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Poésie contemporaine
Jahel : Sous la chaleur torpide
 Publié le 08/09/21  -  6 commentaires  -  1273 caractères  -  137 lectures    Autres textes du même auteur

Implorant la clémence des cieux, la Nature, suppliciée par l'ardeur d'un soleil conquérant, succombe sous les assauts forcenés d'une lumière insoutenable et surchauffée…


Sous la chaleur torpide



Ô douleur des feuillages
Que l'été a meurtris,
Quand les cieux sans nuages,
Tout tendus d'organdi,
D'un bleu si uniforme
Qu'ils paraissent grandis
Telle une mer énorme.

Par les clous du soleil,
La terre est crucifiée
Aux gerbes de méteil ;
Par sa gorge assoiffée
Elle crie vers le ciel :
« La pluie me soit donnée,
Ô Dieu au cœur vermeil ! »

Mais Dieu ferme l'oreille,
Enclos en son courroux,
Sans pitié pour la treille,
Repoussant les verrous
Des écluses célestes.
Et les feuillages roux
Suffoquent à grands gestes.

La siccité de l'air
Brûle les souquenilles
Et calcine la chair
D'indolentes charmilles.
Et les bois, tels des gueux
Dont pendent les guenilles,
Sont tout cadavéreux.

Mes regards sur la plaine
Ne distinguent plus rien
Que des mouchoirs de laine,
De laine ocre et de lin.
Aux terres en quinconce
Passées au peigne fin :
De vie n'y a pas once.

Ô douleur des douleurs !
Ô douleur des feuillages
Aux bien tristes couleurs,
Qui béez aux breuvages
Des célestes ruisseaux,
Par feuilles et branchages
Où meurent les oiseaux.


 
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   papipoete   
8/9/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonjour Jahel
On pourrait croire que vous écrivez le " demain ", car le " hier " de cet été put être le fantôme de votre poème ! ( 37 degrés en septembre ? )
Je lis un texte qu'un barde put écrire, avec de belles tournures, parfois désuètes et des mots savants à foison ( torpide, méteil, siccité... )
L'auteur se fait l'interprète de la Nature, qui sous le soleil assassin, tue à petit feu mais grande chaleur, tout ce qui pousse, vit ici-bas !
NB une prière contre des humeurs célestes ( ici on brûle ) ailleurs l'on se noie, ou on souffre des deux maux successivement !
Chaque strophe explose sous l'enluminure de ses mots, et la seconde fait pleurer notre terre nourricière, tel Jésus sur la croix " Dieu, pourquoi m'abandonnes-tu ? "
Mais le Roi des Cieux est en colère, et le fait savoir à ce qui bientôt ne sera que vaste mouroir !
des hexasyllabes parfaites ; pourquoi pas " néo-classique " ? ( peut-être à causes de " bé/ez " de la dernière strophe, assimilée à une diérèse ,
Quoi qu'il en soit, un texte magnifique à lire en hurlant, les yeux tournés aux cieux, ou sangloté tant est dramatique cette supplique !

   inconnu1   
8/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je suis un peu partagé sur ce poème personnellement. Je salue le travail, la technique effectivement plus du domaine néoclassique que contemporain. C'est sans doute Le vers, "elle crie vers le ciel" qui ne rime avec aucun autre qui fait passer le poème en contemporain, ou simplement le fait que vous souhaitiez cette catégorie, ce qui est largement acceptable car certains poètes contemporains sont largement "classiques" et j'adore Aragon

Mais du coup, la préciosité des termes utilisés me gêne vu la modernité du propos. Parler du réchauffement climatique avec un lexique du moyen âge (gueux, once...) ou précieux (courroux, treille, charmille...) a quelque chose d'un peu artificiel à mon goût.

bien à vous

   Lebarde   
8/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bien joli poème sur un sujet brûlant d’actualité auquel l’utilisation bien à propos, de mots rares ou vieillots (organdi, méteil, siccité, souquenille, once,…) donne une poésie un peu précieuse de bon ton qu’aurait pu produire un troubadour.

En fait les dieux évoqués ont-ils vraiment quelque chose à voir dans la situation qui résulte peut être de l’incurie humaine mais à coup sûr des caprices de dame nature.?.

L’écriture est élégante, fluide, délicatement « classique » ( si si j’insiste!) sans ce léger « laissé aller » sur certaines rimes et ce « crie »ou « pluie » qui ajoutent une syllabe au vers ( enfin je crois sans en être sûr, sujet dont les experts débarreront en forum!!)

Qu’importe ce poème en hexasyllabes me plait bien, j’applaudis et pour le fond et pour la forme.
Bravo.

Lebarde

   Miguel   
8/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème assez classique dans sa forme et dans son expression. La rage de la canicule est un thème ancien, on le trouve dans l'Antiquité, à la Renaissance ... Mais aujourd'hui il prend, avec les risques contemporains, une dimension nouvelle que rend bien la tonalité tragique du poème. Belles images (les clous du soleil, les verrous des écluses célestes ...). On a l'impression d'entendre le désespoir de Jean de Florette quand il attend pour ses cultures une pluie qui ne vint pas; seulement ici, comme dans la réalité actuelle, le drame est universel.

   Myo   
9/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une prière comme un cri d'alarme lancé par la nature face au réchauffement climatique... Mais Dieu, hélas n'y est pas pour grand chose, l'homme seul est responsable d'une telle situation...

Un style un peu suranné mais les images sont parlantes et le vocabulaire recherché.
Ici, la végétation est au centre du danger... l'homme ne lui survivra pas.

Merci du partage

   Arsinor   
16/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je ne suis pas fan de poésie surtout quand elle reste hyperclassique comme ici avec un sujet plus que rebattu. Beaucoup de qualités néanmoins dû à la continuité et au développement dont vous faites preuve, je ne relèverai pas tout (et même rien comme vous le voyez). Quelques mots de remplissage nuisent à l'écoulement de votre lamento : tout (cadavériques), bien (tristes couleurs) et surtout trois fois le mot de douleur dans la dernière strophe, trop "émotif", même si vous l'avez, évidemment, voulu. Je pense que la reprise du vers ô douleur des feuillage devrait suffire.
Mais je ne suis pas poète, je le rappelle...


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