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Poésie contemporaine
LeopoldPartisan : Ecchymose
 Publié le 26/02/15  -  12 commentaires  -  4594 caractères  -  149 lectures    Autres textes du même auteur

Poème écrit à l'instar du titre et de la définition fournie en début de texte en vers très volontairement irréguliers où chacun je l'espère y comprendra ses lésions ainsi que les marques qu'elles nous laissent.


Ecchymose



[La peau devient rapidement rouge, sensible et enflée. L’ecchymose s’assombrit ensuite petit à petit. Les jours suivants, elle prendra une couleur rouge fade, puis elle pâlira vers le violet, le noir ou le bleu, avant de tourner au jaune et au vert et de disparaître entièrement. Les couleurs vives d’une ecchymose sont dues aux produits résultant de la dégradation de l’hémoglobine : la biliverdine (pigment vert) et la bilirubine (pigment rouge paraissant jaune) ; les couleurs sombres proviennent de l’hémosidérine.]*


Souvent l’espace vital entre deux êtres
Qui s’aiment se rassérène
Relevant autant de l’attraction des astres
Que de l’oscillation
Du pendule de Foucault

Un matin en rupture
Je me suis assis à la croisée
D’un espace piétonnier
Et de la voie principale
De la transhumance quotidienne

Curieux endroit pour se poser
Ai-je pensé
Tandis que j’extirpais de ma mallette
Un carnet à spirale sans âge
Dont je ne me sépare jamais
Et avec compassion pour moi-même
Je commençai à rédiger le présent

Qu’écrivez-vous donc
Me demanda, avec un charmant
Petit râle de gorge, une délicieuse
Contractuelle au regard aussi pétillant
Que ses formes athlétiques
Imprimaient à son inesthétique
Pantalon d’uniforme.

Un peu à la manière dont Gide
Écrivit jadis ou naguère : « Paludes »
J’écris Ecchymose
Dis-je
J’écris Ecchymoses
Oui au pluriel
Et à mon corps défendant
Plus par osmose
Que pour justifier la cirrhose
Dont je ne suis pas près de mourir
Mais qui emporta quelques amis
D’enfance, pour lesquels
En souvenir
De nos enterrements de vie de garçons
J’allai déposer
Avec recueillement
Au pied de leur cercueil
Six baccaras pourpres ou grenat

J’écris Ecchymoses
Pour ne jamais oublier
La couperose
Qu’affabulait le visage
D’une jeune fille trop morose
Pour s’y intéresser
Et qui un soir prit le voile
Pour s’y pendre

J’écris Ecchymoses…
Mais elle n’écoutait plus
Puisqu’elle avait changé
De trottoir

Continuez me demanda
Une très vieille dame
Continuez…
S’il vous plaît
J’aime la poésie qui se récite
Dans ces rues assourdissantes
J’aime la poésie qui nous raconte
Des malheurs en plein soleil
J’aime tellement
La poésie qui se hume comme une rose
Même si elle parle d’ecchymose

Je restai coi
Gêné par l’attroupement
Qui se formait autour
De ce que d’aucuns
Prenaient déjà
Pour une attraction estivale

D’une voix hésitante
Puis de plus en plus ferme
Elle commença alors à réciter
Avec un allant et une classe
Sans égale ces vers d’Artaud :

« Ce triangle d’eau qui a soif
cette route sans écriture
Madame, et le signe de vos mâtures
sur cette mer où je me noie
Les messages de vos cheveux
le coup de fusil de vos lèvres
cet orage qui m’enlève
dans le sillage de vos yeux. » **


Il y eut d’abord un grand silence
Comme une nappe de fond
Brisant gisants et tympans

Madame… Madame répétai-je
Comme un fétu de paille
Emporté par quelques vents mauvais
Si chers à Verlaine…

Madame… Elle aussi était partie
Disparue, envolée me laissant coi
Au milieu des passants qui s’égaillaient
Maintenant que l’incongrue s’était tue

Allai-je à nouveau m’asseoir
Pour dans ce bien minable
Cahier à spirale à nouveau
Me lamenter sur un sort
Aussi fictif que superlatif

Allai-je à nouveau m’asseoir
Pour encore et encore raturer
Tant du roturier
Que du flibustier
Les banderilles
Plantées à même la quille

Allai-je encore m’asseoir
Pour encore et toujours
Raturer à l’infini
Et ne jamais oser chausser
Les espadrilles ailées
Tant de l’Arthur que du Paul
Et former au Landernau
L’une des escadrilles Compostelle
Qui sous d’autres tropiques
Dès le crépuscule
Constellent le ciel
De prose et de miel.

