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Chansons et Slams
leni : Pomme fruit défendu
 Publié le 28/11/17  -  15 commentaires  -  1258 caractères  -  186 lectures    Autres textes du même auteur

C'est l'histoire d'Adam et Ève qui ont croqué la pomme et qui ont été
exclus de l'Éden. Histoire revue...


Pomme fruit défendu



Paroles : Leni/Gaston Ligny
Texte clamé, accompagnement musical : PIZZICATO/Yves Alba

https://www.aht.li/3140172/Pomme-2.mp3



Ève et Adam tentés tous deux par un serpent
Ont croqué cette pomme il y a très longtemps
Dans le jardin d’Éden Dieu était courroucé
Ce fruit est défendu vous serez expulsés

Expulsés sur la terre ils sont là tous les deux
En Basse-Normandie à Sainte-Mère-Église
Ce sont deux sans-papiers dont la vie improvise
Juste des petits riens juste des petits peu

Les descendants des fils des fils d’Ève et d’Adam
Occupent la région et tous cueillent des pommes
Les pommes Jonagold aux premiers jours d’automne
Chez le père Magloire en ses vergers normands

Sur ce petit lopin de paradis perdu
Le temps passe discret entre vice et vertu
Ce vin est bouchonné un curé nous confesse
Mon vieux cidre bouché vaut bien ce vin de messe

Sur ce lopin normand où les fleurs ont une âme
Demoiselles Tatin vous ranimez la flamme
Sur le Mont-Saint-Michel des ni vus ni connus
Qui viennent découvrir le paradis perdu


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   BeL13ver   
16/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le texte atteint parfois les sommets, et ce, toujours à des moments opportuns, avec des mots simples, et des instants de paradis poétique à défaut de paradis terrestre. L'interprétation slamée est tout à fait magnifique et reposante. L'auteur prend le temps avec le texte, de goûter chaque mot, chaque moment.
Le poème transcrit la révolte face à ces hommes qui ont vécu la souffrance et que l'on exploite. Il décrit de manière tout à fait banale un paysage normal, mais la partie centrale du texte est choisie pour faire passer le message : non, ce n'est pas normal que les étrangers travaillent au noir dans les champs arboricoles. Sûrement est-ce cela : ils n'ont pas le droit de goûter les pommes de ce qu'on leur a présenté comme l'Eden ; cette France qui les invite à venir mais ne fait rien pour les accueillir.
Très touchant, et très beau.

BeL13ver, en Espace Lecture

   Arielle   
17/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai bien aimé la nouveauté de ce poème clamé plutôt que chanté, cela donne un air de fable à l'ensemble qui convient bien à ce que tente de nous dire l'auteur. Mais je ne suis pas certaine d'avoir bien saisi ses intentions, justement.

Le deuxième quatrain me laisse entrevoir une autre direction, plus actuelle, moins ronronnante qu'une simple cueillette dans les vergers de ce bocage normand et je trouve dommage que l'auteur n'ait pas poursuivi l'aventure aux côtés de ce couple de sans-papiers.
Certes le père Magloire, le curé au vin de messe bouchonné et les demoiselles Tatin m'ont fait sourire mais je crois qu'il y avait à tirer de cette histoire quelque chose de moins banal, de plus engagé.
Peut-être la démarche est-elle claire dans l'esprit de son auteur mais pour ma part je la trouve inaboutie, à peine effleurée dans ces trois vers :
"Expulsés sur la terre ils sont là tous les deux
...
Ce sont deux sans papiers dont la vie improvise
Juste des petits riens juste des petits peu"

L'auteur, que je crois avoir identifié, était tout à fait capable de nous offrir cet hommage aux exilés avec la sensibilité qu'on lui connaît et l'attention qu'il sait donner aux plus démunis.

   Marie-Ange   
28/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Quand vous déclamez, je me sens toujours un peu déstabilisé,
m'attendant à écouter votre voix s'envoler.

C'est un registre, que j'apprivoise peu à peu, n'étant pas très
"fan", la voix porte et propose les mots différemment, il faut ainsi
apprendre à écouter.

Plusieurs écoutes, il me fallait cela, pour ne pas passer
à côté d'un texte, très réfléchi, qui demande de l'attention.
Chacun trouvera dans ce poème la réflexion qui lui inspire,
car les mots discourent avec profondeur.

Merci les artistes, avec vous je m'enrichis.

Amitié poétique

   Hananke   
28/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

La musique est belle mais la déclamation me gêne un peu aux entournures même si le thème du texte la supporte.
J'aime bien la relation entre le jardin d'Eden et la pomme de Normandie,
les deux sans-papiers et le calva du père Magloire.

La Genèse réactualisée aux goûts du jour et de la région.

