Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
LeopoldPartisan : Equateur
 Publié le 18/03/11  -  9 commentaires  -  1826 caractères  -  105 lectures    Autres textes du même auteur

Fou l’Art Noir victime du coup de l’Art Moire


Equateur



Nu, affalé sous ma moustiquaire
J’attends à l’envie la pluie
Comme sous ces latitudes
Peut s’attendre la profondeur de la nuit

Une sueur opiniâtre
Perle sous mes aisselles
Et dévale sur ma peau
Que la lueur casuelle
De la lampe à pétrole
A rendu olivâtre

Si à l’encontre de la mi-journée
Où le silence forcené n’est brisé
Sous les ébéniers et autres okoumés
Que par la soudaineté des averses
Dès les prémisses de la soirée
C’est le charivari d’une faune bigarrée
S’égaillant par essaims ou par nuées
En une cacophonie de quintes et de tierces

Le chanvre anesthésie ma poisseuse libido
Tandis qu’aux rythmes des bongos
Répondant aux chants des griots
Phalènes, glossines et mosquitos
Se télescopent-en d’infernaux crescendos
Mêlant d’extatiques phéromones
À de frénétiques fandangos

Hypnotisé par ces danses morbides
Autour de l’unique source de clarté
Je trouve quasi jubilatoire
Ces suicides collectifs
Dont la crémation d’élytres
Et la consumation d’abdomens
Excitent mes papilles gustatives
En attisant une inextinguible
Soif d’alcools frelatés

Dès la troisième gorgée
C’est une blanche épiphanie
De comètes miniatures
Qui font vibrer mon âme fougère
Aux rhésus capillaires
En mal de cicatrisation
Après les scarifications
De mon écorce terrestre

Lorsqu’enfin
Le coma éthylique me guette
C’est une noire assomption
De bubons et de furoncles
Que les forces émanations
De ma nature dévoyée
Ont réveillée de la torpeur
De cette canopée d’ébène

La nuit a refermé sa peau
Sur les rideaux
De mon inconsistance


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Lunastrelle   
25/2/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je ne suis pas fan de certains passages, par goût personnel, mais je salue le travail de l'auteur de poétiser le tout. Il y a de belles trouvailles, comme ce passage là:


"C’est une noire assomption
De bubons et de furoncles
Que les forces émanations
De ma nature dévoyée
Ont réveillée de la torpeur
De cette canopée d’ébène"


Par contre, y en a un que je trouve trop "chargé". Un peu touffu. Je le cite:


"Le chanvre anesthésie ma poisseuse libido
Tandis qu’aux rythmes des bongos
Répondant aux chants des griots
Phalènes, glossines et mosquitos
Se télescopent-en d’infernaux crescendos
Mêlant d’extatiques phéromones
À de frénétiques fandangos"


Je pense que c'est l'accumulation des idées. Et ça donne une impression d'étouffement. C'est sans doute fait exprès, mais j'attendais plus cet effet sur le fond, et moins sur le vocabulaire...

   wancyrs   
10/3/2011
 a aimé ce texte 
Pas
Je pense fortement qu'on peut utiliser des termes simples pour donner de la force à un thème, ou une description. Ici, à vouloir faire l'étalage d'un vocabulaire non maîtrisé, on se perd en phrasé incohérent et incompréhensible :

"...Dont la crémation d’élytres
Et la consumation d’abdomens..."

C'est quoi cette "consumation" que je ne trouve dans aucun dictionnaire ?

   Lunar-K   
11/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai bien aimé ce poème équatorial et cette atmosphère pesante, moite, qui s'en dégage. Un poème qui met en scène la sorcellerie (l'Art Noire je suppose) et/ou, peut-être, un rite de passage.
En tout cas, c'est très bien rendu par une écriture fort diversifiée et agréable, à l'exception notable de cette quatrième strophe qui m'a semblé particulièrement lourde à cause de cette rime en "o" beaucoup trop présente à mon goût.
Un très bon poème donc, mis à pars cette strophe.

   jamesbebeart   
12/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai bien aimé ce texte qui rend à merveille l'ambiance des tropiques : sueur, alcool frelaté, moustiques, canopée, libido poisseuse. Tout suinte, coule sous ces latitudes... Je relève en particulier : "C'est une blanche épiphanie De comètes miniatures Qui font vibrer mon âme fougère aux rhésus capillaires En mal de cicatrisation Après les scarifications de mon écorce terrestre ". Bref un ressenti plutôt positif.

   socque   
18/3/2011
À part dans la strophe "Le chanvre (...) fandangos", dont j'ai apprécié le rythme et les rimes, et même le fait que la rime soit cassée par "phéromones", je ne vois pas trop ce qu'apporte, en l'occurrence, la disposition en vers ; elle hache la lecture, selon moi, sans apporter de rythmique, de balancement. Je me demande si tout ne coulerait pas mieux en prose (parce que la description est intéressante, ironique, haute en couleurs), à part, donc, la strophe indiquée plus haut.

