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Chansons et Slams
leni : Il poétise
 Publié le 31/08/17  -  18 commentaires  -  1732 caractères  -  232 lectures    Autres textes du même auteur

Fils de chienne de vie et de buveur de gnôle, il poétise à sa façon,
une curieuse façon certes…


Il poétise



Paroles : Gaston Ligny LENI
Musique, orchestration et chant : Yves Alba PIZZICATO

https://www.aht.li/3092624/Il_poetise_-_mix_2017-07-08.mp3



Fils de chienne de vie et de buveur de gnôle

Trouvant l’inspiration dans la coke à sniffer

Il poétise alors il pleure avec les saules

Il hurle avec les loups et il dit écoutez

Je parle couramment avec l’accent tonique

La langue de vipère et la langue de bois

Mes écrits très connus sur les guerres puniques

Sont traduits en mandingue et en cochinchinois



De culture iroquoise et un peu béotienne

Avec le sang mêlé d’un ancêtre mormon

Il se prétend connu à Paris Londres et Vienne

À dire vrai il flirte il flirte à déraison

Ses écrits ont une âme alors alors qu’importe

Coke absinthe anisette et foutez-moi la paix

Tant mieux si le vent vient chanter dessous ma porte

Tant mieux si mes vieux os vous offrent un feu follet



Un bouton d’or n’est rien sans le vert des prairies

Comme un je vous salue est tout seul sans Marie

La poésie fout l’camp elle fout l’camp Villon

Dame Richard un jour a fermé les maisons

Depuis la poésie tapine dans les rues

Tapine dans les bois faisant le pied de grue

Dames du temps jadis on a changé d’époque

Ce poète a sniffé une ligne de coke



Dames du temps jadis on a changé d’époque

Ce poète a sniffé une ligne de coke


 
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   Damy   
14/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime le rythme et la voie enjoués. L'inspiration vient effectivement assez souvent des addictions et peut être joyeuse. Car, malgré le thème plutôt triste ici développé, où l'on ne peut plus s'ouvrir dans les maisons closes, on est bien obligé de tapiner ailleurs. Mais souvent, sais-tu, c'est sur les grandes scènes: la Maison de la radio, le Zénith, l'Olympia.... Je passe touts les américaines dont les dates de clôture ont beaucoup d'avenir. Johnny (est-il poète ?) a goûté à tout et je trouve dans son répertoire beaucoup de perles. Je ne les nomme pas pour éviter les joutes contradictoires. Je sais, c'est lâche... et ton style n'est pas le sien ! À combien de cures de désintox en est-il ?
En fait, l'hommage à l'alcool et à la coke, s'ils libèrent l'esprit, me fait peur et je n'ai jamais été tenté. J'ai toujours voulu écrire et poétiser dans la lucidité où le cerveau est aussi plein de ressources. Tu titilles ma morale ! Mais c'est sûrement pour cela que je suis peu plumé. J'ai vu dans les centres de désintox que j'ai fréquentés pour d’autres problèmes beaucoup trop de souffrances et de misères que je préfère me mettre les plumes dans le c.. :-)
Dis-moi, si ce n'est pas indiscret, avais-tu sniffé pour ta composition qu’en fin de compte, je trouve bien calme, sereine, sinon sage ?... Accompagné peut-être d'un petit verre de Tariquet.

   Queribus   
20/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Un texte où se mêlent habilement présent, actualité et passé, le tout dit avec une certaine amertume, de l’ironie et de l'humour dans une langue soignée; le texte est écrit en alexandrins, ce qui n'est jamais facile dans une chanson. Le contenu est, hélas, d'actualité, comme quoi toutes les époques ont bien des points communs.
La musique est légère et sautillante (malgré les alexandrins) en harmonie avec le texte (l'erreur aurait été de faire une musique larmoyante et sirupeuse).
(Une simple remarque négative: la disposition du texte avec des interlignes pas très opportuns)
En résumé, vous l'avez compris, j'ai beaucoup apprécié l'ensemble mais, venant de qui je pense, cela n'a rien d'étonnant.

