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Poésie contemporaine
INGOA : L'égard
 Publié le 21/03/19  -  9 commentaires  -  1055 caractères  -  176 lectures    Autres textes du même auteur

Un métissage pour tout patrimoine.


L'égard



Il a une peau différente,
Un sourire qui s'apparente
Aux coulées de lave en fusion ;

Mais il est pauvre, vit sans rentes ;
Ses racines, trop tôt mourantes,
Ont brûlé dans leur effusion.

Il ne comprend pas bien sa terre ;
Son origine un vrai mystère,
Ses habits plus pauvres que moine ;

Pourtant sa richesse est innée
De ces métissages damnés,
C'est tout l'or de son patrimoine.

Nul vœu d'en faire la réclame !
Loin des passions qui se déclament,
Il est le jour et son tombant ;

Un pic qui frôle les étoiles,
Un vent pour alourdir sa toile,
Le sel empesant son caban.

Il en oublie parfois son île
Pour des felouques sur le Nil
Et son cœur s'enduit de limon.

Pourtant, je le veux sans partage
Car il est tout mon héritage.
C'est mon Cafre, enfant des démons.

Pourvu qu'après tant de mystère
Ne se forge l'identité

Stigmatisée d'un adultère,
Juste égard pour sa matité.


 
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   Corto   
25/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voici un beau chant célébrant l'identité d'une personne.

"Un sourire qui s'apparente Aux coulées de lave en fusion" est une belle image audacieuse qui nous amène volontiers aux furies du Piton de la Fournaise réunionnais.

"Il ne comprend pas bien sa terre Son origine un vrai mystère," évoque certainement les ancêtres venus d'Afrique ou de Madagascar il y a bien longtemps.

"De ces métissages damnés, C'est tout l'or de son patrimoine." nous montre cette souffrance d'ignorer ou de trop bien comprendre sa généalogie, et pourtant c'est son "or".

La suite avec notamment "Il est le jour et son tombant" montre le tiraillement entre ses origines, sa personnalité propre, ses envies, ses projets qu'il veut assumer et qu'on lui reconnaisse comme à tout un chacun.

Respect pour cette déclinaison sur un sujet qui reste délicat.

   papipoete   
1/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien
contemporain
Il ne possède nulle richesse sonnante et trébuchante ; il n'a même pas de patrie, on la lui vola ; il n'a pas de famille, il naquit d'un adultère ; mais je l'aime mon Cafre avec ce sourire qui le rend si fort malgré ses " différences ! "
NB aimer à perdre la raison, cet autre si pauvre de dot, mais tellement riche de sa personne !
Voici un portrait bien brossé de l'élu...
papipoète

   lucilius   
3/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il y a une mélopée dans ce texte qui ramène à l'épopée esclavagiste, avec les contrastes bien marqués de l'héritage africain. Les quatre derniers vers sont puissants et peuvent déconcerter, mais le contexte s'y prête.
Mis en chanson, une musique appropriée sublimerait sans doute l'ensemble.

   Robot   
3/3/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Si le sujet donne de l'intérêt au texte, je ne suis pas vraiment séduit par le traitement poétique. Il manque de la passion pour emporter la conviction du lecteur et susciter une empathie plus profonde.
Tout est souvent dit froidement comme un constat.

Un effort sur la richesse des rimes n'aurait pas été de trop. En effet il y a beaucoup de rimes apparentées - c'est à dire dont l'origine sémantique est la même. (différente et s'apparente - réclame et déclame) Deux fois mystère dans le texte alors que des synonymes existent et que les mots en tère ne manquent pas.

Je le répète, plus que la rédaction linéaire, c'est avant tout le fond qui m'a retenu parcequ'il aborde un thème sensible et original.

   Davide   
21/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour INGOA,

Quel beau titre (et quel bel exergue) pour ce poème émouvant sur le métissage !

Trois petites remarques :
v.5 : "trop tôt mourantes" n'est pas très élégant.
v.8 : j'aurais mis une virgule ou un deux-points après "origine".
v.9 : le vers "Ses habits plus pauvres que moine" me semble maladroit, même si l'idée passe bien.

Les tercets sont bien écrits (je trouve les strophes 4 et 5 magnifiques, ainsi que les distiques).
Le choix des rimes suivies et embrassées apporte une belle musicalité ; il faut dire que les rimes sont souvent riches : "fusion"/"effusion", "moine"/"patrimoine" etc.

En conclusion, un très beau poème sur un sujet d'actualité.
J'ai failli mettre "beaucoup", mais le vers 9...
Qu'importe, ce poème m'a vraiment touché !

