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Poésie libre
kreivi : Les neilikkas
 Publié le 21/01/18  -  14 commentaires  -  1395 caractères  -  237 lectures    Autres textes du même auteur

Peut-être saurez-vous qui sont les neilikkas à la fin de cette lecture. Je vous le souhaite.


Les neilikkas



(Tempo dottorale ma espressivo)


"Mais enfin qui sont ces neilikkas ?"
me demandait-on à la fin de ma conférence
au Congrès de Métaphysique Appliquée (Bruges, 26 Sept).

Une feuille de menthe dans une tasse de thé ?
Une goutte de rosée sur la moustache d'un phoque ?
Un grain de beauté sous un carré Dior ?

Non je ne savais pas, malgré toute une vie
consacrée à l'étude de ces créatures
éminemment rétives à l'apprivoisement conceptuel.

La seule chose que j'avais réussi à apprendre d'elles
c'est qu'un monde sans neilikkas
c'est comme un gâteau de miel
sans miel
sans abeilles
sans acacias
comme un acacia sans branches
sans feuilles
sans épines dans les doigts
c'est comme une campagne sans bluets
une route sans platanes
une Angleterre sans pluie
un fruit sans pruine
comme une Alsace sans cigogne
une guerre sans raison
c'est comme le grenier de ma grand-mère
sans poussière
sans toiles d'araignée
sans trésors cachés
plus de cartes postales de la Belle Époque
plus de Bécassine, de Bibi Fricotin
le coffre à trésors, a plus
le bric-à-brac à merveilles, a plus.

"C'est comme un néant sans cohérence"
répondis-je d’un ton grave.
On opina.


 
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   Gouelan   
10/1/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Les fées de la vie ? Les fées du soleil ? Les petits grains de folie qui mettent du piment à la vie ? Le temps qui se dépose en saisons ?

Il y a comme un côté enfantin, agréable à l'oreille. Une comptine.
J'ai bien aimé "a plus"
On peut imaginer plein de réponses.
J'ai hâte de connaître la vôtre.

   Brume   
21/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Kreivi

Votre poème est génial, j'adore.
Il y a ce parfum de l'innocence qui me frappe.
C'est d'un humour tendre.

- "c'est comme le grenier de ma grand-mère
sans poussière
sans toiles d'araignée" - et oui ça aussi font parties de notre vie, il n'y a pas que les rayons de soleil.

Merci pour ce joli moment.

   bipol   
21/1/2018
c'est comme un poème sans mots

et comme un commentaire sans note

je ne suis pas adepte de ce genre de poésie

désolé

   Arielle   
21/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Comme un monde sans poésie ?
Je ne veux surtout pas savoir ce que sont ces neillikkas mais vous avez mille fois raison de vous battre pour les faire vivre !

J'ai bien aimé la l'originalité et la verve de cette conférence en dépit de quelques facilités comme l'Alsace sans cigogne ou l'Angleterre sans pluie.

   PIZZICATO   
21/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai pensé, a priori, que les neilikkas sont une variété de fleurs. Mais un " Congrès de Métaphysique Appliquée " réservé aux fleurs me semble pas très adapté. Donc je laisse le doute en suspens.

A mon avis, l'essentiel dans ce texte n'est pas de savoir ce que sont les neilikas. " monde sans neilikkas " permet à l'auteur de faire se suivre des petits tableaux assez intéressants ; une réflexion, dont '' une guerre sans raison " a ma préférence.

Peut-être, comme un jardin sans fleurs...

   inconnu1   
21/1/2018
Si je puis vous aider neilikka est un mot finnois qui peut avoir plusieurs traductions, en particulier œillet. C'est aussi un poème qui ressemble à celui ci d'un certain Aaron de... ayant subi le lifting des années. Ceci dit, moi non plus, je ne me sens pas le droit de noter une forme poétique qui ne correspond pas à ma vision de la poésie. Je ne serai pas objectif. Il me manque une certaine musicalité dans la forme. J'espère que d'autres plus compétent dans cette forme de poésie sauront l'apprécier à sa juste valeur
cordialement

oups désolé pour les fautes d'orthographe

   papipoete   
21/1/2018
bonsoir kreivi
mais enfin, qui sont ces neilikkas ? L'auteur entendant parler de cette créature, en déduisit que c'était tout ce qui n'a pas de sens, comme un gâteau au miel sans miel, du miel sans abeille , une Alsace sans cigognes, comme un néant sans cohérence ...
Je suis donc sans réponse à cette question fondamentale, " qui sont ces neilikkas " et très circonspect face à votre poème-énigme ?

   Marie-Ange   
22/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce texte est plus sur le mode de la réflexion que de la poésie.

Il est intéressant d'ailleurs pour ce fait, que plus on le lit,
plus on cherche une orientation à son questionnement.

En cela c'est original et bien mené. La partie qui m'a le
plus séduit est :

" c'est comme le grenier de ma grand-mère
sans poussière
sans toiles d'araignée
sans trésors cachés
plus de cartes postales de la Belle Époque
plus de Bécassine, de Bibi Fricotin
le coffre à trésors, a plus
le bric-à-brac à merveilles, a plus. "

Ce " a plus" qui ponctue, vient à lui tout seul agrémenté et souligné, renforcé ce "sans", imposant la conviction de l'absence
absolue.

Texte au petit côté atypique et surprenant, il attire l'attention,
mais il faut savoir s'y attarder.

