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Poésie contemporaine
Hiraeth : Le désert
 Publié le 15/02/20  -  13 commentaires  -  778 caractères  -  238 lectures    Autres textes du même auteur

Inspiré d'une fiction vraie.


Le désert



Pour quoi vis-tu, vieux roi, futur repas de vers ?
On t’a tout pris – pourquoi ne rends-tu pas les armes ?
Tu n’as rien que ta soif, et quelques rares larmes
Que tu ne peux pas boire. Ô le profond désert...

Tu as aimé, jadis. Qu’est-elle devenue ?
Tu ne me réponds pas – tu ne te souviens plus.
Mais d’où vient cet éclat sauvage dans tes yeux ?

La mort ne t’émeut plus, ni l’horreur, trop connue –
Au règne de la force un cœur est superflu.
Mais pour quoi te bats-tu, quand ont fui tous les dieux ?

Le désert furieux se reflète et s’embrase
Dans tes yeux de damné, tout injectés de sang :
C’est l’oubli que tu veux, c’est vers quoi tu descends –
Même de l’avenir tu as fait table rase.


 
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   Corto   
6/2/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
La mode semble à l'hermétisme.
Ce poème reste pour mystérieux au point que j'aimerais connaître la "fiction vraie" dont nous parle l'exergue.

"de l’avenir tu as fait table rase": espérons qu'il nous restera la poésie, celle qui émeut ou enthousiasme.

A vous relire ?

   Gabrielle   
7/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le tragique domine dans ce monologue saisissant par sa force (verbe).

Le discours traite de questions existentielles souvent abordées avant une renaissance (cycle).

Belle continuation à l'auteur(e) dont le talent interpelle.



Gabrielle

   Davide   
15/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Hiraeth,

Il semble qu'un narrateur non nommé, omniscient, s'adresse à un "vieux roi" déshérité, un roi sans nom, mais qui a sans conteste une longue histoire derrière lui. Peut-être ce narrateur est-il un personnage important de son règne, quelqu'un voulant lui apporter son aide, une voix dans sa tête (?) Et puis, qu'est-ce, une "fiction vraie" ? Une histoire inspirée d'une autre histoire, d'un conte peut-être ? D'une pièce de théâtre ? Le Roi Lear ?

Beaucoup de questions, mais ce sonnet polaire (car il s'agit bien d'une forme irrégulière de sonnet) nous donnera peu de réponses.
Un huis clos. Un roi déchu. Rejeté. Oublié. Un roi qui a aimé, combattu, et qui ne craint plus rien, ni même l'advenue de sa propre mort.

Sans doute une trahison a-t-elle mis fin à son règne, une histoire d'amour qui n'en était pas vraiment une :
"Au règne de la force un cœur est superflu."

La colère est à vif, mais tout espoir est vain, plus rien n'arrivera : le désert extérieur a envahi l'intérieur, son cœur fendu, détruit, se consume dans la chaleur de la douleur et de l'injustice. Je me suis d'ailleurs demandé si le "Ô" (de majesté) dans "Ô le profond désert" n'aurait pas dû être un "Oh" de désarroi, voire de désespoir…

Car il y a quelque chose de fataliste dans ce poème, des questions sans réponses (mais pourquoi répondre ? à quoi cela servirait-il ?) un constat amer sur la cruauté des humains (et des dieux). J'ai bien aimé le quatrain final, la manière dont il "montre" le renoncement, comme si le narrateur accompagnant recevait le silence du roi, l'écoutait et, enfin, le comprenait : "C’est l’oubli que tu veux" ! Le narrateur n'est peut-être alors que la conscience du roi…
Petite parenthèse : j'ai trouvé trop familier le "c'est vers quoi tu descends !" ; j'y aurais mieux lu : "ce vers quoi…".

