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Poésie libre
Jano : Animal minéral
 Publié le 26/03/11  -  13 commentaires  -  1383 caractères  -  145 lectures    Autres textes du même auteur

Un poème d'altitude.


Animal minéral



Tout là-haut
le froid déchire les roches
durcit la terre, pétrifie les mains
respiration glaciale d'un monde hostile

Rompant la pâleur de l'hiver
mes pas lourds de fatigue
progressent vers la cime convoitée

contre un vent cruel
qui hurle par les failles du granit
cingle mon visage d'une volée de cristaux

avancer

Je devine béantes
les gueules bleutées des crevasses

Ici, la mort a des airs de beauté

Altière
la pointe nimbée de nuages
me toise d'une attente millénaire :
« Viens, petit homme,
viens m'affronter »


peur

Sur un versant pentu d'éboulis
je lève les yeux
doute
suis-je capable ?

La vallée est si loin…

Allons, animal minéral
les hauteurs sont ma raison de vivre
Pyrène mon autre amour

continuer

Enfin
au pied de la paroi sombre
où s'envolent des chocards ricanant
j'enfonce avec force
avec rage
mon piolet entre ses flancs gelés

Le choc se répercute en échos métalliques
comme l'annonce d'un combat

jamais

jamais la pierre ne se vainc sans douleur.


 
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   Charivari   
13/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Je trouve que ce combat entre l'homme et cet animal gigantesque, la montagne, est très bien rendu. Un côté épique, tout en sachant renoncer à l'emphase un peu ridicule de la poésie classique. Je trouve néanmoins que c'est parfois trop explicite, à l'image de "j'enfonce avec force, avec rage" (on a compris), et "comme l'annonce d'un combat" (on a compris aussi) -> j'aurais préféré une autre manière, plus imagée d'évoquer ce combat. Enfin, au niveau du rythme, je pense que le texte est perfectible.

   LeopoldPartisan   
16/3/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
L'idée du poème me plait beaucoup: la lutte du vicéral (l'alpiniste) contre l'animal minéral (la montagne).Toutefois, le traitement manque pour moi paradoxalement d'altitude et d'envolée. Cela reste souvent prosaïque, ce qui est je n'en disconviens absolument pas, l'absolue réalité dans l'échelle du combat. C'est l'image d'une minuscule fourmi à l'assaut d'un bloc de pierre qui m'apparait.
ce n'est pas non plus la banale vérité du "jamais la pierre ne se vainc sans douleur" qui m'ennivrera au point de me faire décoller.

   wancyrs   
16/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime bien cet escapade sur les monts de glace où à un instant il est question de ce que pensent les montagnes à voir les hommes essayer de les défier. Je pense néanmoins que si la mise en vers libre réussit bien à la première partie du texte, au niveau de "... Enfin..." jusqu'à la fin du texte on sent la narration et du coup je me dit que la prose aurait eue plus de force à exprimer cette évasion.

Je retiens :

Je devine béantes
les gueules bleutées des crevasses

Merci

   bulle   
17/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est un défi qui s'entend ici.
J'ai apprécié cette "matérialisation", bien menée.
Ou comment, au tout début, une lourdeur s'installe.

Le gérondif "rompant", qui casse l'entrée du vers m'aurait gênée pour un autre sujet. Ici, il est en appui, au contraire.

Je trouve un peu exagéré le "les hauteurs sont ma raison de vivre", mais l'évocation est bien adaptée, dans l'euphorie de l'instant.

Point trop n'en faut. L'essentiel est transmis, en peu de lignes.
"Ici, la mort a des airs de beauté".

Et surtout, par le vers final, enrobé de puissance : "jamais la pierre ne se vainc sans douleur."

Pour qui aime et "pratique" la montagne, ses risques, et la marche douloureuse, ce texte est une découverte heureuse.
C'est mon cas.

   socque   
26/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime beaucoup à partir des gueules bleutées des crevasses, mais le poème pâtit à mon avis de quelques expressions toutes faites : "monde hostile", "pâleur de l'hiver", "lourds de fatigue", "pointe nimbée de nuages", "échos métalliques"...
Du reste, c'est amusant, ces expressions se raréfient à mesure que j'avance, comme si tout le mouvement du texte représentait un arrachement à la banalité de nos vies pour retrouver quelque chose d'authentique ; l'avez-vous fait exprès ?
La mise en forme apporte un plus au poème à mon avis.

   Pascal31   
26/3/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'aime beaucoup la présentation du poème, et le thème, ce combat entre l'homme et la montagne.
Par contre, j'aurais préféré plus de souffle, plus de violence pour illustrer le dernier vers, très juste.
En l'état, j'ai trouvé que ça manquait un peu de hauteur, un comble pour un poème sur l'alpinisme !

   Lunar-K   
26/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une lutte haletante entre l'alpiniste et la paroi rocheuse, très bien rendue par cette écriture sans alambic mais diablement efficace et imagée.
Déjà le titre, que j'aime beaucoup, annonce la couleur : le choc entre l'inerte et le vivant. Mais c'est véritablement le rythme du poème qui donne à cette tension toute son ampleur : un rythme sec, direct, comme les coups de piolet sur la roche.
Ensuite, la dernière strophe, dans laquelle ce combat atteint son paroxysme, avec, pour finir, cette conclusion que je trouve terriblement bien envoyée :

"jamais / jamais la pierre ne se vainc sans douleur."

Bref, j'ai beaucoup aimé ce texte, très puissant, rythmé et bien écrit, une texte qui est parvenu à me faire vivre toute cette tension, ce déchirement de l'alpiniste sur la paroi.

