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Poésie contemporaine
Jahel : Midi sonne à l'église...
 Publié le 24/05/21  -  11 commentaires  -  1388 caractères  -  151 lectures    Autres textes du même auteur

Élégie célébrant la vie paysanne au village, à l'heure chaude de midi, quand le soleil est à l'aplomb du monde.
Instantané où les êtres et les choses figés au présent nous évoquent aussi le passé d'une ruralité ayant gardé une douce simplicité.


Midi sonne à l'église...



Midi sonne à l’église. Aucune ombre n’est offerte.
C’est l’heure où la lumière abasourdit les choses,
L’heure, où monte des jardins la touffeur des roses.
Le plomb du soleil coule aux gueules des gargouilles
Grimaçant de douleur et qui nous chantent pouilles.
Les pierres transpirent une aigre sueur verte
Venue de l’intérieur des blocs épannelés.
Sont-ce là les traces des anciennes prières
De pauvres paysans qui venaient à genoux,
Naïfs et repentis, aux mines incongrues,
Prier la Bonne Vierge aux miracles si doux,
Usant le brun velours de leurs gros pantalons
Aux marches des autels, et demander pardon
Pour les débits violents de leurs coquecigrues.
Leurs mots étaient simples comme la pieuse terre
Que les brabants crevaient et sculptaient à la fois,
Tirés par des chevaux aux lourds pas cadencés ;
Et des ailes naissaient luisantes sous les socs.
Des prières allaient se griller aux chandelles,
D’autres montaient au ciel comme un vol d’hirondelles
Qui, ce midi, s’éploie jusqu’au grand clocher gris
Où se trouvent la croix et un fier coq en zinc
Qui tourne aux quatre points sous des vents incertains.
Sa crête, au ciel, racle de longs copeaux d’azur
Et, le bec conquérant, picore les lointains.
Midi sonne à l’église. Aucune ombre n’est offerte.


 
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   Cyrill   
10/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aime beaucoup la description de cette heure de midi qui écrase tout, et qui rend plus lourd le poids des péchés, tout en les effaçant peut-être : "Aucune ombre est offerte."
C'est une (presque trop) belle évocation, un peu comme une carte postale sépia.
Un peu d'aération dans le texte ne m'aurait pas dérangé.
Merci pour le partage, Cyrill

   cherbiacuespe   
10/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pourquoi cette aversion de la négation ? "Aucune ombre N'est offerte" sonne quand même mieux à l'oreille, non ?

C'est un bel et vibrant hommage à la paysannerie d'une époque révolue. Tout y est dit avec élégance, chaque mot s'harmonise merveilleusement avec le suivant pour construire un texte d'une solide fluidité. Il ne manque que le roulement des "r" qui se mariait si bien avec la terre grasse que nos grands-parents s'acharnaient à labourer. Une composition qui pique le cœur et les yeux.

Cherbi Acuéspè
En EL

   Lebarde   
24/5/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Belle évocation de la ruralité à une époque qui parait révolue tout au moins sous cette forme lourde, pesante, figée sous le soleil de midi, qui aurait pu faire un beau poème classique comme je les aime en soignant la versification et les rimes et en découpant en strophes le propos pour rendre la lecture plus fluide.

On peut regretter également la longueur des phrases qui enchainent à l'excès les propositions relatives et alourdissent l'écriture. Dommage.

j'ai noté de belles images souvent originales comme:
"Et des ailes naissaient luisantes sous les socs" a qui va ma préférence.

Merci pour ce poème qui fleure bon la campagne de mon enfance.

Lebarde

   Corto   
24/5/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Il est midi et l'auteur voudrait ici nous emmener dans un temps dont on pourrait penser qu'il est surtout imaginaire.
Bien sûr la messe dominicale a toujours donné lieu à quelques scènes au parfum d'antan, mais ici le trait est trop forcé.
A part sur le tracé du Chemin de Croix de Lourdes je n'ai jamais vu "De pauvres paysans qui venaient à genoux / Prier la Bonne Vierge".
J'aime bien "Le plomb du soleil coule aux gueules des gargouilles", image originale et évocatrice.
Le premier vers repris en final est du meilleur effet.

Il me semble que ce poème aurait mérité une mise en forme plus découpée car ici le pavé est vraiment lourd. Et surtout le tableau aurait bénéficié de moins d'emphase et de pseudo-scènes campagnardes. Il y a quelques siècles le grand Bruegel lui-même faisait plus léger et c'était bien joli !

Merci du partage.

   Luz   
24/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Jahel,

J'ai beaucoup aimé ce poème, une élégie campagnarde.
Il y a quelque part des accents de Francis Jammes.
Ce vers, en particulier, est très beau :
"Et des ailes naissaient luisantes sous les socs."
Merci.

