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Chansons et Slams
leni : Je garde le coeur content
 Publié le 07/12/19  -  22 commentaires  -  2071 caractères  -  242 lectures    Autres textes du même auteur

Habiter en solitude devient une habitude, cela dépend de soi.


Je garde le coeur content



https://ahp.li/9b6bc75bc5a534c19c59.mp3
Paroles : Leni Gaston Ligny
Musique et chant : Pizzicato Yves Alba


J’ai perdu la clef de mes songes
Mes rêves des quatre jeudis
Je n’ai plus de bois de rallonge
Et plus du tout de pain bénit
Je viens de déposer au clou
Mes gris-gris et mes amulettes
Un vieux miroir aux alouettes
Et la rose de mes vents fous

J’habite en grande solitude
C’est une question d’habitude
Mais je garde le cœur content

Un arc-en-ciel de fin d’orage
A mis le feu aux sapins bleus
Et à la grange du village
Le vent rafale encore un peu
Je peins cet arc-en-ciel en grand
Alors je suis aquarelliste
Et je me prends pour un artiste
Je me trompe probablement

J’ai dans la poche un do majeur
Le nombre d’or et ton sourire
Et le mot que je vais t’écrire
Je le connais presque par cœur
Sur la septième vague un jour
Je m’en irai faire un détour
Pour rencontrer ou l’un ou l’autre
Ou peut-être un des bons apôtres

J’habite en grande solitude
C’est une question d’habitude
Mais je garde le cœur content

D’aucuns disent que je suis fou
Mais je ne les crois pas du tout
Les fous ils entendent des voix
C’est pas mon cas c’est pas mon cas
J’en ai vu des fous à lier
Sanglés dans une camisole
Ils avaient perdu la boussole
Je les entends encore hurler

J’habite en grande solitude
C’est une question d’habitude
Mais je garde le cœur content

J’ai sculpté dans le bois d’ébène
Le sourire d’une sirène
Allongée sur le sable blanc
Elle venait d’avoir vingt ans
Je me souviens d’une nuit blanche
Et de ses yeux couleur pervenche
C’était entre roses et lilas
Il y a longtemps de cela

J’habite en grande solitude
C’est une question d’habitude
Mais je garde le cœur content


 
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   grandin   
22/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le texte est splendide, on sous-entend -je n'ai pas le cœur content mais je fais comme si c'était le cas- Un régal, (je l'ai lu et relu).

Par contre l'ensemble est discordant. La musique impose un rythme inadéquat et c'est dommage.
Je note le texte.

   Michel64   
23/11/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime vraiment beaucoup ce texte, avec toutes ces inventions comme par exemple :
"J’ai dans la poche un do majeur
Le nombre d’or et ton sourire
Et le mot que je vais t’écrire
Je le connais presque par cœur"
Excellent. Quelle efficacité dans cette simplicité apparente !
Toutes les couplets et aussi le refrain sont bien meilleurs au niveau texte que la plupart des chansons entendues sur les ondes.
A l'écoute, je suis un peu plus mitigé. La musique m'a moins plu, j'attendais un autre style peut-être. Les goûts et les couleurs...

Pour le texte je donne Passionnément
Pour la musique Bien

(Passionnément + Bien) / 2 = Beaucoup

Puisque l'on est sur un site littéraire, j'ajoute une prime au texte :

Beaucoup ---> Beaucoup + ;-)

Merci pour ce bon moment

Michel64 (en EL)

   Cristale   
23/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Un texte superbement écrit et très émouvant sur une musique qui résonne l'espérance dans la voix chaude et entraînante de l’interprète.

"J’ai perdu la clef de mes songes
Mes rêves des quatre jeudis
Je n’ai plus de bois de rallonge
Et plus du tout de pain béni"

"Je me souviens d’une nuit blanche
Et de ses yeux couleur pervenche
C’était entre roses et lilas
Il y a longtemps de cela"

Et le refrain magnifique :

"J’habite en grande solitude
C’est une question d’habitude
Mais je garde le cœur content"


Dans ma grande solitude j'ai gardé le coeur content, je prendrais bien l'habitude d'écouter si joli chant.

Bravo au chansonnier et à l'interprète !