J'aurais aimé un peu plus de dérision ou d'ironie mais bon
ne gâtons pas notre instant mensuel de chanson.

   bipol   
28/11/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonjour les compères

tu as choisi mon coin, moi je suis de Cherbourg

la presqu’ile du Cotentin un vrai paradis

un texte un peu différent des autres

et que j'adore : la pomme tentatrice un bon sujet

la déclamation d’Yves est parfaite

bravo aux artistes d'Oniris

   papipoete   
28/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour les complices !
Une fois n'est pas coutume, Yves prête sa voix à la narration de ce poème, plutôt que d'y coller une musique qui put nous faire pleurer !
NB du jardin d'Eden au verger du Père Magloire, c'est le même terrain pour ceux qui n'eurent rien, et jamais ne possèderont le moindre lopin !
Heureusement, sur cette terre nouvelle pour les enfants d'Eve et d'Adam, vivent " les soeurs Tatin " qui raniment la " flamme des ni-vus, ni-connus " ...
Bravo aux 2 artistes pour ce poème à écouter religieusement, puis à lire attentivement !
La dernière strophe est si délicate .

   Robot   
28/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il faut souligner la valeur poétique de ce texte en tant que poème qui pourrait se suffire à lui-même mais est en plus soutenu par une déclamation qui lui convient parfaitement.

   Alexandre   
28/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut les Copains ! Bon, autant commencer par ce qui fâche, votre fruit défendu j'ai eu quelques difficultés à le mastiquer...
En fait, pour moi tout cela n'est pas très clair !
Du jardin d'Eden à la Basse-Normandie et de nos premiers aïeux (?) aux deux malheureux sans-papiers pour terminer par le cidre bouché et la tarte Tatin, je me suis un peu perdu en chemin.
Si l'idée de départ était de mettre en exergue les migrants, je crois que c'est raté... Si c'est une pub pour la Normandie et ses Jonagold elle n'a aucun effet sur moi.
S'il y a un autre sens à cette déclamation, je ne l'ai pas perçu et tant pis pour moi...
L'accompagnement musical et l'interprétation de Yves sont de qualité même si ce n'est pas son registre habituel...

Merci d'avance pour quelques éclaircissements !

   Fowltus   
28/11/2017
 a aimé ce texte 
Bien
La première strophe lu, je me suis dit où mes yeux ont-ils mis les pieds?
Et puis lecture faisant, j'ai trouvé amusant et plutôt bien trouvés vos contrepoints, cette façon de 'débibliser' l'illustre pomme.
Je n'ai pas écouté la musique, celle d'Oniris me faisant peur, mais j'ai aimé.
Merci

   wancyrs   
28/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Cher ami Leni, Salut !

"Expulsés sur la terre" voilà une expression que je trouve "à peu près". Pourquoi pas "Expulsés du paradis" qui ferait plus sens ? Sinon, comme d'habitude, votre duo magnifique me transporte vers ces lieux que j'aime bien, et ici le sujet me touche particulièrement.
J'aime beaucoup !

Cordialement, frère !

Wan

   troupi   
29/11/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut les amis.

Je suis revenu plusieurs fois sur ce texte avant de me décider à le commenter car j'étais un peu désorienté par sa construction et à vrai dire ce sont les sœurs Tatin qui me perturbent car je ne parviens pas à faire le lien avec les sans-papiers et autres expulsés du paradis de France.
Mis à part ça je pense que ce texte slamé est assez réussi et j'apprécie ce style chez d'autres, donc chez vous aussi.
La voix ainsi que la musique tranquilles vont bien au texte et atténuent le côté dramatique de la lecture seule.

"Ce sont deux sans-papiers dont la vie improvise
Juste des petits riens juste des petits peu" Bien vu Léni, juste suffisant pour ne pas complètement mourir.

"Sur ce lopin normand où les fleurs ont une âme" c'est joli ça !

   Quidonc   
1/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai bien aimé la légèreté avec laquelle vous traitez ce sujet plus grave qu'il n'y paraît.
Sous des dehors anodins se cachent de vraies questions.
Il y a un coté bucolique et un peu réac des années 60 qui charme tout au long de la lecture et de l'écoute

Merci pour ça

   Vincendix   
6/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Leni et Pizzicato,
Je retiens surtout le texte, la déclamation n’étant pas très audible je trouve.
Cette histoire de pommes de Normandie est bien construite, elle résume la situation dramatique que vivent ces sans-papiers chassés de leur terre, se contentant de petits riens, de petits peu.
Vincent

   Louis   
6/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le premier quatrain rappelle le mythe modifié du texte biblique, le mythe d’Adam et Ève chassés du paradis, dans lequel le pommier se substitue à « l’arbre de la connaissance ».
Adam et Ève, êtres universels plutôt que singuliers, se retrouvent sur terre, en exil, et prennent la forme particulière de « deux sans-papiers »

