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Poésie classique
Hiraeth : La bibliothèque
 Publié le 07/04/21  -  17 commentaires  -  1227 caractères  -  224 lectures    Autres textes du même auteur

"I met a traveller from an antique land…"


La bibliothèque



Il était autrefois, dans mon pays lointain,
Une bibliothèque, antique et gigantesque,
Dont les mille couloirs se déployaient sans fin ;
Vaste comme l’esprit, comme lui dédalesque,
C’était un monstre d’or, une forêt d’oiseaux
De toutes les couleurs sur leurs perchoirs d’ébène,
Qui, remplis de nos chants immortels et si beaux,
Attendaient de percher sur une main humaine.

À travers les carreaux, chaque jour, chaque soir,
Des rayons éclairaient la poussière des songes,
La poussière du monde – ô rayons de savoir,
Ô lucides témoins de nos pieux mensonges –,
Tandis qu’on entendait, dehors dans les jardins,
Murmurer ou gronder la rivière sacrée
Sous le mystère sourd de ses maîtres ondins ;
Mais l’homme ignore tout de ce que l’homme crée.

Aujourd’hui le désert a tout enseveli.
Ne reste que la mort, qui souffle sur le sable
Et les débris épars d’un espoir aboli.
Si quelqu’un retournait dans ce lieu misérable,
Que pourrait-il trouver sous la dune et le vent ?
Un livre calciné ? Les éclats de sculpture
De quelque roi sans nom ? Ou le ricanement
De nos démons surgis d’une vaine culture ?


 
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   socque   
19/3/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je ne vois pas trop pourquoi vous tenez à donner une teinte de nostalgie amère de choses révolues à votre évocation d'une bibliothèque idéale, comme si vous actiez la mort de la culture, mais tel est votre choix d'auteur ou d'autrice, c'est comme ça.
Non, ce qui me perturbe vraiment ce sont ces vers :
Tandis qu’on entendait, dehors dans les jardins,
Murmurer ou gronder la rivière sacrée
Sous le mystère sourd de ses maîtres ondins ;
Mais l’homme ignore tout de ce que l’homme crée.
On sort soudain de la bibliothèque pour passer dans le jardin traversé d'une rivière sacrée, déjà je ne comprends pas pourquoi, mais alors le vers moralisateur sur l'homme qui ignore ce que l'homme crée : ??? Un rapport avec la rivière, le mystère des maîtres ondins ? Ou alors c'est une remarque d'ordre général ? Pourquoi la situer là ? Je trouve qu'elle déboule de manière incongrue, sans introduction préalable. Quelque chose m'échappe.

Les vers m'ont paru fluides, assurés, non sans ampleur, les rimes en revanche, à mon avis, sont peu inventives, et songes/mensonges carrément clichéteuse. Mon avis, rien d'autre. (Les mensonges sont-ils obligés d'être pieux ?)

   Queribus   
23/3/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Je salue tout d'abord la perfection de l'écriture et de la prosodie qui témoignent, très certainement, d'une longue pratique de la versification (comme il fallait bien, quand même, trouver quelque chose, j'ai trouvé: des rimes intérieures à l'hémistiche:

Tandis qu'on entendait
Murmurer ou gronder
la rivière sacrée

Si quelqu'un retournait
Que pourrait-il trouver
Un livre calciné

J'aurais mis une virgule après qui (7me vers)

mais tout ceci n'est que broutilles qui n'enlèvent rien à la qualité de votre écrit.

Sur le fonds, j'ai beaucoup apprécié la rigueur et la progression de la pensée au travers notamment de très belles images poétiques: "C'était un monstre d'or, une forêt d'oiseaux", "De toutes les couleurs sur leurs perchoirs d'ébène", "Des rayons éclairaient la poussière des songes", etc. J'ai aussi trouvé un côté un peu XIX me siècle à votre écrit mais c'est votre choix et il est tout à fait respectable(Il est dommage d'ailleurs que de moins en moins de poètes n'écrivent de cette façon-là.)

En résumé, un travail remarquable sur tous les points de vue qui incite au respect.

Bien à vous.

   Miguel   
25/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème magnifique, un hymne au génie de l'homme, à la culture, à la civilisation, et en même temps un chant funèbre, une déploration face à l'obscurantisme et à la violence. Les deux faces de l'humaine nature, opposées ici dramatiquement, puisque c'est la face obscure qui l'a emporté. De beaux vers, solennels et graves, dont la majesté convient parfaitement au sujet.

