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Poésie libre
Jano : In memoriam d'une vague scélérate
 Publié le 25/05/16  -  20 commentaires  -  1329 caractères  -  327 lectures    Autres textes du même auteur

Il y a des souvenirs qu'on aimerait effacer.


In memoriam d'une vague scélérate



Le chemin du littoral sentait l'algue brune,
Comme une fragrance d'amour moite,
Au-dessus de nous
– criardes –
Un vol blanc de mouettes
Se mêlait à l'écume du ressac,

On se tenait fort la main
De peur que l'océan nous disloque,
On portait le regard loin
Par crainte du passé,

Nos pas enjambaient des rochers érodés par le sel,
Les mollets griffés, chardons de sable,
Et la sueur sur nos fronts, et nos souffles chauds,

Derrière, la mémoire tentait de nous rattraper,
À nos trousses depuis que

– Je suis fatiguée ! me dit-elle,
Assez de fuir, de courir contre le vent.
– Il le faut mon amour, implorai-je,
Sinon les images nous rattraperont !

Les bleus se confondaient dans un même orgasme,
La mer, le ciel et nos yeux,
Nos yeux, le ciel et la mer,
Le rouge d'une naissance c'était hier,
Les cheveux blancs seront pour demain,

Sur le chemin du littoral

On se tenait fort la main
De peur que l'océan nous disloque,
On portait le regard loin
Pour abolir le passé,

– Si on arrêtait là ?
En désignant du doigt les profondeurs marines
Aux reflets d'émeraude,

Elle y voyait la mort,
Moi seulement des poissons.


 
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   Ramana   
9/5/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
"Derrière, la mémoire tentait de nous rattraper,
À nos trousses depuis que"
On devine un évènement difficile qui a éprouvé le couple, et dont les images reviennent, dures et persistantes ; peut-être la mort d'un enfant ("Le rouge d'une naissance, c'était hier,") ? Donc il faut sans cesse regarder au loin, scruter le futur pour ne pas être rattrapé par ce passé douloureux.
Mais toujours fuir, cela aussi est éprouvant :
"- Si on s'arrêtait là ?
En désignant du doigt les profondeurs marines"
Les profondeurs marines m'évoquent l'inconscient. Alors que les amants se tenaient la main en superficie le long du rivage, ils pouvaient encore vivre une préoccupation commune. En profondeur, l'océan les a disloqués, mettant à jour la différence de leur nature. Où l'une voit la mort, l'autre voit la vie (des poissons)...
Peut-être me fourvoies-je, et si tel est le cas, pardon pour cette analyse sauvage ; il faut dire que certains passages sont énigmatiques !
Mis à part le comprenne qui pourra, les images sont superbes et le texte bien construit, la lecture très agréable.

   socque   
12/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aime vraiment la manière dont ce poème assimile le paysage marin et la vie intérieure de ce couple, son angoisse, comment les deux aspects se répondent, s'entremêlent au point qu'on ne les distingue plus. La fin signale une incompréhension de fond entre les deux personnages, peut-être une incompatibilité irrémédiable. C'est du moins ainsi que je lis votre texte.

L'ensemble me paraît donc bien mené, avec un mouvement assuré du début où le paysage évoque le coït, le rapprochement amoureux fondamental, à la fin avec ses deux visions sans doute irréconciliables du monde. J'aurais toutefois des réserves à des endroits où le poème me paraît inutilement bavard, ce qui à mon avis nuit à son impact :
– Il le faut mon amour, implorais-je,
Sinon les images nous rattraperont ! (irruption de pathos chez le narrateur qui paraît avoir beaucoup de recul, une lucidité instantanée peut-être exagérée devant la situation)
La mer, le ciel et nos yeux,
Nos yeux, le ciel et la mer, (redondance)

Je trouve en revanche révélateurs et utiles :
On se tenait fort la main
De peur que l'océan nous disloque,
Derrière, la mémoire tentait de nous rattraper,

Du beau travail, je trouve, une manière allusive de dire qui me plaît.

   Robot   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un texte ou l'impression de la promenade dés le départ à quelque chose d'ambigüe et donne un effet un peu angoissant jusqu'à la révélation finale.
Faussement surréaliste, plutôt un tableau dont le fond serait impressionniste et les facettes des personnages celles d'un tableau cubiste.
Bien sûr, c'est la forme et la rédaction qui me font aimer ce texte. Peut importe si l'histoire demeure un peu floue.