J'ai trouvé habile le choix de la forme, entre la lancinance des "pour quoi" / "pourquoi", la belle musicalité des alexandrins, et les rimes internes ; à tel point que l'on peut s'imaginer dans la tête de ce roi, harcelé par un passé trop présent, voire devenir fou.

Mais… comme j'aurais aimé pouvoir le connaître, ce "roi", je veux dire, j'aurais aimé que ce poème me le fasse aimer, me raconte un peu plus de son histoire. Sonnet polaire dans un désert de glace, avouons que l'approche de ce poème est abrupte ! Il m'a fallu me raconter son histoire à moi-même, me l'imaginer, pour pouvoir apprécier ce petit texte lui rendant hommage.

Car, en fin de compte, "pour quoi" avoir écrit ce poème ? Quelle est la visée de l'auteur ? Pourquoi ce roi ? Beaucoup trop de questions, aucune réponse… Et moi, je me sens en dehors. C'est dommage. Un joli texte, mais pour moi, un texte "hors sol", difficile d'accès, auquel il manque un contexte, un "pour quoi" !

   sympa   
15/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir,

Je ne sais pas si j'ai juste , mais j'ai l'impression que le narrateur se parle à lui-même, un peu comme un monologue à la Don Diègue, ( le Cid) où il fait son "bilan", pourquoi se bat il encore, alors qu'il a tout perdu, même sa compagne?

C'est mon ressenti sur cette poésie néoclassique agréable et plutôt bien écrite.

   Anonyme   
16/2/2020
n'étant pas spécialiste de Poésie, je donne mon avis de temps en temps (sans donner d'appréciation). Ce qui m'interpelle chez vous HIRAETH, c'est votre thème de prédilection LA MORT...Si on se penche sur les champs lexicaux...Cela fait peur ! Peut -on vous proposer une thérapie? lol non plus sérieusement j'ai trouvé ce texte abouti, la clef de ce poème se trouve dans le vers "tu as aimé Jadis, qu'est- elle devenue?" L'amour La mort ...toujours réunis ou séparés comme dans le couple infernal de Cathy et Heathcliff ! Un poème qui n'aurait pas déplu aux soeurs Bronte

   Cristale   
15/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Temps passé, dénuement, obstination, amour, désamour, abandon, amnésie rétrograde, miroir, rage.

Indifférence...

"La mort ne t’émeut plus, ni l’horreur, trop connue –
Au règne de la force un cœur est superflu.
Mais pour quoi te bats-tu, quand ont fui tous les dieux ?"

Dissociation.

"Le désert furieux se reflète et s’embrase
Dans tes yeux de damné, tout injectés de sang :
C’est l’oubli que tu veux, c’est vers quoi tu descends –
Même de l’avenir tu as fait table rase."

Mémoire traumatique

Un combattant du désert, un kamikaze (?)

J'aime que la forme ressemble à un étau, une mâchoire prête à broyer, une angoisse au creux d'une poitrine, un crâne enserrant un cerveau en feu et si je suis à côté du message poétique de l'auteur, qu'il m'en excuse, je n'ai fait que laisser aller les images qui me sont apparues lors de ma lecture.

Quelques aménagements auraient permis le salon des classiques, c'eût été la place d'un sonnet polaire (et glaçant) dit irrégulier.

J'attendrai la synthèse de l'auteur s'il veut bien nous confier le cheminement de la pensée poétique de sa fiction réelle.

J'ai bien cette écriture "tripale" qui bouscule ma quiétude.

Merci Hiraeth

   Donaldo75   
16/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Hiraeth,

J’ai trouvé cette tirade théâtrale suffisamment autoporteuse pour la lire comme un poème ; certes, la quête de sens du lecteur n’est pas facilitée par l’exergue qui ajoute du mystère à l’ensemble. Cependant, parce que je ne recherche pas à rassembler les boulons, les vis et les planches de ma commode IKEA quand je lis de la poésie, la tonalité de ces vers m’a fait penser au théâtre d’Alexandre Dumas, à cette forme dix-neuvième de la déclamation classique. Et ça, sur le coup et même après relecture, ça m’a fait halluciner.

