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Poésie contemporaine
inconnu1 : Je suis père
 Publié le 12/01/18  -  9 commentaires  -  1293 caractères  -  154 lectures    Autres textes du même auteur

Un message à mes deux petits Cochinchinois.


Je suis père



Je n'ai pas du travail enduré la souffrance.
Je n'ai pas patienté les trois quarts d'une année,
À sentir chaque mois changer mon apparence,
Et bien que radieux, me savoir condamné.
Mon ventre n'a jamais été votre repaire.
Je suis père.

Je n'ai pas partagé mes signes indigènes,
Le contour de mes yeux, la couleur de ma peau.
Tous ces échantillons bien cachés dans mes gènes
Qui restent confinés dans leurs vieux entrepôts.
Mon patrimoine intime oscille et désespère.
Et pourtant je suis père.

Mais ceci, voyez-vous n'a que peu d'importance.
Nous avons, croyez-moi, bien plus à partager
Que l'accumulation de vagues ressemblances
Qui font que je suis "vous", en beaucoup plus âgé :

Ces longues années à guetter votre présence.
J'ai maudit votre absence, à présent je l'avoue.
Devant l'orphelinat, cette ultime impatience,
Et l'intime évidence au premier rendez-vous.

Ces nuits à dissiper vos profondes angoisses.
Le sanglot qui s'efface au baiser confortant.
Ce "papa" laconique en guise de préface,
Et pour guider vos pas, ma paume qui se tend.
Ces moments singuliers qu'impuissant on espère
Et qui me font penser, "c'est certain je suis père".


 
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   Mokhtar   
20/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce poème d'amour paternel, indépendant des gênes, fait penser aux petites Jade et Joy, venues elles aussi du Vietnam, suivant le convoi de leur père.
Ces paternités longtemps attendues sont sûrement les plus accomplies. Parce qu'elle comblent un vide affectif, et une injustice, de part et d'autre.
"Nous avons, croyez moi, bien plus à partager
Que l'accumulation de vagues ressemblances" : On vous croit.
Point de poème ici, mais un hymne à l'amour.

   Provencao   
30/12/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Joli message en confidences, presqu'en excuses, des mots singuliers, mais si vrais...
Mon préféré: " Et pour guider vos pas, ma paume qui se tend.
Ces moments singuliers qu'impuissant, on espère
Et qui me font penser, "C'est certain je suis père".

Bel élan d'écriture.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Miguel   
30/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà qui démontre de manière émouvante que le coeur est maître et souverain, et que rien d'autre que lui ne compte. Ces beaux vers pleins de gravité donnent une leçon d'humanité et d'optimisme ; rien n'est jamais perdu et le bonheur est toujours possible. Bravo au père de ce poème.

   Quidonc   
12/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

J'aime beaucoup le thème de l'adoption vu par un père.
La lecture du premier quintil m'a un peu perturbé car à mon sens il oppose plus le rôle du père à celui de la mère plutôt qu'à celui du père adoptif.

J'ai apprécier entre autre la 4eme strophe.
"Ces longues années à guetter votre présence.
J'ai maudit votre absence, à présent je l'avoue.
Devant l'orphelinat, cette ultime impatience,
Et l'intime évidence au premier rendez-vous. "

Bonne continuation

Quidonc

   papipoete   
12/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour inconnu
je ne vous ai rien retransmis, ni sang ni gènes, ni yeux bleus ni cheveux blonds, et pourtant je suis votre père, qui vous aime et tient tant à vous !
NB ces vers me rappellent une anecdote : << c'est vous tout craché, vous ne pouvez la renier ! >> dit-on un jour de ma petite-fille, dont je ne suis que le papi d'emprunt !
Mon ventre ne fut pas votre repaire, mais devant l'orphelinat, mon coeur gonfla à tout rompre, de songer que bientôt je serais père !
Un texte empreint de tendresse ; comme vous les aimez ces pousses qui ne sont pas de vous ...

   troupi   
12/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Vous nous avez raconté là une bien belle expérience, qui dénote de beaux sentiments et si le texte est certainement perfectible le message est bien transmis et c'est là l'essentiel.
Merci pour cette histoire.

   Bidis   
12/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un beau poème tout pétri de tendresse et d'amour. Réconfortant et bellement écrit. Une déclaration que ces petits venus d'ailleurs ne se lasseront pas de relire.

   jfmoods   
14/1/2018
Je n'aurais pas mis de ponctuation à la fin des vers 2, 3 et 8, ni à l'hémistiche du vers 16. J'aurais mis une virgule après la conjonction de coordination des vers 4 et 24, une autre à l'hémistiche du vers 13, deux points à l'hémistiche du dernier vers.

La réussite de ce poème tient, en grande partie, à son argumentation concessive.

Au fil des onze premiers vers, le locuteur reconnaît, par le biais de la négation, la distance qui sépare sa parentalité de la parentalité attendue (celle d'une mère biologique : "Je n'ai pas... enduré la souffrance", "Je n'ai pas patienté", "Mon ventre n'a jamais été", celle d'un père biologique : "Je n'ai pas partagé mes signes indigènes"), lui qui n'a pas pu connaître le bonheur exaltant d'une naissance ("Mon patrimoine intime oscille et désespère").

Cet aveu de départ lui permet de rebondir, au fil des vers 12 à 26, sur l'essentiel (adverbe de concession marquant le changement de perspective : "pourtant").

Ce qui constitue le lien filial ne se résume pas à la pure et simple reproduction de traits physiques (énumération : "Le contour de mes yeux, la couleur de ma peau. / Tous ces échantillons bien cachés dans mes gènes", image de la transparence de l'identité : "l'accumulation de vagues ressemblances", locution restrictive : "n'a que peu d'importance", adverbe : "Nous avons bien plus à partager").

S'adressant à ses enfants ("voyez-vous", "croyez-moi"), issus d'une adoption (entête : "mes deux petits Cochinchinois", "Devant l'orphelinat"), il leur ouvre son coeur d'homme. Il leur confie l'attente douloureuse qui fut la sienne avant de pouvoir les serrer dans ses bras (jeu antithétique : "à guetter votre présence", "J'ai maudit votre absence") et ces attentions de tous les instants qui l'ont fait, par le soutien constant dans les douleurs ("vos profondes angoisses, / Le sanglot qui s'efface au baiser confortant") comme dans les joies ("pour guider vos pas, ma paume qui se tend"), devenir leur père.

Merci pour ce partage !

   Anonyme   
18/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Curieusement, c'est la dernière strophe qui a présenté la plus forte émotion et donné au texte toute son ampleur.

Même si je comprends la démarche, les explications des
premières strophes, m'ont paru trop longues, et un peu
répétitives. Elles se font trop insistantes.

Cela n'apporte d'ailleurs pas plus que cela de force
au sujet évoqué, car il est facile de comprendre très
rapidement, que ce l'auteur veut nous dire.

Une mère, tout comme un père, peuvent l'être sans que
la génétique y soit pour quelque chose.

Toutefois c'est un texte qui porte à la réflexion.


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