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Poésie libre
Jano : Rêve de Castille
 Publié le 27/09/11  -  8 commentaires  -  1148 caractères  -  187 lectures    Autres textes du même auteur

Un pied dans la péninsule et tout bascule.


Rêve de Castille



Ondulantes de chaleur,
piquées d'agaves acérés et de figuiers barbares,
sous mes pas crissent les chaumes brûlés des terres de Castille
que lacère un souffle corrosif.

Rien ici rien n'arrête la course du vent.

Apeuré, un busard flocule des ailes
en ascension vers des cieux désespérément secs
jusqu'à ce que l'astre m'aveugle.

Le souvenir d'un parfum trace mon chemin.

Labourant les sillons de mes lèvres gercées
ma langue implore l'humidité,
l'extinction du mal, pantocrator
j'engloutirais la vase.

Enfin,
au loin
là-bas
alléluia je la vois !

Près d'une mule essaimée de mouches,
bas les oripeaux,
ma belle ibérique se prélasse à l'ombre d'un olivier,
moite d'une nonchalance estivale.

Je cours, je cours, je cours dans la poussière,
Don Quichotte mon frère,
griffé, mordu de chardons vers le duo hémisphérique,
me jette au tréfonds d'albâtres rondeurs
où luisent les poils sombres d'une Mancha enflammée.

Oui
j'avais soif.
Depuis toujours je crois.


 
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   socque   
10/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Je m'y croyais ! J'ai trouvé ce poème évocateur, avec un champ lexical insolite, qui m'a fait rêver : lu busard qui flocule des ailes, les agaves, les oripeaux... L'olivier est plus banal, ainsi que l'ibérique, mais bon, cela renforce la couleur locale.
Une bonne fin, pour moi.

   Charivari   
11/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je connais très bien la Castille et je dois dire que c'est tout à fait ça. Neuf mois d'hiver, trois mois d'enfer ; le vertige de la meseta, ces plateaux arides, à perte de vue... De quoi devenir aussi cinglé que don Quichotte.
De très belles formules, à l'instar de " des cieux désespérément secs" ou le busard qui flocule des ailes.
Un peu moins aimé "la belle ibérique" qui fait un peu trop stéréotype, et les images "duo hémisphérique", "albâtres rondeurs" qui me paraissent un peu forcés, mais à part cela, il y a une belle recherche au niveau du lexique.

Par contre, j'ai deux reproches :
- Je ne comprends pas bien la construction de la première phrase -> "Ondulantes de chaleur". Je ne comprends pas ce qui ondule ici, cela ne se rapporte à aucun nom féminin pluriel.

-Je n'ai pas très bien compris la chute.

-En général, je trouve cela un peu décousu... Je n'arrfvie pas à cerner la structure du texte, sa progression, et j'ai l'impression que le rythme est totalement absent. Ce n'est pourtant pas de la poésie en prose.

   Anonyme   
24/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une belle traversée du "désert" évoquée ici.
Le contexte de la Castille est franchement bien ressenti. C'est très visuel. Un petit plus pour la mule essaimée de mouches.
Le détail qui tue : )
Au vu de ce qui est finalement évoqué (cette soif donc) on pourrait imaginer un mélange semi-fantasmé, semi vécu où la Castille deviendrait une sorte d'eldorado pour un cœur asséché.
Il y a cette belle ibérique qui semblerait être un mirage et dont le narrateur court, court, court comme un désespéré vers un oasis tout en invoquant Don Quichotte qui me ferait pencher vers quelque chose de fantasmé dans un décor réel. (au vu des détails énoncés au début du poème).
c'est un peu tout ça et cet humour qui en ressort (un peu à la Cervantès) que j'aime dans ce poème.

   Lunar-K   
27/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Je n'ai absolument aucune connaissance de la région, mais ce texte est tout de même parvenu à m'y transporter (ou, du moins, dans la vision que vous vous en faites). Ces plaines terribles et sauvages mais (et car) immensément libres. Un double sentiment d'attraction-répulsion naît de cette image de la Castille, à la fois épreuve et accomplissement.

Très visuel, le choix des images et (par conséquent) du vocabulaire est fort recherché et souvent original. Ainsi, pèle-mêle, j'ai beaucoup aimé : "Le souvenir d'un parfum trace mon chemin", "Labourant les sillons de mes lèvres gercées", "Près d'une mule essaimée de mouches", etc.

Malheureusement, d'autres images et expressions m'ont paru un peu trop recherchées et, ce faisant, trop forcées. Je pense notamment à : "un busard flocule des ailes", "pantocrator" et "alléluia je la vois". Concernant cette dernière, je pense qu'elle aurait pu mieux passer, pour moi, si vous aviez maintenu le rythme de la strophe jusqu'au bout, c'est-à-dire en séparant spatialement "alléluia" et "je la vois"...

Mais, sinon, j'ai beaucoup aimé cet aperçu de la Castille, région qui peut à la fois nous détruire et nous réaliser. Région éminemment paradoxale et fascinante. Ce poème le lui rend bien !

   Anonyme   
27/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un poème déroutant quant à son rythme, je n'ai pas trouvé ce rythme poétique.

