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Poésie libre
kreivi : La photo de classe [concours]
 Publié le 13/12/17  -  18 commentaires  -  1271 caractères  -  278 lectures    Autres textes du même auteur

Photo retrouvée il y a peu de temps dans le grenier de la maison de mon père.
J'ai dix ans de Souchon.


La photo de classe [concours]



Ce texte est une participation au concours n°24 : Dix ans !
(informations sur ce concours).





Trente paires d'oreilles, ouvertes, alignées
sur trois rangs, par ordre de grandeur
ne crient

Trente paires d'yeux, fixes, sans adresse,
comme dans un bocal
ne cillent

Trente figures au bout de trente nez
et pas un cheveu qui ne soit aligné

La maîtresse au milieu
bagues de fer autour des yeux
jeannedarque la poitrine
comme un œuf

Dans la cour le marronnier éclate de fleurs
et de rire
une hirondelle passe d’un coup de crayon
trop tard
le goudron neuf luit
là-haut Laika s’est endormie

Soudain la sonnerie ! branle-bas dans les couloirs.
Sauve-qui-peut !
les drakkars vont accoster à l'aube
Qu’on sonne le tocsin !
Qu’on réveille Charles Martel !
T’ar ta gueule à la récré qu’il me dit

Au premier rang, assis par terre
en tablier de serge
le cartable bourré de châtaignes
les genoux de rustines

J’ai dix ans ni plus ni moins


 
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   Asrya   
13/11/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un retour en enfance plein de nostalgie et du "bon vieux temps".
Une photo retrouvée, des souvenirs associés, et les images sont lancées.
A tout va, elles viennent, resplendissent et jaillissent dans l'émoi de l'auteur emmenant le lecteur à partager la scène. De ce côté, je trouve le poème réussi.
Je ne suis pas certain d'avoir compris ce passage :

"les drakkars vont accoster à l'aube
Qu’on sonne le tocsin !
Qu’on réveille Charles Martel !"

En tout cas, ce que cela m'évoque ne me plaît pas. Passons.

Le reste du poème m'a plu dans l'ensemble.
J'ai un peu vacillé à la lecture de "ne crient" ; "ne cillent" que je ne trouve pas très mélodieux.

Un poème qui dépeint un fossé générationnel (avec moi en tout cas) par rapport aux termes utilisés, mais qui, au final, reste contemporain.

Une image simple d'un enfant qui vit une jeunesse de l'époque ; pas de chichi. Une maîtresse qui n'est pas glorifiée, qui agite des traits qui n'affolent pas le père de famille ; un ensemble "classique" mais qui n'est pas déplaisant.

Merci pour la lecture,
Au plaisir de vous lire à nouveau,
Asrya.

   papipoete   
16/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
libre
Ah le temps de l'école où les souvenirs visuels, sonores s'enregistrent comme prières, pour toujours !
Je me vois au milieu de ces trente figures, dont aucun cheveu ne dépasse, et à la fin, " les genoux de rustines " sont les miens aussi !
" la maîtresse , bagues de fer autour des yeux " ressemble si fort à Mme Brûlebois de 1955 ...
C'est tendrement dépeint !
papipoète

   Provencao   
21/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé ce partage que nous avons tous connu: la symbolique et sublime photo de classe.
"J'ai dix ans ni plus ni moins" en témoignage de ceux qui vous ont connu.

Mais cette vérité reste fragile:" Au premier rang, assis par terre
en tablier de serge
le cartable bourré de châtaignes
les genoux de rustines"
Elle doit postuler la bienveillance de vos proches, la clairvoyance de votre mémoire.

Ce qui m'a attirée dans cette poesie libre, c'est ce témoignage de votre corps qui rend cette vérité plus probable encore...ce corps qui a enregistré de manière inconsciente ... Et qui perdure.

Au plaisir de vous lire
Cordialement.

