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Poésie contemporaine
Jano : Cénotaphes
 Publié le 25/11/17  -  19 commentaires  -  1006 caractères  -  316 lectures    Autres textes du même auteur

Morts au champ d'honneur.


Cénotaphes



Bernard, Lucien, Yvon,
Vous étiez facteurs ou vous étiez forgerons,
Chaque fin de semaine,
Au sortir des messes, vous causiez sous le chêne,

Marc, Émilien, André,
Vous étiez charrons ou vous étiez ouvriers,
Beaux, la moustache fière,
En attente d'amour lors des bals populaires,

Puis du Rhin vinrent de sombres nuages,
D'immenses mouvements de fureur,
Vous expédiant au cœur de l'orage,
Pétris par la boue, le froid, l'horreur,

Antoine, Francis, Jean,
Vous étiez barbiers ou vous étiez paysans,
Lente, la vie passait,
Au rythme des saisons et du travail bien fait,

Gaspard, Joseph, Albert,
Vous étiez des pères, des fils, vous étiez frères,
Sur les quais de la gare,
Riaient vos familles, avant le cauchemar,

Depuis longtemps le fracas s'est tu,
Restent des témoins en marbre gris,
Gravés de vos êtres disparus,
Dans tous les lieux, pour que nul n'oublie.


 
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   Miguel   
8/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L'idée est bonne, le texte est d'une simplicité touchante. C'est un hommage sans prétention à nos Poilus, mais sans prétention ne signifie pas sans qualité. J'adhère à ce dénuement, à cette parole minimaliste ; juste ce qu'il faut pour honorer ces morts sans troubler leur repos.

   papipoete   
13/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
contemporain
Sujet éternel que celui de versifier sur ces hommes de tous bords, partis à la guerre et disparus pour que nous vivions après leur mort .
NB vous évoquez ces soldats de notre France dont le souvenir reste à travers ces " témoins de marbre gris ", mais à présent réconciliés avec " l'ennemi ", je crois que nous pourrions évoquer les "verts de gris " qui eux aussi étaient pères, fis, paysans ou cols-blancs !
Votre poème est sobre et sans haine, le rend attachant .
papipoète

   Cristale   
25/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Un texte émouvant d'une grande sobriété qui rend un hommage à tous ces hommes qui n'étaient pas que des soldats mais des personnes, travailleurs, fils, pères, frères, amis, comme nous tous ici bas.

Juste un bémol orthographique dans la conjugaison de ce vers :
"Depuis longtemps le fracas s'est tut,"

J'aurais écrit "s'est tu"...ce pourquoi la petite flèche en bas.

   Alexandre   
25/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Jano...

Le fracas s'est tu... Oui, c'est bien mieux ainsi !

Un hommage sans fioritures à tous ces Poilus qui l'ont bien mérité.

Mon seul regret est que ne figurent pas dans cette liste de prénoms ceux de Ali, Mohamed, Isaac, Mamadou, Abdoulaye, et j'en passe, qui sont aussi morts pour la France.

Merci pour eux, Jano...

   Fowltus   
25/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Corps et âmes disparus, le titre s'impose.
Des suites de prénoms en tête de strophes à la structure identique expriment par analogie l'ordinaire, la plus ou moins commune existence, la douceur de vivre, voir l'insouciance avant que tout cela ne bascule dans l'horreur.
Le réseau lexical de la sixième strophe où se mêle le ciel ( nuage/orage/ fureur) et la terre( pétris/boue/froid) rend compte abruptement d'un monde soudain entièrement bouleversé.
Les homophonies en fin de vers impriment une petite musique qui m'a un peu dérouté compte tenu du sujet abordé, mais que je perçois aussi comme une continuité de la vie, malgré l'abomination.
Une écriture simple où les mots semblent pesés et qui sans en faire des tonnes constitue un bel hommage.
Merci

   Gemini   
25/11/2017
Un texte peut-être écrit pour le centenaire (les médiathèques qui exposent cette année sont très demandeuses).
J'ai bien aimé le souci du prénom ; même si aucun d'entre eux ne semble surrané, je les crois bien d'époque.
Honneur à ces gens, simples quidams, morts pour que nous parlions (et écrivions) le français.

   Vincendix   
25/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Jano,
Je ne peux qu’apprécier ce texte qui rappelle le sacrifice de millions de soldats morts pour la France, d’accord avec Alexandre, il y avait aussi des Mohamed, des Mamadou et des Câm, toujours en première ligne comme me le racontaient mes grands-pères.
J’ai connu bon nombre de rescapés, « gueules cassées » et gazés et de nombreuses veuves qui ont « tenu » le deuil leur vie durant, que de témoignages émouvants j’ai recueillis !!

