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Poésie néo-classique
Hiraeth : Portrait d'un vampire
 Publié le 19/04/18  -  9 commentaires  -  1407 caractères  -  122 lectures    Autres textes du même auteur

Ich hab' mein' Sach' auf Nichts gestellt. (Max Stirner)


Portrait d'un vampire



Peuples, prenez garde au poète. Amant des ombres,
Il a bu l'eau des morts et rêve de décombres.
Tout est bon pour nourrir ce vampire du Beau,
Et plus que le bonheur, la peine et le tombeau.

Que vas-tu nous chanter, ô sinistre alchimiste ?
N’espère pas m’avoir avec ta mine triste :
Je sais que tu fondas ta cause sur le Rien,
Nihiliste riant du mal comme du bien.
Prestidigitateur passant pour un prophète,
La vie n’est à tes yeux qu’une éternelle fête,
Menée par l’Ironie qui te casse les reins
À force de danser sur les mêmes refrains.
Je le sais ; je suis toi. De ténèbres avide,
Tu vas puiser tes mots et rythmes dans le vide.
Embellissant les maux et déguisant le vrai,
Tu caches aux nigauds ton turpide secret :
Tu n’écoutes les gens qu’avec l’espoir d’un texte,
Quitte à réinventer à ton gré son contexte.
Tel malheur au travail se change brusquement
En descente aux Enfers et matière à roman,
Sur fond d’une épopée communiste-anarchique
(Mais bien sûr tu te fous de toute politique).
C’est là ta signature : écouter de travers,
Travestir la pensée pour la beauté d’un vers.
Le bien, le mal : des mots, des jouets. Tu t’amuses,
En éternel enfant dans les jupes des Muses.
Un sage te chassa de sa juste Cité :
Il te connaissait bien… Et tu l’as mérité.


 
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   Ioledane   
4/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Eh bien voilà un portrait original, assez loin des poncifs habituels ! L’ensemble est bien rythmé et bien enlevé, même si le premier vers m’a d’abord perturbée avec ce trimètre inattendu. Le reste coule plutôt bien.

Oui, le poète trouve souvent son inspiration dans la tristesse ou le néant – ou parfois des broutilles – plutôt que dans la joie ; oui, il manipule les mots pour en faire de belles phrases, quitte à en altérer le sens … De là à penser qu’il adore la noirceur et s’en réjouit comme un enfant, c’est une pensée qui n’engage que son auteur ;-) Mais la caricature est réussie, à mes yeux.

Mes passages préférés :
« Tout est bon pour nourrir ce vampire du Beau »
« Que vas-tu nous chanter, ô sinistre alchimiste ? »
« Sur fond d’une épopée communiste-anarchique
(Mais bien sûr tu te fous de toute politique). »
« C’est là ta signature : écouter de travers,
Travestir la pensée pour la beauté d’un vers. »
Et aussi : « Un sage te chassa de sa juste Cité », pour son allitération.

Bon, pour la rime « texte » / « contexte », c’était un peu facile ; de même pour « avide / vide ».

Merci pour cette agréable lecture à l’humour grinçant.

   Queribus   
9/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'ai tout d'abord remarqué la qualité de l'écriture , sa rigueur et la beauté de ses images Le tout témoigne d'une grande maitrise de la prosodie; vous avez du métier comme on dit.

Dur le fonds, je serai plus réservé: le texte, en effet, m’apparait un peu brouillon et entremêle plusieurs idées à la fois; j'aurais aimé un développement plus "linéaire" avec des enchainements plus concrets qu'on comprendrait à la première lecture.

La qualité de l'écriture et tout le travail qu'elle a dû susciter méritent bien une appréciation très positive.

Bien à vous.

   Hananke   
19/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Comparé le poète au vampire est osé. Oui, il s'abreuve de mots
pour composer ses textes, oui, il puise quelques fois sa verve poétique
au sang des Muses mais il n'est point éternel sans avoir peur de la lumière du jour.
J'aime bien ce poème dans son ensemble avec ces quelques perles :

Tout est bon pour nourrir ce vampire du Beau : là, je vous rejoints complétement.
Je sais que tu fondas ta cause sur le Rien : oui, la peur de la page blanche.