Bien à vous.

   bipol   
31/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonjour mes deux amis artistes

quel beau texte du vrai leni

avec ce petit rien de nostalgie qui te va si bien

et cette ambiance que tu as reniflé dans les bars

des ingrédients qui font vibrer l'âme du po&te

tes images brillent comme la pierre précieuse

j'ai été agréablement surpris par le choix de l’interprétation d'Yves

qui a su vraiment coller au texte

bravo à tous les deux pour ce moment de grâce

   Robot   
31/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un très beau texte qui démontre une nouvelle fois la différence entre la simple ritournelle et la chanson poétique. La mélodie surprend (au bon sens du terme) car on pouvait s'attendre à quelque chose de moins dynamique à la lecture du texte. - Je lis toujours avant d'écouter. -

Concernant le thème de l'addiction, le texte arrive opportunément pour célébrer Baudelaire dont c'est aujourd'hui le 150ème anniversaire de la mort. Il en est un exemple: Drogue, alcool, MST. Le monde des stars du rock n'a rien de nouveau sur ce plan.

Merci LENI et PIZZICATO

   Arielle   
31/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
A-t-on vraiment changé d'époque ?
"Qu'importe le flacon" disait Musset quand Baudelaire précisait "de vin de poésie ou de vertu à votre guise" l'ivresse que chante notre poète fut souvent la muse des plus grands comme des plus petits. Leni a choisi de nous le présenter sniffant une ligne de coke mais ce bouton d'or sans le vert des prairies ne fait-il pas allusion à la fée verte de Verlaine ?
Il doit bien y avoir entre ces lignes quelques autres références à des sources d'inspiration cachées mais sans chercher plus loin je me contente de déguster avec ravissement, les yeux fermés, le nez dans ma tisane, cette savoureuse composition de nos deux complices. Bravo Gaston et Yves, le cocktail est parfait !

   Michel64   
31/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Encore un superbe texte "réaliste" très bien porté par une très bonne mise en musique et voix.

Plein de jolies trouvailles :

"Tant mieux si mes vieux os vous offrent un feu follet"
"Un bouton d’or n’est rien sans le vert des prairies"
"Sont traduits en mandingue et en cochinchinois"

Bravo pour ce duo gagnant

Michel

   papipoete   
31/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour leni,
Né de pas grand-chose, il poétise de si belle manière qu'on le citerait de Paris jusqu'à Vienne ; mais sans sa ligne de coke, il ne trouve pas la rime, alors que la poésie fout le camp comme les dames de Pigalle !
NB sur une musique enjouée malgré le gris des pensées du héros, l'auteur nous sert de jolis vers tels " un bouton d'or n'est rien sans le vert des prairies/comme un je vous salue Marie est tout seul sans Marie " .
Yves Alba place sa voix avec aisance sur ces accords comme d'habitude !

   Provencao   
31/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'en ai aimé le troublant équilibre, si vrai et si intuitif, qui oppose le poète de son temps et cette ironie des amourettes de bar.
On avance dans la lecture avec enthousiasme, tristesse, avec vos vers cassés, en parfaits alexandrins.
Belle composition
Merci
Bravo

   Cat   
31/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour, Leni
Bonjour, Yves_Pizzicato.

Bien rivé à un poignant réalisme, truffé de perles de mots comme s’il en pleuvait, voici un opus à classer parmi les plus beaux de votre collaboration,

Je cite pour le plaisir, des mots à mourir de plaisir :

« je parle couramment avec l’accent tonique »
« sont traduits en mandingue et en cochinchinois »

« De culture iroquoise et un peu béotienne
Avec le sang mêlé d’un ancêtre mormon »

« Un bouton d’or n’est rien sans le vert des prairies
Comme un je vous salue est tout seul sans Marie »

Et j’en passe des meilleurs encore…

Le tout servi par une mélodie bondissante et enlevée, très bien inspirée En l'ignorant, elle fait la nique au pathos lourdingue qui aurait pu nuire au texte.

Merci à vous deux pour ce bel ouvrage, à chantonner encore un peu après avoir refermée la page…


Cat

   Alexandre   
31/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Les Copains ! Excellent cette chansonnette traitant de la poésie à travers les âges, de l'absinthe à la coke...
Quelques vers m'ont fait sourire comme...

Mes écrits très connus sur les guerres puniques
Sont traduits en mandingue et en cochinchinois

... ou encore

Un bouton d’or n’est rien sans le vert des prairies
Comme un je vous salue est tout seul sans Marie...

Bref, il n'y a rien à jeter de ces paroles parfaitement mises en musique et interprétées par le célèbre Yves Alba.