   Charivari   
25/5/2016
Salut Jano, tu m'excuseras de ne pas "noter" ton texte, je ne sais pas si j'aime bien, beaucoup ou passionnément. Ce que je sais, c'est qu'il y a indéniablement du talent ici et beaucoup de personnalité. Le thème m'a un peu fait penser aux "fourmis rouges", chanson de Jonasz "couchons nous sur les fourmis rouges, pour voir si l'amour est resté et voir si l'un de nous deux bouge"... Marrant, j'ai pensé aussi à une autre chanson, de Brel "Fanette". Bref. Quoi d'autre... Des images très osées, genre une fragance d'amour moite et criarde, fallait le faire, ou les chardons de sable, bien aimé le bleu, le rouge de la naissance et les cheveux blancs, par contre j'ai un peu de mal avec ta prosodie, "à nos trousses depuis que" et puis plus rien, mais ça fait aussi l'originalité du texte. J'ai beaucoup aimé la fin, terre à terre "moi seulement les poissons".

   leni   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Jano
ce début de promenade a derrière elle un souvenir douloureux On se
tenait la main par crainte du passéLa perte d'un proche?
La mémoire était à nos trousses Assez de fuir IL le faut sinon les images nous rattraperont ET l'angoisse continue....et si on s"arrêtait là Pour elle c"étaient les profondeurs marines ET pour lui les poissons Bref un moment d'angoisse bien décrit D'une écriture souple et légère J'ai aimé Pourquoi ne pas finir surdes images sereines,j'ai aimé ce texte Merci Salut cordial Leni

   Anonyme   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un texte un peu étrange me semble-t-il, surtout la fin assez énigmatique pour moi (d'abord).
J'aime cette palpitation entre passé et avenir, vie et mort, profondeur (elle), légèreté (lui).
J'aime 'on se tenait fort la main…par crainte du passé'
'le rouge d'une naissance…pour demain'
etc.
Parlez-vous d'une noyade ? Qui alors s'est noyé ?
En tout cas bravo pour ce que dit le texte, et aussi pour ce qu'il ne fait que suggérer laissant place à l'imagination du lecteur qui peut y mettre sa propre vision.

Mais quand même j'aimerais savoir qui est mort…l'amour ou l'enfant…ou l'avenir ou le passé ?
Ou bien ?

À vous relire.

   PIZZICATO   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Trois phrases m'ont amené à donner une signification à ce poème sombre mais beau : d'une part l'incipit, le titre et "Le rouge d'une naissance c'était hier ".
J'ai pensé à ce couple qui se force à revenir sur les lieux du drame (enfant emporté par un vague ?) " Assez de fuir, de courir contre le vent.
– Il le faut mon amour, implorai-je,
Sinon les images nous rattraperont ! "

" – Si on arrêtait là ?
En désignant du doigt les profondeurs marines " un désir d'en finir ?
C'est ma façon de percevoir ce texte ; un couple qui ne peut se résigner à accepter la disparition de l'enfant.

   Lulu   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Jano,

je découvre ce poème avec grand plaisir.

La promenade en bord de mer se fait douce et profonde au fil de votre plume. Beaucoup de charme préside ici, dans la vue, les parfums, et ce couple qui semble aller dans le silence et l'éclat d'un dialogue où les mots rapprochent et séparent dans le malentendu.

Je trouve l'ensemble vraiment très beau. Vos phrases, et votre rythme sont bien choisis pour correspondre à un ton qui nous fait réfléchir.

J'ai beaucoup aimé la répétition "On se tenait fort la main..." qui revient comme un refrain, et pose un certain équilibre dans le texte - équilibre que le couple ne semble pas avoir trouvé dans leurs mots.

Merci d'avoir partagé ce poème.

   luciole   
25/5/2016
Ce ne serait pas plutôt "criard" , il s'agit du vol, non ?
Sinon je n'ai absolument rien compris à ce texte comme à votre précédent d'ailleurs.
J'essaye pourtant. Aucune mauvaise volonté de ma part.

   Pouet   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bsr,

Je préfère ce poème au précédent que j'avais lu de vous qui traitait de la mort, "La gueuse". Bon là aussi on parle de la mort... Je trouve ici un certain souffle poétique, quelques passages me parlent bien à l'instar du deuxième vers ou de la strophe répétée deux fois.