Mais,

pourtant,

quelle magie dans l'art de décrire, j'ai vu la Castille, je l'ai sentie, quelle chute qui appelle en frère Don Quichotte, quelle façon érotisée de dire la Mancha.

   brabant   
27/9/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Jano,


Tout d’abord, désolé si certains aspects de mon com pourront te paraître pointilleux, je voudrais que tu saches que, quelle que soit mon analyse, j’apprécie ton écriture.

Bien, je me lance :

J’avoue que si ma lecture fut déroutante/séduisante, le décryptage fut pénible.

Décrypte-t-on une poésie ? Bon, je décrypte tout.

La femme de la deuxième partie est-elle :
- une femme réelle, une amante passée, présente ou à venir ?
- une femme fantasmée, une allégorie ?
- le paysage castillan transformé en femme ? La Castille même ?

Que vient faire Don Quichotte ici qui n’a ‘pensé séduire’ qu’une servante peu avenante et bien stupide ?

‘’crissent » est trop terre-à-terre (sic), ‘’corrosif’’ trop chimique. J’aime le busard. L’astre tarde à aveugler le personnage de ce poème, ‘’gercées’’ se réfère à l’hiver.

Je n’ai pas compris : « pantocrator/j’engloutirais la vase », j’aurais fait le contraire à sa place. J’aime la ‘’mule essaimée’’.

Je me ‘gratte’ pour comprendre le ’’duo hémisphérique’’, et me dis que cette Ibérique devrait être bronzée malgré l’olivier ; quant aux ‘’poils sombres d’une Mancha ‘’( ?), je me 'regratte'… Bon il y a bien eu Blanche de Castille, mais elle avait un sale caractère. :)

Votre quête finalement est la quête de l’amour ( ?). Réaliser sa soif d’amour en Castille (la Castille serait un révélateur), c’est pas ou trop vite gagné.



Ne vous détrompez pas, j’ai reçu votre texte comme un coup de poing. C’est donc que quelque part, il y a quelque chose de bien, que quelque part il est efficace. Donc aussi que vous avez une écriture.

Peut-être y a-t-il trop de soleil ? Pour moi, bien entendu ! :) lol

   Anonyme   
29/9/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Si ce Rêve de Castille, globalement, m’apparaît comme très expressif de cette « meseta » ibérique (que j’ai eu l’occasion de parcourir et de connaître), ravagée de vent et carbonisée de soleil, quelques points précis me posent problème de compréhension ou, peut-être, d’interprétation.
- Pourquoi « ondulantes de chaleur… » est-il au féminin pluriel ? Il me semble, dans la phrase, que l’expression se rapporte « aux chaumes brûlés… », non ? Si elle se rapporte aux « terres de Castille », alors la tournure grammaticale n’est pas claire du tout.
- « Figuiers barbares » pour « figuiers de Barbarie » est un peu téméraire !
- « …un busard flocule des ailes… » aussi, c’est téméraire. C’est même un peu trop chimique, à mon goût, pour qualifie le vol d’un rapace.

Mais ce qui me laisse le plus perplexe, c’est ce « pantocrator » perdu du côté de Tolède ou de Valladolid. Cette image de l’iconographie orthodoxe traditionnelle byzantine, qui représente le Christ en majesté, ne me semble pas avoir une place bien logique et bien explicable ici.

Et enfin, ces « tréfonds d’albâtres rondeurs » : albâtre n’est pas un adjectif. Nous savons que c’est un matériau, à base de calcite ou de gypse, très utilisé pour sculpter et donc relativement dur. Ainsi l’image proposée des « tréfonds d’albâtres rondeurs », outre la tournure grammaticale que je ne puis accepter, présente, pour s’y jeter, un confort pour le moins discutable.

   David   
7/10/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Jano,

Un poème romantique, un peu alourdit d'adjectifs à mon goût sur les quatre premiers vers : "d'agaves acérés", "figuiers barbares", "chaumes brûlés", "souffle corrosif". Par la suite, ça sera plus léger mais ça reste présent : "cieux désespérément secs", "lèvres gercées", "belle ibérique", "nonchalance estivale", "duo hémisphérique", "d'albâtres rondeurs", "poils sombres", "Mancha enflammée".

La fin fait d'autant plus son effet après cela, par sa "brièveté cinglante" :) je ne veux pas jeter la pierre, tout le monde en fait un peu, mais c'est comme de chercher un mot et de le remplacer par un couple de terme, dans une conversation, ça ne précise pas forcement et l'abus rend plus difficile la compréhension, en multipliant les pistes en quelques sortes.

Il y a des inversions aussi dans ces couples cités, comme le poème est en vers libre, ça ne peut pas être pour une histoire de son final, ça peut aussi être nécessaire pour des questions d'euphonie : On dira plutôt "un bel homme" et une "belle femme" plutôt qu'un "homme beau" et une "femme belle" pour la fluidité des enchainements, ça peut varier suivant les goût de chacun aussi bien sûr. En fait, à part peut-être "d'albâtres rondeurs", les inversions me semblent plutôt bienvenue.

Au final, le film ou la photo du jeune homme rejoignant sa belle serait plus joli que le poème il me semble, pour moi, le contraire était bien le défi à relever.


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