Un excellent moment sans prise de tête !

Bravo et merci...

   Ludi   
31/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Leni,

La prochaine fois que tu te fais une ligne avec Yves, invitez-moi.
Villon parlait le mandingue, c’est vrai, et ton cochinchinois je l’ai compris presque sans sniffer ; par les temps qui courent, ça évite la dépendance aux trafiquants de la poésie vegan déstructurée.
Pour l’instant c’est encore bien toi qui es dans ma mémoire.
Bon, je te quitte, je vois plus les rails.

Ludi
perdu dans la brume

   Cristale   
31/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Inconditionnellement fan je prends tout, ne jette rien, paroles, chanson, musique sont régals pour mes yeux et mes oreilles.

Tout est passé...

Tout passe pour moi, même le sniff de la ligne de coke qui ne m'a pas fait perdre le fil de la chanson :), dans le plaisir de vous lire et de vous entendre Leni et Pizzicato.

Bravo !


Cristale
en mode ça plane pour moi :)

   Louison   
31/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Tout a été dit, je n'apporte donc rien, si ce n'est mon sourire. Sourire de bonheur en lisant d'abord, puis en écoutant voix et musique! Un grand plaisir, un enchantement.
Je me sens toute petite devant cet art que vous maniez si bien!

   Vincendix   
1/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Une constance dans vos « productions », la parfaite harmonie entre les paroles, le chant et la musique.
Un thème où l’humour est présent avec une pointe d’ironie qui apporte du piment, c’est plaisant.
Vincent

   emilia   
1/9/2017
Un Villon moderne que ce frère d’humanité, poète et « fils de chienne de vie… », celui « qui pleure avec les saules et hurle avec les loups », sachant pratiquer la langue de vipère et la langue de bois, qui « flirte à déraison », cherche l’inspiration dans la coke et l’alcool, mais dont les écrits « très connus ont une âme… » et donc un gage de qualité, de profondeur et de sincérité, bien qu’il se prétende « béotien » et se joue des dialectes aux quatre coins du monde, bouscule les siècles passés en rappelant cette fameuse ballade « Des Dames du temps jadis »… ; il ne craint pas de parler à la première personne et de revendiquer haut et fort « Foutez-moi la paix ! » en reprenant à la manière de Léo Ferré qui savait mêler la révolte et l’ironie sur un ton libertaire et protestataire en interpellant Villon : « la poésie fout l’camp… » et « Poètes, vos papiers… ! » ; pourvu que non… ! Nous en avons tant besoin et vous devons un grand merci à vous deux pour la mettre en musique, en voix et en paroles…

   PIZZICATO   
1/9/2017

   Marie-Ange   
9/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai pris le temps d'écouter et de ré écouter.

Il y a des écrits qui sont comme à apprivoiser, tant ils disent.
Mais de manière bien différentes, frôlant l'intérieur en le
dérangeant.

J'ai été curieusement bousculé, étonnamment perdu, par
un phrasé sans fioriture.

J'aime ces deux phrases tout particulièrement :

" Ses écrits ont une âme alors alors qu’importe "

et

" Un bouton d’or n’est rien sans le vert des prairies "

Je me suis familiarisé avec cette composition où l'ensemble,
forme une écoute, pour moi, au côté un peu atypique,
ce "Il poésie", mérite grandement que l'on s'attarde
bien longuement auprès de ces mots bien exprimés et
expressifs.

   Louis   
2/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Qui est-« il » ?

Un poète ? Il n’est pas désigné comme tel, sans doute parce que non reconnu, parce que le monde contemporain ne le reconnaît pas comme poète. La poétisation en principe fait le poète, et pourtant il n’est qu’un « il », qui ne ferait pas œuvre poétique, non, cela lui donnerait le statut de poète, mais qui « poétise ».

Il poétise, le verbe sonne de façon dépréciative, c’est un peu comme dire : « il fait des bêtises » !

Il ne fait pas de « la poésie », mais il poétise. L’usage du verbe plutôt que du substantif n’est pas indifférent.
« Poétiser » en tant que verbe indique une action, une production, une transformation. Quelque chose de non poétique est transformée en poésie, qui est alors résultat d’un processus, qui pourrait être encore une transfiguration, une transmutation du prosaïque en poétique. Une alchimie du quotidien. D’un quotidien de chien.

