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Poésie contemporaine
LenineBosquet : Agathe the blues
 Publié le 14/01/16  -  18 commentaires  -  813 caractères  -  417 lectures    Autres textes du même auteur

Bonjour à tous ! Je sors du bois pour m'exposer à la critique, par envie de progresser sans doute. J'écris des poésies qui ont pour sujets de petites gens, sans grand relief, souvent miséreux. Merci de votre lecture attentive.


Agathe the blues



Alors elle le tançait de sa voix de rogomme
Son pouacre verre vide sur le comptoir
Quand lui venait tenter de ramener bobonne
Sous les lazzi acides de demeurés notoires.

Dégage, hé, p'tite bite ! Épagneul ! Charançon !
Les insultes pleuvent sur le marri mari.
Il insiste, tout empreint de douces façons
Impavide face au fleuve rance et chanci.

C'est qu'il sait, lui, la raison de sa déchéance
Les traces vultueuses de son ivrognerie.
C'est qu'il sait, lui, la prison de sa souffrance
La crasse visqueuse de ses beuveries.

On les voit repartir vers leurs sombres pénates
Comme tous les samedis depuis bien vingt-cinq ans.
Demain c'est manche-di et sur la tombe d'Agathe
Ils iront s'évanouir du souvenir de l'enfant.


 
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   fugu   
26/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un excellent poème sur un thème plutôt casse-gueule.
Tout est dit dans cette tranche de vie sans tomber dans le larmoyant. Au contraire, on en rirait presque de cette séquence pathétique évoquée dans la deuxième strophe alors que l'histoire de ce couple est triste à mourir.
Mais tant que ça fait rire tout le monde ...

   Anonyme   
14/1/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,
Je trouve votre poème intéressant.
Mais plusieurs points ont dérangé ma lecture dans la première strophe.
Vous débutez votre poème par: "Alors..."
Ce Alors implique qu'il y a quelque chose avant, qu'on aurait dû lire. Et ce n'est pas le cas.
Ensuite, vous utilisez un terme ancien: "pouacre" que je ne connaissait d'ailleurs pas, mais qui implique un temps et un décors qui ne colle pas avec la suite..."p'ite bite..."
Également, vous commencez votre texte à l'imparfait pour le continuer au présent.
Vous devez faire un choix sur le temps de la narration.
Je n'ai trouvé nul part la signification de "rogonne "
Donc, on voit que vous avez travaillé votre texte , en utilisant des termes peu commun comme encore "marri " mais moi, en tant que lectrice, ça ne m'intéresse pas de lire un poème en ouvrant trop souvent mon dico.
Votre titre également qui est moderne, n'est pas cohérent avec votre choix de style.

@Ha je viens de comprendre pour rogomme...j'avais mal lu le mot, désolée.

   papipoete   
31/12/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
le sujet dont vous évoquez la trame, au milieu de ces verres que le barman remplit jusqu'à soulerie, est tellement triste, que j'aurais bien vu ce poème sous forme de slam.
On a envie de les crier ces vers, fortissimo, ou pour certains, les murmurer en colère!
Cette mère qui a tout perdu, son enfant est partie, gît par deux mètres sous terre; elle s'appelait Agathe.
Après un énième samedi de beuverie, le jour suivant, tous-deux, père et mère iront sur cette tombe, se noyer dans le chagrin de leur vie écroulée depuis vingt-cinq ans.
Lui, le père résiste à la picole, et tel un pilier, soutient sa " bobonne ", de ses bras et de son coeur.
Oui, j'aurais bien vu un " slam "!

   hersen   
14/1/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime beaucoup dans ce poème les "deux temps". Le premier temps, grossier, une scène de bistrot. Le deuxième temps, une scène d'amour très fort d'un mari que comprend le chagrin de sa femme.

C'est très bien exprimé.

merci de cette lecture.

   PIZZICATO   
14/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
En lisant le titre j'imaginais lire une fantaisie inhérente à ce calembour.
Oh que non ! Deux premières strophes à l'ambiance noire et pesante, qui à priori ne présentent pas de grande originalité.
Mais il il y a ce vers qui vient surprendre : " Il insiste, tout empreint de douces façons "
Puis celui-ci " C'est qu'il sait, lui, la raison de sa déchéance ".
Alors on pressent une chute effaçant la première impression ; et elle est là...