Vincent

   PIZZICATO   
25/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Il est bon de garder en mémoire et d'honorer tous ces hommes qui se sont fait massacrer.
Les cénotaphes sont là pour nous les rappeler
" Depuis longtemps le fracas s'est tu,
Restent des témoins en marbre gris,
Gravés de vos êtres disparus,
Dans tous les lieux, pour que nul n'oublie. "

   Arielle   
25/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Plutôt que de nous asséner un classique rappel d'une page de notre histoire où l'on voit la mort à l'oeuvre et l'horreur des tranchées et des champs de bataille, Jano a choisi de nous présenter ses poilus comme des hommes arrachés à leur quotidien. Leurs prénoms, leurs métiers en font des êtres proches de nous et tellement plus émouvants que ces fantassins tristement anonymes dont sont remplis nos livres d'Histoire. Cette approche, cet angle de vue m'ont émue bien plus qu'une Nième commémoration au vocabulaire éculé.

   troupi   
25/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Oui l'idée n'est pas mauvaise de prendre cet angle nouveau pour parler de ces gens ordinaires qui sont allés au massacre.
Innocents quel que soit le camp, la nationalité.
Les seuls coupables étaient bien à l'abri et sans remord aucun envoyaient à la mort tous les enfants du pays.
Il n'est pas inutile d'en parler quelquefois, nous avons tous des grands-pères inconnus de cette époque et la seule vision qui nous reste est un nom gravé sur un marbre.

   Marite   
25/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un hommage à tous les "anonymes" réquisitionnés dans les villes, les campagnes et envoyés au Front. Pour beaucoup d'entre eux c'était le premier voyage hors de leur région. Avec les prénoms cités en tête des quatrains 1, 2, 4 et 5 ce poème les sort de l'anonymat surtout que s'y ajoutent leurs métiers et leurs liens familiaux.
Une lecture simple avec une écriture émouvante et saisissante car, ils prennent forme dans chaque strophe et sans effort, ils réapparaissent devant nous. Tant de gâchis ...
Ah ! Le titre ne m'attirait pas du tout et en plus le mot cénotaphe m'était inconnu. Du coup j'ai enrichi mon vocabulaire ... Merci Jano.

   Robot   
25/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un texte sur la guerre qui pour une fois ne nous parle pas d'héroïsme, mais reste à hauteur d'hommes en nous parlant de ces morts dont les cénotaphes et monuments aux morts ont gardé les noms.
Ici, il y a des visages :
"Au sortir des messes, vous causiez sous le chêne,
En attente d'amour lors des bals populaires,
Pétris par la boue, le froid, l'horreur,
Au rythme des saisons et du travail bien fait,"

Sans grandiloquence, sans référence à une quelconque gloire, en restant dans le quotidien, il y a des gens, il y a des combattants, mais il y a aussi dans ce texte, les autres, ceux et celles restés à l'arrière pour que la vie continue, pas uniquement des soldats, mais des personnes...
... et c'est ce que j'ai apprécié.

   silver   
25/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Jano,

J'ai beaucoup aimé l'approche tres humaine que vous avez choisie pour rendre hommage à ces hommes.
En vacances dans le gers en septembre, j'avais été frappée de la présence de ces monuments jusques dans les plus petits hameaux. Je m'étais arretée pour lire les noms de ces peres, fils et freres et j'avais imaginé leur quotidien simple laborieux...votre poeme m'a fait ressentir la meme émotion

Merci pour ce partage

   kreivi   
26/11/2017
Modéré : commentaire hors-charte (se référer au paragraphe 6 de la charte)

   Pouet   
27/11/2017
Bjr,

J'ai apprécié la sobriété du texte même si "l'excès" de simplicité peut parfois en faire oublier la "poésie", il m'a peut-être manqué une ou deux métaphores. En l'état c'est un "hommage rimé" et pourquoi pas après tout.

J'ai en revanche été plus gêné -comme le soulignent d'autres commentateurs- par le côté très (trop) franco-français des prénoms cités. "Oubli" ou "volonté affichée", cela demeure à mon sens dommageable et un peu dérangeant.

   luciole   
27/11/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Ces mots manquent cruellement de poésie.
Si vous ne connaissez pas les poèmes du recueil " épitaphes" de Francis Jammes, je vous en conseille la lecture. Images, émotions... Tout ce qui - hélas- manque ici.

Comme vous parlez d'un forgeron...

ÉPITAPHE D’UN MARÉCHAl-FERRANT
Ci-gît un tel qui se servait d’un lourd marteau.
Il faut battre le fer, dit-on, quand il est chaud,
Mais le fer rouge a battu l’homme de la forge.
De doux éclats de ciel s’écaillaient à la gorge
Des pigeons, sur le toit du maréchal ferrant.
On avait peint un cheval noir sur le mur blanc.
La végétation maigre de la banlieue.
L’ortie et l’aigremoine où vont les mouches bleues
Etendait son parterre à cette pauvreté.
Comme un poumon de cuir le soufflet haletait
En aérant le feu, ce beau sang qui s’allume
Et qui règle le cœur sonore de l’enclume :
Mais ce cœur jamais plus dans la forge ne bat :
Il a suivi celui de son maître au combat.

   Marie-Ange   
27/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Ce qui m'a beaucoup plus de votre texte, après mainte lecture,
c'est un écrit en tout simplicité, avec pudeur et élégance.

Cette énumération de prénoms, comme une complainte poignante
m'a rappelé celle des après-attentats, où ces noms et prénoms inconnus, résonnent dans nos mémoires à jamais. Impossible d'oublier la barbarie humaine, elle laisse des traces indélébiles.
Là, aussi des "Cénotaphes", "pour que nul n'oublie", mais nul ne peut oublier.

Mais hélas, la résultante de ce fait ne sert en rien de leçon.

De ce poème, j'en ai apprécié le fond tout comme la forme.

   Jano   
27/11/2017

   Papillon26   
28/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Un bel hommage à nos poilus. Un texte sans fioriture et beau !


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