Cristale

   bipol   
7/12/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour les artistes

Quel bonheur, quel plaisir

tout est beau, dans une si belle étincelle professionnelle

et avec ce cœur d'enfant que vous avez su si bien garder

cette grande poésie pleine de liberté et de ballons

avec cette musicalité qui est vraiment la clé de cet art

dans un écrin de composition qui lui donne des ailes

je vous fais la bise por le bonheur que vous m’apportez

   Eclaircie   
7/12/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour leni et Pizzicato,

L'ensemble m'a moins convaincue que d'autres que vous nous avez déjà proposés.
J'ai beaucoup aimé le texte, l'écriture est soignée, le propos et le rythme d'écriture s'adaptant bien à une chanson.

C'est au niveau du choix de la composition musicale et de l'interprétation que je suis un peu moins enthousiaste.
La chanson est assez longue (?) 4 mn 27 d'écoute et les deux rythme ce chant, un pour les couplets l'autre pour le refrain m'ont donnée une impression de monotonie, dommage.

À vous réécouter,
Éclaircie

   Hananke   
7/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Voilà une belle ballade country que l'on croirait issue tout droit
de l'ouest américain.
Toujours un bel accord entre la musique et les paroles.

J'adore, entres autres, les 2 vers de début :

J’ai perdu la clef de mes songes
Mes rêves des quatre jeudis

Une chanson à laquelle j'aurais mis un passionnément s'il n'y avait pas l'actuel débat mais comme je ne veux pas choquer certains
vous n'aurez qu'un...

   Corto   
7/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
En écoutant ce poème chanté on prend comme une leçon de vie.

Lancer avec lucidité un regard sur quelques moments de son existence est ici comme un bain de jouvence, car les souvenirs sont stimulés au service de la vie d'aujourd'hui.

Les strophes décrivant quelques temps forts, ceux qui comptent vraiment sont très expressives: "Je n’ai plus de bois de rallonge Et plus du tout de pain bénit" ou "je me prends pour un artiste Je me trompe probablement".

Le poids d'une longue vie est énoncé comme un bagage personnel même si tout n'est pas rose "Les fous ils entendent des voix C’est pas mon cas c’est pas mon cas J’en ai vu des fous à lier".

Puis vient cette belle strophe où l'on sent le souvenir émerveillé de l'émoi amoureux "J’ai sculpté dans le bois d’ébène Le sourire d’une sirène...C’était entre roses et lilas Il y a longtemps de cela".

Mais ce qui m'a régalé c'est l'alternance de ces constats ou de ces souvenirs avec le beau refrain où la nostalgie et les regrets sont interdits.
Ici on vit sa vie telle qu'elle est et on s'arrange pour qu'elle soit encore belle "J’habite en grande solitude C’est une question d’habitude Mais je garde le cœur content".

De plus dans la chanson, la manière dont est chantée le mot "solitude" donne une tonalité presque guillerette, comme un pied de nez à ceux qui voudraient appeler les 'lamentations' à la rescousse.

On a ici un cadeau très réussi, réconfortant, un tableau d'une vie assumée pour le présent comme pour son passé.

Bravo aux auteurs.

   Vincente   
7/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
On passe un agréable moment dans la tête de ce doux rêveur… Une ballade country bien sympathique nous promène aux grès des pensées vagabondes de cet heureux " habitant en solitude ". Sa sagesse est manifeste et son "[i ]cœur content [/i]" contagieux. Pas malade pour un sous, il n'entend pas de voix mais trouve les mots d'une chanson charmante…

La musique et le chant rendent l'atmosphère amical, chaleureux à souhaits, on s'imagine au bivouac autour d'un bon feu à évoquer ceci cela.

J'ai particulièrement aimé :

" Et la rose de mes vents fous ", une singulière très à propos rose des vents.

