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Poésie contemporaine
Jahel : À midi, la place est un point…
 Publié le 19/03/22  -  5 commentaires  -  1238 caractères  -  92 lectures    Autres textes du même auteur

Un instantané de vie au cœur d'un tout petit village champenois suspendu au silence sous l'ardeur d'un soleil printanier.


À midi, la place est un point…



À midi, la place est un point de lumière,
avec des enfants bougeurs
comme des moucherons.

Sur la place il y a une vieille charrue
que le cultivateur a laissée là,
et qu’il viendra reprendre tout à l’heure.

À droite, à gauche, en haut, en bas,
les enfants s’amusent à monter dessus.

La place est blanche, à cause des champs crayeux
à proximité, avec des tourbillons de poussière,
parce qu’un peu de vent crée des courants d’air.

Dans la chaleur trembleuse, le mur du cimetière
tremble, et l’herbe mince du talus.

Les enfants sont rentrés. Le village est désert.
Les maisons contiguës ont tiré leurs persiennes,
pour garder dans les pièces de la fraîcheur noire.

La petite école, auprès, a une porte verte,
et trois beaux tilleuls, au fond de sa cour.

Le clocher luit avec mystère.
Sur sa croix haute, un coq perché
regarde au loin tel un guetteur.

Des bruits légers sous le silence
s’en vont courir dans la prairie.

Sur la petite place tout l’air s’est rétréci,
et l’immobile charrue est un insecte en fer
avec des restes blancs au bout des mandibules.


 
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   socque   
3/3/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai trouvé l'écriture de votre poème plaisamment visuelle, je me suis bien représenté la scène, l'évolution de la journée brûlante. (Et je ne suis pas douée pour me représenter des choses concrètes.) Quelques échappées imagées me plaisent bien aussi, donnant à mes yeux une dimension poétique, par exemple les enfants qui bougent comme des moucherons ou le clocher qui luit avec mystère ; c'est tout simple, sans esbroufe, et me fait quitter le quotidien banal.

Une remarque ici :
Dans la chaleur trembleuse, le mur du cimetière
tremble,
Si j'aime beaucoup l'adjectif "trembleuse", la répétition avec le verbe "tremble" me semble maladroite, je crois qu'il serait avantageux de lui chercher un synonyme. Au verbe.

   papipoete   
19/3/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Jahel
Un village comme il y en avait avant... Sa place où tel un essaim d'abeilles, les enfants jouaient, piaillaient en montant sur la charrue, laissée là par un cultivateur. Sur le village et la place, veille le coq tout-en-haut du clocher jusqu'au moment où le soleil décliné, il sera temps de se coucher ; la petite place aussi s'endormira...
NB comme ce petit croquis en vers est mignon ; sans fioriture, il nous prend par la main, et invite notre regard jusqu'à la petite place, d'avant...
Aujourd'hui, on entendrait " descendez de là, tout de suite ! vous allez vous faire mal ! "
Nous n'étions pas imprudents, mais le sang qui nous écorchait les genoux, ne nous gâchait pas la journée ! Puis, nous jouions aux billes un peu plus loin ; puis tirions au lance-pierre, puis...
J'ai beaucoup aimé cette photographie du village, à la teinte blanche de poussière crayeuse.
seul bémol pour " trembleuse et tremble ", sûrement voulu, mais j'aurais préféré un synonyme pour " le mur et l'herbe "

   Mintaka   
19/3/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Jahel,
Un joli poème simple comme un petit village suspendu. Sauf que je saisis mal le deuxième dystique auquel j'ai l'impression, en plus de la répétition lexicale de Tremble, qu'il y manque un verbe en seconde partie. Rien de grave.
Sinon on le voit bien ce village, comme une photo panoramique sauf que le déroulé se fait avec des mots. De plus il y a beaucoup d'enfants que vous évoquez par trois fois et celà amène toujours de la joie et de la vie.
Tout semble paisible ici et on s'y promène volontiers le temps d'une lecture.
Merci

   Lulu   
19/3/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Jahel,

J'ai bien aimé ce poème qui prend forme au fil de la lecture... On imagine d'abord une place avec des enfants, puis, peu à peu des éléments descriptifs sympathiques viennent ajouter à notre imaginaire quelques précisions.

Ce que j'ai aimé dans ce poème, c'est à la fois la discrétion du locuteur ou de la locutrice, et ce côté tranquille dans l'observation d'une place animée où les heures passent jusqu'à un regard qui se posent encore, mais sur des "restes blancs au bout des mandibules".

La luminosité passe très bien depuis ce midi jusqu'au soir, au fil des vers et des éléments décrits.

J'ai peut-être trouvé dommage qu'il y ait un peu trop d'explications de par certaines tournures, comme "avec des enfants bougeurs" (du fait de la préposition "avec") ; "a laissée là" (du fait de l'adverbe "là") ou plus clairement ici "à cause des champs..." ; ou encore "parce qu'un peu de.."

Mais j'ai plutôt bien aimé ce poème très visuel.

Merci du partage et au plaisir de vous relire.

   Lariviere   
23/3/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Jahel,

Sur le fond j'ai beaucoup aimé cette "instantanée" décrite comme il se doit, nous exposant la torpeur d'un petit village "hors du temps" comme il en reste beaucoup dans les coins reculés...

Sur la forme ces vers au rythme tranquille et leurs images réussissent bien à figer le temps et nous rendent bien le statique de la photographie, c'est pour ça que le terme d'instantanée est bien choisi...

J'aime beaucoup la strophe de fin :

"Sur la petite place tout l’air s’est rétréci,
et l’immobile charrue est un insecte en fer
avec des restes blancs au bout des mandibules."

Qui résumerait bien le poème... Mais tous les vers et toutes les images concourent ici à créer l'ambiance...

Merci pour cette lecture et bonne continuation


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