Laissant là cahiers, souliers, huissiers
Voituriers, îlotiers, média et cité
Je suis parti rejoindre
La canopée




* source Wikipédia
** Antonin Artaud extrait du poème L’amour sans trêve (recueil L’Ombilic des Limbes 1925)


 
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   myndie   
9/2/2015
 a aimé ce texte 
Pas
J’ai lu et relu votre texte à plusieurs reprises pour essayer d’en apprécier tout l’esprit mais je n’ai été ni intellectuellement ni émotionnellement convaincue.
Pour moi, cette poésie souffre de ses « trop » :
-trop de nombrilisme, de « compassion pour (soi)-même » comme le dit si bien le vers 16 ; et on frise même parfois la prétention :
« un peu à la manière dont Gide
Ecrivit jadis ou naguère « Paludes »
J’écris Ecchymoses »
-trop de componction grandiloquente (toute la 5ème strophe)
-trop peu d’élégance ; et on frise la muflerie (les 4ème et 6ème strophes)
-trop de vers abstrus :
« Allai(sic)-je à nouveau m’asseoir
...plantée(sic) à même la quille »
ou « et former au Landernau
l’une des espadrilles de Compostelle... »
Bref, beaucoup trop de « trop » pour un poème qui se contente d’exprimer platement votre idée sans se donner la peine de véhiculer l’émotion.
Peut-être faudrait-il réfléchir à la manière dont vous pourriez lui apporter ce supplément d’âme qui lui fait défaut pour qu’il puisse se confronter au bel extrait du poème d’Artaud que vous avez cité.

   Anonyme   
26/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Léopold ! J'ai bien aimé ce texte un peu déjanté et ce carnet à spirales sans âge et je pense que Prévert n'aurait pas renié cet Ecchymose ni ses personnages divers et variés...

"J’aime la poésie qui nous raconte
Des malheurs en plein soleil
J’aime tellement
La poésie qui se hume comme une rose
Même si elle parle d'ecchymose... " disait la vieille dame !

Moi aussi, même quand je ne comprends pas la chute... à moins qu'il faille y voir un rejet du monde moderne...

Laissant là cahiers, souliers, huissiers
Voituriers, îlotiers, média et cité
Je suis parti rejoindre
La canopée.

Une lecture qui aurait dû me laisser des bleus à l'âme et bizarrement m'a fait sourire...

Merci poète !

   papipoete   
26/2/2015
bonjour LeopoldPartisan; la forme "contemporaine" de votre récit me fait davantage penser à un texte en prose, où chaque phrase raconte dans le détail, cette histoire de meurtrissure que vous développez au long de vos lignes. La longueur du texte me freine, et la ponctuation disparate ne m'aide pas à placer mes intonations de voix.
Mais votre cahier à spirales sans âge doit être une relique précieuse, s'il contient tant et tant d'écritures! mais d'autres sujets que ces ecchymoses qui disparaissent de la peau mais restent indélébiles sur le papier.

   Anonyme   
26/2/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Je kiffe :) Pour ce qui est fond, le poème nous transporte tranquillement dans son histoire. La forme est ok, moderne, agréable à lire. A mon avis quelques passages mériteraient d'être retravaillés pour arriver à un résultat meilleur, l'auteur lui-même ne doit pas être sans le savoir.

   Anonyme   
26/2/2015
Bonjour LéopoldPartisan

J’écris Ecchymoses
Oui au pluriel
Et à mon corps défendant
Plus par osmose
Que pour justifier la cirrhose
Dont je ne suis pas près de mourir
Mais qui emporta quelques amis
D’enfance, pour lesquels
En souvenir
De nos enterrements de vie de garçons
J’allai déposer
Avec recueillement
Au pied de leur cercueil
Six baccaras pourpres ou grenat


Quand on écrit de tels vers, on ne peut pas être foncièrement mauvais. ;o)
Je me suis régalé de votre long poème en prose qui illustre bien l'idée que je me fais de la poésie.
Inventive, primesautière, agréable à l'oreille et si possible teintée d'humour.
Ici on en a une bonne ration et j'aime bien quand vous invitez Gide, Verlaine ou Artaud à partager vos délires surréalistes.

J'ai passé un très bon moment.
Et je m'en tire sans ecchymose.

Merci LéopoldPartisan.

   Anonyme   
26/2/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
sacré popol, toujours en plein délire existentiel mais à la fin on voit bien que tu vas vraiment sortir du tunnel. Enfin ton personnage.
Ecchymose moi j'connais que trop bien...
C'est magnifique ce que tu écris là, cette frustration vis à vis des autres, leurs regards. C'est vieille nana qui recite du Artaud, tu ne l'aurais pas un peu emprunté à Christophe sur son dernier album, avec plein de photo polaroid.
t'es vraiment pas "trop" tout ce que "certaine" te reproche.

Moi j'aime bien que finalement on ne soit pas hélas du même bord, et que tu regardes avec ton esthétique les frocs des jolies policières que j'aurais presque voulu qu'en plus elle soit polissonne. T'inquiètes ce sont souvent les moches qui nous reproches de regarder les belles.

courage on t'aime...