   Pouet   
16/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bjr,

j'ai vraiment bien aimé l'ambiance, la tonalité du texte.

Les mots sont simples, mais le poème demeure énigmatique.

Une déchéance. Ou plutôt le rien.

"Au règne de la force un coeur est superflu", très beau vers.

Sans rationalité particulière, j'ai pensé à "La mort du roi Tsongor" de Gaudé que j'ai lu récement.

   Robot   
16/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce texte m'est apparu agréablement comme une tirade théâtrale, un monologue à déclamer un peu comme on pouvait les découvrir dans les tragédies du 17ème siècle, ou les élans lyriques des tragédies grecques.

   Michel64   
17/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hiraeth,

J'ai beaucoup aimé votre poème, même si l'oxymore de l'exergue me questionne un peu.

Pourquoi ce vieux roi se bat-il encore ? Par dépit ? A cause d'un amour perdu ?

Qu'importe vos vers m'ont séduit par leur rythme et même si le 7ème aurait pu être un peu remanié (la récitation à haute voix a tendance à séparer "éclat" et "sauvage"), et que à l'avant dernier la répétition de "c'est" m'a moins plu (peut-être en remplaçant le deuxième "c'est" par "et" ?).
Mais j'ai aimé tous les autres et notamment ce dernier pour son originalité et par ce qu'il laisse entendre de l'état de désespoir de ce roi.

   Cat   
21/2/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ah, l'incipit ! Tout Hiraeth, ça !... ''Inspiré d'une fiction vraie''

Même sans cela le style se reconnaît de loin. Ce ton particulier d'emphase surannée qui trône fière sur ses vers d'où l'humour noir ne semble jamais loin, comme si je lisais du Shakespeare écrivant en français en quelque sorte.

L'ambiance aussi, souvent sépulcrale, participe à donner le tempo.

Bien agité, le tout, soutenu par une prosodie affûtée, donne une vue d'ensemble agréable au tympan.

Oui, je sais, c'est le mélange des sens, mais c'est ainsi que je perçois ce poème baroque et emporté vers l'inéluctable qui nous pend à tous au nez.

Merci, B. je continue de te lire... ^^


Cat

   Lariviere   
25/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

J'ai beaucoup aimé ce poème. Je le trouve bien construit, avec une force d'évocation presque biblique effectivement avec ce "vieux roi, futur repas des vers", que je trouve très bon sur l'entame.

Oui, nous sommes des rois et des élus qui vieillissent parfois dans un royaume déchu...

Le reste suit sur le même ton, un ton qui va bien et un rythme lancinant sur l'ensemble qui colle bien au ton et j'imagine aux intentions dans le rendu des émotions. je trouve les images en adéquations là encore. Rien n'est clinquant, mais ca tape souvent juste...

Le seul bémol serait peut être sur toutes ces chevilles de relance en terme de ponctuation et surtout, sur les deux strophes médianes, de tous ces points d'interrogations qui embrouillent peut être un peu le discours au lieu de rehausser sa simplicité poétique apparente.

Mais ce fut quand même un bon moment de lecture, assez réflexif, poétique et reposant.

Je souhaite à l'auteur une bonne continuation.

   BlaseSaintLuc   
25/2/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Le concept de "fiction" vrai m’échappe.
On dirait du Racine, en soit c'est bien écris, belle écriture classique.
Mais voilà, dans le langage courant lorsque l'on dit : c'est classique, cela veut dire : banal, commun, ressemblant à un paysage par trop régulier. Le style dit classique doit pousser à une envolée légitime vers la beauté.
ici, au-delà de l'écriture,bien maitrisée, il y a un thème banal et creux,vu et revu, le lecteur que je suis n’accroche pas .

le (bien ) est pour l'écriture , le thème rend le commentaire plus "aride"


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