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Poésie en prose
Lariviere : Fragment du crépuscule (Morceau 40)
 Publié le 23/09/08  -  7 commentaires  -  3062 caractères  -  49 lectures    Autres textes du même auteur

Fragment


Fragment du crépuscule (Morceau 40)



Connaissance et conscience du monde crèvent les yeux. Conscience gonflée des amygdales comme des herses, cette évidence étouffée pharaonique et faramineuse tutrice de vertige porteuse parfois d’espoir, présage chuchoté vertigineux de faire partie intégrante désintégrée d’un tout. Comme un seul souffle zigzaguant les frissons sur des directions divergentes ad hoc. Alors les siècles et les civilisations vous pèsent sur les épaules, pénètrent dans la base des os entaillent le lierre violet répand sa crasse à l’intérieur des veines les plus profondes… Orang outang de lianes en lianes crapahutent dans les méninges. Une fonte programmée ? Nullement… La fusion n’est pas déstructurante.
Braséro des espérances, la lune œil moite de calamar géant dans une atmosphère d’encre divulgue patiemment ses propres conseils…
C’est l’ébranlement des prises de consciences et des prises de vent… Sur la prise de terre, se greffent nos neurones… Litanie aztèque. Présages d’étrusques. Foudre canalisée entre ici et le reste… Le chien andalou n’a pas tout aboyé de ses chairs et de ses magmas. L’existence, se découvre mouvante, l’existence, puzzle unique, fleuve fourmi à l’élasticité inconcevable. Un assemblage infini et mobile de dunes et de poitrines s’échafaudent à perpétuité, battant son chantier de flamme au gré des marées humaines et des parcours qui se déposent comme des algues en ébullition, brûlures imprévisibles qui tatouent nos vies et marquent nos visages de furieuses couleurs.

Alors, le crépuscule se pulvérise c’est vrai, dans l’atmosphère terne des réalités. Puis vient la lune, ouvreuse sur le sommeil… La lune, comme un déclic de feutre appuyé sur la nuit avant que véritablement toujours encore Le jour se lève sur son propre cadavre, remettant au présent les plats pourris de la veille.
Mordre les soucis comme les élucubrations aux goûts de cuirs. Immortalisée la miséricorde accordée à l’aveugle sur des chairs et des frissons suppliciés. C’est l’inévitable retors de nos ambigüités qui nous moulinent les paupières, les spasmes nous font entendre leurs concertos odysséens comme jadis les musiques humaines allaient chercher leurs mélodies dans des ailleurs de sources pures. Les glaciers donnaient pourtant froid. Et le mal de gorge jadis n’était pas absent…
Que faire ?... Que penser ?... Quel type de pont tisser désormais, entre nous et le reste ?...

Incommunicabilité des substances, combat permanent entre l’inertie et le mouvement. Aimantation tellurique. État de pendulaire sur l’échelle des hommes et sur les marées des nations, magnétisme sauvage de nos bombardements et de nos scissions. Pourtant promis,

Le repos, comme rêve d’un fou arlequin ambitieux ?...


Une treille, comme énergie émancipatrice. Un coucher de soleil comme lie de nos larmes séchées.

Soupirs des faits et de l’infini apprivoisé. Une réconciliation…

Frémissement tranquille des fins de jours et des débuts d’escales sur des explosions d’azurs et de tisons.


 
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   xuanvincent   
23/9/2008
Ce texte m’a paru un peu difficile à comprendre et plutôt sombre, cependant il m’a intéressée.

   Anonyme   
23/9/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pensées poétiques, presque philosophiques. On n'entre pas chez Larivière, comme ça. On se présente d'abord : Bonjour, je ne viens pas lire un texte commercial, je peux... ? Après on s'accroche aux mots, on cherche le sens, on s'insinue dans un crépuscule. Non la lecture des écrits de cet auteur n'est jamais évidente. On en ressort plus grand(e). Le tout étant de saisir le sens, quand c'est possible, ou pas. De toute façon, ce n'est pas le texte courant, c'est signé, marqué. Un texte de Larivière se reconnait.

"Une réconciliation..."

"Le repos comme rêve d'un fou arlequin ambitieux ?..."

Je me permettrais de dire que ce texte est, d'un point de vue cérébral, jouissif.

   Anonyme   
24/9/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Une treille, comme énergie émancipatrice. Un coucher de soleil comme lie de nos larmes séchées"


Comme d'Hab du pur jus cérébral... et des visions qui remplissent l'espace du lecteur.

