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Poésie contemporaine
LeopoldPartisan : Éclipse
 Publié le 03/07/13  -  8 commentaires  -  999 caractères  -  163 lectures    Autres textes du même auteur

Entre écueil et écaille, il existe toujours un jardin secret où la rosée posera de délicates gouttelettes sur les toiles d'araignées… araignée… quel drôle de nom… pourquoi pas libellule ou papillon…


Éclipse



C’est un pré vert
Bordé à sa gauche
D’un bois de bouleau
Et à sa droite
De mélèzes argentés

C’est un pré vert
Que borde et déborde
Un sinueux ruisseau
Où s’abreuvent bétail
Gibier et passereaux

C’est un pré vert
Où l’été mime et anime
L’indolence du temps
Qui passe et se prélasse
Tandis que nus tous les deux
Nous regardions les nuages
Jouer à saute-mouton
Avec les avions à réaction

C’est un pré vert
Où il fait si bon perdre
Cette virginité
Que voudraient conserver
Jusqu’au bûcher
Les grenouilles de bénitier

C’était un pré vert
Depuis longtemps bétonné
Qu’on aurait pu mieux lotir
C’était un pré vert
Où guerroyer
Était un jeu d’enfant
Où batifoler
N’était plus ni inconvenant
Ni indécent

C’était un pré vert
Qui a pris la clé des champs
Avec mes rêves d’enfant
Mes émois d’adolescent


 
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   Lunar-K   
14/6/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

J'ai vraiment bien aimé ce poème. J'avoue d'abord avoir craint un poème écologique un rien naïf, et puis non, pas du tout. La perspective se précise sous un jour (si on peu dire, avec le titre et la métaphore plutôt bien ficelée qu'il véhicule, à défaut d'être originale) assez inattendu pour moi à partir de la seconde moitié du texte, peut-être même déjà un peu en fin de troisième strophe (passage au passé, certes, mais aussi l'arrivée de la nudité, du jeu et des avions à réactions...).

A partir de là, le "destin" de ce pré vert semble bien se retrouver étroitement lié, non pas tant à l'enfance du narrateur bien qu'il y ait sans doute un peu de cela aussi, mais bien plutôt à la "sauvagerie" de l'enfance, qu'on pourrait aussi peut-être appeler son "innocence", je ne sais pas. Toujours est-il qu'à la civilisation du pré vert comme terrain de jeu infini me paraît répondre la civilisation de jeu lui-même et des sentiments ou des rêves d'enfants et d'ado. Comme un parallélisme entre le béton qui recouvre le pré et une forme de pudibonderie qui cadenasse la liberté et l'émotivité toute enfantine.

C'est pas mal vu je trouve, et plutôt bien amené, avec une écriture très directe et néanmoins poétique, touchante. Je trouve cela fort réussi.

Bravo, et bonne continuation !

   brabant   
3/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour LéopoldPartisan,


Après le Léopold pourfendeur, de sang, de fer et de béton, de néons, et/ou le côtoyant... voici donc le Léopold bucolique à souhait, à regrets, romantique et/ou fleur bleue, qui s'en va voir du côté de Brassens, de Prévert ;) J'ai aimé cette adorable simplicité, témoignage de la vraie poésie, celle qui ne se prend pas la tête, qui ne se paye pas de mots, mais qui explique sans doute ici les fondements et le pourquoi de sa révolte, pourquoi il est devenu un homme de tête...

Et quelque part dans mon com j'ai écrit "adorable" !


Lol

Sniff !

   leni   
3/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Léopold
Ce texte me fait penser à une ballade aux couleurs de la nostalgie
Ici faut pas se casser la nénette c'est tout simple en images J'aime bien "la virginité des grenouilles de bénitiers"et "qu'on aurait pu mieux lotir" Un texte qui coule de source Une émotion que je perçois
Joli Léopold Salut à toi et Merci Leni

   Anonyme   
3/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour LeopoldPartisan.

Bucolique, romantique, nostalgique et tragique... C'est ainsi que je perçois ce poème ! Un joli pré vert, ô combien bucolique qui fut témoin d'un amour romantique avant de connaître une fin bien tragique sous une chape de béton...
Nostalgie quand tu nous tiens ! J'ai bien aimé ce retour au passé et le dernier quatrain sans illusions.

C’était un pré vert
Qui a pris la clé des champs
Avec mes rêves d’enfant
Mes émois d’adolescent...

Merci, ça m'a ramené à mon propre pré qui était encore un poil vert-de-gris, époque oblige !

   fugu   
3/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai bien aimé l'évocation de ce - trou de verdure - simple et touchant où tout est dit clairement et sans tourments.
Par contre, je n'ai sais pas si le petit tacle envers "l'église" dans la 4e strophe était bien nécessaire. C'est juste que je trouve ces 3 derniers vers un peu en décalage avec le reste.

   David   
4/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour LeopoldPartisan,

Une éclipse, c'est quand la lune cache le soleil et là, c'est plutôt comme si un souvenir s'était laissé voir un instant en revenant sur les lieux où il naquit, mais aussi brièvement que cette éclipse. il y a un suspens, une interrogation qui trouve sa réponse au fil des vers, presque un strip-tease :) bref, un bel ensemble qui voisine très bien avec le grand nom qu'on peut entendre dans le vers refrain.

   Anonyme   
17/7/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Ce poème se laisse lire : on se ballade dans ce pré en même temps que le poète. Une touche de nostalgie qui tombe à point. Et des jeux de mots bien trouvés.

Bravo.

   MissNeko   
18/8/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Magnifique.
Somme et d une nostalgie profonde.
J ai adoré


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