Chassés du paradis originel, le jardin d’Eden, leur patrie première, les voilà dans un « petit lopin de paradis perdu » en « Basse Normandie ». L’expression : « le paradis perdu » revient à deux reprises, et l’une d’elles clôture le poème. Elle n’est donc pas sans importance, or elle est porteuse d’ambiguïté. On peut comprendre, en un premier sens, que le lopin de terre normand est un paradis, certes un ersatz du jardin d’Eden, un paradis dégradé, mais un paradis tout de même, et « perdu » au sens de « isolé », « oublié », « méconnu », comme l’on parle d’un « coin perdu ».
Mais « paradis perdu » peut se comprendre autrement, l’expression désigne cette fois, en un second sens, la perte du paradis, un paradis devenu absent, un paradis qui n’est plus, un lieu donc privé de paradis.
Le texte joue sur cette ambiguïté.

Les sans-papiers travaillent à la cueillette des pommes, saisonniers au noir. Comme dans le paradis originel, ils cueillent des pommes, ils sont donc sur cette terre normande dans un reflet, un double dégradé du paradis originel ; ils cueillent les pommes, mais c’est un travail non un plaisir, et, en similitude avec le paradis originel, il ne leur est pas permis d’en manger, ils ne peuvent bénéficier du « fruit » de leur travail, ils sont « exploités », et c’est pourquoi ils vivent « Juste des petits riens, juste des petits peu », qu’ils « improvisent », car si par leur fonction ils cueillent, eux, étrangers à la terre normande, on ne les accueille guère.
S’ils venaient à croquer la pomme, ils seraient expulsés, ces gens n’étant tolérés dans le paradis normand que dans la mesure d’un travail peu rémunéré.
Ce lopin de terre est un « Paradis perdu », parce qu’il n’est pas le paradis rêvé, fantasmé par les « sans-papiers » ; parce qu’il n’est pour personne de paradis sur terre.

Mais il a quelque chose du paradis, ce coin perdu qui fait vivre des hommes, ou simplement survivre les sans-papiers ; parce qu’il est aussi un jardin des délices, riche de ces pommes dont on tire le cidre, qui « vaut bien un vin de messe », ces pommes avec lesquelles les Demoiselles Tatin, auxquelles il est rendu hommage dans le dernier quatrain, ont su préparer un excellent dessert.

Leur tarte renversée n’est-elle pas l’image du renversement de la symbolique de la pomme, du mal au bien ?
La pomme, elle aussi, est une image ambiguë : le mal symboliquement, mais aussi le bien et le bon.
Pas de manichéisme. Ce coin normand, ce n’est ni le bien ni le mal. Ni le paradis ni l’enfer. On y vit « entre vice et vertu ».

La pomme est ici « le fruit défendu », à la fois le fruit interdit et le fruit qui mérite que l’on en prenne la défense.

Le texte ne prend pas le ton d’une révolte, d’une indignation face au sort des sans-papiers, qui n’est pas le sujet central du texte, il est dit sur un ton bonhomme, un peu triste et désillusionné, un peu goguenard aussi, récité tel un conte pour adultes, qui touche au grandiose de la condition humaine, tout en réhabilitant un fruit aussi modeste que la pomme.
Ce ton est aussi permis par la construction du texte qui, en effet, passe subitement, sans transition, de l’universel au singulier, de figures mythiques universelles à des êtres singuliers de chair et de sang, du grandiose de la destinée humaine à la banalité concrète paysanne ; du paradis perdu, mythe universellement connu, au coin perdu d’un paradis minuscule normand ; de la distance temporelle et sublime du mythe à la proximité familière ( père Magloire) ; de la pomme riche de symbole à la pomme banalement commerciale ( « les pommes Jonagold »).

Bravo à vous deux, Leni et PIZZICATO.

   Queribus   
7/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Le pari n'était pas gagné d'avance; en effet faire cohabiter Adam et Eve d'une part et les douceurs de la Normandie me semble une belle gageure; le métier de l'auteur fait que ce pari est réussi; j'aurais cependant aimé une petite touche d'humour"grinçant" et peut-être un peu plus de simplicité dans le déroulement de l'écrit. Quoi qu'il en soit, l'écriture de ce texte n'était pas à la portée du premier venu.

En ce qui concerne la forme néo-classique, celle-ci ne comporte pas la moindre erreur; je pense aussi que le côté slam convient bien au texte plutôt qu'une mélodie larmoyante qui aurait pu devenir vite lassante; à titre personnel, j'ai particulièrement apprécié le fonds musical avec accompagnement de cordes.

Bref l'ensemble témoigne, une fois de plus, non seulement du talent de l'auteur et de l'interprète mais aussi d'une très grande maitrise de la langue, des sonorités avec la création d'une atmosphère très personnelle due au "métier" des deux "intervenants".

J'attends avec impatience la prochaine bonne surprise.

Bien à vous.


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