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Poésie néo-classique
Hiraeth : Obsession
 Publié le 06/07/18  -  8 commentaires  -  718 caractères  -  164 lectures    Autres textes du même auteur

Inopem me copia fecit.

(Ovide)


Obsession



Mon cœur est bien trop gros pour ma pauvre poitrine.
Une femme a volé la face de l'été,
L'a cachée dans son rire et son sein qui fascine.
Une femme a volé la sainte majesté.

Sous un soleil malade annonçant ta ruine,
Ô corps désaccordé, peux-tu toujours chanter ?
Dans les temps de malheur tout mot est une épine,
Tout chant un requiem auguste et tourmenté.

Heureux celui qui peut conserver les distances,
Dans l'espace du cœur où les divins silences
Apaisent l’homme pur quand il est anxieux ;

Mais cette frêle femme obsède ma faible âme,
Son silence m’étouffe, oblitère les cieux,
Et sa voix de satin me rend sourd à tout blâme.


 
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   Queribus   
27/6/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

Tout d'abord quelques petites remarques sur la forme(nous sommes en poésie classique):
des rimes entre les sixième et douzième syllabes:

une femme a volé
la face de l'été

O corps désaccordé
peux-tu toujours chanter

Mais cette frêle femme
obsède ma faible âme

l'a cachée devrait obligatoirement être suivi d'une voyelle

répétition: une femme a volé.

Le fonds m'a semblé un peu"passe-partout et aurait mérité, à mon avis, plus d'originalité quoique vous ayez souvent de belles images poétiques ("mon cœur est bien trop gros pour ma faible poitrine",""sous un soleil malade annonçant ta ruine", "dans les temps de malheur tout mot est une épine",...)

En conclusion, je pense que l'ensemble devrait être repris notamment en ce qui concerne la forme classique très exigeante.
Ne vous découragez surtout pas.

Bien à vous.

   papipoete   
6/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Hiraeth
Une femme a réveillé en moi, ce sentiment troublant, l'émoi ; le tendre émoi pour ce corps, cette âme si belle !
Oh mon corps, toi qui perds ses forces ; oh mon âme, toi qui chavire ! aidez-moi !
Comme je vous envie, vous qui ne souffrez pas !
NB il y a longtemps, alors qu'en moi tout foutait le camp, d'entendre le voisin chanter et siffler gaiement, me faisait le maudire ... j'étais jaloux de son bonheur !
Techniquement, j'hésiterai dorénavant à qualifier le " classique ", tant ses règles sont complexes et subtiles !
Ici, je relèverai seulement les rimes " ruine et épine ", pour lesquelles j'ai un doute de validité ?
le 5e vers semble mesurer 11 pieds
au 12e vers " ma faible/âme " , l'élision du E est difficile !
édit ; hananke vient de corriger la faute qui n'est pas ! Et pourtant, je lus avec attention le Littré ( ru/i/ne )
Qui pourrait me prêter un 3e oeil ?

   Hananke   
6/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Pour celui qui connut le sentiment amoureux un jour (en ce qui me concerne, il y a plus de 40 ans maintenant) ce sonnet est obligé
de lui parler.
Quelques beaux vers :

Mon cœur est bien trop gros pour ma pauvre poitrine.
Tout chant un requiem auguste et tourmenté.
Et sa voix de satin me rend sourd à tout blâme.

Entre autres.

un seul passage plus laborieux : ma faible âme dont l'inversion et
l'enchaînement des deux mots passent mal.
Peut-être eût-il fallu chercher quelque chose avec : pâme, flamme
mais sans changer le vers ultime qui est très joli.

Au final, un sonnet quelque peu théâtral par endroit mais qui ne
dérangera pas ceux qui connurent ce sentiment amoureux :
lorsque l'amour tourne justement à l'obsession.

P.S. : pour papipoete, le vers incriminé possède bien 12 syllabes :
ruine s'appliquant en diérèse.

   Eclaircie   
7/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Hiraeth,

En préambule, je vous dirai que votre exergue savante peut décourager le lecteur.
Surtout ici sur Oniris, où il est un peu compliqué de partir à la recherche de la traduction. C'est purement technique, mais pas très agréable : on ne peut pas faire de "copié" des exergues pour les "collé" dans notre moteur de recherche.
Une petite astérisque et la traduction en dessous du poème aurait été parfaite. (aparté suite aux échanges en forum)

Le poème en lui-même est des plus classiques, tant dans le fond que par sa forme.
Remarque : il me semble que dans les sonnets les répétitions ne sont pas permises-à vérifier-
Tout le poème est agréable à découvrir et à lire , déclamer, hormis le passage du dernier tercet "ma faible âme", vraiment disgracieux à mon avis.
Et c'est dommage car ce dernier tercet concluant le poème aurait belle allure, sinon.