En revanche "un vol blanc de mouettes" par son caractère un brin tautologique fait retomber mon enthousiasme. De même que "Et la sueur sur nos fronts, et nos souffles chauds," un peu pour les mêmes raisons. Il y en a d'autres dans la même veine ("écume du ressac", il y a de l'écume sur les ressacs c'est un fait, "rochers érodés par le sel": oui oui les rochers maritimes sont érodés par le sel... Pas par le poivre..."profondeurs marines" oui en général la mer est profonde... Bref.)

Pas convaincu non plus par le passage des yeux, de la mer et du ciel bleus, j'avoue en avoir assez du bleu du ciel et de la mer...

Et puis la forme, comme pour votre précédent poème ne me parle pas. Pour moi ça fait, encore une fois, plus mini-nouvelle que poème. Vous êtes à mon sens plus un auteur de nouvelles que de poésies mais cela n'engage que moi bien sûr.

Bon pas certain d'avoir vraiment compris le fond sinon. Deux amoureux qui se promènent métaphoriquement ou non, la peur de la mort, un souvenir douloureux...

Je note toutefois une "atmosphère", une ambiance bien présente. J'ai pensé un peu à "L'écume des jours" tant par la résonance que ce titre peut avoir avec votre texte que par le caractère onirique de vos mots.

Au final on reste un peu entre deux eaux, pas vraiment surréaliste, pas vraiment descriptif, pas vraiment philosophique (entre trois eaux en fait). Mais je n'ai rien à redire à cela.

Bonne continuation.

   Ananas   
26/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonsoir Jano,

C'est un poème intéressant dans son traitement.
J'aime assez vos choix syntaxiques, les chardons de sable par exemple sont jolis, -criardes- placé comme il l'est est déroutant, l'orgasme de bleus très poétique.

Je regrette juste les cheveux blancs seront pour demain si j'ai bien compris l'ensemble, ça me parait un rien illogique... ou pas.

En fait, je pense que ce sont deux visions d'un même drame qui nous sont offertes.
Celle de la femme, dévastée par l’événement tragique.
Celle de l'homme qui tente d'oublier.

Après, en première lecture je me suis dit que vous étiez en train de raconter un suicide en couple. Les deux personnes se dirigeant vers l'eau, et cherchant à s'y noyer. Je pense que les deux derniers vers m'ont orientée vers là.
Mes lectures suivantes m'ont retiré cette idée, m'orientant plus vers deux personnes qui reviennent vers les lieux du drame et se forcent à le regarder dans les yeux pour ne pas qu'il les rende fous.

Mais je reste quand même avec un doute.

J'ai une préférence pour ma première interprétation, et puis le passage cheveux blancs me semble alors tellement incongru que je me dis que la seconde doit être la bonne.

EDIT réfléchi : je me demande si au final ce n'est pas un couple qui revient sur les lieux du Tsunami...?
Ce qui expliquerait le titre que je trouvais un peu étrange (ou décalé s'il s'agissait d'une simple noyade)
N'hésitez pas à me mettre sur la voie parce que ça me perturbe !
Merci ;)

Dans son ensemble, j'ai apprécié votre poème donc, même si à mon goût ça manque de vraies fulgurances poétiques. Parce qu'il laisse en fin de lecture un sentiment fort, une impression de douleur tellement intense que l'on ne peut que l'apprécier, je crois.

Edit : je suis assez en phase avec Pouet pour la tautologie !

Merci.

Bonne continuation et au plaisir de vous relire !

   widjet   
26/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Texte intéressant qui raconte une histoire où chacun peut y aller de son interprétation. Pour ma part, j'y ai vu la mort d'un enfant, même d'un nouveau né ("Le rouge d'une naissance c'était hier") et l'adversité d'un couple qui essaie de rester ensemble ("on se tenait fort la main") malgré la perte. J'ai tiqué sur le mot "orgasme" un peu hors contexte pour moi et l'emplacement de "criardes" (pour le vol de mouettes ??) m'a perturbé.

L'auteur ne force pas le trait, c'est assez délicat et porteur d'un certain suspense (j'aime bien l'absence de fin de phrase après "depuis que"). Et l'opposition mer/mère même si commune n'est pas trop lourde.

Le rappel au passé, aux souvenirs est un poil insistant peut-être.

Texte intéressant donc.

