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Chansons et Slams
leni : Histoire de fous
 Publié le 17/03/12  -  9 commentaires  -  2136 caractères  -  200 lectures    Autres textes du même auteur

Lorsque l'homme perd la raison et vit dans un monde imaginaire.


Histoire de fous



Il se prend pour Van Gogh il peint des tournesols
Il s’est coupé l’oreille il n’a plus toute sa tête
Chez les fous à Sainte-Anne il parle à sa palette
Quand il est déchaîné on l’met sous camisole
Alors il crie il hurle je n’suis pas fou à lier
Puis s’en prend à Gauguin ça peut durer des heures
C’est la ronde des jurons on la connaît par cœur
Vincent s’endort enfin au bord d’un champ de blé

Vous qui n’êtes pas fou
Pour qui vous prenez-vous

Le voisin de Vincent élu sous la coupole
Écrit Les Misérables il signe Victor Hugo
Il écrit des poèmes qu’il lit à Pierre ou Paul
Et Pierre ou Paul lui disent que c’est beau que c’est beau
Il répète souvent sur le ton de la peine
Les gens les gens heureux n’ont jamais eu de chaînes
N’ont jamais eu de griffes n’ont jamais eu de dents
Ces paroles de Victor elles font pleurer Vincent

Vous qui n’êtes pas fou
Pour qui vous prenez-vous

L’Curé d’Ars pète les plombs il crie j’veux qu’ça fristouille
Dans ma ville dit l’Curé y a des cuisses de grenouille
Dans tous les p’tits restos j’les veux à ma façon
Avec une pointe d’ail ah putain que c’est bon
L’Curé d’Ars est sonné à cause du Zipanzol
Victor il est tout seul il écrit son roman
Vincent s’est endormi près de ses tournesols
Un pimpon d’ambulance annonce un arrivant

Vous qui n’êtes pas fou
Pour qui vous prenez-vous

Le nouvel arrivant se prend pour Dieu le Père
Dans son portable il parle il parle au Saint-Esprit
Avec le Curé d’Ars ils sont déjà compères
Mon fils en vérité je vous je vous le dis
Avec une pointe d’ail ah putain que c’est bon
Dieu le Père aime bien les cuisses de grenouille
Le Saint-Esprit s’étonne de cette drôle de bafouille
Puis il donne à tout l’monde l’bon Dieu sans confession

Curé Victor Vincent j’oubliais Dieu le Père
En quittant vos délires revenez-vous sur terre
Pleurer votre galère devant votre miroir
Comment peut-on savoir comment peut-on savoir


 
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   Anonyme   
17/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Tout d'abord : qu'est-ce que ça fait du bien de lire un texte sans ponctuation!

Bon, je crois que c'est clair, vous êtes un pro. Et ce texte ne peut pas être le premier d'une série, que j'imagine assez longue.
Tout ça est tellement bien cadré, formaté (au sens "méthode"), que les mots semblent vous être tombés en rafale d'une machine à pop corn.
J'adore le pop corn, même si de temps en temps quelques grains sont moins sucrés que d'autres sans qu'on sache pourquoi.

Vous avez choisi l'alexandrin chansonnier, c'est à dire celui qui se promène dans un espace élastique d'environ douze à quatorze et demi ou quinze syllabes.
Pour retomber pile-poil à douze, soit vous nous aidez, soit on se débrouille tout seul, comme dans :
- "Le Saint-Esprit s’étonne de cette drôle de bafouille"
Pagnol en compterait seize, moi je m'arrête à quinze, mais qu'on réduit facilement à douze :
- "Le Saint-Esprit s’éton' de cet' drôl' de bafouille"

C'est pour ça que je m'étonne toujours que les auteurs de chansons s'ingénient à mettre des apostrophes si c'est pour en oublier la moitié. Et ici franch'ment, il en manq' beaucoup. On sent la fatigue, la lassitude. Comme je vous comprends.

Moi, en vérité, tout ça je m'en moque un peu. J'en parle parce que vous avez commencé un travail de ponctuation qui semblait important pour vous, et que malheureusement il n'est pas abouti.

Pour le reste, c'est un vrai régal, même si tout n'a pas le même goût.
Pour les deux premières strophes je mets "exceptionnel". Elle sont d'une poésie extraordinaire, où se mêlent tendresse, humour, virtuosité phonique et métaphorique :

- "Il s’est coupé l’oreille il n’a plus toute sa tête" - (Tiens? pourquoi pas "tout' sa tête?)
Ce double sens est assez génial. C'est du Prévert en grande forme.

- "Vincent s’endort enfin au bord d’un champ de blé"
L'allitération du "s/f" et du "en/amp" (quatre en tout) a vraiment provoqué chez moi la mélancolie d'une berceuse.

- Faire rimer "coupole" avec "Pierre ou Paul", c'est à dire en faire une rime ultra-riche de quatre phonèmes ( ou / p / o / l ) est assez rare pour être souligné, d'autant qu'ici la rime se fait avec deux mots, ce qui ajoute un brin de malice qui s'accorde bien avec le thème.

L'arrivée du curé d'Ars m'emballe un peu moins, même si je suppose qu'elle vient célébrer la Dombes (célèbre parcelle de l'Ain, pour ses grenouilles et son Curé).
Ce côté frondeur où Dieu vient faire ripaille avec nous, m'amuse beaucoup, mais je le trouve d'un niveau poétique bien inférieur à ce qui précède. Il faut dire que vous aviez commencé très fort.

Bon j'arrête là. J'ai mes grenouilles qui crépitent, et le diable frappe déjà à la porte!