Un solide poème travaillé avec soin.
Merci du partage
Éclaircie

   jfmoods   
7/7/2018
Ce sonnet en alexandrins est à rimes croisées et suivies, suffisantes et riches, majoritairement féminines.

I) Un homme désemparé

1) Un croyant fervent

Un certain nombre de termes ("sainte majesté", "requiem", "les divins silences", "l’homme pur", "les cieux") font comprendre au lecteur l'importance de la religion, l'intensité de la foi dans la vie du locuteur.

2) Une sécurité intérieure dévastée

L'antithèse ("coeur [...] gros / pauvre poitrine"), la question rhétorique ("Ô corps désaccordé, peux-tu toujours chanter ?") et le lexique de la dévastation ("ruine", "malheur", "tourmenté") soulignent le désarroi.

II) Le fruit défendu

1) Un être adorable

La femme évoquée ici possède un charme envoûtant (métonymies : "son rire", "son sein qui fascine", "sa voix de satin"), une force d'attraction particulière devant laquelle notre homme a fini par rendre les armes.

2) Une tentatrice

De manière frauduleuse ("Une femme a volé" × 2), cette femme a imposé sa puissance (verbes : "obsède", "oblitère" "m’étouffe", "me rend sourd"), détourné le locuteur du chemin de la lumière (métaphore : "la face de l'été").

Merci pour ce partage !

   Eccar   
7/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
J'ai retenu:
"Une femme a volé la face de l'été",
"Dans les temps de malheur tout mot est une épine",
"Heureux celui qui peut conserver les distances",

Voici pour moi des vers magnifiques qui, à eux seuls, justifient la présence de ce poème sur ce site. Je ne suis pas trop "chanson d'amour" habituellement, tellement de niaiseries se sont cachées derrière ces mots, mais là je dois dire que ce sonnet est excellent. Il est d'un son moderne sans trop en faire, sans grandes envolées lyriques, ni recherche du mot rare, loin des classiques baudelairiens ou autres romantiques, mais il dit bien ce qu'il veut dire avec beaucoup de charme et une tranquille originalité.

Bravo et merci pour ce moment de douceur.

   Wilderstern   
7/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup.

C'est amusant, dans le premier quatrain les deuxième et quatrième vers semblent plus courts que les autres, alors qu'ils font le même nombre de syllabes. Je ne sais si c'est voulu mais l'effet est réussi, comme s'il y avait finalement peu de choses à dire malgré l'intensité du malheur causée par la grosseur démesurée du cœur, elle-même figurée par l'assonance en [o] (trop-gros-pauvre), comme un mal-être qui se répand dans le corps entier.

Le jeu de mots "sainte" / "sein" est bien trouvé aussi, pareil que pour "désaccordé" où l'on entend le mot "corps". Cet adjectif est parfaitement trouvé en raison de ses différents sens : rapport à la musique, à l'harmonie (ou plutôt la disharmonie) et aux fiançailles amoureuses (un couple qui se désaccorde, c'est un couple qui les rompt).

Un requiem est une prière pour le repos des morts, et le malheur amoureux n'est-il pas une sorte de mort ? Là aussi c'est bien trouvé.

J'aime bien le premier tercet aux accents rilkien ("l'espace du coeur"), cette idée d'une géographie intérieure déréglée par la passion amoureuse.

Le dernier vers est sans doute mon préféré : la voix comme un tissu doux et brillant qui insidieusement nous enveloppe et nous assourdit constitue une belle image, mais surtout, on entend "Satan" et "catin" dans "satin".

Seul défaut, le "faible âme" qui effectivement sonne bizarrement et ne semble être là que pour faire une rime ultra riche avec "blâme".

Au plaisir de vous relire,
Wilderstern

   Miguel   
15/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je crois trouver quelques faiblesses dans "la sainte majesté", "tout mot", "conserver les distances", "quand il est", "frêle femme", et "tout blâme" ; mais le reste est tellement délicieux (avec une mention spéciale pour le second quatrain) que cette lecture demeure très agréable.


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