Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
kreivi : Feuillets d'Arabie (2) : Najran
 Publié le 26/03/18  -  13 commentaires  -  1264 caractères  -  135 lectures    Autres textes du même auteur

Najran est une ville yéménite avec une forte odeur féodale. Anciennement ville-oasis sur la route de l’encens. Annexée par l’Arabie saoudite au siècle dernier.
Chrétiens, juifs et musulmans y ont toujours cohabité. Aujourd’hui, il n’y a ni juifs ni chrétiens. Seulement les ruines de leurs quartiers. (Il existe encore une communauté juive au Yémen.)
Récit écrit il y a un siècle ou deux.


Feuillets d'Arabie (2) : Najran







Oui, Najran
une petite ville tranquille
à l'ombre des palmiers
elle dort sa sieste
dans ses draps de sable et de poussière
comme une mouche d'argile
dans le poudrier du soleil

Avec sa montagne tout autour
qui dessine sur le ciel immobile
des chapeaux édentés
et des tuyaux de nacre
crevés de nez cassés

Avec sa vallée qui flâne
pieds nus dans le sable
traînant derrière elle
ses verrues de corail ocre
et son ossuaire de galets
rivière fantôme
où jadis flottaient des nénuphars
et des grenouilles jaunes

Entrez dans la ville
au brouillis des rues
au bout, il y a la place du marché
le cœur de la ville
étoilé, en palmier
il est paisible, il bat son pouls
mêlant son haleine de poivre et de safran
à l’huile de l’air

Un peu à l’écart, à un jet de pierre de la ville
des murs
du ciel
terre calcinée
esquilles
moignons de poutres
une cafetière bleue
et le sable
et le silence
le silence d’après les pogroms

Najran ma ville-maman


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Brume   
16/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Par votre plume vous avez donné une âme à Najran que vous aimez tellement. Je ne la connais pas, mais quelle splendeur ! Des vers beaux à couper le souffle. Les couleurs ocres et vertes et le paysage sont envoûtants.
Et la dernière strophe qui dénote, dénonce de manière subtile, une histoire sanglante du passé dont la ville a gardé les traces.
Superbe image " Un peu à l'écart, à un jet de pierre de la ville"

J'aime moins "ses verrues de corail ocre"
Le terme "verrues" gâche la beauté de ce vers. J'aurais plutôt préféré:
- "ses boutons de corail ocre" - le terme "boutons" ayant plusieurs significations. Mais c'est juste un goût personnel, et cela n'enlève en rien la beauté et la force émotive de votre poème.

-"Najran ma ville-maman" fait fondre le coeur. Tant d'amour dans ce seul vers.

   Lulu   
26/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Kreivi,

J'ai beaucoup aimé parcourir ce poème, surtout sa deuxième partie qui dit plus encore votre attachement à la ville.

J'ai imaginé les nénuphars de l'époque, et les grenouilles jaunes... tout cela dans une représentation que je n'aurais peut-être pas eue si vous n'aviez pas présenté de photographie.

Cela dit, le poème parle en lui-même... J'ai aimé surtout les deux dernières strophes. Les premières sont aussi intéressantes, et belles, mais j'aurais peut-être évité certaines tournures, comme :
"Avec sa montagne tout autour
qui dessine sur le ciel immobile"
Ce sont les "Avec" et "qui" qui m'ont posé problème. Je trouve qu'ils font trop "guide touristique". Pardonnez-moi cette comparaison ; c'est l'impression que j'ai eue. Peut-être que sans ces termes, le poème serait plus en accord avec la seconde partie du poème, plus douce, plus poétique, du coup... Je voyais plus :
La montagne tout autour
dessine sur le ciel immobile"...

Cela dit, j'ai aimé lire cette page des "Feuillets d'Arabie". On y trouve de belles trouvailles, en plus du dépaysement : "des chapeaux édentés / et des tuyaux de nacre / crevés de nez cassés" pour la montagne ; ou encore, les "draps de sable et de poussière"

Au plaisir de vous relire.

   papipoete   
26/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour kreivi
d'un côté, Najran l'actuelle, si belle avec ses couleurs, ses senteurs, ses témoins architecturaux du passé ; de l'autre côté, des restes calcinés de la ville d'avant, l'Oradour yémenite du désert ...
NB la douce quiétude règne dans la ville " nouvelle ", et ses palmiers malgré le fantôme de l'oued qui coulait là dans le temps .
De belles images " comme une mouche d'argile/dans le poudrier du soleil " .
la dernière strophe, en peu de mots, décrit le passage de sinistres envahisseurs !