" Un arc-en-ciel de fin d’orage
A mis le feu aux sapins bleus
Et à la grange du village
Le vent rafale encore un peu
Je peins cet arc-en-ciel en grand
"

" J’ai sculpté dans le bois d’ébène
Le sourire d’une sirène
Allongée sur le sable blanc
Elle venait d’avoir vingt ans
"

   papipoete   
7/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour Leni
Il y a des " maitres-chanteurs ", il y a des " savants-fous ", et à Charleroi vit une espèce humaine rare " poète-peintre " !
Bien qu'il ait raccroché ses porte-bonheur là où il finira par ne plus les voir, l'artiste rêve encore à cette sirène au corps d'ébène ; il lui écrit via l'arc-en-ciel un message insensé, un mot en technicolore qui partirait de son coeur jusqu'à celui pour qui il bat à la folie !
NB en passant par chez nous, porté par la voix de PIZZI, cette missive tel nuage indien, passe au-dessus de nos têtes, presque nous entête ; le feu allumé en Belgique non point en Ukraine, pousse ses mots vers les tropiques sous cette musique entraînante, que pourraient chanter des grues cendrées, sans jamais se retourner, de crainte de perdre le fil de ce FOU au coeur content !
de même que le refrain, j'aime particulièrement la strophe 4, celle qui évoque le monde des fous !
Infime bémol que la longueur de la chanson, alors que celle de chaque vers convient parfaitement au chanteur, dont on ne se lasse pas !
bravo aux duettistes !

   sympa   
7/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour à vous deux,

C'est une très belle ballade, tant par les paroles que l'interprétation qui se marient très bien.

"J’habite en grande solitude
C’est une question d’habitude
Mais je garde le cœur content"

Quoiqu'i advienne, il faut passer outre et sourire à la vie.
Sage attitude.

SYMPA

   Vincendix   
7/12/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour au duo de troubadours,
Un texte plus que super, je suis moins enthousiaste concernant la musique et le rythme et je préfère lire et relire qu'écouter.
Les cinq couplets sont magnifiques et le refrain est de la même veine!
Si je devais choisir un ou plusieurs vers, je serais bien embarrassé.
Bravo....
Vincent

   troupi   
8/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte assez original plein d'images inattendues. On en trouve à tous les couplets.
L'accompagnement musical et la voix de Yves sont comme d'habitude.
On a beau dire amateurs il y a de nombreux professionnels qui ne font pas mieux.
Le refrain nous apprend que la solitude n'est pas une misère d'ailleurs est-on vraiment seul quand on est créatifs?
Salut les amis, à la prochaine.

   BlaseSaintLuc   
8/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
(déteindrai-je) Sur mes amis oniriens ? C'est des mots que j'aurais pus écrire, tellement c'est la même pensée qui traverse mes chemins de solitude. Mais LENI, fait cela tellement bien, un bémol pour la partie chantée, qui porte moins bien que d'habitude le texte, à moins que ce soit la musique ...

" J’ai perdu la clef de mes songes.
Mes rêves des quatre jeudis
Je n’ai plus de bois de rallonge.
Et plus du tout de pain bénit
Je viens de déposer au clou.
Mes gris-gris et mes amulettes
Un vieux miroir aux alouettes
Et la rose de mes vents fous"

L'entame est extra !

La dernière strophe nous parle d'autre chose , d'un souvenir parmi les rêves perdus , thème qui pourrait être le début d'un tout autre texte, peut être en trop ici...

L'ensemble est une fois de plus du très bon boulot !

   ours   
8/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Leni et Pizzicato

J'ai beaucoup aimé le texte avec quelques expressions très évocatrices du temps qui passe. Le texte me semble très personnel et empreint d'une douce nostalgie qui saura résonner dans le coeur de beaucoup de lecteurs. Le traitement musical s'y accorde très bien et apporte une bonne humeur qui aura vite fait de chasser les regrets s'il y en avait.

Je note encore une fois un gros et sérieux travail pour la mise en musique et les arrangements. Chapeau bas les artistes !

   Pouet   
9/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Slt,

une musique plutôt guillerette pour un texte qui ne l'est pas tant que ça.

Un peu d'espoir désespéré.

Allons y gaiement les larmes aux yeux, c'est un peu l'impression que donne la chanson.