   Robot   
26/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
De la belle ouvrage. Je ne prélèverai aucun passage au dépens ou au profit d'un autre. J'ai aimé le dire, en choisissant mes pauses car là il y a eu paresse de votre part (rires) dans la volonté de ne pas ponctuer. Probablement un souci de laisser au lecteur la liberté du parcours mais qui vous a dispensé d'exercer par vous même un choix toujours délicat.

Mon ressenti: Vous avez écrit sur l'insatisfaction.

Reste un texte riche, avec des chûtes remarquable comme celle-ci:

"D’une jeune fille trop morose
Pour s’y intéresser
Et qui un soir prit le voile
Pour s’y pendre"

Un texte qui a du vous donner l'impression - le bonheur ?... - de mieux respirer après être parvenu à la canopée. A moins qu'à nouveau vous ayez fait le choix d'autres insatisfactions pour nous servir prochainement un objet dans cette superbe veine ?

   emilia   
26/2/2015
Des mots pour dire avec une lucidité plutôt attendrissante, dans « cette compassion pour soi » reconnue avec ironie, ces bleus de l’âme, ces « ecchymoses » qui jalonnent le parcours d’une vie à deux, d’une vie familiale et sociale, en évoquant les vers célèbres de grands poètes qui ont pu exprimer avant vous une similitude de sentiments qui aident à dépasser la désespérance, à travers des indices révélant certains états d’âme et une démarche d’écriture comme l’ouvrage de Gide intitulé « Paludes », son voyage au jour le jour entre fiction et réalité, « cette mer où je me noie, ce coup de fusil, cet orage qui m’enlève dans le sillage de vos yeux… » : un message puissant d’Artaud qui rend bien compte de « ces banderilles plantées à même la quille » ou encore le vent mauvais de Verlaine…, pour lesquels le narrateur confie son admiration avec une humilité qui le laisse « coi », qui le pousse à « raturer à l’infini/ et ne jamais oser chausser/ les espadrilles ailées/ tant de l’Arthur que du Paul/… », nous indiquant à quel point ces poètes lui sont familiers, à quel degré d’intensité cette poésie le fait vibrer, celle « qui se hume comme une rose… », celle « qui constelle le ciel de prose et de miel… » et qui vous invite aussi à partir vous ressourcer au cœur de la canopée… ; c’est mon ressenti à vous lire…

   Anonyme   
26/2/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Merci avant tout pour ce grand moment de lecture.
Vous nous avez raconté une histoire et en ce qui me concerne, je ne me suis pas ennuyé. J'ai même trouvé ça extrêmement passionnant. Je me suis littéralement laissé porté par les mots, la situation, les personnages...

Quel beau moment que celui d'assister à cette transhumance à travers cette expérience de la rue ; sorte de réflexion sur notre condition, pour y laisser, au final, après quelques rencontres fugaces, cahiers et souliers, etc. et rejoindre la canopée, plus calme.

Une belle méditation...

   pieralun   
27/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Comment classer ce texte? Petite nouvelle, poésie contemporaine pourquoi pas......
Le fait est que j'ai aimé.
Je l'ai lu d'un trait, le propos reste extrêmement clair malgré les personnages qui naissent plus du rêve que de la réalité.
Surtout, il y a beaucoup de poésie.
La relever partout où elle se trouve serait difficile, le texte est long, mais elle est parfois dans quelques mots, la réaction de la petite vieille est très belle, elle est dans l'association du rêve avec ce qui est de la pure anatomie et qui nous rappelle peut être le fil le plus direct entre la vie décrite par Darwin et l'espoir d'un absolu qui nous domine et nous attend.
Bravo Léopold

   Coline-Dé   
6/3/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
L'incipit annonce la ( les) couleur (s) : ces ecchymoses passent par toutes sortes de nuances. Une pointe d'ironie envers soi-même, des appels à de grands ou moins grands amis disparus, l'intervention de femmes - dommage : celle qui est jeune et pétillante est une contractuelle, alors que celle qui aime la poésie est très vieille... mais
"Souvent l’espace vital entre deux êtres
Qui s’aiment se rassérène
Relevant autant de l’attraction des astres
Que de l’oscillation
Du pendule de Foucault"
ces ecchymoses ne sont pas mortelles ( on l'espère) et la canopée n'est pas le ciel !

J'aime la façon swing dont les thèmes s'enchaînent.
Juste un souci(selon moi ) ici :
"une délicieuse
Contractuelle au regard aussi pétillant
Que ses formes athlétiques
Imprimaient à son inesthétique
Pantalon d’uniforme."
(la construction de la phrase me parait douteuse) Mais
"J’aime la poésie qui nous raconte
Des malheurs en plein soleil"
Moi aussi !

   margezen   
3/11/2015
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Trop long , beaucoup trop long .
Tu aurai du en faire une nouvelle et non un poème. désolé mais ce n'est pas du tout ma tasse de thé .


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