   Miguel   
23/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Mon Dieu, on y est, on a dix ans comme dans la chanson de Souchon. C'est tout à fait ça, la photo de classe des années soixante, avec des têtes des années soixante et des oreilles décollées, j'ai la même dans un tiroir. Chaque évocation a sa touche d'originalité, chaque souvenir est exprimé par une heureuse trouvaille, et on pense à la petite chienne russe qui tourne à jamais dans son spoutnik. Et ma maîtresse, morte depuis longtemps la pauvre, je la retrouve ici comme si je sortais la photo du tiroir. Et les programmes, plus v rais que nature ! Le réalisme d'hier est devenu poésie par la magie de cette évocation. Bravo, bravo, bravo !

   Queribus   
25/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

La bonne surprise du matin; tout, en effet, me plait dans ce texte. L'écriture moderne et bien comprise donne un côté alerte au poème avec un aspect nostalgie en gaité et en bonne humeur; la simplicité du texte par ailleurs fait qu'il se lit avec beaucoup de plaisir.

Votre écrit est empli d'images pittoresques: trente paires d'yeux,jannedarque la poitrine, etc. Avec ça, un style très personnel malgré des influences décelables mais ceci est tout à fait normal; je parierais volontiers que vous êtes un "vieux de la vielle" sans aucune marque péjorative et que vous avez déjà de la bouteille.

Bref et en résumé, j'ai passé un excellent moment à vous lire et vous en remercie; j'espère vite retrouver votre style avec de nouveaux textes de la qualité de celui-ci. J'ai hésité, en ce qui concerne l'appréciation, entre beaucoup et passionnément mais passionnément , en principe, ne convient que Bon Dieu.

Cordialement.

   plumette   
13/12/2017
Texte très visuel.
Qui ne possède au fond d'un carton ces fameuses photos de classe au bon goût de nostalgie?
Si j'ai bien aimé cette évocation de 30 paires d'oreilles et d'yeux, j'ai été un peu déroutée par la formulation ne...ne.....
Les images qui suivent ne sont pas convenues, j'ai eu un peu de mal à me représenter la poitrine de la maîtresse!
Mais il y a une chouette énergie qui se dégage de l'ensemble.
C'est assez joyeux, j'imagine la bousculade lorsque la cloche sonne et puis j'ai un petit faible pour la chanson de Souchon !

Bonne chance pour le concours

Plumette

   troupi   
13/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour.

Dans ce texte il y a du bon et du moins bon.
Le début s'il décrit assez bien me semble manquer de poésie.
La ponctuation : des virgules mais pas de points est bizarre, il faut choisir, c'est tout ou rien.

A Partir de "la maitresse" ça va beaucoup mieux, j'ai aimé le "jeannedarque", l'hirondelle au crayon, l'évocation de Laika.
L'avant dernier paragraphe qui relate très bien l'évasion dans l'imaginaire d'un petit de dix ans dès que son attention est libérée par la sonnerie.
Le cartable à châtaignes avec son double sens évoqué un peu plus haut par la phrase de Souchon est bon aussi ainsi que les genoux à rustines.

Le "ni plus ni moins" n'apporte rien, " j'ai dix ans " tout seul est plus percutant à mon avis.

   Vincendix   
13/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Une photo de classe bien imagée, je vois les trente galopins aux cheveux en broussaille, aux sourires moqueurs, la maitresse aux grosses lunettes et au bustier proéminent, signe de domination qui forçait le respect.
J’ai bien aimé aussi l’hirondelle en coup de crayon !
Et puis les vikings combattus par Charles Martel, le cours d’histoire n’était pas le plus apprécié !
Les genoux « couronnés » ou couverts de rustines, difficile d’y échapper avec les culottes courtes !
Vincent

   PIZZICATO   
13/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le titre m'a d'abord fait penser à la chanson de Julien Clerc. On retrouve ensuite Souchon.
Le côté descriptif récurrent du début m'a un peu déconcerté. Aidé par le titre, on comprendrait facilement avec seulement les deux premiers vers.

La poésie se manifeste ensuite
" Dans la cour le marronnier éclate de fleurs
et de rire
une hirondelle passe d’un coup de crayon
trop tard
le goudron neuf luit
là-haut Laika s’est endormie "...

