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Poésie libre
LeopoldPartisan : Des visages
 Publié le 13/12/20  -  10 commentaires  -  3163 caractères  -  112 lectures    Autres textes du même auteur

Extrait d'un recueil s'intitulant "Les rêves en exil".


Des visages



Des visages
Des visages
Face à face
À l’anorexie du néant
À la boulimie du béant
L’homme de la rue
C’est le sans-abri qui mendie
La femme de la rue
C’est la putain qui piétine son trottoir
Comme un territoire immuable
En attendant le client dont elle sera le dépotoir
Nous, nous ne sommes
Que des passants
Presque toujours insouciants
De ces véritables habitants de la rue
Qui pour une clope, une chique, une pinte
Du shit, un peu de coke
Ne nous demandent que quelques cents
Que nous ne donnerons pas
Offusqués peut-être d’ainsi
Encourager leur vice
Vice dont nous ne savons rien
Dont nous ne connaissons rien
Brebis galeuses et suiveuses d’un dieu
Parti sans laisser d’adresse
Et dont le répondeur nous met
En perpétuelle attente

Des visages
Des visages
En face à face
À d’anciennes dunes
De vieilles lunes
J’ai le syndrome du cœur brisé
Où des gamines à la peau si fine
Ont les veines saillantes
Que l’on pourrait trancher
D’une simple feuille à cigarette
Tandis que des gamins ultra-connectés
S’émasculent
À coup de soda et de communications
Sans queue ni tête
Faussés par toutes les concurrences déloyales
De fournisseurs de pseudo-besoins en boîtes ou en kit

Des visages
Des visages
En face à face
J’ai l’agoraphobie du néant
Et l’anthropophagie du béant
C’est Cassandre que j’ai envie de baffer
En pleine collusion frontale
D’un monde qui ne me ressemble pas
Qui ne me ressemble plus
Et pour lequel elle ne m’a même pas prévenu
Il n’y a plus que des rats
Qui habitent nos cités bientôt troglodytes
Témoins insolites
Des montées des stalagmites
Et du chacun pour soi.

Des visages
Des visages
En face à face
Que je ne reconnais pas
Comme mes veines qui maintenant
Tranchent sur ma peau si fine
Et qui pourtant se cabrent
À l’approche du couteau
Non mon vieux
Je ne serai pas ton consentant Isaac
Je ne serai pas ton buisson ardent Moïse
Je ne serai jamais ce vieil Abraham
Qui répudia Ismaël et sa mère
Nous pourrissant encore et toujours l’existence
Des visages
Des visages
Face contre face
Pile contre pile
Mots sans queue ni tête
Au sommet de vieilles dunes
D’anciennes lunes
Et qui donnèrent cette corde
Dont Gérard de Nerval
Se servit pour ne plus entendre
Cette rengaine libidineuse
D’amours impossibles
Il y a à nouveau des virages
Chers à mes différents visages
Combien tu prends pour une passe
Entre muraille et mitraille
Combien la fellation
Entre mitraille et muraille
Avant que tout déraille
Oui j’ai peur de ces visages antiques
De Pompéi qui rôtissent sous la baise
Comme celui que vous prétendiez
Fruits de vos entrailles
Dont toujours je porterai
Les cicatrices, les entailles
Des visages
Des visages
En frontales fractales…


 
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   Eclaircie   
13/12/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour LeopoldPartisan,

Un poème que j'ai lu et relu en espace lecture, sans vraiment savoir le commenter.
Pourtant, il y a matière dans ce poème "coup de gueule".
Le travail sur les sonorités est sensible, bien ciblé et bienvenu.
Voici le parti pris du révolté, du révolté du monde moderne, des cités et de la déraison des humains, de leur fanatisme aussi.

À lire et relire, je crois que j'aurais aimé lire
"Des visages
Dévisagent"

J'ai beaucoup aimé certains passages
"Et dont le répondeur nous met
En perpétuelle attente"
"En face à face
À d’anciennes dunes
De vieilles lunes"
"J’ai l’agoraphobie du néant
Et l’anthropophagie du béant"
J'ai aussi apprécié les reprises des mêmes thèmes dans les différents paragraphes sous des jours différents.
Un peu moins le dernier vers.

