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Poésie contemporaine
INGOA : La case
 Publié le 14/02/19  -  17 commentaires  -  1313 caractères  -  225 lectures    Autres textes du même auteur

Au bord des ravines réunionnaises les cases ancestrales, vestiges historiques, disparaissent au profit d'extensions d'urbanisme frappées de gigantisme et de mercantilisme.


La case



Sur un arpent de terre
Que la misère engraisse,
Une case de fer
Sur ses tôles se dresse ;

Héritée d'un aïeul
Plus pauvre que mendiant.
Pépé qui n'a qu'un œil
Et plus beaucoup de dents,

Tente avec lassitude
De boulonner ses flancs
Que l'orage dénude
À chaque pet de vent.

Deux, trois coups de peinture
Aux couleurs divergentes
Et l'ancienne masure
Aux autres s'apparente.

Au bord de la ravine,
Engoncée dans les pierres,
Elle cache sa ruine,
Les rides de ses guerres.

À l'intérieur, le vide ;
Enfin très peu de choses.
Contre le mur livide,
Une fenêtre est close ;

Sans doute pour masquer
Aux yeux inquisiteurs
Un seuil de pauvreté
Qu'on envisage ailleurs.

Dans des contrées lointaines,
Au bout de l'océan,
Une case africaine
Supporte mieux les ans.

Mais la terre est sacrée ;
Ses ancêtres le disent.
Il mourra, enterré
Dans la ferraille grise.

Plus tard, beaucoup plus tard,
Sur un plan d'urbanisme,
La case du vieillard
Frappée de gigantisme,

Sera réincarnée
En grande résidence
Pour des gens fortunés,
Loin de la pauvre engeance.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Corto   
23/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Description réaliste de l'habitat réunionnais qui après la seconde guerre mondiale était encore largement composé de petites cases en tôle, ou même en végétaux tressés. Aujourd'hui ne restent que quelques traces de cette période de grande pauvreté.
Comme si bien dit ici "Pépé qui n'a qu'un œil Et plus beaucoup de dents, Tente avec lassitude De boulonner ses flancs
Que l'orage dénude A chaque pet de vent."
Ce poème réaliste précise très justement "A l'intérieur, le vide ;
Enfin très peu de choses".
Voilà qui émouvra ceux qui ont connu cette époque où La Réunion était inconnue d'une grande majorité de Français métropolitains.
Le dernier quatrain n'élude pas l'évolution qui dévore le passé.
Bravo pour ce poème tout en pudeur.

   Lhirondelle   
26/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Je suis très sensible à votre poésie, pour le fond déjà, à l'heure où les promoteurs continuent de s'approprier les lieux qui les laissaient indifférents il y a peu et qui refoulent sans état d'âme les personnes qui en avaient fait leur refuge de fortune et dont aucun ne se souciait.
Quant à la forme, elle est pertinente de par son agencement tel 11 petites cases, au bord de ces ravines.

Belle musicalité que ces hexasyllabes, leur lecture est fluide, musicale.

Quelle belle strophe que celle-ci :

"Tente avec lassitude
De boulonner ses flancs
Que l'orage dénude
A chaque pet de vent."

Et ce vers-ci :
"La case du vieillard
Frappée de gigantisme"

Merci pour cette belle lecture

   lucilius   
27/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette case ancestrale, bientôt promise à la démolition pour des projets d'urbanisme rentables, a un cœur et une âme qui émeuvent.
Avec sa disparition meurt la créolité.
C'est écrit simplement et avec beaucoup de bon sens.

   STEPHANIE90   
14/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

une très jolie poésie pour parler de cette misère dont les promoteurs font leur beurre dans ces contrées lointaines.
Bravo pour ces strophes :

"Sur un arpent de terre
Que la misère engraisse,
Une case de fer
Sur ses tôles se dresse ;

Héritée d'un aïeul
Plus pauvre que mendiant.
Pépé qui n'a qu'un œil
Et plus beaucoup de dents,

Tente avec lassitude
De boulonner ses flancs
Que l'orage dénude
À chaque pet de vent.

Deux, trois coups de peinture
Aux couleurs divergentes
Et l'ancienne masure
Aux autres s'apparente."

Je préfère la première partie plus poétique mais l'ensemble reste très agréable à lire. Merci pour cette balade en terrain créole,

StéphaNIe

   leni   
14/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bjour INGOA
C'est un écrit fluide Il décrit l'action tentaculaire des promoteurs
qui remplacent les cases par des résidences pour gens fortunés
Les faits sont exposés sans agressivité

Héritée d'un aïeul
Plus pauvre que mendiant.
Pépé qui n'a qu'un œil
Et plus beaucoup de dents,

Ailleurs c'est parfois moins pire


Dans des contrées lointaines,
Au bout de l'océan,
Une case africaine
Supporte mieux les ans.

MERCI pour ce bel écrit

Je me permets trois remarques
À l'intérieur, le vide ;
Enfin très peu de choses.
Là j'aurais aimé quelques détails qui font ressortir l'âme du passé
J'aurais préféré;Et n'a plus que deux dents
Je n'aime pas pet du vent
Merci pour ce moment privilégié de lecture Mon salut cordial LENI

   Robot   
14/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un récit en vers qui nous dit avec simplicité l'histoire de cette case qui ne résistera pas hélas aux appétits des promoteurs et de la "modernité".

