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Poésie libre
kreivi : Le petit train du jour
 Publié le 04/12/17  -  7 commentaires  -  2168 caractères  -  102 lectures    Autres textes du même auteur

Ceci n'est pas un poème mais un train. Un peu poussif.
Avec trois wagons et un petit panache de fumée.


Le petit train du jour



7:14
Non, Non, Non et Non mon vieux Galilée
je te l'ai déjà dit mille fois
ce matin je ne sortirai pas du lit.
Tu auras beau me faire les gros yeux
ou faire trembler la terre sous mes pieds
je ne bougerai pas.

7:59
Une fille passe dans la rue en robe griotte.
Si j'avais une Harley
je l'emporterais sur le porte-bagage
telle quelle, déliée
le bout des seins phosphorescents.

8:24
Les murs bourdonnent autour de moi
alignés sur des chaises
les mots sortent comme des boulets
sans me toucher
je rêve de café
une cafetière pastel émaillée…

9:12
Ouvrir, fermer… Ouvrir, fermer…
pince-monseigneur et fil de soie
toujours la même chose
toujours le même disque rayé !
Et croyez-moi, ce n'est pas facile d'ouvrir ces vieux étuis rouillés
pour y trouver quoi dedans ?
os de seiches, bouts de ficelles, brouillons de poèmes…
Quel capharnaüm !
On se croirait dans les cales d'un cap-hornier.
Les gens sont vraiment négligents
un demi-siècle sans faire le ménage, sans même aérer.
Pauvres sentiments !


17:59
Le soleil m'attend à la sortie
comme un roi de jeu de cartes
on va aller se promener en vélomoteur
dans le cœur des filles
nu comme l'été dans le lac

19:30
J'écris une lettre à une fiancée électronique
en arial gothique
puis en verdana
puis à la corbeille

23:12
Ah enfin te voilà Jonathan !
museau noisette, ballot préhistorique sur le dos
il s'arrête devant l'écuelle, renifle
aujourd'hui : mozzarella di bufala
grignote, s'essuie la bouche
puis repart pour le tour du monde du jardin
de ver luisant en ver luisant

23:31
Les secondes tombent
une à une
sur les marches
s'assoient un instant avec moi
puis sautent…

Je regarde ma montre.
Dis-moi, vieille complice
où peux-tu bien ranger tout ce temps qui passe
toutes ces secondes qui se perdent ?

"À la gare de Chattanooga !"


 
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   Raoul   
21/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une fantaisie qui a eaucoup de charme, une candeur, un regard, une contemplation intime et pas mièvre.
On pourrait croire que c'est un peu simple, alors que c'est juste une évidence.
Le rythme des horaires est une jolie trouvaille qui est rupture et continuité… J'aime beaucoup l'injection de 19 h. 30, cette "ultra moderne solitude" à la typo. incertaine.
Belle(s) idée(s) !

   papipoete   
4/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour kreivi,
Un jour s'écoule, tranquille comme un paisible ru ; traîne derrière lui ses rencontres humaines, ses visions mécaniques, et le chantier ! ouvrir, fermer, suturer ... et recommencer !
L'auteur égrène le temps qui passe sous ses yeux, entre ses doigts et finit par les retrouvailles avec Jonathan ( chien ou fils adoré ? )
J'aime bien la dernière strophe et ce dialogue avec la montre, fidèle qui ne quitte jamais son maître .

   PIZZICATO   
4/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce déroulement d'une journée serait-il assimilé au parcours d'un train, et chacune de ses phases à un wagon ?
L'idée est originale.

Je n'ai pas compris l'occupation que relate la strophe à " 9h 12 ", non plus qui est Jonathan.

j'ai bien aimé " J'écris une lettre à une fiancée électronique
en arial gothique
puis en verdana
puis à la corbeille "

"À la gare de Chattanooga !" un petit clin d'oeil à ce vieux standard de Glenn Miller ?

   hersen   
4/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une forme originale, réjouissante que ce petit train-train. Des wagons ron-ron ou déjantés, la journée qui passe, et à 23h31, une réflexion sur le temps qui passe, qui passe, et où va-t'il, ce temps ?

Outre la forme, j'aime beaucoup le fait que la réflexion, pour une fois, ne soit pas "mon dieu, qu'ai-je fait de tout ce temps qui passe si vite" mais bien la question plus cosmique "et tout ce temps, où va-t'il ?"

Un très bon moment de lecture.

hersen

   Goelette   
4/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voyage des plus agréables où de 7:14 à 23:31 on chemine sans voir le temps passer en compagnie de vos " mots (qui) sortent comme des boulets" car tout est inattendu, fantaisiste, perfois jubilatoire.

A aucun moment votre texte ne joue "le même disque rayé"
Et malgré le "capharnaüm" vous offrez de plus douces images comme "Le soleil m'attend à la sortie
comme un roi de jeu de cartes
on va aller se promener en vélomoteur
dans le cœur des filles
nu comme l'été dans le lac "

   Marie-Ange   
8/12/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Je me suis un peu ennuyé à vous lire.

J'ai trouvé "le petit train du jour", bien banal, et sa promenade
ne m'a pas vraiment intéressé plus que cela.

J'ai cherché le côté poétique, et je ne l'ai pas trouvé, j'ai même
trouvé à votre écrit, un côté bavardage un peu "agaçant".

Je n'ai pas réussi, à mon grand regret, à partager un peu de votre voyage.

Je ne me suis senti que, ce spectateur involontaire d'une scène de vie, le déroulement d'un jour où le "je" est bien trop existant.
Rien ne m'a été donné, pas une petite opportunité, de trouver un peu de ressenti.

Ce n'est ici que le vôtre exclusivement, "le petit train du jour".
Vous m'avez laissé en attente, sur le quai ...

   aldenor   
6/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Il y’a un peu du « Voyage autour de ma chambre » de Xavier de Maistre dans ce voyage à travers une journée.
J’aime bien le projet. Le parallèle avec le train, ses stations, son horaire. Et son arrivée en gare... La symbolique du temps qui passe. Le petit train-train du jour.
Etait-il indispensable de le classer en poésie ? En tous cas, le découpage des lignes me semble arbitraire et sans impact particulier, à l’exception de certains passages.
Je retiens :
« ...alignés sur des chaises
les mots sortent comme des boulets
sans me toucher »

« Le soleil m'attend à la sortie
comme un roi de jeu de cartes »

« Les secondes tombent
une à une
sur les marches »


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