songe, il faut croire en l’amour.
Si le fruit défendu est une fausse oronge, nous y renoncerons pour un plus vrai mensonge.

*

Beau cauchemar ! Mauvais songe providentiel !
Les étoiles m’ont fui – lucioles effrayées
Par l’infernale faim d’infâmes araignées
Qui tissaient de leurs rets mon rêve mange-ciel…

« Tout péché est mensonge », écrit saint Augustin,
« Une drogue mortelle éternellement vaine,
Un fruit rempli de fiel, un hallucinogène,
Une très fausse oronge, un très vide festin ! »

Ton Étoile est lointaine, ô Toi qui fis le jour…
Qu’importe si l’éclat de sa brève lumière
N’est que l’illusion d’une douce prière :

J’ai su que même en songe il faut croître en amour.
Puisses-Tu, ô Seigneur, habitant ma misère,
Aimer à travers moi les pécheurs de la terre !


 
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   Hananke   
1/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Même si je crois que les formes sont interdépendantes, en ce qui
me concerne, je ne vais commenter que le sonnet néo-classique.
Un très beau premier quatrain, surtout, les 2 vers intermédiaires?
avec ses araignées affamées.
Un bon second quatrain même si j'aime moins son coté
énumératif.
Un beau premier tercet même si nous sommes obligés de pratiquer
la diérèse à illusion, je préfère l'uniformité en néo : tout diérèse
ou tout synérèse.
Par contre je n'aime pas trop la conception du premier vers ( surtout
ce croître qui me dérange) de l'ultime tercet, vite rattrapé par les 2 suivants.
Voilà ce que je puis dire pour la partie de mon ressort.

   senglar   
1/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

suis le premier, alors j'ai fait le boulot de documentation comme Mokhtar l'avait fait pour le poème de Raoul ; ça peut toujours servir. Lol


Bonjour Hiraeth,


La fausse oronge (amanite) a un chapeau rouge et est toxique contrairement à la vraie qui est comestible et a un chapeau orange.

Je suppose que l'oronge du poème peut imiter traîtreusement le fruit de l'arbre de la connaissance dans le jardin d'Eden, fruit défendu... dépendu pour le plus grand malheur de l'Humanité selon la thèse ici soutenue.
(Pour ma part j'aime bien consulter Wiki et le Grand Robert itou itou... vois pas l'expulsion comme un malheur)

Aaah ! Crier 'Haro" en enfer ! Suite de la révolte. Vous avez dit Dérisoire ?


Erysichton : Un mort-de-faim malfaisant, un morfale haineux.

Ixion : Séducteur compulsif brutal et sans parole, tire sur tout ce qui bouge. Père des Centaures. On peut le rattacher à la luxure.

Hallucinogène la fausse oronge qui provoque des rêves luxurieux...
Du moins ne perd-on pas tout.


Un triple poème dans lequel il faut pénétrer, pour cela posséder les clés , s'initier ou être un initié, croire finalement en l'amour du Dieu Créateur même si cela doit être le songe qui entraîne et conforte cette croyance et à partir de là rendre cette croyance prosélyte, jusqu'à inviter le Seigneur à jouer lui-même le jeu.

On convie Saint-Augustin. Waouh ! Chouette !

Le tout se tient et n'est pas dénué de beaux vers et de belles formules.
Je suppose qu'il fait partie d'une saga.


Me sens tout petit devant les sagas moi, suis qu'un morpion, un tout petit schtroumpf qui tente d'être savant au pied de son champignon.

Quelle harangue ! Quelle histoire !


Senglar


Edition : Bon, suis pas le premier, Bravo à Hananke qui a tiré plus vite que moi. Tire encore plus vite que Lucky Luke lui :)

   papipoete   
1/7/2019
bonjour Hiraeth
J'ai lu, buté, continué et reconnu mon inculture, face à cette poésie qui réclame un certain degré d'instruction !
Je ne pourrai donc pas me prononcer sur cette page, qui me fait songer aux " tables de la loi " !
Mais la richesse du propos et la qualité d'écriture, raviront les amateurs et suis certain que ce texte aura du succès !

   Davide   
1/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Hiraeth,

Le rêve du monde est le rêve de l'homme "loin" de Dieu, "coupé" de Dieu, le rêve égotique de son pouvoir personnel, le rêve de donner libre cours à ses désirs dans la quête effrénée des plaisirs terrestres.

Dans ce monde chaotique "où se perdit l'ego", le narrateur implore le Seigneur de l'aimer à travers lui, ainsi que tous les humains.

La deuxième partie nous emmène dans les affres de l'Enfer, là où les âmes se sont perdues. La métaphore de la fausse oronge, champignon toxique mais pourtant bien joli, est une belle trouvaille, alternative à celle que l'on connaît.

Prise de conscience, fêlure dans la carapace de l'ego, le narrateur semble vouloir se convaincre que "même en songe, il faut croire en l’amour", en l'amour de Dieu. Cela dit, je pense qu'il en est convaincu, lui !

Un magnifique poème sur la foi, cousues de belles images, dont celles sur les étoiles - mes préférées - symbolisant l'espérance et la demeure du divin (le Ciel) :
"Les étoiles fuyaient comme un troupeau de zèbres"
"Les étoiles m’ont fui – lucioles effrayées"

De plus, l'écriture emprunte son chant mélodieux à la musique des alexandrins et hexasyllabes. Ce n'est pas pour me déplaire !

Merci du partage,

Davide

   wancyrs   
9/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Hiraeth,

Un texte sur la foi et la prière, de quoi faire s'abstenir plusieurs oniriens, mais pas moi, d'autant plus que votre prière est sublime. Il est vrai que Dieu demande de faire simple lorsqu'on s'adresse à Lui, mais je ne crois pas qu'Il cracherait sur cette complainte riche par son vocabulaire et ses images ; je crois même qu'Il exulterait, car l'intelligence des Hommes magnifie sa création.

Merci donc pour ce moment de communion avec Dieu, merci pour votre vers clôturant le texte.

Soyez béni !

Wan


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