   Cristale   
26/3/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
La bibliothèque d'Alexandrie, ce trésor monumental complètement disparu: calciné? noyé? nul ne le sait mais il n'en reste plus rien.
De nombreux ouvrages littéraires et cinématographiques évoquent le sujet.
Ici, l'auteur ajoute sa poésie aux images.
Ce poème est merveilleusement bien écrit, je ne puis que souligner la qualité du récit sur des alexandrins parfaits.

   Francois   
7/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un poème classique, très bien écrit, agréable à lire, évoquant une bibliothèque disparue (celle d'Alexandrie ?), et la fin de tout savoir...
Des rimes plutôt riches, un vocabulaire choisi (ondin)...
Par contre, je me pose des questions sur le mot "dédalesque", que je ne trouve ni dans le Larousse, ni dans le Robert ? Ou s'agit-il d'un adjectif inventé, un peu à la manière de Rimbaud ?

Trois petites critiques :
- perchoirs et percher se retrouvent à 2 vers d'écart...
- le vers 2 sonne un peu dur, avec 3 sons en k :
"Une bibliothèque, antique et gigantesque,"
- comme socque, la fin de la 2ème strophe me semble un peu obscure...

Par contre, les derniers vers sont magnifiques :
"Que pourrait-il trouver sous la dune et le vent ?
Un livre calciné ? Les éclats de sculpture
De quelque roi sans nom ? Ou le ricanement
De nos démons surgis d’une vaine culture ?"

   Quidonc   
7/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Des alexandrins parfaits pour la bibliothèque d'Alexandrie, la plus grande bibliothèque du monde antique. Le mystère de sa destruction reste enfoui dans le sable. Vanité, vanité tout est vanité.
Votre texte rend bien le mystère de son son aura que l'énigme de sa disparition.
Merci pour ce partage

   papipoete   
7/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour Hiraeth
au bout de quelques lignes, je reconnais sous le sable et les dunes, la plus grande bibliothèque de l'antiquité, celle d'Alexandrie.
On y venait de fort loin, pour y compulser les trésors qu'elle renfermait ! Et puis les siècles ont passé, et la poussière recouvrant les parchemins, peu à peu s'est fondue au sable, page après page, étage après étage, ville après ville... Dunes et ergs sont désormais les maîtres par-delà la " rivière sacrée "
NB moi, dont le savoir ne tiendrait pas dans une brouette de sable, sais ce que les égyptiens savaient, 200 ans avant Jésus-Christ ; l'érudition dans tout domaine.
La " golden parade des pharaons ", vers le nouveau musée du Caire, nous emmène dans un sublime écrin, que n'auraient pas dédaigné Ptolémée et bien d'autres.
le héros qui évoque son " monstre d'or " pourrait retourner à cette époque-là, mais qu'y trouverait-il ?
je ne puis choisir de passage particulier, tant le récit en est plein !
vos alexandrins parfaits ( normal, pour évoquer Alexandrie ) font un joli parchemin, à ranger à l'abri du sable...