Je vais retenir parmi d'autres:

"Un arc-en-ciel de fin d’orage
A mis le feu aux sapins bleus"

"J’ai dans la poche un do majeur
Le nombre d’or et ton sourire"

Joli.

   emilia   
9/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un message optimiste, façon « méthode Coué » (« c’est en soi-même que réside la force de la pensée… »), pour rappeler que l’on peut s’habituer à tout, même à la solitude, quand le cœur, où rayonnent encore les « sourires » reçus, reste en éveil et décide de s’en contenter, aidé en cela par une âme d’artiste, de « peintre aquarelliste », de musicien et de sculpteur détenteurs des secrets d’harmonie… ; merci encore à nos deux amis pour cette nouvelle composition complice…

   Walter_Gilligan   
10/12/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Leni,
Je suis plutôt un adepte du court et du minimalisme mais le texte m'a vite emporté.
Le texte est ciselé, on sent le travail de l'artisan...
Je trouve cette balade nostalgique finalement très pudique et pleine de fraîcheur. Le texte m'a touché.
Très élégant et fluide...
Bravo
Merci

   hersen   
10/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'arrive un peu tard, mais pour un coeur content, il y a toujours de la place !

merci à vous deux, leni et pizzi, c'est chaleureux de vous entendre, je dis vous parce que paroles et chanson confondues, on vous reconnaît bien tous les deux :)))

Un com qui ne sert à rien, mais le gratuit est une valeur sûre !

Merci à vous deux !

   Michel   
12/12/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Purée, qu'est ce que ça fait du bien d'entendre une belle chanson. Texte impeccable auquel je suis particulièrement réceptif en ce moment, donc touché. Musique que je trouve bien en adéquation et qui vient contrebalancer en Majeur le Mineur du ressenti évoqué dans le texte, c'est sacrément bien ficelé. Bravo les artistes !!!! Toujours une joie d'entendre le fruit de votre travail. Merci !!!

   senglar   
14/12/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Salut leni,


Nous connaissons tous leni, toujours supérieur à lui-même, or ici c'est à du très grand leni que nous avons affaire - comment peut-on être supérieur à soi-même ?... - je pense pour ma part au Testament de Villon ou bien à l'Arbre de Brassens - Quel bonheur !
Cette chanson est de la même veine, le côté obscur ou parodique en étant adouci, que dis-je... banni ! Leni fait partie de ces coeurs qui ne battent que pour le bien. Point de face sombre ici : des songes (sans clef ni cadenas), des bois sans cerf vindicatif. La première strophe est trop riche en souvenirs précieux pour que je m'y appesantisse... tellement précieux :)

Et comme le refrain est apaisant !

Avec leni on a envie de tout reprendre, de tout réécrire, de faire du mot à mot tant il nous colle aux méandres du cerveau...

Je ne vais pas reprendre chacune de tes strophes qui sont une joie qui vibrionnent dans mon coeur mieux que n'importe quelle carillon de n'importe quelle église ! Leni est une église !

Et dans la nef de cette église-là je m'agenouille !

Merci ! Merci leni de faire de moi un croyant dans une travée où le bois d'ébène se confond avec la blanche Marie !

Que vive désormais le Christ noir... pour un retour aux sources de la Femme--Reine ! Tu nous prouves à jamais que le premier homme était une femme...
Place que les Pères de l'Eglise lui ont déniée !
Que vivent et règnent les fous en grande poétitude et meurent les rois déboussolés ! Une aquarelle est une vague, un artiste un apôtre et la folie une boussole, la nuit blanche, la pervenche, les roses et le lilas les points cardinaux du destin.


Merci Pizzicato d'accompagner et de souligner tout cela, merveille de l'harmonie et comme la musique est souveraine dans une intemporalité syncopée, staccato réflectif du fond des âges, obsédante ainsi que je l'ai ressentie. Ô indispensable complice :)


Brabant en Senglardie !

   Queribus   
17/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Que dire de plus de plus devant une telle perfection d'écriture; certains vers sont des monuments:

J’ai perdu la clef de mes songes
Mes rêves des quatre jeudis
Je n'ai plus de bois de rallonge
Et plus du tout de pain béni

J'habite en grande solitude
C'est une question d'habitude
Mais je garde le cœur content.

J'ai dans la poche un do majeur
Le nombre d'or et ton sourire, etc.

J'ai particulièrement aimé cette façon de parler des choses graves de la vie avec un certain humour et sans ton larmoyant, un peu à la manière de Brassens, loin des grands élans romantiques, ce qui plutôt rare et demande un talent hors-pair. Un nouveau bravo donc à l'auteur mais peut-il en être autrement.

La musique au côté folk s'accorde bien au texte avec son côté gai et entrainant pour chanter la tristesse qui se cache dessous la joie de vivre; là aussi du grand art; peut-être une autre musique aurait pu convenir, on ne peut savoir;en tout cas, celle-ci convient bien.