   Vincendix   
14/1/2016
 a aimé ce texte 
Pas
Pour un premier poème sur Oniris, vous aviez peut-être un autre sujet à nous proposer ?
Celui-ci est un mélodrame où la douleur se noie dans l’alcool et je ne vois pas quel est l’intérêt de l’évoquer en vers ?
Concernant la forme, ça démarre mal avec « alors », et puis le « marri mari » me dérange, à la limite l’inverse !

   Anonyme   
6/2/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour LenineBosquet et bienvenue sur Oniris !
Bizarre de commencer votre poème par Alors...
Bizarre aussi le "marri mari"... L'inverse à la rigueur était plus compréhensible.
Beaucoup de termes nécessitent ici pour le commun des mortels, auquel j'appartiens, l'usage d'un dico... Je sais par expérience qu'il ne faut pas abuser de cette méthode qui finit par lasser le lecteur.
Le thème que vous avez choisi de traiter est intéressant mais cet ouvrage mériterait d'être remis sur le métier afin d'en tirer un meilleur résultat...
Au plaisir de vous lire.

   jfmoods   
15/1/2016
J'aurais ajouté une virgule à la fin des vers 1, 2, 7, 9, 11, 13.

Nourri de quatre rythmes différents, le poème boite, avec des cadences parfois impaires, bancales, à l'image de la vie déséquilibrée, chancelante, foudroyée, du couple décrit ici.

L'entrée en matière (adverbe de conséquence : "Alors") pourra surprendre, car le poète choisit d'éluder toute présentation classique d'un contexte. Pour mieux embarquer le lecteur, il prend au contraire le parti d'installer d'emblée l'action au coeur d'une tourmente qui constitue le mode de fonctionnement d'un couple. Le jeu homonymique (« marri mari ») met en exergue la distance effective des partenaires dans la gestion des affects.

Au fil du texte, l'influence de Céline est palpable à travers plusieurs éléments...

- la thématique de la misère sociale
- un goût prononcé pour le mélange des registres de langue (soutenu : "tançait", "rogomme", "pouacre", "notoires", "marri", "empreint", "impavide", "chanci","déchéance", "vultueuses", "visqueuses", "pénates", relâché : "bobonne", "Dégage", "p'tite bite", "ivrognerie", "beuveries", "manche-di")
- des procédés typiques de l'oralité (interjection : "hé", exclamatives agrémentées d'insultes, présentatif assorti d'un pronom anaphorique : "C'est qu'il sait, lui" x 2)

Tout en générant un effet d'accélération du récit, le recours à trois temps de l'indicatif (imparfait de l'habitude, présent de narration et futur simple) dévoile, en filigrane, le tracé d'un implacable triangle reliant maison, bistrot et cimetière, avalisant ainsi le repliement mortifère d'un couple sur l'enfer d'un événement traumatisant ancien (complément de temps : « depuis bien vingt-cinq ans »), mais toujours impitoyablement à vif.

Les diérèses ("pouacre", "vultueuses") entérinent l'image prégnante d'une déliquescence.

Le dernier vers déborde, comme un chagrin immense que l'alexandrin se montre incapable de corseter et que les assonances ("i" x 4, "ou" x 2, "en" x 2) appuient efficacement.

La double lecture du titre (glissement assonantique : "Agathe the blues" / "I got the blues") matérialise, derrière la douleur de la perte, le soutien moral indéfectible du poète à une famille brisée qui suit les étapes d'un inexorable chemin de croix.

Merci pour ce partage !

   rosebud   
15/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Surtout, surtout, LénineBosquet (quel drôle de pseudo) continuez à ne suivre aucun sillon et tracez le vôtre là où bon vous semblera et comme il vous plaira. Commencer son poème par "Alors" est une des belles idées que vous avez eues, "Agathe the blues" en est une autre. Et savoir manipuler ce vocabulaire interlope comme vous le faites n'est pas donné à tout le monde. Ah, c'est assez malpoli! Mais a-t-on jamais demandé à un poème d'être bien peigné, prop' sur lui, compassé?
Et c'est si douloureusement triste...

