Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
Jahel : Les Tziganes
 Publié le 17/07/21  -  6 commentaires  -  1766 caractères  -  67 lectures    Autres textes du même auteur

Poème de la confrontation entre les sédentaires (faussement irréprochables) et les gens du voyage qui n'ont ni feu ni lieu, mais dont chaque coin du monde, au gré de leurs campements, semble être un tout petit royaume éphémère les conduisant vers une terre promise.


Les Tziganes



C’est au siècle dernier,
Quémandant leur denier,
Que jouaient les Tziganes,
Sur les parvis d’églises,
Dans les cours, les remises ;
Que jouaient les Tziganes,
De leurs fins doigts agiles
Sur leurs violons fébriles,
La mélodie des gueux ;
Des gueux, toujours errants,
Poussés par la misère.

D’aucuns les écoutaient,
Recueillis en prière,
Tout emplis du sermon
De Monsieur le curé ;
Remettant aux enfants,
Le nez collant de morve,
Qui passaient dans la foule
En tendant leurs sébiles,
Quatre pièces trouées.

D’autres les pourchassaient :
Mine farouche, œil torve,
Avec fourche ou bâton ;
Encor les insultaient,
Abhorrant les musiques
De leurs grinçants violons.

De leurs bouches iniques
Ils lançaient des jurons,
Les lapidant de mots
À faire blêmir les dieux ;
Les lapidant de mots
À leur crever les yeux.

Et, reprenant les rênes
De leurs chevaux malingres,
Les Tziganes passaient
Roides sous les crachats
De bien plus pauvres qu’eux.
Au seuil de leurs roulottes
Des mioches sans culottes
Se tenaient par la main,
Tandis qu'on entendait,
Tout au long des chemins,
Les roues cerclées de fer
Pleurer dans la poussière.

Et les filles altières,
Avec des ports de reines,
Marchaient à leurs côtés
Pieds nus, à petits pas,
Faisant fi des ornières ;
Balançaient leurs cheveux
De fières sauvageonnes ;
Se signaient aux chapelles,
En des gestes gracieux.
Et, à leurs fins poignets,
Où flottaient des dentelles,
On entendait sonner
L’or vert des bracelets.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Lebarde   
27/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Évocation réaliste des Tziganes, éternels nomades, affublés de tous les maux et rejetés par la société « bien pensante » qui oublie que ces « gens «  très religieux ne manquent jamais de fêter la Vierge tous les ans, de se signer à chacune des chapelles rencontrées sur leur chemin et de venir en aide à ceux de leur communauté qui sont dans la difficulté.
Le poème parle pourtant d’une époque révolue, celle des roulottes peintes en vert et rouge tirées par des chevaux faméliques, des enfants morveux, des femmes aux robes longues aux couleurs chatoyantes, de ces gens aux cheveux noir-corbeau, des « voleurs de poules », des marchands de paniers d’osier, des diseuses de bonne aventure à l’approche desquels la population des villages fermaient leurs portes et surveillaient leurs clapiers.
J’ai connu cela dans ma jeunesse mais je pense que la situation a un peu évolué et que luxueuses caravanes tractées par de puissantes voitures ont pris la relève.
Joli poème dont j’ai apprécié la lecture, qui rappelle que la tolérance et l’acceptation de l’autre ont encore du chemin à faire.

En EL

Lebarde

   ANIMAL   
28/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Très joli poème d'ambiance, très visuel. Les vers courts donnent de l'impact au contenu. Etant donné le thème, j'aurais toutefois aimé plus de musicalité, que le texte soit moins austère et danse au son des violons et des sonnailles.

Le fond du poème reste positif, malgré les oppositions de certains qui détestent d'emblée les populations errantes. Ces gens fiers poursuivent leur route contre vents et marées jusqu'au prochain village, au prochain parvis d'église où ils pourront se produire.

Un portrait des tziganes saisissant de réalisme.

   Queribus   
7/7/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Un texte clair et bien écrit avec des images réalistes et poétiques à la fois pour évoquer ce vieux"problème" des tsiganes, avec un certain côté nostalgie qui m'a fait penser à la chanson "Les nomades" de jean Ferrat. De la poésie contemporaine pour évoquer le passé de façon habile. Un écrit qu'on déguste volontiers.

Bien à vous.

   papipoete   
17/7/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Jahel
Les tziganes firent toujours parler d'eux, sans faire de bruit mendiant la main tendue, ou jouant un air de violon que l'auditoire rarement goûtait !
On leur donnait une pièce trouée ou bien les envoyait balader ; ce qu'ils ne manquaient pas de faire puisque telle était leur destinée...
Et les roulottes tirées par un cheval malingre, repartaient sur les routes, en quête d'une autre commune, ou paroisse aux ouailles généreuses...
NB les temps ont changé, et les caravanes " Fendt " filent les kilomètres de bitume, en recherche d'un toit à nettoyer, un arbre à abattre, une haie à élaguer... " vous prenez combien ? - tant, cash mon bon monsieur ! "
Ces gens-là, comme disait la chanson, ils travaillent maintenant, mais...
De tout temps, parlant d'eux, il y eut des " mais ; il parait que ; etc... "
Mais ce peuple honni fut tellement persécuté, qu'on leur laisse quelque tranquillité !
" Vos " tziganes peints à la supplique près, à la morve du gamin coulant, et la roulotte qui fuit ce village devenu malsain, est plus vraie que nature !
la dernière strophe, où " les filles altières avec des ports de reine ", est toujours d'actualité, même si elles ne marchent pas à côté de leur convoi... mais " ne les regardez pas, elles sont à d'autres depuis longtemps, réservées !
l'avant-dernière est mon passage préféré.

   Vincendix   
18/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un évocation d'un temps maintenant disparu.
Mais je ne me souviens pas du mauvais accueil des sédentaires quand les "camps-volants" s'installaient à l'entrée du village. Pour les enfants c'était une attraction, mais à bonne distance. C'étaient souvent des vanniers, ils vendaient leurs paniers et corbeilles aux gens du village. Certains les traitaient de voleurs de poules mais mon grand-père, guettant son poulailler de nuit a surpris un voisin qui profitait de la présence des Roms pour chaparder.
Vincent

   Miguel   
19/7/2021
Heureusement qu'il y a la dernière strophe, qui nous sort un peu de cette longue suite de clichés de la victimisation. Lisez le sonnet "Tzigane", de Charles Cros : ça a une autre allure, ça donne envie d'être tzigane, à la différente de ce texte.


Oniris Copyright © 2007-2020