W

   Marite   
26/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce poème est bouleversant et m'a vraiment touchée. Pas de circonvolutions ou d'expressions étranges, tout est dit et les mots s'écoulent , sans heurt. La seconde strophe, reprise en fin de texte dévoile la complicité qui rapproche ces deux êtres frappés par un drame, récent peut-être. Le plus fort, le plus solide accompagne et soutient celle qui peine à s'en remettre. Et c'est ainsi que cela doit être.

   papipoete   
26/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Jano ;une vague scélérate n'est pas une onde limpide, et fut sans doute la lame qui faucha une vie, une jeune vie .
Cette fuite à perdre haleine, semble devoir épuiser la force de se souvenir de ce drame, qu'il faut conjurer ! Ne pas sentir la douleur des mollets écorchés aux chardons, et panser la plaie du coeur dont les images fusent, et mordent comme un chien fou ; courir, ne pas s'arrêter !
Las, quand les jambes ne portent plus, le regard s'accroche à l'océan qui tend ses profondeurs à celle qui ne voit que la mort ; lui, ne voit que des poissons ...
" In memoriam " nous tire fort par la main et accroche à nos yeux une larme à vite essuyer ...
Pardon si ma vision est à cent lieues de la vôtre .

   Jano   
29/5/2016

   Anonyme   
29/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Jano,

A la lecture de vos explications, je comprends maintenant mieux le titre. Raison aussi pour laquelle je n'ai pas commenté, sentant intuitivement qu'il y avait peut-être quelque chose de plus personnel derrière ces mots.

Cette vague - dite scélérate - vous ne l'aviez donc sans doute pas vu venir, à l'image de cette vague (au sens propre cette fois) qui surgit alors qu'on ne s'y attendait pas, un jour de tempête en haute mer, et qui détruit tout sur son passage, d'où le terme de "scélérate"...

Un poème très poignant, donc, où la tristesse est présente dans chaque vers. Un beau poème, en somme...

Bien à vous,

Wall-E

   hersen   
30/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Jano,

Ce que j'aime vraiment dans ce poème est combien il nous montre, pour un évènement donné, les différences dans la manière de le ressentir et de se reconstruire pour deux personnes qui l'ont vécu à égale intensité.

ce poème a pour moi quelque chose d'universel. Je veux bien suivre ce couple sur la falaise, mais je peux aussi l'imaginer ailleurs. Là n'est pas l'essentiel. Ce couple est partout.

Merci de cette lecture.

hersen

   plumette   
31/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
quel beau texte!
en si peu de mots, dire la différence de réaction dans ce couple, face à un évenement sûrement tragique et qui n'est pas nommé.
et puis cette course le long de la mer, sur un sentier côtier, cette course menée par l'homme avec en contrepoint la fatigue de la femme.
ce texte m'a touchée autant par son environnement en bordure d'océan que par son thème.
Une réserve pour le titre, ou plutôt pour ce mot scélérate qui m'évoque, je ne sais pourquoi! quelque chose de politique et de décalé.
Bravo!

Plumette

   Kodiak   
31/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime les poèmes qui expriment un vécu et des sentiments à l'aide de métaphores. Je crois même que ce sont les seuls poèmes que j'aime.

Je trouve le vôtre plutôt réussi mais il serait encore plus fort si vous l'épuriez de tous les mots inutiles.
Exemple :
"un vol (blanc) de mouettes
se mêlait à l'écume (du ressac)"

Les mots que j'ai mis entre parenthèses n'apportent rien selon moi, ils alourdissent juste le style et le propos.

Et il y en a d'autres.

Un des avantages de la poésie dite "libre" est que vous n'êtes tenu ni par le nombre de pieds ni par les rimes, alors pourquoi ne pas en profiter?

Votre "criardes" me semble bancal, cela devrait être "criard" mais le problème est que ça ne passe pas bien à la lecture, il faudrait trouver une autre solution.

Par contre j'adore l'audace de votre "À nos trousses depuis que" que vient interrompre le "je suis fatiguée" de la femme.

Mais je laisserais tomber "me dit-elle" et "implorai-je", tous deux inutiles.

En résumé, je dirais que vous tenez là une jolie pépite qui gagnerait à être encore dépoussiérée.

   bolderire   
6/6/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour, les images ont défilés des mouettes "criardes", aux contours érodés des roches. Ici tout se mêles, se disputes...comme quelque chose qui s'en va, comme une beauté éclatée, bravo!


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