   FredericBruls   
3/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Un coucher de soleil comme lie de nos larmes séchées

Très beau cela.

Le reste aussi. On retrouve le ton mystagogique des fragments de l'orpailleur. Mystères jamais éclaircis, toujours priés sur l'autel du verbe.

   Pat   
24/5/2009

   jaimme   
14/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Connaissance et conscience du monde crèvent les yeux.". Oui, mais crève les yeux au sens propre: pas l'évidence mais bien l'horreur, le désespoir de la prise de conscience. C'est bien ce que tu dis ensuite.
"Quel type de pont tisser désormais, entre nous et le reste ?...": le rejet après la prise de conscience (oui, le mal de gorge jadis n'était pas absent), le plus souvent, et donc marcher les poches moins pleines.
Tiens, j'ai cru sentir de l'espoir dans les dernières lignes...
Beaucoup aimé ce fragment.

jaimme

   Anonyme   
2/7/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
5/5/2009

D'abord et comme ça m'arrive parfois, j'ai trouvé deux sens à ce texte...
Le premier évident, le second qui me semble une brèche plus personnelle...mais je me trompe surement, ou pas...

J'aime et ça me conforte dans ma double interprétation :
- Conscience gonflée des amygdales comme des herses, cette évidence étouffée pharaonique et faramineuse tutrice de vertige porteuse parfois d’espoir, présage chuchoté vertigineux de faire partie intégrante désintégrée d’un tout.
=>là les contrastes me parlent comme partie intégrante désintégrée d'un tout...

- C’est l’ébranlement des prises de consciences et des prises de vent… Sur la prise de terre, se greffent nos neurones…
=> ça me fait penser (va savoir pourquoi Charles) au pot de terre contre le pot de fer...

- Un assemblage infini et mobile de dunes et de poitrines s’échafaudent à perpétuité, battant son chantier de flamme au gré des marées humaines et des parcours qui se déposent comme des algues en ébullition, brûlures imprévisibles qui tatouent nos vies et marquent nos visages de furieuses couleurs.
=> ça me parle beaucoup... j'aime les brulures imprévisibles...

- Quel type de pont tisser désormais, entre nous et le reste ?...
=>un rien de Cabrel, je l'aime à mourir... enfin, moi ça me correspond à ça... (double interprétation vous dis-je, universalité du langage Larivière... surement)

- Le repos, comme rêve d’un fou arlequin ambitieux ?...
=> la trève pour un guerrier coloré et cabriolant ambitieux, j'aime l'image, je vois l'image...

- Soupirs des faits et de l’infini apprivoisé. Une réconciliation…
Frémissement tranquille des fins de jours et des débuts d’escales sur des explosions d’azurs et de tisons.
=> la fin est magnifique... toute en douceurs, douceurs piquantes faites d'explosions, toujours les contrastes, toujours les oppositions fortes...

J'ai une fois de plus senti une véritable musicalité dans ce fragment... j'aime beaucoup ce que je ressens à la lecture... la conscience (et je crois que ça se rapproche d'un des premiers fragments dans le sens et la forme...)et l'acceptation de quelque chose qu'en fait on a pas d'autre choix que d'accepter...
Une grande tristesse, et de l'incompréhension mais teintée de lucidité...et qui dit lucidité dit concessions, et qui dit concessions dit frustration, qui dit frustration dit besoin, qui dit besoin dit envie, et envie à l'envi sans que l'on puisse s'étancher entièrement, donc conscience du manque...

Et voilà, je vais aller dormir (l'est 2h aux states) la tête pleine de ces images qui vont me pousser à la réflexion songeuse... Morphée va pas être content... :-o

Force et vulnérabilité... comme la lune, sur un ciel sombre qui n'attend de personne qu'on lui demande des conseils... et : pas de fonte programmée parce que la fusion n'est pas déstructurante... rien que cette phrase mérite la note que je vais te mettre... sissi...

Larivierette un jours, j'aime décidément beaucoup ce que vous faites, jeune homme... beaucoup
Estelle



PS: une petite interrogation sur : Orang outang de lianes en lianes crapahutent dans les méninges. (ou bien manque un s à orang outang ou bien y a un ent en trop à crapahutent??? ou c'est moi qui lis en biais...?)

PS2 : Horreur, enfer et damnation, j'en suis au fragment 40, je les lis plus vite que tu ne les écris... viiiite monsieur le poète, encore d'autres fragments, encore... encore!!!!


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