Cordialement
Ludi

   funambule   
17/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
... Un imaginaire truffé de références aussi précises qu'hétéroclites!

Excellente introduction qui entre directement dans le vif du sujet tout en "définissant" tout l'art de l'urgence des premiers mots d'une chanson est là. Les répétitions? Je ne suis pas trop fan mais elles enfoncent bien le clou du côté chanson. La redondance Écrit/écrit, à la ligne ne me semble cependant pas très heureuse même si je l'imagine voulue.

Après...

C'est peinture, kaléidoscope, et "ligne claire"... une superposition d'images à la Hergé. Le détail est poussé, les retournements, les repères, les enchainements, seul le "mode alexandrin" écarte un peu de "chanson"... mais le "déboulé" est tellement échevelé que ça n'a aucune importance. Le rythme est à mon sens assez extraordinaire car il semble martelé sur un tempo bancal... qui correspond totalement au propos. Je me demande (à force de lire) si quelques "il" n'auraient pas pu être escamotés... mais j'entends bien aussi que ça participe à "l'absurde maîtrisé" de l'ensemble.

Bon, aucune prétention ici, aucune intention d'émouvoir, de faire entrer le lecteur en compassion; c'est "Babylone tu déconne" en beaucoup plus déjanté... et finalement une réflexion sur la "normalité", une leçon de tolérance aussi. Aucune férocité dans cet humour, de la couleur et encore de la couleur.

   fredericprunier   
17/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
se lit comme une histoire
simple et musicale
simple et efficace

   brabant   
20/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour leni,


J'ai adoré ce slam. Bon, j'ai pas envie de faire un long, long com (direct sur le Tour de Catalogne...). Je me contenterai d'une remarque : Vincent, son voisin, et le troisième sont vraiment fous car ils ont un référent palpable (Van Gogh, Victor Hugo et ce cher curé d'Ars), on peut les voir en photo, admirer les tableaux vertigineux de l'un, lire les livres prodigieux du second, embrasser les souliers du troisième (en déjouant la surveillance du gardien du musée qui lui est consacré) ; maiaiais... qu'est-ce qui permet de dire que le nouvel arrivant n'est pas Dieu le Père ?
Personne ne l'a vu Dieu le père ! Alors p'têt bien que c'est lui le Dieu qu'on cherche partout ! Alléluia ! Que voilà un slam qui est la Révélation ! Alléluia !

Merci leni d'avoir réveillé la foi qui sommeillait en moi faute d'avoir un Dieu référent dont je puisse tirer le portrait !... :)


Maintenant, pour ne pas dérailler à notre tour, il suffit de suivre Jacques Brel :
'Et moi, moi je me prenais pour moi !'
Je cite de mémoire, donc sûrement approximativement. ("Les bourgeois" ?)
C'est énorme et c'est tout simple, mais quelle vantardise que de se prendre pour soi. Qui a dit : "Mégalomanie !". Nooon ! Pas la camisole !

En tout cas Bravo pour nous avoir conduits à cette réflexion salutaire et encore Merci !

   LeopoldPartisan   
23/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
poème comme je les aime qui raconte un tranche de vie sans parti pris ni faux semblant avec juste ce qu'il faut de dérision et d´emlepathle. Un texte humaniste. Je souhaiterais presque en lire une version 20-21ème siècle avec de peintre comme wharol des écrivain comme Truman Capote ou Burroughs et cadre Pio etc... Là je suis j´ai passé un bon moment. Niveau style cela m´a évoque Jean Teulé et cela c´est un compliment.

   Anonyme   
27/4/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je viens d'arriver sur le site et il m'emballe : on y est commenté de toutes sortes, et ça doit soit faire plaisir, soit booster la qualité.

Et c'est donc sans hésitation (d'autant que je goûte l'humour immédiat du 2eme vers), que je te dis que je trouve ton texte savoureusement original, et que je suis allé au bout sans m'en apercevoir tellement il coule bien.
Moi je tâche d'éviter les répétitions de mots (heureusement je ne suis pas l'auteur-étalon lol), mais les tiennes passent bien.

A te relire

   Anonyme   
16/10/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai , moi aussi, une préférence pour les deux premières strophes que je trouve plus orientées vers le côté humain de ces gens et qui souffrent de leur état quoiqu'on puisse en penser.
Les deux autres faisant évoluer deux personnages carrément dans leur monde désaxé.
Ces deux vers: "vous qui n'êtes pas fous, pour qui vous prenez-vous" donnent à réfléchir ...
Mis à part les 'cuisses de grenouille' (!!) je trouve ce texte très bon.
Leni, une maîtresse plume.

   Pimpette   
16/10/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est du meilleur Leni...On cavale tout au long du texte une fois lue la première strophe qui est tout particulièrement bonne!

Putain d'Adèle! J'arrive bonne dernière et les autres ont tout dit!
Tant pis!
Les fous de Leni sont comme toujours des fous qui ont tout perdu sauf la raison...je prends pour moi ce pimpon d'ambulance...c'est très subtil ce petit coup de chapeau!
Ahahahahaha!

   Anonyme   
21/1/2014
Salut Leni

L'étant moi-même un chouïa (et même un tantinet) je suis friand d'histoires de fous.
Je me suis donc précipité sur celle-ci. Et je ne suis pas déçu du voyage.
Dès les premiers vers, je t"ai pris pour le Jacques Brel de "Chez ces gens-là"
J'y trouve la même faconde, le même amour des gens malgré la dérision apparente.

Petit bémol, le refrain fait un peu cheap à côté des couplets. Mais avec une musique haddock, ça doit le faire.

Merci Leni, pour très ce bon moment et bravo.


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