Le chanteur est là toujours égal à lui-même, toujours à l'aise dans tous les registres et c'est ainsi qu'on l'aime.

Continuez donc tous les deux à nous enchanter de cette façon: ça fait plaisir aux gens du site mais je pense que n'importe qui, connaisseur ou pas en chansons, apprécierait ces petites perles que vous nous offrez régulièrement.

Bien à vous.

   Louis   
19/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un aveu désespéré sonnerait comme une négation : « Je garde le cœur content », dans une joie feinte, simulée ? Pas sûr. Plus probablement, l’affirmation d’une joie de vivre qui demeure, authentique, expression d’une "force majeure ", au sens que lui donne Clément Rosset (écrivain et philosophe contemporain), malgré une situation vécue qui ne favorise guère un «contentement».

Le refrain reprend, tout au long du texte, une vision lucide sur les conditions de vie du locuteur : « j’habite en grande solitude ». Une situation d’isolement, comme l’on habite en grande banlieue, un lieu au ban de la vie sociale, au ban de l’existence avec autrui ; solitude comme une demeure quotidienne, « question d’habitude », autant de manière d’habiter la vie, « habitude » au sens ancien de "l’habitus" : une manière d’être.
Le pli est pris d’un repli sur soi, d’une fermeture à la relation aux autres : constat lucide.
Cette solitude prolongée n’est pas un état heureux, et pourtant « le « cœur » reste « content ».

La première strophe évoque, tout aussi clairement, avec poésie, et non sans une certaine fantaisie, un contexte peu favorable au «contentement, fait de pertes et de renoncements.
Perte de l’accès au monde imaginaire :

« J’ai perdu la clef de mes songes
Mes rêves des quatre jeudis »

La « clef » perdue des songes n’est pas celle de leur interprétation, comme on entend habituellement le sens de cette image, mais celle qui ouvre sur un monde onirique, celle qui permet de fuir une réalité trop dure dans l’illusion des rêves. La porte sur l’imaginaire ainsi reste close. Ne subsiste qu’un face à face avec une dure réalité, sans échappatoire, sans illusion, sans espérance aussi, puisque celle-ci consiste à se représenter, par l’imagination, une situation meilleure dans le futur que celle vécue dans le présent, et à en attendre la réalisation.

Le deuxième vers confirme la perte des rêves en ce sens, perte du songe des « quatre jeudis » plus particulièrement, qui est perte de l’espérance du temps utopique d’un temps libre, temps délivré de toute contraintes, de tout travail contraignant, de toute peine et fatigue.

Dans les expressions : « bois de rallonge » et « pain bénit », s’expriment pertes encore et manque de chance, manque de bonne fortune.
Un renoncement s’ensuit à tout porte-bonheur, à tout espoir de faire tourner la roue de la fortune dans un sens plus favorable : « Je viens de déposer au clou / Mes gris-gris et mes amulettes »
Au clou aussi toutes les illusions : « un vieux miroir aux alouettes », et tout sens en lequel diriger ses désirs et ses passions : « la rose de mes vents fous »

Ce constat lucide d’un état d’isolement, d’une absence de toute espérance et de toute illusion, pourrait mener au malheur, à un plainte déchirante, mais non, au contraire, le refrain chante : « Je garde le cœur content »
Ce qui pourrait rendre malheureux ne réussit pas à atteindre le «cœur » du locuteur, qui reste inébranlable, sans abattement. Celui-ci semble rester hors d’atteinte de tout ce qui pourrait arriver, indépendant des faits et des événements.
Une indépendance liée à la solitude. Ne dépendre de rien ni de personne : une « autarcie » par laquelle on se suffit à soi-même
On peut remarquer que l’absence d’espérances et d’illusions, ce n’est pas le « désespoir », pas le malheur. Le désespoir malheureux n’est pas le non-espoir. Qui n’espère rien ne craint rien, ne s’inquiète de rien.
Serein et sans troubles, sans accablement et sans tourments, comme un sage antique, le locuteur se tient dans un état durable de « contentement » ; il a effectivement acquis une sagesse, la plus difficile et la plus précieuse des sagesses, la sagesse tragique.