   Vincendix   
22/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Kreivi,
Que sont les neilikkas ? Je me le demande, mais elles (ou ils) doivent avoir beaucoup d’importance dans le milieu de la métaphysique appliquée, et puis sans elles (ou sans eux,), que serait le néant, le trou noir deviendrait trou sans noir ou noir sans trou.
Une forme déjantée d’humour que j’apprécie.
Vincent

   jfmoods   
22/1/2018
Ce poème, qui s'inscrit dans un cadre réaliste ("Bruges, 26 Sept"), semble porter tous les gages du sérieux, d'un sérieux universitaire (entête italien : "Tempo dottorale", "ma conférence", "Congrès de Métaphysique Appliquée", "toute une vie consacrée à l'étude", "d'un ton grave").

Cependant, la question posée par un membre de l'assistance ("Mais... qui sont ces neilikkas ?" / me demandait-on"), au moment où l'éminent spécialiste va clore son propos (adverbe de temps : "enfin", complément de temps : "à la fin"), fait comprendre au lecteur que le conférencier n'a fait que tourner autour du pot, qu'éluder son sujet (constat : "je ne le savais pas").

Les suggestions ("Une feuille de menthe dans une tasse de thé ? / Une goutte de rosée sur la moustache d'un phoque ? / Un grain de beauté sous un carré Dior ?") et l'inflation des comparaisons ("c'est comme" x 4, "comme" x 2), la première en poupée gigogne ("c'est comme un gâteau de miel / sans miel / sans abeilles / sans acacias / comme un acacia sans branches / sans feuilles / sans épines dans les doigts"), la dernière en gradation ("le grenier de ma grand-mère / sans poussière / sans toiles d'araignée / sans trésors cachés"), signalent l'impuissance à circonscrire une évidence qui fuit toute tentative d'analyse (démonstratif : "ces créatures éminemment rétives à l'apprivoisement conceptuel", présentatif : "La seule chose que j'avais réussi à apprendre... / c'est que...", réponse à la question : "C'est comme un néant sans cohérence", réaction du public : "On opina").

Les neilikkas (mélange des mots "nez" et "délicat") pourraient bien être ces peuplades de souvenirs qui hantent nos rêves, ces éclats de l'enfance (réelle ou fantasmée) qui voyagent en nous jusqu'au bout du chemin (énumération : "cartes postales de la Belle Époque / ... Bécassine, ... Bibi Fricotin / le coffre à trésors... / le bric-à-brac à merveilles").

Dans "neilikkas", on croit retrouver aussi le mot allemand "Nelke" (oeillet), une fleur dont on ne parvient pas vraiment à capturer l'odeur.

Merci pour ce partage !

   hersen   
22/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pourrait-on imaginer que chacun ait ses propres neilikkas ? c'est ce que je pense et c'est seulement ainsi que la poésie est partout, universelle.
Chacun fait battre un coeur différent, un coeur qui ne s'occupe pas de la raison.
Des inepties, peut-être.

j'ai regretté de savoir ce que sont les neilikkas dans le monde réel, j'aurais préféré vraiment un mot qui ne représente rien de connu, un mot nouveau qui défendrait cette idée.Un mot qui ne m'aurait jamais donné aucune chance de mettre une image dessus, rester dans l'idée, dans l'essence de cette idée.
Mais c'est juste mon point de vue.

merci de cette lecture,

hersen

   David   
22/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Kreivi,

Bon, "neilikkas" semble désigner une fleur en finnois, en vrai, mais dans ce poème, elles (je dis "elles" car ça me semble féminin, mais je ne trouve pas d'indice trop probant de ça, à part la première liste "une feuille de menthe", etc.) elles, donc, ont un air d'état d'âme, un parfum de premiers sentiments, des sortes de fées ou d'anges gardiens... j'ai imaginé ça comme ça. J'aime beaucoup le mouvement du poème depuis la conférence jusqu'au parler enfantin des "a plus", cette sorte de régression. Je me suis arrêté aussi sur le "C'est comme une guerre sans raison" même si ça signifie bien qu'il y a des guerres justes, dans ce contexte.

En tout cas un beau morceau de poésie, à la Prévert, à la Desnos, à la Saint-Exupery.

   Cat   
23/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Kreivi,

La poésie niche ici dans l'ambiance et le ton, entre les « sans » et les « plus ».

Un questionnement qui m'ouvre ses portes vers l'infini et le sublime. Où je vais à mon rythme, respirant ici, savourant là, rêvant les yeux ailleurs, me laissant aller, émerveillée, par la douce ouverture de ce poème qui parle de la création pure éprise de liberté totale.

Un mariage à consommer sans modération !

Je trouve que le contraste entre le sérieux de l'entame (conférence au Congrès Métaphisique... ), du final (... le ton grave. On opina), et la narration légère « à la Prévert » de l'énumération, apporte une touche de douceur mâtinée d'humour, très appréciable, car elle donne tout son envol au message délivré.

Merci pour avoir fait moutonner quelques touches de douceur dans un ciel limpide et plein d'espoir.


Cat

   troupi   
24/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Kreivi.

"Mais enfin qui sont ces neilikkas ?
Une feuille de menthe dans une tasse de thé ?
Une goutte de rosée sur la moustache d'un phoque ?
Un grain de beauté sous un carré Dior ?"
Juste avec ça je suis charmé et le reste de la lecture se poursuit avec un texte qui ne se prend pas au sérieux mais qui est plus profond qu'il n'en a l'air.
J'ai bien aimé la réflexion qu'il m'a inspirée : à savoir que ce sont les infimes détails qui épicent la vie, mais ce n'était peut-être pas du tout votre idée de départ.


Oniris Copyright © 2007-2018