Finalement, plus je lis ce texte et plus il me plait.

L'auteur aurit-il planté ses dents dans ma jugulaire ?

   LenineBosquet   
19/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Super ce poème où le poète est un vampire qui " n'écoute les gens qui' avec l'espoir d'un texte", c'est bien vu, on s'y voit !
Un thème original, une forme soignée, on ne s'ennuie pas malgré les rimes plates, c'est réussi pour moi.
Merci.

   Robot   
19/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L'approche est originale. ce poète-vampire est bien décrypté. Une sorte de critique (auto-critique ?) qui balance dans "un je t'aime moi non plus" assez intéressant.

   PIZZICATO   
19/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà une façon peu commune de dépeindre le Poète, avec un second degré fort réaliste.
Des images intéressantes comme :
" Je sais que tu fondas ta cause sur le Rien,
Nihiliste riant du mal comme du bien."

"Prestidigitateur passant pour un prophète,
La vie n’est à tes yeux qu’une éternelle fête "

" Tu n’écoutes les gens qu’avec l’espoir d’un texte,
Quitte à réinventer à ton gré son contexte. "

J'ai bien apprécié cette lecture.

   papipoete   
19/4/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Hiraeth
Même pas peur !
L'auteur nous trace un portrait du sinistre vampire des Carpates, mais pas si terrible que ça en fait ; il s'abreuve de sang du beau à condition qu'on en parle, en fasse un texte ... contemporain, Nosfératu est si désuet ; classique serait mieux, sinon le " suceur de cou " se carapate !
Ce soir, en songeant à cet " éternel enfant jouant dans les jupes des muses ", je te ferai un clin d'oeil, oubliant à jamais le Comte Dracula !
NB de bien beaux alexandrins à la baguette de leur maître !

   jfmoods   
21/4/2018
Ce poème en alexandrins est composé d'un quatrain et d'une strophe de 24 vers. Les rimes, suivies, suffisantes et riches, sont tour à tour féminines et masculines.

L'entête invite au rejet de toute forme d'aliénation.

Le texte se présente comme un réquisitoire ; réquisitoire en vers, violent, grinçant, paradoxal, d'un poète contre lui-même (aveu : "Je le sais ; je suis toi").

Ce réquisitoire sans concession, dont l'exorde ("Peuples, prenez garde au poète") annonce la charge féroce, met à jour les vices irrémissibles généralement associés au poète.

Le poète est immature, incapable de se coltiner le réel (locution restrictive : "La vie n’est à tes yeux qu’une éternelle fête", image de l'irresponsable : "Tu t’amuses", périphrase éminemment dépréciative : "éternel enfant dans les jupes des Muses").

Cet individu d'une morale plus que douteuse (parallélisme : "Nihiliste riant du mal comme du bien", jeu d'assimilation : "Le bien, le mal : des mots, des jouets") trompe ses semblables (champ lexical de la fraude : "sinistre alchimiste", "Prestidigitateur passant pour un prophète", "Embellissant", "déguisant", "réinventer", "Travestir") pour mieux servir son art (locution restrictive : "Tu n’écoutes les gens qu’avec l’espoir d’un texte", complément de but : "pour la beauté d’un vers").

Il constitue un danger pour la société et doit en être écarté ("Un sage te chassa de sa juste Cité").

Merci pour ce partage !

   Miguel   
28/4/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un éloge paradoxal en forme d'anathème ; c'est fort réussi, et les vers à tonalité classique conviennent à ce lyrisme faussement excommunicateur. On pense à Boileau, évoquant le poète comme un travestisseur éhonté de la vérité, "Et qui pour un bon mot peut perdre vingt amis". Ce souffle puissant convient bien à cette imprécation, à ce "vade retro" plein d'animosité ; un autoportrait au vitriol.


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