   Robot   
26/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une belle intro pour ce poème rédigé d'une écriture sans ostentation, et qui s'accorde à cette simplicité.

L'ensemble m'a retenu mais la strophe 3 est celle que j'ai préféré.

La dernière strophe nous rappelle que derrière la beauté il demeure aussi les souvenirs de périodes tragiques.

   PIZZICATO   
26/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
" Najran ma ville-maman "
Ce seul vers montre l'attachement de l'auteur à cette ville.
Il nous offre de belles images de Najran d'aujourd'hui, mais n'oublie pas de décrire, " à un jet de pierre de la ville " (original) ses vestiges " d'après les pogroms ".

J'ai bien aimé, entre autres images, " elle dort sa sieste
dans ses draps de sable et de poussière
comme une mouche d'argile
dans le poudrier du soleil "

" Avec sa vallée qui flâne
pieds nus dans le sable " ...

Un moment d'évasion en lecture.

   Marie-Ange   
26/3/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
J'ai la perception de vos émotions. Elles emplissent les mots-dits, et les silencieux. Il y a une atmosphère poignante qui émane de ce poème.

Mettre mes pas dans les vôtres et mon regard s'arrête sur la beauté du lieu, quel magnifique partage, quel touchant voyage.

J'ai fait abstraction de la forme, emporté par la force profonde de ce discours si vrai. Permettez-moi cette expression : il m'a donné l'impression de sortir de vos "tripes". Il est étrangement troublant, je perçois comme une douce "douleur" nostalgique et mélancolique.

   kreivi   
26/3/2018

   TheDreamer   
26/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Belle poésie libre. Joli thème. - Écriture sensitive que l'on pourrait par endroit rapprocher de la poésie parnassienne. Ici, c'est évident le beau est l'un des critères de l'auteur et certainement l'un des buts parmi les plus difficiles à attendre en matière d'art.

"...

Comme une mouche d'argile
Dans le poudrier du soleil".

Une image très bien restituée où se confondent la pierre, le sable... et les couleurs. - Une écriture qui mêle les images, les sons, les odeurs, le toucher pour mieux nous faire percevoir Najran. Joli.

   eskisse   
26/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une mention particulière pour la toute première strophe, celle de la belle sieste " dans ses draps de sable et de poussière" et pour la dernière, celle de l'énumération qui se termine par un silence. Ce sont mes deux préférées et l'ensemble est très beau avec toutes les personnifications qui rendent cette ville si vivante. Votre amour pour elle est rendu avec des images à la puissance évocatrice.

   Queribus   
26/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

De la poésie "libre" qui fait honneur à ce genre par l'écriture et de très belles images poétiques qui se succèdent les unes après les autres et il serait long de toutes les énumérer:
-dans ses draps de poussière
-comme une mouche d’argile
-dans le poudrier du soleil
-des chapeaux édentés
-etc.
le contraste est mené de façon très habile entre splendeur et violence. L'illustration est splendide et donne envie de visiter l'endroit tout en faisant réfléchir sur la futilité des choses

En résumé de la belle ouvrage et une superbe écriture.

   Jmeri   
27/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
A la fois douce, drôle et impitoyable. La description de votre oasis est inhabituelle
Tant l’image que nous avons de l’oasis est pleine d'exotisme et de fantasmes.
Belle photo de ces murs d'argile étagés.
En attendant les prochains tableaux de cette région.

   aldenor   
27/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Des images insolites et très belles pour décrire cette ville dans le désert : « une mouche d'argile dans le poudrier du soleil » ; la montagne qui « dessine sur le ciel immobile des chapeaux édentés » ; la vallée qui « flâne pieds nus dans le sable » ; le marché « mêlant son haleine de poivre et de safran à l’huile de l’air », le choc visuel de « la cafetière bleue »...

Quelques détails nuisent je pense à la fluidité du poème : « elle » dans « elle dort sa sieste » comme la forme « Avec... qui » dans les strophes 2 et 3 hachent inutilement les phrases.
« Entrez dans la ville » : l’effet visite guidée m’a paru un peu léger.

   hersen   
29/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Draps de sable et de poussière, mouches d'argile,ossuaire de galets,
je ne relève pas tout mais ces métaphores apportent à l'ensemble une originalité derrière la beauté incontestable du lieu, d'un lieu qui a souffert et pour lequel le narrateur avoue son attachement.

Une très belle écriture !

Merci de cette lecture.


Oniris Copyright © 2007-2018