Un texte qui ne m'a pas laissée indifférente.
Merci du partage,
Éclaircie

   papipoete   
13/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour poète
Leopold, le retour après une si longue absence ; comme s'il était tombé dans par terre c'est la faute à Voltaire ; dans le ruisseau c'est la faute à Rousseau... où l'on détourne le regard, l'on fait un écart devant la fille du trottoir, le paumé du pavé... Oh, ça pourrait bien s'arrêter ; une lame tranchante à portée, et bientôt on s'endort dans le ruisseau, c'est la faute à Rousseau...
NB un texte que seul notre Partisan sait écrire ; on est ébranlé, ça fait peur, mais à la fin le héros ne veut pas laisser les filles " de joie ", ni lui là qui cuve son pinard.
" tu prends combien pour une pipe ? "
Dans les premières lignes, ça secoue avec par exemple " la putain...le client dont elle sera le dépotoir "
On n'est pas en hôtel chic, avec " escorte-girl ! "
Les trois vers scandés " des visages/des visages/face à face " sont autant de Gong sur le ring de la vie...

   Myo   
13/12/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Une longue litanie des souffrances de la rue, de ces survivants de destins malmenés, de ces jeunesses abîmées et sans avenir.
L'approche est intéressante et le mal-être est palpable à la lecture de ce texte.

Un bémol pour la longueur des phrases qui noie un peu l'essentiel.
Je ne perçois pas le sens du dernier chapitre, à mes yeux, plus éloigné du sujet, je ne comprends pas non plus la dernière image.

   Provencao   
14/12/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
" Il n’y a plus que des rats
Qui habitent nos cités bientôt troglodytes
Témoins insolites
Des montées des stalagmites
Et du chacun pour soi. "

J'y ai lu la douleur, la souffrance qui se donnent, se présentent comme une cicatrice indélébile du rapport à soi à autrui avec cette blessure qui s'affiche avec ces mots crus, forts de la rue, registre de l'action, du poème et de l'estime de soi.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Lariviere   
14/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Léopold,

Content de te revoir par içi, vraiment.

J'ai aimé ce texte auquel j'adhère complètement sur le fond. L'écriture est belle, sensible, à fleur de peau, pour nous décrire ce monde post-nietzschien avec beaucoup d'émotion derrière les mots, les images qui font mouches.

La forme est encore épurée par rapport aux textes antérieurs, elle est agréable et bien maîtrisée, le rythme convient bien à la respiration d'ensemble.

Bravo et merci pour cette lecture !

   Stephane   
14/12/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bravo LeopoldPartisan. C'est toujours un plaisir de vous lire, d'autant plus que vos poésies se font attendre... Mais c'est toujours pour le meilleur.

Toute la poésie que j'aime, bravo !

   hersen   
14/12/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est un poème qui se lit tout d'une traite. D'une passe. D'une main de mendiant.
Très noir, il n'édulcore ni ne fait dans le gore. C'est comme ça, nos visage. et les traces laissées sont notre histoire, à chacun.

Un excellent poème, merci.

   Pouet   
15/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut,

une poésie du "réel", des visages coulés dans le bitume.

Une "urgence" à dire bien dite, ça cogne, ça percute, ça hurle, ça désespère... mais finalement elle ne semble pas si loin... la tendresse.

Content de recroiser l'auteur par ici.

   Malitorne   
18/12/2020
 a aimé ce texte 
Pas
Attaché à la notion de partage, j’ai hésité à lire un auteur qui ne commente plus mais votre tête ébouriffée en exposition m’a intrigué alors j’ai sauté le pas. Je n’aurais pas dû car, sans arrières-pensées, je n’ai pas aimé du tout. La structure de la poésie me semble maladroite, simple découpage de phrases : « Nous, nous ne sommes/Que des passants/Presque toujours insouciants/De ces véritables habitants de la rue ». On dirait un texte tronçonné artificiellement, il n’y a pas de véritable autonomie entre les vers.
Quant au propos il est parfois confus, on ne comprend pas toujours ce que vous voulez dire.
D’une façon générale il reste trop prosaïque pour prétendre atteindre une expression poétique digne de ce nom. Ce n’est pas parce que vous évoquez la rue que vous devez vous sentir obligé d’utiliser des mots terre à terre, bien au contraire. La poésie transfigure les choses, pas pour les rendre acceptable mais pour les contempler sous un autre angle, une autre sensibilité.
Vous me donnez l’impression de faire partie de ces poètes adeptes d’un langage brut qui dissimule mal une expression limitée.

   ANIMAL   
19/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un regard blasé, un texte fort, dur, réaliste, qui ne mâche pas ses mots et assène des images choc.

« No future », scandaient les jeunes punks des années 80. Ils n’avaient pas tort car leur futur, le voici, si bien décrit dans ce poème ; c’est notre présent et il n’est pas engageant.

Bravo pour cette immersion dans les cloaques d’une société à la dérive.


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