Davide

   senglar   
21/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour INGOA,


C'est beau, c'est profond et ça vibre - pudiquement mais ça vibre - ce métis est l'homme universel et c'est un peu en même temps un yéti, non pas en voie de disparition mais en voie de dissémination. L'homme de demain sera, non pas une femme, mais un métis, ou alors si c'est une femme une métisse (ouf !), le monde de demain sera métissé, il n'y a déjà plus de par le monde que des îlots d'individus de souche... et la souche décatit n'en déplaise à Bardot que je loue par ailleurs pour son combat pour la dignité animale.

Ceci dit :
- faut se risquer à l'embrasser ce mec, baisers passion d'accord mais passé 999 °C ça craint !
- pas trop aimé le moine, déjà qu'il n'y en a plus chez nous (c'est faux, il y a un monastère à 8 km de chez moi ;) ). Alors pourquoi convoquer celui-là ici. Renvoyons-le quelque part du côté du Nom de la rose ou bien chez Cadfael...
- "richesse innée", bon ça n'est qu'un homme, pourquoi le surcharger du poids d'un symbole, laissez-le vivre et avoir ses défauts.
- le pauvre et les étoiles, le paria exemplaire... je demande à voir.
- enfant transgressif : de tout temps ces enfants-là ont été marginalisés. Curieusement je crois qu'aujourd'hui on est davantage dans l'adultère de classe que dans l'adultère de couleur. Millionnaires de tous les pays unissez-vous quelle que soit votre couleur, celle de l'or est universelle !


Bon ! Je trouve qu'il est plutôt bien votre poème en ce qui me concerne mais vous êtes quand même dans un anti politiquement correct, dans le bon sentiment confortant et d'une certaine façon vous enfoncez des portes entrouvertes, confortant et à mon avis confortable parce que sans grands risques. Vous jouez en effet sur le coeur.

Mais j'ai aimé hein, il y a de la fibre poétique, j'eusse aimé plusse de niaque, des griffes quelque part pour un poème plus griffé. Cette mère est une panthère non protégée. lol


Senglar le brabantois

   PIZZICATO   
21/3/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Plus qu'un " égard ", c'est, de la part de la narratrice, un panégyrique des valeurs de " son Cafre " sans tenir compte des origines ni de la couleur de peau.
De bonnes images pour traduire cet attachement.

" Pourtant sa richesse est innée
De ces métissages damnés,
C'est tout l'or de son patrimoine. "

" Pourtant, je le veux sans partage
Car il est tout mon héritage.
C'est mon Cafre, enfant des démons. "

   Vincente   
21/3/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je partage le regard sur le métissage, la beauté du fruit de la tolérance, l'ouverture qu'elle sous-entend, la richesse qui en émane, tant de vertus qu'on se demande pourquoi tant de remises en cause et de rejets. Vous avez abordé cette question avec une sincérité émouvante.

Le titre "L'égard" enveloppe entièrement la requête du poème, c'est un plaidoyer en soi convaincant.

Mais la façon, elle ne m'a pas convaincu. Entre les vers un peu plats ou convenus comme le premier "Il a une peau différente," et "Son origine un vrai mystère," "Ne se forge l'identité"... Et d'autres avec des gestes un peu forcés "Ses racines, trop tôt mourantes, / Ont brûlé dans leur effusion." "Il ne comprend pas bien sa terre ;" c'est un peu discutable dans l'affirmation... "Nul vœu d'en faire la réclame !" La syntaxe me semble bizarre : pas de voeu d'en faire la réclame, peut-être, mais le terme réclame me paraît hors du champ lexical.
"Pourtant, je le veux sans partage" là j'ai compris l'intention (vous l'aimez) mais pas le sujet. Est-ce l'homme métissé emblématique que je voyais depuis le début du texte, ou, et là je m'étonne du changement de sujet, c'est une personne différenciée que l'auteur décrivait. Mais "il est tout mon héritage" Donc il s'agit du métisse emblème, non ?... Et les quatre derniers vers "Pourvu" donc on espère ; "Ne se forge l'identité / Stigmatisée d'un adultère," un effet négatif ; "Juste égard pour sa matité." en fait une positivité. Je ne comprends pas ces discordances.

J'ai bien aimé "Un sourire qui s'apparente / Aux coulées de lave en fusion" "Il est le jour et son tombant ;" "Et son cœur s'enduit de limon."
Désolé, mais je n'ai pu vous suivre complètement.

   Provencao   
12/4/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je viens de découvrir ce poème..

En persévérant ainsi, l'égard offre naissance au temps, à la vie, aux êtres vivants qui s’efforcent de vivre en étant conscients, libres, créateurs.

"Il en oublie parfois son île
Pour des felouques sur le Nil
Et son cœur s'enduit de limon."

J'ai bien aimé cette création presque inconsciente qui devient consciente.
Il est chez lui. Il est ce qu’il est. Il réalise sa vocation en faisant vivre son être.

Au plaisir de vous lire
Cordialement


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