   Lariviere   
18/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un des meilleurs poème de Léopold, pour moi, pour l'instant...

Entre Hubert Félix THiéfaine et Baschung...

Le ton est trainant, moite, lancinant,... Le style colle bien à la réalité gluante du propos. Dans leur folie structurée, les images sont frappantes et évocatrices de ces choses que l'on capte aussi bien par la vue que par les odeurs, les sensations et les sons et ainsi, qui arrivent, grâce à la mobilisation de tous les sens, à percer bien au delà de la réalité visible.

Dans ce texte, j'aime tout les paragraphes, toutes les images... Il y a une cohérence solide dans la construction et le travail fournis.

C'est un style poétique très "rock français" (au vrai et bon sens du terme…) qu'exploite Léopold maintenant depuis quelques temps... Ça a le mérite aussi de trancher par sa singularité dans l'ensemble des poésies que l'on peut lire habituellement...

Tout en restant sauvage, c'est de plus en plus épuré et canalisé. De plus en plus poétique... Ça commence à porter de bien « jolis » fruits...

Merci pour cette lecture et bonne continuation !

   Anonyme   
18/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un poème vif et lent qui donne bien ce sentiment de chaleur oppressante et moite des tropiques ou de l'équateur.

Des strophes superbes de musicalité pour la plupart.

"Une sueur opiniâtre
Perle sous mes aisselles
Et dévale sur ma peau
Que la lueur casuelle
De la lampe à pétrole
A rendu olivâtre"

Par contre je n'aime pas celle ci totalement banale et fade par rapport aux autres. Les mots choisis sont plats, sans épaisseur, c'est vraiment dommage.

   Coline-Dé   
19/3/2011
On peut certes avoir de la poésie des approches différentes, mais lorsqu'elle est explicative, pour moi, elle perd son essence même.
Ces "que", ces "dont", ces "lorsque", ces participes présent alourdissent inutilement , plombent le rythme et gâchent, à mon sens, l'effet chatoyant que ce beau vocabulaire nous offrait.
Et " casuelle" me semble un anglicisme à proscrire dans un texte poétique.

   David   
28/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour LeopoldPartisan,

Quand j'arrive au "Si" du onzième vers, je passe le reste du poème à en attendre le "Alors" qui devrait lui répondre, est-ce que c'est à comprendre comme :

"Si à l’encontre de la mi-journée
Où le silence forcené n’est brisé
Sous les ébéniers et autres okoumés
Que par la soudaineté des averses
Dès les prémisses de la soirée
(alors)
C’est le charivari d’une faune bigarrée
S’égaillant par essaims ou par nuées
En une cacophonie de quintes et de tierces"

Et je ne suis pas sûr que "à l’encontre de la mi-journée" soit une formulation bien pertinente pour désigner "les prémisses de la soirée" si c'est bien le cas, mais ce n'est pas inintéressant, le mot "encontre" me renvoie à "rencontre" par ailleurs, dans ce poème à une voix.

Le parallèle entre la "poisseuse libido" et la crémation des insectes sur l'ampoule d'une lampe (arg, un halogène ?) ça m'évoque une image de "chair à canons" avec le mauvais jeu de mot, de lubies douloureuses, c'est ce que chantait déjà Cabrel avec "confondre les étoiles et les réverbères" ... de là à dire que ça donne faim et soif, lol.

J'aime beaucoup la strophe suivante "Dès la troisième gorgée", la première est insouciante, la seconde effraie en souvenir de ce que laissa la première, la suivante est alors... résolue à en baver. L'épiphanie en est une drôle d'image de cette troisième gorgée, ça me dirait naïvement "tirer les rois" mais ça peut-être bien plus noire, comme une condamnation, à l'image de "tirer à la courte paille" par exemple, pour savoir qui va s'y coller...

Alors qu'au début, c'est quasiment animal, ça tourne au végétal pour finir liquéfié :

"La nuit a refermé sa peau
Sur les rideaux
De mon inconsistance"

"inconsistance" je l'ai rapproché de "liquide" c'est à la fois un affaissement, renoncer à se tenir droit, mais aussi quelque chose de fusionnel que procure l'alcool, un néant salvateur. Comme un chemin vers cette "équateur" en sorte d'équilibre, de point origine, ou de ligne en l'occurrence, une communion où avec suffisamment de vin, il est toujours "de messe".


Oniris Copyright © 2007-2018