   Arielle   
15/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Vous avez bien raison de sortir du bois ! Vous avez des choses à nous dire.
J'ai beaucoup aimé le tableau de cette famille déchirée dans laquelle vous nous faites entrer d'emblée par cet "Alors" qui nous inclut au coeur de ces vies brisées comme si nous venions de nous asseoir dans le cercle de ces "demeurés notoires" qui voient se répéter la scène depuis si longtemps.

Bien sûr il y a des maladresses que d'autres commentaires ont soulignées, je n'y reviendrai pas mais vous avez su construire votre histoire et lui donner une chute qui a touché la majorité de vos lecteurs, le reste, c'est de la technique, ça s'apprend (ou pas) ce n'est pas l'essentiel.

Bienvenue parmi nous !

   troupi   
15/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La poésie s'empare souvent de scènes dramatiques. En les traitant de façon tragi-comiques comme vous le faites c'est indéniablement un plus et c'est nouveau sur oniris.
J'ai bien ri au vers 5 par ce qu'il a inattendu; Épagneul, charançon, élevés au rang d'insultes c'est une vraie trouvaille.
Les maladresses relevées par d'autres commentateurs si elles sont incontestables peuvent faire partie du style du texte en soulignant le côté bancale de cette vie détruite par le drame vécu.
Un poème prenant et dont le dernier vers laisse une trace chez le lecteur.

   Pussicat   
15/1/2016
Alors là, j'aime bien ! Ouche !!!
Ça sent la sueur et la vinasse, et le souvenir de la perte qui se mord la queue à grands coups de verres dans le gosier.
Parce que, comment ça se noie, le malheur, sinon dans le fond d'un verre qu'on met au pluriel, et pas qu'un soir.

Le titre déjà, la classe : « Agathe the blues », pas seulement un jeu de mots, c'est toute l'histoire résumée en trois mots.

Et puis l'entrée en matière : vous commencez votre texte par l'adverbe : "Alors", ce qui peut en étonner plus d'un - cet "Alors" devrait arriver un peu plus loin, normalement – mais je lis que vous n'écrivez pas « normalement », ce qui me réjouis !

Cet « Alors » fait entrer le lecteur De facto dans l'histoire, dans cette balade sombre et mortuaire comme un anniversaire que l'on aimerait oublier...

Et puis le style, une écriture qui frémit.
Vous cachez bien votre jeu avec cette belle langue qui mêle argot, verlan avec des mots plus soutenus comme « rogomme » (source 18e siècle?) qui arrive comme un cheveu sur la soupe, ou encore « lazzi, notoires, marri, chanci, vultueuses » et bien d'autres... malin et bien tourné !

Et ce dernier quatrain... je ne peux m'empêcher de penser à Hugo... « Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.... »

Quelques fautes à corriger, des erreurs par-ci, par-là, comme la métrique... mais c'est l'alcool ça... quand on a trop bu, on ne sait plus sur quel pied danser...

Ah, quelle fraîcheur ! Merci LenineBosquet, et à bientôt de vous lire

   Coline-Dé   
15/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le mélange très réussi de mots recherchés et de trivialités fait d'emblée sortir ce poème des ronrons qui semblent les tables de la loi ou de multiplication !
Et quand je dis " mots recherchés", c'est TRES recherché : ce
" pouacre", faut remonter au Moyen âge, et encore : dans le caniveau !
J'ai bien aimé les injures : " épagneul, charançon" moins communes que "p'tite bite" et qui font penser à l'inventivité d'un capitaine Haddock
Et j'ai adoré ces " lazzi acides de demeurés notoires", avec son "de de(-meurés) qui bégaie, (normal, c'est l'alcool !) une vraie jubilation !
Bon... le rythme des deux derniers vers cloche un peu... dommage.
Mais la poésie qui décoiffe peut bien être elle-même un peu dépenaillée !

