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Poésie en prose
LeopoldPartisan : Fantaisie héroïque : éveil
 Publié le 08/10/15  -  9 commentaires  -  1366 caractères  -  171 lectures    Autres textes du même auteur

S’étonner… Et cela pour tous les matins du reste de sa vie
de s’être seulement réveillé vivant.


Fantaisie héroïque : éveil



S’éveiller parfaitement sain
Parmi des vols de sauterelles, de libellules
Et de quelques rares coccinelles

S’étirer dans les mousses et les lichens
Gorgés d’une rosée acidulée aussi odorante
Que réconfortante

Boire à sa source
Une eau limpide à peine dissimulée
Par quelques massifs de genêts et de bruyères

Écouter parmi les notes graves du vent du nord
Les fragrances légèrement plus aiguës
D’un nouveau souffle chargé du parfum
Des fleurs des champs

S’étonner… Et cela pour tous les matins du reste de sa vie
de s’être seulement réveillé vivant après cette nuit de déferlements de bombes, d’obus et de shrapnels que l’ennemi a concentrés sur lui et sur tous les garçons de sa position en tête de pont

S’étonner surtout de constater, dans l’éclat cette matinée belle et ensoleillée, que la main de l’homme semble avoir perdu toute son emprise sur cette nature généreuse, hier balafrée, défigurée et mutilée… Main de l’homme qui ce matin semble n’avoir jamais existé

C’est alors que le premier de classe, Alcide Pointrectangle, sort de son cocon, déploie ses toutes nouvelles larges ailes et s’envole pour aller rejoindre tous les autres compagnons de son détachement déjà bien occupés à butiner un large massif de pétunias bordés de mimosas


 
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   Mauron   
17/9/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte assez énigmatique mais à la tonalité qui rappelle les Illuminations de Rimbaud, même si ici le vers libre se mêle à la prose. Les infinitifs qui ponctuent le texte et le rythment sont à la fois descriptifs et prescriptifs. Je veux dire par là qu'ils décrivent ce qui est fait mais ils disent aussi ce qui doit être fait. On passe progressivement de l'un à l'autre.
Pour ma part, j'aurais éliminé toutes les alliances de mot faisant cliché ou trop conventionnelles: "eau limpide", "fleurs des champs".
Je pense bien sûr aussi au "Dormeur du val" du même Rimbaud. Ce garçon semble bien trop "sain" pour être en vie et la fin semble confirmer qu'il se trouve "dans un autre monde". Mais là, j'aurais simplifié le propos, j'aurais allégé ces dernières phrases qui me semblent bien lourdes: "S’étonner surtout de constater dans l’éclat cette matinée belle et ensoleillée, que la main de l’homme semble avoir perdu toute son emprise sur cette nature généreuse, hier balafrée, défigurée et mutilée…" La métaphore lexicalisée "main de l'homme" allégorise le propos alors qu'il est question d'un homme qui a un corps, qui a par conséquent des mains...
La chute du texte est intéressante puisqu'on ne sait pas bien si cet "autre monde" est celui d'une utopie terrestre ressemblant aux nôtres ou s'il s'agit d'un paradis qui n'a rien à voir avec celui des Djihadistes...

   papipoete   
19/9/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
au milieu du déferlement de bombes, d'obus que l'ennemi lance sur toute la troupe en tête de pont, comment rester vivant ?
S'éveiller au matin, s'étirer dans les mousses, boire à la source, écouter les notes graves du vent, alors qu'ici l'on meurt !
Comment ne pas s'étonner d'être en vie ce matin, et demain encore peut-être ?
Moment d'existence où chaque seconde fut grappillée sur la mort qui guettait au-delà d'une butte?
Votre poème se termine par une image dont je donne ma vision ( au risque de me tromper sur votre idée ); le soldat Pointrectangle mort au champ d'honneur, ressuscite au sortir d'un cocon, et papillon vole rejoindre feux ses compagnons, en train de butiner un massif de fleurs...

   Condremon   
8/10/2015
Voici un joli chant de printemps pour l'automne
Le miracle du réveil, de la nature, qui ne l'a pas connu est bien triste
Un bémol pour "sur lui" dont je ne sais pas très bien qui il est, sinon très joli
Limpide c'est le mot qui me vient à l'esprit

   Francis   
8/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Faut-il "un déferlement de bombes, d'obus..." pour apprécier la vie simple et tranquille, pour reconnaître le bonheur caché "sous les mousses et lichens gorgés de rosée odorante" ? En vous lisant, moi aussi j'ai pensé au dormeur du val. N'attendons pas le sifflement des balles pour prendre conscience de la beauté fragile, éphémère de la vie sur cette terre. J'ignore si, dans l'au-delà, des milliers de "Pointretangle" inscrits sur nos monuments aux morts ont encore les narines qui frissonnent sous le parfum des mimosas.

   PIZZICATO   
8/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La résurrection de la planète après avoir été " balafrée, défigurée et mutilée…" par la " main de l'Homme " ?
Et la réincarnation en abeille ou papillon de " Alcide Pointrectangle " et tous ses camarades ?
En tous cas, une façon de rendre visible, par de belles images, toutes ces belles choses que l'on ne prend plus le temps de voir et d'apprécier.

   bipol   
8/10/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonjour Léopold Partisan

il est très étonnant

que votre texte m'ai échappé en première lecture

tant il m'a tant charmé ce matin

c'est un hymne

un hymne à la vie

à tout ce qui nous entoure

et qui fait de nous ce que nous sommes

heureux miraculés jouissant de cette chance sacrée

d'être sur ce paradis la terre

votre texte est habillé de somptueuses images

j'ai adoré

   Anonyme   
8/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
« S’étonner… Et cela pour tous les matins du reste de sa vie »

C’est cela qu’il faut sans cesse ne pas oublier !

Je me perds souvent lorsque la Poésie n’est que (sur)faite de mots clean et choc. Mais parfois, comme ici, la prose s’habille d’images sublimes à force de simplicité, et cela m’émeut au-delà du dicible.

Merci infiniment

   Anonyme   
8/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'y vois l'éveil d'un papillon, d'une guêpe ou d'une abeille rejoignant leur contingent, à l'assaut de fleurs pour pouvoir butiner en toute tranquillité, dans une nature florissante..

Le ton est juste et la situation originale.

Bien à vous,

Wall-E

   Robot   
9/10/2015
Ce texte nous parle de la nature, ou plutôt de la vie qui s' éveille allant de son en son, comme une musique. J'aime beaucoup la fin sur cet alcide, référence probable à la métamorphose du papillon "alcides". Toutes les métaphores sont belles en rapport avec l'humanité au travers de cette nature en éclosion.


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