   Anonyme   
6/4/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Il y a quelque chose qui me plait, dans la conviction des vers, dans la justesse de la forme.
Il y a également un côté lapalisse et mono-ambiance qui me gêne.
En fait, si je dois être 100% franche, je me passerai de la première et de la dernière strophe et sa phrase de clôture sans aucun souci. Ces deux passages sont nettement en-deçà du reste. Il y a de belles choses sinon, mais je sais pas, c'est comme si l'auteur avait voulu nous convaincre que c'était froid, que c'était dur. Logiquement on devrait pouvoir se passer de ce genre de bagage pour le comprendre, l'auteur aurait pu laisser ce soin au lecteur.

   David   
7/4/2011
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour Jano,

Il y a un plan assez visible, entre les mots isolés tels que "Avancer", "peur" et "continuer", le dernier, "jamais" me semble avoir un autre rôle. Il n'y a pas à douter que l'expérience soit singulière, mais sa présentation ne m'a pas entrainé à sa suite.

J'ai mal compris "cingle mon visage d'une volée de cristaux" en première lecture, j'ai cru à une inversion, au visage qui cingle tel un navire vers... mais là, ça n'allait plus, si j'ai bien compris désormais, c'est le "vent cruel" qui cingle le visage avec... ce n'est pas évident à saisir il me semble. Je crois que c'est la coupure entre la 2ème et la 3ème strophe qui sème le trouble, il faut lire "Rompant la pâleur de l'hiver, mes pas lourds de fatigue progressent vers la cime convoitée contre un vent cruel qui hurle par les failles du granit, cingle mon visage d'une volée de cristaux"

Il y a un autre enjambement qui ressemble à une inversion plus loin :

"Ici, la mort a des airs de beauté

Altière
la pointe nimbée de nuages
me toise d'une attente millénaire"

C'est la "beautés" qui est altière et non la "pointe nimbée" il me semble. la confusion peut-être voulue, en tout cas elle passe un peu mieux, mais ce n'est pas un effet que j'apprécie trop. je ne vois pas le lien entre eux et ce qui est dit, ce que ça peut apporter en plus des mots pour ressentir cette ascension.

Le dialogue intérieur qui suit "peur" m'a aussi semblé peu efficace, il serait mieux à suggérer, c'est ce qui m'a manqué dans le poème, un "carnet de bord" n'est pas crédible dans le contexte et je trouve que ça y ressemble.

J'ai appris l'origine du nom de cette chaine néanmoins avec ce mot "Pyrène", mais l'image possible avec ce mythe semble posé comme une anecdote, elle aurait pu soutenir une suggestion justement.

"Sur un versant pentu d'éboulis" C'est un excès je trouve, ça tient du pléonasme, mais c'est que j'ai craint tout le long du poème, dans ses descriptions, et c'est le seul cas que je puisse relever d'emphase. C'est le risque de cette approche, le narrateur est bien plus passionné que je ne le suis comme lecteur, mais comme je voulais le préciser, ça aurait pu être bien pire.

   Lagomys   
9/1/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un poème dans la pierre d'Oô…

Pour le moins :
La première strophe : je sais bien que les cimes sont pauvres en oxygène mais elles auraient mérité un vocabulaire plus élevé.
La deuxième n'est guère plus céleste.
"Sur un versant pentu d'éboulis" me semble impropre.
La ponctuation : y'en a- y'en a pas, je ne comprends pas pourquoi ?

Le très bon :
Le titre, la belle dualité minéral/animal où l'homme perd toute prééminence.
La construction, les mots judicieusement choisis placés en évidence.
La superbe troisième strophe qui biffe les précédentes.
Quatre phrases ascensionnelles : "Ici, la mort a des airs de beauté", "Altière la pointe nimbée de nuages me toise d'une attente millénaire", (en admettant le toisement d'une attente), "Le choc se répercute en échos métalliques comme l'annonce d'un combat"

Au final j'ai bien aimé cette désescalade dans les yeux de Pyrène, tout en ayant souhaité en connaitre le dénouement.

Merci, sherpa de cœur.

Lagomys de l'ubac

   placebo   
10/1/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Ce que j'aime bien dans ce texte, c'est que l'ambiance est rapidement posée et perdure. Première strophe lue sur un ton assez banal, mais la deuxième situe l'ascension dans l'esprit du combat.

La lutte et le plaisir de lecture vont crescendo (deuxième partie vraiment bien) jusqu'à "peur", après je trouve la période du doute un peu maladroite, même si j'aime "pyrène mon autre amour", lien avec les Pyrénées je suppose :)
Quatrième partie on hésite un peu, à nouveau le combat mais pour quel but ? La fin pose une maxime assez bienvenue je trouve. Dur de ne pas se perdre dans les montagnes et le texte y échappe de peu, mais le résultat est bon.

Bonne continuation,
placebo

   funambule   
10/1/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La mise en scène d'un face à face où l'un jauge l'autre avant d'en venir "aux mains". Comme avec la mer parfois, le respect presque religieux est rendu... le tranchant des arrêtes et l'imprévisibilité qui rend humble cet homme, rassemblant finalement les données pour ne pas les sous-estimer... puis, fort de cette humilité, la rage explose dans un final qui semble être le début de la confrontation.

J'ai eu froid en lisant!

   Anonyme   
28/2/2014
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour,
J'ai trouvé ce texte très poignant .
Etant surement totalement à coté de la plaque c'est une immense gargouille que j'ai cru voir entre les lignes. Une bête en proie à un dédain certains du haut de son piédestal.
Une belle bataille de mots.
Abruptes et solides, tel un haute montagne.

Merci,

Cordialement,
Syndrôme de plume.


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