   Dolybela   
7/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce poème est magistral, comme la bibliothèque. Je sais que le sujet ordonne une certaine majesté voire grandiloquence dans le style (les alexandrins, l'apostrophe avec un ô bien sonore, les longues phrases, les adjectifs bref l'attirail oratoire, prophétique, qui me semble toujours un peu lourd même si de rigueur ici).
Le poeme commence comme dans les contes et glisse vers l'Antiquité (dédalesque rappelle l'architecte, la bibliothèque près du cours d'eau sacré rappelle Alexandrie). C'est tout un monde perdu, un passé primitif (le jardin comme un jardin d'Éden?) et luxuriant voué à la ruine. Le traitement du bâtiment est presque épique, la bibliothèque pourrait être une sorte de héros tant on insiste sur ses proportions immenses. L'atmosphère antique est donc intéressante. Mais c'est un peu lourd pour moi dans les deux premières strophes. Les questions et enjambements dans la dernières m'ont vraiment fait du bien, ménageant la respiration. Et en plus un vers très melodieux "et les débris épars d'un espoir aboli".
Les deux métaphores des oiseaux et de la lumière qui selon moi représentent les savoirs et les découvertes sont très belles. Dans la deuxième strophe l'intérêt porté à la lumière puis au son fait réellement revivre la bibliothèque pour le lecteur. Le dernier vers de la deuxième strophe "mais l'homme ignore tout de ce que l'homme crée" est simple mais limpide. La lumière évoquait pour moi des espoirs humanistes, ce vers vient les briser irrémédiablement. L'homme ne saurait pas apprendre de l'homme. D'où le fait que la culture est vaine et a même engendré des démons.
Les oiseaux seraient les premiers poètes ? Les mystères qui attendent l'humanité pour être révélés ? "De toutes les couleurs sur leur perchoir d'ébène", beau contraste chromatique entre les deux hemistiches. Et les chants alors ? Le langage des dieux, la parole inspirée comme source du savoir ? Ce passage est très beau mais il me laisse perplexe, j'avoue ne pas en saisir toutes les subtilités.
Je ne connaissais pas le poème de Shelley, merci pour cette découverte comme pour celle de votre poème.
Mon appréciation est sans doute biaisée parce que je suis en train d'écrire quelque chose sur la bibliothèque d'Alexandrie.

   Myo   
7/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un hommage poignant à la plus célèbre bibliothèque de l'antiquité et à tous ces trésors qu'elle renfermait.
J'aime beaucoup l'image des oiseaux sur leurs perchoirs d'ébène qui lie cette culture à la liberté de l'esprit.

"Aujourd'hui, le désert a tout enseveli " mais la mémoire de ce bâtiment majestueux et de son histoire nous est parvenu... sans doute grâce aussi à quelques livres...

Un sujet très original, une belle maîtrise de la prosodie et une émotion palpable pour tous les amateurs de jolis mots que nous sommes.

Merci du partage.

Myo

   ANIMAL   
7/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un thème d'exception et un traitement à l'avenant. Voilà un poème riche et prenant, qui entraîne le lecteur dans les méandres de cette bibliothèque du temps de sa grandeur et témoigne de sa déchéance.

Je ne saurai citer de vers préféré car ils ont chacun leur attrait et leur particularité. J'aime ce côté suranné qui sied au sujet pour dire à la fois la beauté du savoir et les regrets de sa perte.

Un poème équilibré qui coule comme un murmure.

   Ligs   
7/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Très bel hommage nostalgique à ce lieu dont les artistes et gens de lettres rêvent depuis deux mille ans... j'adore l'image des oiseaux, même si je regrette la presque répétition perchoirs/perchés.
La rivière sacrée (le Nil ?), le mystère, les chants immortels, tout évoque la grandeur presque divine de la culture... qui est ensevelie dans la troisième strophe. Le lexique est très bien choisi pour évoquer le vide. J'adore les débris épars d'un espoir aboli, avec les allitérations en b et d, qui mettent en lien les quatre mots, et miment le bruit d'un objet brisé.
Le choix des rimes croisées me paraît judicieux.

Je regrette peut-être "murmurer ou gronder" qui me semble difficile à lire : liaison qui donne [murmurerou] ou hiatus ?

Mais c'est vraiment pour chercher la petite bête.

Merci pour ce partage.

   Robot   
7/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'avantage de la Bibliothèque d'Alexandrie c'est qu'elle permet le fantasme puisque on en sait peu de chose. Le cheminement choisi pour nous décrire cette représentation nous délivre une vision soutenue par des vers fluides et imagés.

Je suis un peu plus dubitatif sur la réflexion qui en est tiré. Vaine culture ! Je ne crois pas puisque d'abord le souvenir nous est parvenu et puis il nous reste tout de même tout ce que la culture grecque antique a retenu des ouvrages qui sont arrivés jusqu'à nous, même si tout n'a pas été sauvé.

   Angieblue   
7/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai trouvé beaucoup de charme à ce poème qui fait voyager dans un autre temps.
Un moment, j'ai cru que c'était une métaphore pour illustrer la décadence culturelle de notre époque. De moins en moins de jeunes se tournent vers les livres.

