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Poésie classique
Hiraeth : Obsession
 Publié le 09/01/20  -  8 commentaires  -  709 caractères  -  189 lectures    Autres textes du même auteur

Obséder, c'est à l'origine assiéger, faire obstacle ; puis, vers la fin du XVIe siècle, "posséder" au sens démoniaque. (Source : Wiktionnaire)


Obsession



Mon cœur est bien trop gros pour ma pauvre poitrine.
Une femme a voilé la face de l'été,
Prisonnier de son rire et son sein qui fascine.
Une femme a volé la sainte majesté.

Sous un soleil malade annonçant ta ruine,
Ô corps désaccordé, tu n’as que trop chanté –
Dans les temps de malheur tout mot est une épine,
Tout chant un écho vain de l’infélicité.

Heureux celui qui peut étirer les distances
Dans l'espace du cœur, où les divins silences
Aèrent l’homme pur quand il est anxieux ;

Mais cette frêle femme obsède ma faible âme,
Son silence m’étouffe, oblitère les cieux,
Et sa voix de satin me rend sourd à tout blâme.


 
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   Eclaircie   
13/12/2019
 a aimé ce texte 
Pas ↓
Bonjour,

En préambule, j'avoue ne pas être très fan de poésie classique. Curieuse, cependant, oui.
Non spécialiste, je ne dirai rien sur la catégorie choisie, classique.
Il me semble cependant que le vers 11 n'est pas dans les clous.

Le poème me semble assez laborieux, trop peu harmonieux sur bien des vers :
"Mon cœur est bien trop gros pour ma pauvre poitrine.", vraiment pas top comme entame, à mon avis, ni poétique.
"Prisonnier de son rire et son sein qui fascine." -> prisonnier "de"son sein ? ou doit-on lire là deux propositions indépendantes ?
par exemple.
Le sujet est assez universel mais très souvent évoqué. Il est donc difficile de s'en démarquer, surtout dans la catégorie choisie.

Globalement, je n'ai pas aimé.
Bonne continuation
Éclaircie

   Alfin   
16/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Voici un beau poème écrit par un auteur qui maîtrise les règles de la diérèse.
Ruine fait partie des exceptions et compte pour 2 pieds.
Si tout semble juste, il subsiste un problème de rythme, des mots qui accrochent à la lecture. Mais ce n'est pas une faiblesse, selon moi, car cela exprime les difficultés du narrateur dans son combat pour résister à l'amour aveuglant.

L'amour fou, celui qui cache la vérité à sa victime, le narrateur en ayant déjà vu dans sa vie est malgré tout complètement dépassé par le satin, la fragilité, les divins silences, les rires et enfin le sein qui fascine.

On est ici dans la situation exacte de l'action à distance de la séduction tel que décrit dans le Gai Savoir (chapitre 60 : Les femmes et leur effet à distance)

Enfin je termine en regrettant, malgré tous les points positifs, il me manque un peu de poésie dans le texte et ce même si je trouve le premier tercet très joli

Au plaisir de vous lire

Alfin en EL

   Robot   
21/12/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Ruine forme bien une diérèse "ru-ine", cependant ce n'est pas très beau pour terminer le vers.
"Ma faibl-âme" ce n'est pas très harmonieux non plus. D'autant que l'on sent que l'inversion est nécessitée par la rime

Dans l'ensemble et à l'exception des deux remarques précédentes la poésie est assez présente dans le texte et j'ai trouvé que ce sonnet exprimait bien le thème. Il s'achève sur deux vers trés expressifs et intéressants.

   papipoete   
9/1/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Hiraeth
Elle pourrait tout me demander, même décrocher la lune, j'irais sans me demander comment ! je ferais tout pour Elle, qui est en moi, qui m'obsède et m'emplit de joie ! Mon coeur a pris la place de mon esprit, mon âme l'habite et me rend sourd d'amour...
NB quand on aime, on ne compte pas ! Les états d'âme, les mauvaises paroles, les silences moqueurs n'ont plus de prise sur ma cuirasse...
Une réflexion sur l'amour inconditionnel, qui fait passer devant les autres pour fou ou faible, c'est selon...
le second tercet est mon passage préféré
le 3e vers me semble mal agencé ( le coeur ) prisonnier de... et " de " son sein, aurais-je préféré ?
le 12e vers avec " faible âme " qui se lit " faibl'âme " me semble imparfait ?
au 5e vers, la diérèse de " ru/i/ne " est dure à l'oreille ( d'ailleurs il est déconseillé de choisir une rime qui se diérèse )
mais je vois cependant de la " belle " poésie aux alexandrins sans faille !
Je pinaille, mais les règles classiques sont si exigeantes...