Un texte que j'ai beaucoup apprécié même si on peut regretter la pauvreté des rimes bien qu'on soit en contemporain.

   Hananke   
14/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Joli poème aux vers courts sur l'inévitable urbanisation
aux préjudices du passé, des coutumes et des ancêtres.
J'aime bien cet arpent de terre que la misère engraisse.
Et le sera réincarnée en grande résidence.

Le récit est clair et bonne la description, comme nous sommes en
contemporain, nous ne parlerons pas de prosodie.

   bipol   
14/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour

c'est un bon texte, bien écrit

sur un bon sujet : les disparitions du vécu

j'ai apprécié les sentiments et la nostalgie

la structure du texte et le son des mots permettraient

qu'il soit mis en musique

   papipoete   
14/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour INGOA
Alors que d'un coup de godet, le tractopelle pourrait écraser et emporter , la case de fer résiste grâce à l'abnégation, la ténacité de pépé avec force boulonnage après chaque " pet de vent " ! la maison de tôle contient toute la richesse de l'aïeul, c'est-à-dire rien...mais remplie des souvenirs d'avant ! Il viendra le jour où le promoteur écrasera d'un trait de crayon ce qui fut, mais dans les esprits à jamais restera !
NB vous écrivez fort simplement, des lignes que chacun comprend sans un " Larousse " en appui, mais tendrement à travers ces vers qu'eut aimé Césaire !
Vous évoquez la dignité de pépé, " plus pauvre que mendiant " et l'on resserre avec lui, ce boulon ci, ce boulon là !
la 9e strophe est ma préférée !
Votre récit m'évoque celui d'une maisonnette sur un jardinet, que jamais la " CAC 40 " ne put détruire en Asie ; autour d'elle, se dressent des gratte-ciel et font de l'endroit une sacrée curiosité !
je vois de parfaits hexasyllabes néo-classiques !

   PIZZICATO   
14/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
" Au bord de la ravine,
Engoncée dans les pierres,
Elle cache sa ruine,
Les rides de ses guerres."

Sans fioritures, sans agressivité mais avec simplicité, une poésie qui dit la réalité.

"La case du vieillard
Frappée de gigantisme,
Sera réincarnée
En grande résidence
Pour des gens fortunés,
Loin de la pauvre engeance."

   senglar   
20/3/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour INGOA,


De l'inconvénient du bidonville au regard de la case traditionnelle, pourtant ce vieillard ne semble pas avoir perdu ses racines :
"Mais la terre est sacrée ;
Ses ancêtres le disent."
Ce poème me semble prouver que la misère conduit à des comportements mimétiques.

"Sur ses tôles se dresse" : littéralement la case de fer serait perchée sur des tôles. Désolé de pinailler (lol) :)

J'ai aimé ce poème allant, bien fait.

senglar

   Miguel   
14/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime le thème, et le message que porte ce texte. Pour la forme, s'il y a des expressions fortes, qui font mouche, d'autres me semblent un peu moins efficaces, un peu plus plates. L'ensemble m'apparaît comme un peu inégal, ce qui est toujours le risque quand un poème dépasse trois ou quatre strophes. Mais enfin j'aime bien.

   wancyrs   
14/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut Ingoa

Bel hommage à pépé et sa case ; un cri du coeur en douceur, comme je ne sais pas faire. Votre écriture a cet effet "peinture" qui donne à votre texte cette allure d'un tableau agréable à regarder, même s'il est une esquisse de pauvreté. Merci pour le partage.

   VictorO   
14/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une fresque poétique et ethnologique sur cette case lointaine et son propriétaire. Touchante de vérité et très bien rythmée.

   BlaseSaintLuc   
15/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
il y à même un semblant d'humour teinté de tendre affection

"Héritée d'un aïeul
Plus pauvre que mendiant.
Pépé qui n'a qu'un œil
Et plus beaucoup de dents,"


"Tente avec lassitude
De boulonner ses flancs
Que l'orage dénude
À chaque pet de vent."

belle description d'une réalité ,qui fut , qui est .

il y à plus de promoteurs que de requins tout prés des plages , ils dévorent la nature , engloutissent le paysage .

   domi   
15/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
à part le pet de vent, déjà signalé, j'ai aimé ce poème, fluide, bien rythmé , et d'une belle simplicité qui devient une Humilité qui me touche beaucoup..
Bravo pour cette belle écriture.

   Amandine-L   
18/2/2019
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour INGOA,
Je lis une longue description qui plante le décor, une histoire, des remarques «Sans doute pour masquer/Aux yeux inquisiteurs/Un seuil de pauvreté », « Qu’on envisage ailleurs », des propos rapportés « Ses ancêtres le disent », une progression dans le temps « Héritée d’un aïeul », « Plus tard, beaucoup plus tard ».
Je n’ai pas l’impression de lire un poème, mais plutôt une histoire. Le sujet traité est intéressant mais je n’accroche pas avec cette façon de le traiter.
Une autre fois, peut-être.
Cordialement
Amandine-L


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