" La maîtresse.....jeannedarque la poitrine comme un œuf " une trouvaille intéressante.

   Marie-Ange   
13/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La lecture permet d'avoir accès à des images chamarrées de souvenirs d'enfance, à l'école primaire.

A vous lire, j'ai pu revivre quelques uns des miens.

J'entre bien dans cet univers connu de nous tous et toutes,
période d'insouciance évoqué par votre phrasé, avec un ton
juste, c'est émaillé de souvenirs malicieux, comme on l'est
à cet âge, d'où le plaisir de cette lecture.

Un tout petit bémol pour la ponctuation qui joue à cache à cache ...

   deep   
13/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une description assez fidèle de la légendaire photo de classe, très imagée ce qui convient parfaitement à une photo.
J’ai bien aimé cet alignement de détails, les paires d’yeux, les paires d’oreilles, figeant la vie tumultueuse d’une cour d’école l’instant d’un cliché.
La superposition des images donne une belle description mais aussi une lecture un peu hachée et peut faire regretter, comme pour cette fameuse sonnerie d’école, l’absence de mélodie.
« T’ar ta gueule à la récrée » en petit clin d’œil à Souchon.
Merci pour cette petite madeleine de lecture.

   kreivi   
15/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Un peu grinçant. Pas trop mal rustiné.

   jfmoods   
16/12/2017
Les quatre premières strophes de ce poème de forme libre mettent en scène l'ambiance corsetée d'un cérémonial scolaire traditionnel (titre : "Photo de classe", énumération comique : "Trente paires d'oreilles, ouvertes", "Trente paires d'yeux", "Trente figures au bout de trente nez", éléments marquants d'une discipline de fer imposée aux élèves : "alignées sur trois rangs, par ordre de grandeur", "fixes, sans adresse, comme dans un bocal", "pas un cheveu qui ne soit aligné", gradation : "ne crient", "ne cillent").

Grande prêtresse du temple de l'enseignement, dotée des attributs de l'autorité et de la sévérité (périphrase inquiétante désignant les lunettes : "bagues de fer autour des yeux"), sanglée dans sa fierté de chef de tribu (embouchage comique de deux mots assorti d'une comparaison burlesque : "jeannedarque la poitrine comme un œuf"), l'institutrice, bombant le torse, trône au centre de la perspective ("La maîtresse au milieu").

Au fil de la strophe suivante, le regard s'attarde aux marges de la photo (complément de lieu : "dans la cour", éléments du décor : "le marronnier", "une hirondelle", le goudron"). L'allusion au lancement de Spoutnik 1 (euphémisme : "Laïka s'est endormie") renvoie le lecteur à l'année 1957. Élément important de ce passage, le zeugma ("Le marronnier éclate de fleurs et de rire") prépare l'explosion verbale à venir.

Projeté à l'intérieur de la photo, le poète en débride d'un coup l'atmosphère pesante.

Avec l'assimilation de la sonnerie à un cri d'alarme, le second sizain du poème prend un tour résolument épique (jeu des formes exclamatives, contextes historiques d'une guerre de défense : "les drakkars", "Charles Martel").

Le contexte héroïque se dégonfle aussitôt, remplacé par un jeu de provocation virile propre à l'enfance (refrain d'une chanson d'Alain Souchon servant de support au poème : "T’ar ta gueule à la récré").

De retour dans le présent, le poète s'attarde alors à observer, sur la photo, l'enfant de dix ans qu'il était : un garçon en culottes courtes (métaphore soulignant les écorchures : "les genoux de rustines"), dans la tenue règlementaire de l'écolier ("en tablier de serge"), profitant, au petit bonheur, au fil des saisons, de ce que la nature voulait bien lui octroyer ("le cartable bourré de châtaignes").

-----------------------------------------------------------------------------------------

I) Ambiance d'une autre époque

1) Une discipline de fer

Les écoliers doivent se plier sans broncher à de sévères directives ("alignées sur trois rangs, par ordre de grandeur", "fixes, sans adresse, comme dans un bocal", "pas un cheveu qui ne soit aligné", gradation : "ne crient", "ne cillent").

