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Poésie contemporaine
Jahel : Carme déchaux
 Publié le 28/04/21  -  7 commentaires  -  1049 caractères  -  139 lectures    Autres textes du même auteur

Poésie inspirée un soir d'hiver dans ma bourgade endormie où le temps me parut soudainement ralenti. La neige qui tombait, légère, avait l'apparence et la lenteur d'une procession nocturne sous les souffles inquisiteurs d'une bise rôdant par les ruelles.


Carme déchaux



Carme déchaux allant priant,
la ville est un pénitent blanc.
L’hiver est son bréviaire,
son grand livre de prières,
son missel du dimanche,
et les mots qui s’en échappent
montent au ciel et redescendent
plus beaux, plus légers, plus purs
et se posent sur la crête des murs.

Il neige.

Sur les toits bossués, proches,
des fumées sont des ficelles
tendues au ciel,
ou parfois croches,
et vont s’y nouer
d’une façon imaginaire.
Seule, la neige balance ses flocons
au cœur glacé des réverbères
et vêt la ville d’une robe talaire.

Il neige.

La nuit doucement épaissit les voûtes
de la chapelle millénaire de nos doutes
où brûlent les cierges pâles des néons.
Un vent terrible, aux ongles durs,
s’en vient fouiller dans les architectures
de nos cœurs et de nos passions,
tandis qu’au loin, dans l’artifice de la lumière,
passe et repasse la procession
des gouttes d’eau en bure blanche.


 
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   Castelmore   
10/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce poème, qui n’est pas et de loin un poème classique, ne manque pas pour autant de charmes... au pluriel !
Il respire ai-je envie de dire l’harmonie, celle de belles images illustrées dans des vers et des strophes fluides au rythme comme ralenti... celui de ces gros flocons qui semblent prendre plaisir à s’attarder avant de couvrir le sol.
L’auteur nous quitte aimablement en nous délivrant l’un des plus beaux vers -octosyllabe- de son opus
« des gouttes d’eau en bure blanche»

Un très beau « libre » Merci
Castelmore en EL

   embellie   
14/4/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
J'aime quand un écrit m'apprend le sens de certains mots. Pour comprendre le titre, Carme
déchaux, j'ai eu recours à mon dico, de même pour la robe talaire. Plusieurs mots (trop à mon goût) dans le poème, sont en rapport avec la religion : priant, pénitent, bréviaire, prières, missel, chapelle, cierges, procession, mais étant connus de tout le monde me semble-t-il, ils n'ont pas trop gêné ma lecture.
Toutefois, comparer une ville à un religieux me paraît un peu bizarre et j'ai du mal à adhérer.
Pourquoi Seule, la neige balance ses flocons. Je supprimerais seule car qui, à part la neige, pourrait balancer des flocons ? Je trouve inutile aussi le redondant « il neige » entre chaque strophe.
Mais une image a mes faveurs, dans le dernier vers, celle des gouttes d'eau en bure blanche.

   papipoete   
28/4/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Jahel
voici " p'tit nouveau " la pompe des parutions amorcée...
Tel un pénitent blanc, la ville sous la neige lit son bréviaire, dit ses prières au Ciel et ses réponses semblent tomber en lents flocons. Ecoutez leur écho, qui peu à peu sous la chape de la nuit, écrase la plus petite lumière : il neige à gros flocons...
NB une vision de la nuit qui sur le bourg, tombe en même temps que la neige, semble prier en silence, à la lumière de cierges lampadaires... une messe basse...
Parfois des assonances égrènent leurs sonorités, puis le vers se fait silencieux comme ces orants en marche.
La première strophe me semble équivoque ( Carme déchaux ? ), alors que la seconde se libère d'ambiguïtés ; et l'ultime à sa soeur s'allie dans un charmant tableau ( en particulier leurs derniers vers " robe talaire/... bure blanche " )

   Hananke   
28/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

J'ai failli passer à coté de ce très joli texte dans lequel les images
fleurissent malgré son ambiance hivernale.

la ville est un pénitent blanc.
L’hiver est son bréviaire,
des fumées sont des ficelles
tendues au ciel,
ou parfois croches,
et vêt la ville d’une robe talaire
Un vent terrible, aux ongles durs,
s’en vient fouiller dans les architectures

Entre autres.

Pour moi, la poésie est avant tout images et réflexion, celles de ce poème sont remarquables d'imagination, d'inventivité et de réalité.
La dernière strophe comblant ce désir de réflexion.

Je suis comblé.

   Anonyme   
28/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour et bienvenue à vous Jahel et à ce premier poème publié.

Le titre est surprenant, je ne le comprends pas. Curieuse, j'ai cherché; Je ne connaissais pas du tout cet ordre. Merci.

L'exergue, très poétique incite à suivre cette promenade, cette procession.

Le poème est constitué de trois paragraphes distincts, tous entourés de la neige.
Le premier est religieux, poétique à souhait, "icône".
"Il neige"
Le second est plus tableau de peintre laïc (avec deux mots rares, à mes yeux, "bossués" et "talaire"), sans oublier les signes de cette vie religieuse.
"Il neige"
Le dernier est plus intime, non dénué de religion, de cette religion humaine. La religion qui aurait traversé les temps, pour se retrouver sous les néons contemporains.

Très bon poème, à mon goût.
Merci du partage,
Éclaircie

   ANIMAL   
1/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’aime beaucoup la mystique qui s'exhale délicatement de ce poème équilibré. La fluidité des vers s’enchaîne dans cet univers tout blanc et cotonneux extrêmement bien rendu. On imagine la ville endormie sous le manteau immaculé qui la recouvre peu à peu.

J’ai particulièrement apprécié cette image :

"Sur les toits bossués, proches,
des fumées sont des ficelles
tendues au ciel,
ou parfois croches,
et vont s’y nouer
d’une façon imaginaire."

Un tableau réussi pour une bien agréable promenade nocturne.

   Atom   
7/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une surprenante image d'une ville sous la neige que nous offre ce poème; par ailleurs très intéressante.

Il peut effectivement y avoir cet aspect méditatif et ce silence quasi religieux que l'on peut ressentir dans ces moments où la neige tombe. Une recherche de pureté peut-être aussi (un blanchissement de l'âme).
Il y a un peu aussi une sorte de repentance qui ressort de ce texte, comme si la ville - lieu généralement symbolique de tous les vices et de corruptions - avait trouvé en la neige un Sauveur.

Les images autrement sont souvent belles et étonnantes.


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