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Chansons et Slams
leni : De verre et d'acier
 Publié le 06/04/12  -  7 commentaires  -  1720 caractères  -  137 lectures    Autres textes du même auteur

Regards sur les villes.


De verre et d'acier



De verre et d’acier le décor des villes
Est partout pareil : du prêt-à-porter.
De verre et d’acier, les villes, les villes
Engouffrent la vie jusqu’à l’étouffer.
Viens voir ce poster au vingtième étage
C’est un trimaran parti d’Concarneau.
Et ces dauphins-là qui suivent l’équipage
Ils sourient, regarde, c’est pour la photo.

De verre et d’acier, les villes se ressemblent
Et les camés planent, ici comme ailleurs.
De verre et d’acier, les villes se ressemblent
Elles volent à la tire elles jouent du cutter.

Les temps sont venus du décervelage
Pour tous ceux auxquels on n’a rien appris.
Et la télé tourne tourne un court métrage
Lorsque quelques-uns sèment la chienlit.
L’époque est de verre l’époque est d’acier,
Plutôt que les Tours, les Tours de Babel
Qui grattent le ciel, qui grattent le ciel,
Le coq du village préfère son clocher.

De verre et d’acier, les villes se ressemblent
Et les camés planent, ici comme ailleurs.
De verre et d’acier, les villes se ressemblent
Elles volent à la tire elles jouent du cutter.

Le soir, les néons clignotent et s’allument
Jouant l’horizon sur un grand damier.
Un rêveur suspect montre ses papiers,
Ma muse aux aguets cache bien ma plume.
Un vigile caresse un chien muselé,
Un sniffeur de coke se met en orbite,
Un tagueur dessine vite à la va-vite
Et la lune montre son premier quartier.

De verre et d’acier, les villes se ressemblent
Et les camés planent, ici comme ailleurs.
De verre et d’acier, les villes se ressemblent
Elles volent à la tire elles jouent du cutter.


 
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   fredericprunier   
6/4/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
je trouve l'écriture agréable, avec une impression de couplets refrain qui enrobe bien la lecture

par contre
je trouve la critique de la ville méchante et du décervelage un peu trop naive et évidente ... dans la formulation !!! ...

je pense que le texte gagnerait en force si, grace à des images poétiques..., le lecteur conclut tout seul que la télé est décervelante... le dire me poncifie un peu beaucoup le texte...

amicalement,

je voudrais écrire ...Moyen ++++, presque bien... mais le côté poncif moral me gène vraiment trop pour apprécier pleinement votre style d'écriture..

   brabant   
6/4/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Léni,


J'ai beaucoup apprécié ce slam bien scandé en ritournelle (paradoxal pour un slam :)) avec ces vers qui viennent marteler (ça n'est pas péjoratif ici) le message.

Des trouvailles : "... du prêt-à-porter(.)/de verre et d'acier" (si tu me permets de reconstruire cette partie du texte) avec pour broche-évasion "ce poster.../... un trimaran parti de Concarneau", comme si la ville était un costard de trader avec un macaron-océan sur le revers du col !

Villes tirées au cordeau, monotones, déshumanisées, où il faut se camer pour planer ; villes tirées au cutter où la ligne est tranchante, et le cutter couteau contemporain. Avatar du cran d'arrêt.
Fragilité de l'être dans ce paysage :
"L'époque est de verre l'époque est d'acier", babélisation du monde. Ritournelle et prophétie.
Le poète se cache. Ferré crie : "Poètes ! Vos papiers !". Ferré pleure. Ferré est mort ou bien alors il ne vit plus que sous le manteau. Les villes "de verre et d'acier" sont sombres.

Mais tant qu'il se trouvera des slammeurs on se dit que les tours de Babel vireront peut-être un jour aux tours de babillage et l'on sait que tous les bambins du monde parlent la même langue !


Voilà, Léni, les échos que ton texte ont éveillé en moi. Excuse-moi si parfois je n'ai pas suivi à la lettre ta démarche syntaxique.

Merci à toi !


ps : Si tu le permettais, je trancherais le cou à cet horrible coq de village. A la casserole ! Bon... tu es seul juge... lol. :)

   funambule   
7/4/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un texte à la poésie aride qui égrène sans retenue ni détours les clichés de la modernité. On pourrait lui faire le procès d'ouvrir une à une des portes déjà béantes, de passer à côté du parc où quelques oiseaux ont trouvé refuge, sans y faire escale... on pourrait... Mais que faisons-nous d'autres en regardant simplement, que suivre du regard la vie qui prend telle ou telle direction.

Ici les images frappent par leur évidence, par l'écho perpétuel entre le rêve de l'homme et sa réalité, son "subi". L'instant de cet écrit, ce regard porté, sombre sur la grisaille, le choix de ne pas esquisser d'espérance et l'habileté du "déroulé" qui nous conduit en final à l'artifice des lumières "Jouant l’horizon sur un grand damier" finalement décrit mieux le rêve de tout humain en ne défrichant pas l'envers du décor... parce que le décor est justement aussi son envers.

J'aime beaucoup cet angle à la fois très efficace et bien plus original qu'il n'y parait. Je regrette l'absence d'un lecteur ou d'un lien menant vers la chanson, c'est très dommage.

   Nachtzug   
8/4/2012
 a aimé ce texte 
Pas
Je trouve que le texte ne rend ni l'atmosphère ni l'esthétique des villes; les images sont faciles et restent en surface, le rythme ne m'a pas marquée.

   leni   
8/4/2012
Commentaire modéré

   zenobi   
8/4/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Le rythme est entêtant et colle bien à son sujet. J'avoue, en revanche, et c'est un regret, ne jamais avoir été surpris par les images, finalement bien convenues. Et je le regrette.

   Charivari   
10/4/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Salut Léni. Un chouette texte.

J'ai pensé, je ne sais pas pourquoi, à "pleurez Pierrot, poètes et chats noirs, la lune est morte ce soir" chantée par les Frères Jacques.

Le thème n'est pas vraiment le même, encore que... Il y a cette même poésie, un peu naïve, désabusée, sur le monde moderne qui perd de sa candeur, de son imaginaire.

Il est vrai, le thème n'est pas franchement très original, les images non plus, c'est tout de même un peu dommage.

Par contre, on n'a aucun mal à imaginer une mélodie à partir de ces mots. C'est très rythmé, il y a des effets de répétition qui fonctionnent très bien, une vraie progression au niveau du fond, et des alitérations comme
"les villes, les villes
Engouffrent la vie
jusqu’à l’étouffer."

Je suis par contre un peu gêné par l'alternance des rimes dans des couplets qui ont pourtant une découpe identique : on a du ABAB en général, mais de temps en temps ABBA (dans le couplet "acier / Babel / le ciel / clocher, et celui avec la rime "allument - plume") -> je pense que cette asymétrie est un peu dommage dans le cadre d'une mise en musique et casse un peu trop la structure. Mais bon, peut-être que le texte est mis en musique et qu'on n'entend pas trop ces interversions

   Anonyme   
24/8/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un tableau sans concessions des villes, des dérapages grandissant de la société de nos jours. D'aucuns trouveront que ce tableau est un peu noirci. Mais qui pourrait prétendre le contraire de ce qui se passe dans nos villes!?
Si l'on peut penser que les images ne sont pas des plus originales, je trouve qu'elles sont distillées ici avec précision. Moi j'aime bien ce texte.


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