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Poésie contemporaine
Jahel : Sur la toile d'azur…
 Publié le 17/06/21  -  9 commentaires  -  754 caractères  -  151 lectures    Autres textes du même auteur

La vie simple et tranquille d'un village sous la torpeur du soleil. Une succession d'images, d'instantanés photographiques, immortalisant les êtres et les choses.


Sur la toile d'azur…



Sur la toile d’azur d’un grand ciel nu et sage,
Un sentier blanc courait au flanc d’un vert coteau ;
De tout voir à l’envers, d’un étang, riait l’eau.
La pointe d’un clocher clouait le paysage.

Le soleil de juillet accablait le feuillage
Des hautes frondaisons, par-delà le hameau.
Et l’on aurait pu croire à la mort de l’ormeau,
S’il n’avait dispensé, solitaire et sans âge,

La tiédeur de son ombre aux vieillards assoupis
Au bois piqué des bancs, qui semblaient accroupis
Le menton appuyé sur leur canne d’ébène.

Au loin, dans la moiteur, des femmes sous l’effort,
Précédées des faucheurs, dressaient des gerbes pleines,
Et la plaine flambait de monticules d’or.


 
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   socque   
2/6/2021
 a aimé ce texte 
Bien
C'est pour le dernier tercet que je commente, je le trouve vraiment réussi, visuel, les gerbes pleines qui font flamber des monticules d'or, les femmes que j'imagine en sueur, chapeau. Je crois voir s'élever l'air tremblant de chaleur sur le pré, les travailleuses qui suivent les faucheurs en s'accordant pour seul répit de s'essuyer à la hâte le front... Très parlant à mon avis, sobre, efficace.

Auparavant, le poème me paraît moins intense, sage comme le ciel nu. La toile d'azur, le sentier blanc, le vert coteau, l'eau qui rit, les vieillards assoupis et accroupis (fausse bonne idée cette rime, pour moi ; deux adjectifs "ton sur ton", la rime manque de "peps" à mes yeux), je bâille. Bien sûr c'est la torpeur de l'été, mais deviez-vous la traduire par des clichés ?

   Cyrill   
4/6/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour.

Je suis tout à fait emballé par ces instantanés, et les formules le plus souvent réjouissantes et quelque peu drôlatiques. Comme ce vers à l'envers :
"De tout voir à l’envers, d’un étang, riait l’eau."
J'aime beaucoup aussi :
"La pointe d’un clocher clouait le paysage."
Le deuxième tercet, bien que plus conventionnel, est un superbe final.
Un petit bémol avec le premier tercet. La rime assoupis/accroupis est presque too much en sonorité, c'est un comble !
Il y a aussi ce AU bois que j'intègre mal, mais je me demande finalement si ce n'est pas volontaire, comme une hésitation entre deux sens : la forêt et le bois mort du banc. Bref, je retire cette dernière remarque et je note avec joie !

Cyrill

   Miguel   
5/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Que de belles images ! Et quelle musicalité ! Une très belle poésie descriptive ; et il y a poésie justement parce qu'il y plus que de la description ; ce sonnet exprime l'âme des lieux qu'il décrit ; et j'aurais trouvé plus de force encore à cette magnifique évocation si elle avait été faite au présent, si elle avait été non un souvenir mais l'heure présente pour le lecteur.

   Lebarde   
6/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Encore un sonnet classique sur le calme et le charme des scènes rurales d’antan qui ont du mal à survivre.
Je dis encore mais aucune lassitude dans mon propos, j’aime bien ces images simples, bucoliques qu’il est pourtant difficile pour les auteurs de renouveler. Mais qu’importe ici vous avez su trouver le ton et donner de l’intérêt au sujet.
L’image dans l’étang du reflet du clocher qui cloue le paysage me plait bien.
Dommage que dans cet premier quatrain, la syntaxe me paraisse un peu alambiquée !
Je laisse le soin aux spécialistes de regarder la forme qui me parait sans faille.
Pour ma part je ne suis pas fan des «rejets, contre-rejets ou enjambements auxquels je reproche de couper le rythme et la fluidité du poème mais qui, dit on, sont utilisés par les poètes au sommet de leur art?
Un simple avis personnel, mais bon!
Bravo globalement j’apprécie bien, connaissant la difficulté qu’il y a à écrire sur un thème aussi galvaudé.

En EL
Lebarde qui s’arrête toujours quand il s’agit de classique.

   papipoete   
17/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Jahel
Vu et revu, mais tant admiré aux cimaises d'une galerie d'art, ce tableau ordinaire de la vie " d'avant ", semble parler pour évoquer le grand silence à l'ombre sur les bancs ; et chanter pour donner du courage aux faucheurs fauchant, et aux " gerbeuses " se pliant et se relevant sous l'Astre Divin.
NB même le feuillage des hautes frondaisons, n'en peut plus et ne bruit pas de torpeur : les vieux se reposent à l'ombre, ils ont fauché combien d'hectares jusqu'à ce moment de pause mérité ?
Bientôt, la plaine érige ses monticules d'or, d'épis de blé mûr : ainsi allait la vie dans les campagnes, dans le temps...
techniquement, au 3e vers, " on " n'aime guère les inversions...
sinon, je vois des dodécasyllabes avec leurs 12 pieds, quelques hiatus, et dans les tercets " ébène et pleines " se causant préjudice ; cela justifie-t-il la forme " contemporaine ? "
le second tercet est mon passage préféré

   emilia   
17/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une évocation réussie par son final qui restitue ambiance, couleurs et « moiteur des femmes sous l’effort », dressant leurs gerbes dans « la plaine qui flambait de monticules d’or », à l’image d’une scène immortalisée par de grands peintres…

   Castelmore   
17/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Jahel

Le monde paysan, les paysages ruraux semblent vous passionner...
et le soleil ! qui écrase toute chose.
Surtout ne changez pas, pour mon plus grand plaisir en tous cas.

Votre sonnet est très bien bâti et apaisant, avec une ou deux pointes d’humour maîtrisées et un dernier tercet ... à son sommet.

Puis-je vous suggérer d’y supprimer quelques dentales pour le fluidifier?
Ainsi :
« Au loin, dans la moiteur, les femmes sous l’effort,
Précédées des faucheurs, dressaient les gerbes pleines,
Et la plaine flambait en monticules d’or. »

Merci pour l’agréable lecture

   GiL   
17/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce sonnet réussi m’évoque certaines peintures de l’école de Barbizon. Le paysage est bien décrit en vers à la fois simples (c’est une qualité!), compréhensibles (un sujet / un verbe / des compléments) et harmonieux. Bref, un style que j’aime.
Un bémol pour l’ormeau dont je ne pourrai jamais croire à la mort, puisqu’on est en juillet et qu’il dispense de l’ombre. Un second pour les deux premiers vers du premier tercet, un peu confus, qui ne sont pas du niveau du reste.
En revanche le premier quatrain est excellent, surtout les deux derniers vers :
La trouvaille de « De tout voir à l’envers, d’un étang, riait l’eau. » est tout bonnement géniale et l’image du clocher, assez piquante.
Le dernier tercet termine en beauté avec une chute digne de Victor Hugo (^^).
Merci Jahel.

   Yannblev   
19/6/2021
Bonjour Jahel,

Un sonnet qui ne manque pas son but. La précision des termes, la subtilité des analogies et la rigueur de la mise en vers transportent directement sous ce soleil lourd d’été, à côté des anciens endormis. Il suffirait de presque rien pour qu’à la lecture on y entende des cigales.

Merci chaudement pour ce tableau.


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