Il n’a aucune raison de se réjouir, et pourtant…
Inconditionnellement, il se réjouit de l’existence, en la considérant pourtant dans une lucidité d’esprit.
Ainsi la vie est aimée et désirée, non pas en raison de son caractère aimable et désirable, puisqu’elle n’est le plus souvent que malheurs et souffrances, mais en raison du caractère approbateur de la joie, force majeure, qui dispense un contentement sans réserve en ce qu’elle demeure indifférente aux malheurs, dans le même temps qu’elle en est consciente ; non parce qu’elle les ignore, mais en vertu précisément de son caractère approbateur de la vie.


Sans espérances, le locuteur peut voir les choses de façon désintéressée, affranchi de tout regard utilitaire. Un regard d’artiste est alors permis. Les choses contemplées le sont pour leur seule beauté, pour leur forme, pour leur couleur, pour leur lumière.
Ainsi est vu « l’arc-en-ciel » en fin d’orage ; ainsi est né le désir de le peindre « en aquarelliste ».
L’arc-en-ciel n’est pas tendu vers un avenir, auquel on ne croit plus ; il n’est pas un pont entre le présent et un avenir radieux par-dessus tous les malheurs, il n’est plus porteur de promesses, malgré Stendhal qui voulait que l’on définisse le beau comme une promesse de bonheur, il est objet d’une contemplation du beau, d’une immersion dans la couleur et dans la lumière, par le flamboiement «en bleu » ; objet d’une contemplation désintéressée dans la force majeure d’une joie créatrice.

Tout est perdu, tout ce qui ne dépend pas de soi, mais est conservé ce qui ne dépend que de soi : un cœur content, une joie, une force majeure.
Et dans sa poche, en réserve :
« un do majeur »
Si la clef des songes a été perdue, restent les clefs musicales, pour base un do majeur
Reste le nombre d’or, et un sourire.
Ce qui reste, ce qui est à soi, ce qui est possédé vraiment, ce ne sont pas des biens matériels, mais des dispositions artistiques, et un souvenir heureux. Est conservé ce qui ne peut être perdu, à moins de perdre la mémoire, de perdre la conscience, c’est-à-dire de se perdre, soi.


La joie qui demeure, malgré a situation décrite au début du poème, peut sembler une « folie ».
Toute une strophe est consacrée à nier la pathologie mentale : «D’aucuns disent que je suis fou / Mais je ne les crois pas du tout ». Tant la folie ressemble à son opposé, la sagesse.
Pas de schizophrénie pourtant, pas de tendance psychotique : « Les fous ils entendent des voix / C’est pas mon cas c’est pas mon cas » ; pas de perte du sens de la réalité : « Ils avaient perdu la boussole », ce n’est pas son cas… La lucidité, au contraire, est bien présente.
La joie d’exister, inconditionnelle, semble illogique et irrationnelle. Elle n’est pourtant pas un dérangement de l’esprit. C’est la vie elle-même qui s’affirme, sans logique et sans raisons.

S’il n’y a plus d’espoir, il reste encore quelques projets : « Sur la septième vague un jour / Je m’en irai faire un détour »
Il reste, en mémoire, et « sculpté sur un bois d’ébène » un sourire ineffaçable, celui d’une sirène. Mémoire des premiers émois amoureux, que symbolisent les fleurs, roses et lilas, en écho de Ronsard, d’Aragon : « Je n’oublierai jamais les lilas ni les roses », ou de la chanson de Guy Béart : « Vive la rose et le lilas ». Mémoire d’un instant gai « o gai, vive la rose » ; mémoire d’un sourire accueillant qui met fin à la solitude. Souvenir en noir et blanc : "ébène", "sable blanc", "nuit blanche", mais relevé de teintes douces «yeux couleur pervenche », couleurs des roses et des lilas.

Ainsi n’est pas cultivé le malheur, mais le souvenir d’un bonheur, souvenir reconnaissant d’un bonheur passé, qui n’est pas du temps à jamais perdu, mais le « temps retrouvé », comme disait Proust, le temps d’un perpétuel présent du souvenir, sans nostalgie.

Merci leni pour donner des mots au goût de vivre, avec rimes mais sans raisons, et à Yves pour avoir si bien su les mettre en musique et les chanter.


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