Luz

   Damy   
24/5/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
J’aurais aimé un peu d’aération, sous forme de strophes, pour ce poème dense dont certaines phrases n’arrêtent de s’étirer.
J’ai remarqué la recherche de rimes dans les 6 premiers vers qui s’est ensuite diluée. C’est peut-être dommage.
Vous dites en exergue que le passé a gardé une douce simplicité au présent, les temps ont bien changé avec l’agriculture industrielle et intensive dont il n’est même plus sûr que midi sonne l’heure du repos.
Je n’ai pas bien compris :
« demander pardon
Pour les débits violents de leurs coquecigrues. » Je remarque juste la rime avec « incongrues ».
Je ne comprends pas trop non plus très bien le sens de « aucune ombre n’est offerte » qui introduit et conclue le poème.

Ce poème évoquant un passé pas si lointain (qui remonte pour moi à une génération seulement) dans son ambiance pieuse, ne m’a personnellement pas beaucoup ému, j’en suis désolé et je crois que cela tient essentiellement à sa forme. Je suis passé à côté.

   domi   
24/5/2021
Ce poème montre à quel point la forme est importante, car celle proposée ici étouffe de bien magnifiques images (impossible de toutes les citer, ça foisonne !)..

Une forme - et bien que les rimes semblent un peu aléatoires - qu’on suppose « voulue » classique au départ ( ?) tant le compte des 12 syllabes est respecté ; mais juste « respecté », car en même temps l'irrégularité des césures force parfois à compter sur nos doigts pour vérifier les douze syllabes des alexandrins, et c’est désagréable pour le lecteur qui ne sent pas de rythme (de plus, le premier vers, apparemment corrigé après coup, fait 13 syllabes)

Reste cette magnifique évocation poétique d’un monde rural, en cette heure si particulière de midi, (dont l’absence d’ombre pourrait presque être ressentie mortifère), et qui fait penser au poème « Midi, roi des étés », de Leconte De Lisle.

Difficile de noter à cause de cette dichotomie entre fond et forme, je m'en excuse..

   papipoete   
24/5/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
bonjour Jahel
" attention, talent ! "
Oui, en lisant ces vers je colle à votre récit, comme la terre à la charrue, comme aux marches de l'église patinées par le velours de ces pauvres pénitents... qui s'en venaient implorer pardon pour des fautes, que la bourgeoisie " bien pensante " leur inculquait d'un regard accusateur ! Comme si leur condition de paysan, si dure et impitoyable, eut à implorer la Sainte Vierge, en pénitence qu'ils étaient du simple fait de n'être que laboureur ? Ils juraient certes, mais même Dieu eut juré contre la pluie qui ne vient pas, la récolte qui ne se fera pas !
NB l'auteur semble parler de sa plume, depuis le haut du clocher, comme si rien ne pouvait échapper à la vigilance de ce coq !
Chaque vers transpire la réalité, comme ces pierres le font d'une " aigre sueur verte "
Le passage du labour est merveilleusement décrit ( il ne peut être inventé ! ) " les brabants qui crevaient la terre en la sculptant... d'ailes luisantes sous les socs "
Et la crête du coq qui " racle au ciel des copeaux d'azur "...
J'ai rarement vu un tableau à l'encre de plume, si richement peint et illustré !
Je serais surpris que l'auteur ne fut pas lui-même, ancien meneur de boeuf ou de cheval au manches d'une Melotte par exemple ?
Infime bémol à la fin dont le sens du dernier vers, ne me saute pas à l'esprit ?
techniquement, le 1er vers perd l'équilibre sur ses 13 pieds...

   Miguel   
24/5/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Je ne comprends pas bien pourquoi les gargouilles nous chantent, pouilles, on ne leur a rien fait, ni pourquoi les paysan avaient des mines incongrues. Drôles d'expression. Sinon le poids de ces midis caniculaires (que je connais bien dans mon sud natal) et cette évocation des âmes pieuses d'autrefois et de leurs dures tâches ne manquent ni de réalisme ni de charme.

   Eclaircie   
25/5/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Jahel,

Une chronique paysanne qui ne s'offre pas d'emblée ; la forme "pavé" n'est pas très engageante, pas plus que le premier vers et ses 13 syllabes bien marquées. Cependant que le titre résonne bien, l'auteur a choisi "l'église" et non le "clocher".
Ensuite j'ai été ravie de trouver :
"pouilles, épannelés, coquecigrues, gargouilles (sauf qu'on les trouve surtout sur la cathédrales, pas trop sur les églises de campagne), s'éploie, les lointains."
Certains vers me paraissent moins fluides ou plus laborieux :
"Sont-ce là..."
"Leurs mots étaient simples ... "
"Où se trouvent la croix et un fier coq en zinc"
(sans doute an parti dû aux verbes un peu banals)

Du bon travail pour un sujet qui me plait.

Merci du partage,
Éclaircie

   Myo   
25/5/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Jahel,

Il est vrai que la présentation de cet écrit n'est pas à son avantage et les très jolis traits de poésie dont vous l'avez parsemé sont un peu noyés dans la masse.

Certaines phrases sont un peu trop longues et alourdissent encore l'ensemble.

Mais je retiens de très beaux passages :
" Le plomb du soleil coule aux gueules des gargouilles..."
"Des prières allaient se griller aux chandelles,.."
"Sa crête, au ciel, racle de longs copeaux d’azur
Et, le bec conquérant, picore les lointains."

Merci du partage


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