L’origine du « poétiseur » le prédispose à cette alchimie : « Fils de chienne de vie et de buveur de gnôle ».
La vile matière à transmuter est celle qu’il reçoit en héritage : une vie de galères, une vie de misères. Poétiser, c’est transformer une vie trop dure, trop insupportable, trop invivable. C’est introduire une part de beauté dans le monde, et c’est modifier le rapport au monde. Si la vie qui nous est donnée était belle, était bonne, pourquoi la poésie, pourquoi l’art ? L’artiste est celui qui n’accepte pas la part sombre et laide de la réalité, il est de nature rebelle et révolutionnaire.
Fils de « buveur de gnôle », le poétiseur se trouve aussi prédisposé à trouver ses vers dans le fond de ses verres, quand ce n’est pas au bout d’une ligne de coke.

Le poétiseur de la chanson de Leni paraît pourtant tourné en dérision. Caricaturé, il prend une allure grotesque et ridicule. Il paraît extravagant et baroque. Il apparaît comme un bouffon, dans une tonalité tragi-comique.
N’est-ce pas ainsi qu’apparaît le poétiseur aux yeux du monde contemporain, comme un bouffon ?
N’est-ce pas cette apparence qui est rendue ?

Quels aspects prend cette poétisation bouffonne ?
Le poétiseur se met au diapason de la nature qu’il oppose à la vie sociale : « Il poétise alors il pleure avec les saules / il hurle avec les loups ».
Il se prétend maître des mots, des langues et de tout langage : « Je parle couramment avec l’accent tonique / La langue de vipère et la langue de bois »
Dévalué, il se rehausse en développant un délire de grandeur et de prestige, une mégalomanie, qui comporte aussi une part de jeu, de provocation, d’ironie à l’égard de ceux qui l’écoutent.
Il se déclare ainsi le roi des écrivains et se place au sommet d’une renommée mondiale :
« Mes écrits très connus sur les guerres puniques
Sont traduits en mandingue et en cochinchinois »

Au milieu de la deuxième strophe, un basculement se produit : il ne s’agit plus de dépeindre le côté risible du poétiseur, de rire avec ceux qui se rient de lui, mais de le défendre contre les moqueries.
Le basculement commence par ces mots : « A vrai dire… « Il s’agit cette fois d’expliquer son comportement, « il flirte, il flirte à déraison », et surtout d’en venir à l’essentiel :
Il est un bouffon, il est ridicule, Il prête à rire, mais « qu’importe » ! Qu’importe puisque l’essentiel est là : dans un monde sans âme « Ses écrits ont une âme ».
Et cette âme n’a pas sa source dans l’alcool ou la drogue, « coke absinthe ou anisette ».
Le locuteur intervient avec agacement :
« … et foutez-moi la paix ». Le locuteur laisse entendre qu’il partage le sort du poétiseur.
Il ne fait pas de la poésie, il poétise, puisque « la poésie fout l’camp, Villon », comme dit en écho d’une chanson de Léo Ferré.
La poésie s’en va, reste la poétisation, qui peut paraître une bouffonnerie.
Ce qu’on nomme encore « poésie » a vendu son âme, « La poésie tapine dans les rues », la poésie se prostitue.
Reste la poétisation, les « poètes maudits », les bouffons, les poètes mauvais garçons à la façon François Villon.

Une image justifie la poétisation : « Un bouton d’or n’est rien sans le vert des prairies ».
L’éclat de la fleur, le jaune d’or, n’est possible que par le contraste avec un fond vert, plus sombre, plus terne ; la fleur n’est rien si elle ne ressort d’un fond pâle, avec lequel elle ne se confond pas. Le bouton est d’or, il éclate, il resplendit, il se remarque, s’il tranche avec la teinte des prairies ; le bouton est d’or, précieux, admirable, un trésor, en ce qu’il se distingue de l’uniforme et monotone teinte des prairies.
La poétisation est l’alchimie qui transmute la vile réalité d’aujourd’hui en or, en bouton d’or.
Dans les prairies du temps présent, peuvent encore éclore quelques fleurs.
Mais l’éclat, la lumière du bouton d’or, n’existe que par un fond sombre et terne d’herbes sauvages. La lumière poétique naît sur fond de ténèbres. Celles de notre époque, celles de la vie du poète.

merci Leni pour les paroles
et merci à pizzicato pour la musique superbement adaptée au texte.


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