2) La gardienne du temple

Toute à sa fierté de chef de tribu (embouchage comique de deux mots assorti d'une comparaison burlesque : "jeannedarque la poitrine comme un œuf"), l'institutrice trône au centre de la perspective ("La maîtresse au milieu").

II) L'âme de l'enfance

1) La puissance de l'imaginaire

Le zeugma ("Le marronnier éclate de fleurs et de rire") augure un point de fuite. Une tonalité épique se déploie (formes exclamatives, contextes historiques d'une défense du territoire : "les drakkars", "Charles Martel").

2) Un retour sur soi

Le refrain de la chanson de Souchon "J'ai dix ans" ("T’ar ta gueule à la récré") préfigure l'évocation intime. Le portrait typique d'un jeune garçon des années 50 s'esquisse ("les genoux de rustines", "en tablier de serge").

Merci pour ce partage !

   Azedien   
16/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Commençons par le moins important : je n'ai pas aimé :
"et de rire". Dans ma lecture, "éclater de" a généré tout seul le mot "rire" et les "fleurs" m'ont emmené dans un autre paysage mental, une vraie bonne surprise, "et de rire" m'a ramené dans la réalité, juste dommage.

Passé ce détail ridicule, très loin des phrases métrées que je trouve parfois tordues et dont la clarté a souvent disparu depuis le XVIIe, votre texte incarne tout à fait ce que l'écriture moderne a à offrir de meilleur ; un tableau amené par perspectives et petits détails, dans l'intime de l'auteur et du narrateur. Mon regard se promène petit à petit, du premier plan à l'arrière-plan et aux repères temporels (avec un tréma cependant, encore une fois osef dans le concret) subtilement amenés -je me souviens David Foster Wallace et son "année des sous-vêtements pour adultes incontinents DEPENDS" ; au final les dates sont des repères objectifs dénués d'affect, vous redonnez ici un sens aux chiffres, j'adore ça-.

"Une hirondelle passe d'un coup de crayon"
Vous êtes vous-même conscient du croquis que vous dressez, et élaborez au fil des lignes. J'entends le bruit des ailes sur le papier du ciel. Belle image.

Je ne regrette pas l'absence du mot "BANGA" pour parler des aventures de la cour de récré.

Merci ! Merci pour cette lecture, qui m'a procuré au moins autant de plaisir et donné de tendresse que la chanson du "Sirop de la rue" de Renaud.

   Donaldo75   
17/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

L'impertinence de la chanson d'Alain Souchon est bien présente dans ce poème. En plus, la forme libre permet d'inventer des mots, de les rendre évocateurs de situation, comme une photo expressionniste.

"Dans la cour le marronnier éclate de fleurs
et de rire
une hirondelle passe d’un coup de crayon
trop tard
le goudron neuf luit
là-haut Laika s’est endormie "

C'est ça le libre, pour moi, des couleurs, des images, de l'évocation, des références conscientes ou pas.

A cet égard, même si cette chanson n'a jamais bercé mon enfance parce que ce n'est pas ma tasse de thé, le Souchon, ce poème est réussi, pas vintage pour un sou.

Bravo !

Donald

   Jean-Claude   
19/12/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour.
Exercice difficile, j'en conviens.
J'ai aimé le marronnier...
Mais le rythme est trop aléatoire et le contenu trop convenu.
Les impressions se chevauchent sans raccord.
Bonne chance toutefois.

   kreivi   
2/1/2018

   aldenor   
3/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Les images sont amusantes au début. Les oreilles alignées par ordre de grandeur, les yeux fixes « comme dans un bocal », les figures au bout des nez...
Puis virent au poétique avec le chien endormi sur le toit et le garçon assis au premier rang...
La répétition d’aligné gêne de prime abord. Elle est peut-être voulue pour le contraste entre les oreilles qui le sont bien et les cheveux en bataille...
« Ne crient » tombe bizarrement au chapitre des oreilles. Mais pourquoi pas.
Le passage commençant par « Soudain la sonnerie... » me semble déplacé puisque le branle-bas se situe j’imagine après la photo de classe.


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