J'ai aimé le début qui commence comme un conte.
Jolis les oiseaux de toutes les couleurs qui attendent de "percher sur une main humaine".
Par contre, à la lecture, "comme lui dédalesque" accroche l'oreille, casse la fluidité du vers à cause du "comme lui" et de la répétition de "comme" qui n'est pas gracieuse. ça serait par exemple plus fluide et musical de dire:
"Vaste comme l'esprit, profonde et dédalesque".
(Pour la musicalité, il faut jouer sur l'allitération en "p" qui s'étend dans toute la strophe.)

La deuxième strophe fait également voyager ailleurs avec "la rivière sacrée"et "le mystère sourd de ses maîtres ondins". C'est très inspiré.
Très fin le double sens du mot "rayons" dans "rayons de savoirs".
Par contre, je regrette que le mot soit deux fois dans le même passage. Il aurait fallu trouver autre chose à la place de la première occurrence.

Et enfin, j'ai beaucoup aimé dans la dernière strophe:
"le ricanement/De nos démons surgis d’une vaine culture".

En somme, un poème très réussi au niveau de la description et de l'atmosphère. Dommage qu'il y ait les deux petites failles que j'ai relevées.

   Hananke   
8/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour

Enfin libéré de ses quelques "démons" engendrés par l'obsession
de la modernité, l'auteur nous montre enfin ce qu'il est capable
de réaliser.
Un beau texte, indubitablement, même si je ne comprends pas bien
cette forêt d'oiseaux, à moins que ce ne soit une métaphore pour
symboliser les livres sur leurs étagères perchés.
Je ne citerai pas de beaux vers, ils sont trop nombreux.

Oui, un admirable poème que j'attendais depuis longtemps :
il fallait que l'auteur se libère...

   dream   
8/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
HIRAETH, bonjour

A l’instar de ce paradis aux splendeurs perdues, ce poème en possède toute la magnificence. Que dire de plus, puisque tout a déjà été dit pour acclamer ces vers tous aussi beaux les uns que les autres :

« Qui, remplis de nos chants immortels et si beaux
Attendaient de percher sur une main humaine. »

Quant à cette fin, une vraie merveille d’écriture :

« Un livre calciné ? Les éclats de sculpture
De quelque roi sans nom ? Ou le ricanement
De nos démons surgis d’une vaine culture ? »

Tout simplement SOMPTUEUX !

   Vincente   
8/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Par les deux premières strophes j'ai pu entendre un chant d'une allégorie folle et utopique, j'étais porté dans un univers, "antique et gigantesque" assez vertigineux, où le poète vibrionnait dans le plaisir du savoir, du comprendre, de la saisie de la conscience humaine et de ses potentialités inouïes. Quelle belle inspiration, dont d'ailleurs le phrasé a su trouver une si juste passe !

Du coup, j'ai presque regretté, dans la troisième strophe, de découvrir un arrière-plan à cette envolée quasi mystique, en tous les cas pleine de passion et de mystère, quand est venue poindre la réalité "historique" de cette bibliothèque pas si utopique que cela puisque existante et ayant existée mais en quelque sorte à la destinée avortée.

Cependant l'on pourra penser que cela sous-tend l'idée que l'utopie est un phare qui joue d'un double potentiel, double pouvoir aussi, l'attirance de sa lumière, mais aussi le repoussoir de son signalement ; à défaut d'y prendre garde, voici donc ce qui la porterait à l'échouage et à l'ensablement ("Ne reste que la mort, qui souffle sur le sable").
Thème ambivalent donc, entre anathème et espérance, autour de cette idéelle "bibliothèque" idéalisée. Vraiment une très attractive proposition donc.

   raaide   
9/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Malgré quelques vers dont je n'ai pas bien saisi l'intention et le rôle, le poème est un réel plaisir à lire : facile et assuré.
C'est une façon de voir une bibliothèque à la fois originale et naturelle, car j'ai le sentiment que l'auteur a mis des mots sur des choses qu'on ressentait déjà plus ou moins inconsciemment.
C'est dommage que certains vers se perdent un peu dans la volonté de créer des images, en particulier le deuxième huitain, je ne comprends pas trop sa présence... Il est presque de trop, et le dernier vers donne l'impression de maxime forcée.
Néanmoins ça ne gâche pas la lecture et le troisième huitain est de loin le mieux écrit ; très parnassien dans le style je trouve, dans le bon sens (fin et bien dosé)

Merci pour ce partage
Bien à vous


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