   Corto   
9/1/2020
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
La poésie classique est parfois très belle lorsqu'on y trouve harmonie, envolées, qui semblent (seulement en apparence) se jouer des contraintes de la forme imposée.
Malheureusement ici la charpente du classique se voit vraiment beaucoup et les expressions semblent avant tout destinées à assumer les règles de la forme.

De plus on rencontre malencontreusement diverses formules à connotation quasi religieuse, peu adaptées au thème: "la sainte majesté"; "les divins silences"; "l’homme pur"; "ma faible âme"; "oblitère les cieux".
Le vers final nous concocte même "Et sa voix de satin me rend sourd à tout blâme".

Entre souvenir magnifique et culpabilité sous-jacente l'auteur n'a pas défini clairement son propos, ce qui à la lecture m'a rendu perplexe.

Pourtant l'image gardée d'un grand amour aurait pu donner un beau texte, en connivence avec tous ceux qui en cachent un au fond de leur cœur. Ils sont sûrement nombreux...

A vous relire dans un autre registre ?

   Donaldo75   
10/1/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Hiraeth,

Dès ma première lecture, j’ai senti le travail dans cette poésie, le désir de rendre une copie propre ; c’est ce que le lecteur attend aussi lorsqu’il vient sur Oniris, en tout cas c’est mon niveau d’exigence. Il y a une forme d’emphase qui convient bien à la forme classique, même si je trouve qu’elle ne va pas assez loin, ne se développe pas suffisamment pour prendre une dimension déclamatoire.

Ces remarques ne retirent rien au plaisir de lecture dont je peux témoigner et qui m’encourage à poursuivre plus loin aujourd’hui.

Merci du partage.

Donaldo

   Cristale   
11/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'apprécie cette écriture, franche mais retenue, sans ronron ni fioriture, moderne.

La plainte revient sur le narrateur comme un boomerang qui jette et ramène sans cesse sa douleur obsessionnelle.

La camisole, le carcan, n'habillent pas ce sonnet plutôt bien écrit, fluide, aux vers précis, dotés d'expressions d'un grand naturel.
Non, le carcan est le coeur de ce prisonnier de l'amour sans retour.

... C'est bien aussi d'être possédé par l'obsession, on sait d'où viennent nos douleurs, on est sûr aussi d'être vivant (le coeur et l'âme à vif).

Un petit trait d'esprit avec les rimes "faible âme" "blâme". J'adore !

L'ensemble m'a séduite,

"Mais cette frêle femme obsède ma faible âme,
Son silence m’étouffe, oblitère les cieux,
Et sa voix de satin me rend sourd à tout blâme."

Tout est dit dans ce dernier tercet . Bravo !

Cristale

   jfmoods   
12/1/2020
"Prisonnier de son rire et son sein qui fascine" -> A imposé son rire et son sein qui fascine

I) Une foi chancelante

1) Un homme d'église

La vie du locuteur est tout entière focalisée sur la ferveur religieuse ("la face de l'été", "la sainte majesté", "les divins silences", "l’homme pur", "les cieux"), sur l'obéissance stricte à une série de prescriptions qui ont pour finalité de l'élever vers Dieu, de l'éloigner pour toujours du monde des hommes et des tentations terrestres.

2) La perte des repères

Une dégradation est à l'oeuvre, frappant le croyant (paysage état d'âme : "un soleil malade annonçant ta ruine", apostrophe : "Ô corps désaccordé, tu n’as que trop chanté", marqueurs temporels : "Dans les temps de malheur", "quand il est anxieux", "gradation : "tout mot est une épine, / Tout chant un écho vain de l’infélicité").

II) Les ravages irréparables de l'amour

1) Une tentatrice

Envoyée à lui par le démon pour mesurer sa constance, une créature est parvenue à le circonvenir, à l'envoûter (puissance du sentiment : "Mon coeur est bien trop gros pour ma pauvre poitrine", glissement assonantique : "Une femme a voilé / Une femme a volé", attraits auditif et visuel : "son rire et son sein qui fascine").

2) L'impossible fuite

Pris dans un inextricable labyrinthe amoureux, notre homme mesure à présent son impuissance (souhait irréalisable : "Heureux celui qui peut étirer les distances / Dans l'espace du coeur", verbe : "cette frêle femme obsède ma faible âme", parallélisme : "Son silence m’étouffe" / "sa voix de satin me rend sourd à tout blâme").

Merci pour ce partage !


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