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Poésie libre
LeopoldPartisan : Décombres
 Publié le 21/09/14  -  6 commentaires  -  1274 caractères  -  198 lectures    Autres textes du même auteur

Ce texte aurait pu aussi s'intituler « septembre 14 ».

http://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L549xH366/gaza-article7c11-c7c0b.jpg :


Décombres



Au jeu de la perspective
J’ai toujours été perdant
Sans doute une question d’environnement
Plus que d’errements ou de cloisonnement

Si naguère j’avais le cœur en jachère
Maintenant et dorénavant je l’aurai béant

Que nous reste-t-il comme souvenirs
Sinon ces cicatrices sur nos murs branlants
Et ces marques de peintures
Pour effacer le sang de nos enfants

Si pour tenter d’oublier
La plupart d’entre nous
Ont tout abandonné
Quelques irréductibles
Mènent encore une lutte
Aussi sporadique que sans merci

Et nous les faibles
Nous les vieillards
Nous les ventres à ramper
Nous les inutiles à crever
Nous tentons tant bien que mal
En toute inertie
De survivre comme nous le pouvons
Là où même les rats
Ont fait profil bas

Trop de honte à finalement
Tuer la honte de devoir
Encore et toujours
Oser quémander
En suppliant
Et en bénissant
Nos oppresseurs

Étant enfant, je rêvais de devenir un héros
J’ignorais alors que ma capacité de résistance
À n’être qu’un décombre parmi les décombres
Serait plus forte que tout
Inextirpable racine de mes racines


 
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   Robot   
21/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour léopoldpartisan,
Si j'ai adhéré au sujet, j'avoue que je me serais bien passé des quatre premiers vers qui - pour mon ressenti - n'apporte pas grand chose au texte fort que vous nous proposez ensuite.
"Et nous les faibles
Nous les vieillards
Nous les ventres à ramper
Nous les inutiles à crever
Nous tentons tant bien que mal
En toute inertie
De survivre comme nous le pouvons
Là où même les rats
Ont fait profil bas"
Ce passage m'a retenu plus que les autres, comme un appel à ne pas renoncer à lutter contre les oppressions quotidiennes, à rester le héros des décombres, même si elles ne sont pas toujours clairement apparentes aux yeux de tous.
(Le moins pour l'intro)
Je suis un fidèle de vos écrits, pas toujours de qualité égale à mes yeux, mais apprécié pour leur force évocatrice en général.

   margueritec   
21/9/2014
Merci de rappeler que résister n'est pas si facile et que vouloir ne signifie pas pouvoir.

   Francis   
21/9/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
De l'adolescence rebelle, idéaliste au désenchantement de "l'âge mûr" !
Je partage ce "que nous- reste t-il ? " On résiste et puis on s'adapte !
Je ne suis pas encore parvenu à chasser de mon cœur les tourbillons d'un vent de révolte et le contexte actuel devrait m'envoyer prochainement chez le cardiologue ! Je ne serai jamais le héros qu'on rêve parfois de devenir mais je ne veux pas devenir un vieillard réactionnaire, désabusé, insensible à la langue de bois.

   myndie   
21/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour LeopoldPartisan,

Pointer du doigt la désillusion de l'âge mûr, quand les esprits rebelles sont devenus des "vieillards", "ventres à ramper", "inutiles à crever", c'est encore pousser un cri qui s'insurge et qui amène à penser.
Même en faisant ce constat de "profil bas", votre plume est toute puissante. elle témoigne et s'indigne, elle clame votre dégoût des oppressions et votre envie d'humanité. Elle nous secoue les neurones.

Bravo pour ces mots très très forts

   RB   
22/9/2014
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour LeopoldPartisan,

Je dois vous le dire d'emblée, je ne me sens pas du tout appartenir à cette catégorie d'humains "déchus", faibles, vieillards, inutiles à crever...
Au nom de qui écrivez-vous ?
Vous ne le dites pas et jetez donc vos lecteurs dans le même panier, dans ce "nous".
"Là où même les rats
Ont fait profil bas"
Ce qui fait que j'avoue avoir lu votre texte avec une certaine raideur.
Je le trouve froid et pourtant il me semble que vous avez tenté de vous exprimer avec clarté pour que votre message soit entendu.

Mais ces vers... :
"Que nous reste-t-il comme souvenirs
Sinon ces cicatrices sur nos murs branlants
Et ces marques de peintures
Pour effacer le sang de nos enfants

Si pour tenter d’oublier
La plupart d’entre nous
Ont tout abandonné
Quelques irréductibles
Mènent encore une lutte
Aussi sporadique que sans merci"

.... me paraissent avoir déjà été rédigés tant de fois de la même façon. Et pas qu'en poésie mais dans les tracts, les articles de presse...
"Maintenant et dorénavant ", oui..., je me serais contenté de "dorénavant" seul.
Je voudrais relever le choix d'un mot, important puisqu'il se trouve dans la conclusion, : serait "plus" forte que tout.
N'auriez-vous pas voulu dire "moins" forte que tout ?

En tout cas, je vous préfère dans beaucoup d'autres de vos textes. désolé pour cette fois.

   LeopoldPartisan   
23/9/2014
le lien URL de l'image (photo prise à Gaza en juillet -aout 2014) auquel fait référence ce texte est me semble-t-il pour le moins caduc. Dès lors vous pouvez la consulter sur mon blog : http://leopoldpartisan.blogspot.be/ où par ailleurs se trouve aussi une première version du texte écrit pour le catalogue d’une exposition du photographe Michaël Job.


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