   MissNeko   
19/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour !
J ai vraiment aimé votre poème. Ça sent l alcool à plein nez,l alcool de bas étage, celui de la misère sociale ou affective.
Le mélange des registres m a plu : ça donne un côté intemporel à l addiction qu'est l alcoolisme.
Un côté "Zola" non pas dans l écriture mais dans le thème.
J aime le rythme qui s accélère jusqu à ce point final où le lecteur comprend que c est la mort d un enfant qui est à l'origine de cette déchéance.
Pas facile à mettre en vers mais je trouve le résultat à la hauteur.
Au plaisir de vous relire dans vos hommages aux miséreux.

Ah et j oubliais : le "alors" ne me choque pas. Il serait intéressant de le lire dans le sens d une tranche de vie prise sur le vif, une photographie de la vie de ce personnage à un instant T. Il n y a pas vraiment de début ni d avant puisque l alcoolisme est souvent un éternel recommencement, une routine malheureuse. Le "alors "est seulement la continuité d un état qui dire 25 ans.

   GilbertGossyen   
19/1/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'adore ce mélange des genres. J'aime quand la poésie plonge au fond du sordide pour essayer de faire quelque chose de beau, de prégnant et de sensible. Et en plus, je me suis amusé. Merci.

   stony   
19/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est un concentré de beaucoup de choses que j'aime.

FOND :

De la chair brute, sans enjolivement, de l'humain, de la tendresse sale, mais de la tendresse, d'autant plus touchante par contraste.

FORME :

De l'ordinaire, du soutenu, du familier et même de l'archaïque. J'adore ce mélange de registres de langages que l'on peut considérer comme hétéroclite, mais que pour ma part, je considère comme riche.

Je suis d'abord surpris par ce "Alors" en entame, que je crois être du remplissage maladroit. Mon oreille est contrariée à bien des endroits, à cause de "e" non élidés, de syllabes en nombre incorrect, de césures curieusement placées, ...
Mais de nouvelles lectures me dissuadent d'écouter le texte avec une oreille classique. Du coup, ça passe beaucoup mieux. Même le "Alors" du début prend un sens puisque, précisément, il n'y a pas de début, puisque le rituel est si ancien et régulier qu'il semble avoir toujours existé.

Je reste tout de même contrarié par ce "manche-dit". Je suppose que ce pseudo-verlan doit avoir un sens, mais que je n'ai pas su saisir.

Je n'ai pu m'empêcher de penser au film "Le grand chemin" auquel votre texte colle si bien.


Texte très intéressant, fond et forme !

   matcauth   
20/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

la perspective de me voir payer une bière si une deuxième plume sortait du bois m'a fait accourir vers vos textes et, naturellement, je me suis penché sur celui le plus patiné d'alcool.

Plus sérieusement, c'est le fait de parler de ces gens en difficulté , d'exprimer la force que le désoeuvrement peut donner à l'écrit qui m'a donné envie de vous lire. Car exprimer ça à travers un poème, c'était tout de même risqué et osé.

Et il y a vraiment du charme, une puissance, dans ce texte, et de l'émotion, aussi. Car il y a une raison à tout ça, ce n'est pas un désordre gratuit, il a une origine, dure, douloureuse, et vous nous menez dans une direction, pour mieux nous ramener à la réalité et à l'idiotie de nos préjugés.

Je n'ai pas aimé le "marri mari", dommage car le reste est vraiment fort, très touchant.

En passant :
"Sous les lazzi acides de demeurés notoires."

très beau.

Il faudra que je vienne un peu plus souvent sous vos contrées.

   Anonyme   
20/2/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
j'ai été tenté de rapprocher ce texte de Rimbaud pour la préciosité du langage (pouacre) et le choix de ce genre de sujet qui n'est pas rare dans les premières folies du poète.
Nous sommes placés d'emblée sur le terrain, [ Alors elle le tançait... ] que j'aurais volontiers choisi pour titre à la place de ce jeu de mots un peu léger si je puis me permettre.
J'ai lu quelque part dans les commentaires que vous aviez raison de ne pas rester dans les sentiers battus. Pourtant je pense que ce texte n'est pas en dehors des sentiers battus de la poésie ; il est poésie tout simplement !
On peut toujours arguer de bien des faiblesses mais je pense que bien que le poème ait été soigneusement travaillé il manque de bouteille.
Je pense que vous le retravaillerez un jour où l'autre pour le parfaire.
En tout cas c'est un bel élan !


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