Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
LeopoldPartisan : God bless you !
 Publié le 16/04/21  -  15 commentaires  -  3512 caractères  -  167 lectures    Autres textes du même auteur

Dieu est mort : vive nous les nouveaux dieux !


God bless you !



Dieu est mort
et je l’ai moi-même
enterré à mains nues
dans la tourbe et la glaise
dont il avait façonné Adam
ainsi qu’Ève et son venimeux serpent

Au loin seul le vent
s’est manifesté
en bourrasque
dévoilant ainsi le masque
hagard
de pèlerins affolés
par la propagation
d’une nouvelle épidémie

Dieu est mort et enterré
N’aurais-je dû l’incinérer
plutôt que de le livrer
à cette terre nourricière
qui l’aurait avalé
lui et ses pires créations

Falaises et fadaise
ne vous en déplaise
L’harmonie c’est la vie
qui caracole vers l’envie

J’ai encore fait ce rêve
où je m’éveille
et tente tant bien que mal
de me mouvoir
en l’obscurité
d’une réalité fantasmée
L’électricité est coupée
J’erre tout en me déplaçant
avec difficulté
vers l’abysse du précipice
La peur m’étreint
d’une mort incertaine
aussi belle que vaine…

Mon Dieu qu’ai-je fait ?
Moi le Caïn sans troupeau
à la recherche des chevaux
que cet imbécile d’Abel
a dispersés
et qu’en représailles
j’ai frappé jusqu’au sacrifice
de mon bâton de coudrier
Il a beaucoup souffert
pour retrouver le Très-Haut

Désormais, alors que j’erre
dans les couloirs du métro
après plus de vingt-cinq longues années
de travaux forcés, je repense
souvent à ce frère que je n’ai jamais aimé
Jaloux de cette joie de vie qui l’habitait
de cette insouciance au temps qui passe.

Que ne l’ai-je mieux dissimulé
aux yeux de ce père conscient
de mes errements
de mes révoltes
Et qui pour me punir
m’a placé face à ces responsabilités
que toujours j’avais refusé
d’assumer.

Notre mère a beaucoup pleuré
s’arrachant des mèches entières
de son éclatante chevelure
Elle s’est aussi lacéré
ce beau visage qui irradiait
cette bonté que je n’ai jamais
voulu voir de mes yeux
d’assassin en puissance

J’ai dès lors pris la fuite
les abandonnant à ce chagrin
qui tellement me pesait
pour oser les regarder
en face

Pour retrouver un peu de paix
je n’ai pas été nager avec les dauphins
j’ai plutôt fréquenté les requins
Créatures sublimes et dangereuses
Qui ne s’attaquent qu’aux plus faibles
J’ai perdu avec eux le peu de foi
qui me restait
Quel est ce Dieu pervers narcissique
créant ciel, terre, créatures vivantes
et arbre de la connaissance
du bien et du mal ?
Mirage de sa propre image
dont il nous envoya son fils
pour racheter le péché originel
que lui-même avait initié…

De bas-fonds en bas-fonds
combien d’anges déchus
n’ai-je pas vu

La lie de la lie
en toute perfidie
en toute ignominie
et puis la souffrance
cette souffrance de tant d’errance
maladie, épidémie, pandémie
homonyme, héroïne, home-jacking
coca, sida et coule l’armada

Dieu dit : « Tu ne mentiras pas, tu ne tueras pas »
mais Dieu dit : « Tu mentiras et tu tueras…

seulement pour Moi »

Dieu est mort
et je l’ai moi-même
enterré à mains nues
dans la tourbe et la glaise

J’aurais tant aimé l’assassiner
de mes propres mains
juste avant qu’il n’ait décidé
de se suicider


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Miguel   
31/3/2021
 a aimé ce texte 
Pas
Il n'y a pas que Dieu qui est mort, l'orthographe aussi apparemment. Cette logorrhée interminable relève davantage du divan du psychologue que de la poésie. Toute la lie du monde y est étalée dans une espèce de rage un peu effrayante. Mais tant que l'auteur s'en tient au fantasme de tuer Dieu ...
Peut-être n'ai-je pas bien compris ce texte.
Miguel, en EL

   bipol   
16/4/2021
Commentaire modéré car assimilant auteur et narrateur, et très succinct dans son argument par rapport au texte.

   inconnu1   
16/4/2021
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Bon, je suis bien ennuyé car je ne commente que les poésies classiques et contemporaines. Je n'ai pas le recul pour commenter les poésies libres ou en prose, ne ressentant la poésie que par sa musicalité (donc rythmée et rimée). Donc là, je suis ennuyé car je vois une poésie qu'on dit contemporaine mais qui est très proche d'après moi d'une poésie libre. Je sais qu'on me reproche de beaucoup trop insister sur les règles de catégorie et de trop porter mon jugement sur les aspects techniques, mais si ici il y a parfois des rimes, j'ai l'impression qu'elles arrivent un peu par hasard et ne sont pas suffisantes pour apporter la musicalité qui pourrait me plaire.

Pour ce qui est du fond, je serai assez d'accord pour dire qu'en dehors d'un cri déchirant que certains peuvent peut être apprécier, j'y vois surtout des règlements de compte familiaux et ne connaissant pas les circonstances de votre vie, je ne peux qu'écouter d'une oreille distraite

Désolé mais sans doute, d'autres seront plus sensibles à votre cri de souffrance. Je ne suis pas contre la poésie en tant que modalité d'expression, el desdichado est un de mes poèmes préférés, mais De Nerval l'avait présenté dans un écrin qui faisait que contempler l'écrin pouvait suffire au spectateur

Maintenant si en tant que lecteur je n'ai pas apprécié, en tant qu'être humain je compatis et j'ai de l'empathie, en espérant que d'avoir écrit tout cela vous a été utile

Bien à vous

   Ligs   
16/4/2021
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Bonjour,

Commencer un texte par une formule célèbre d'un philosophe charismatique, dans laquelle se trouve presque toute l'essence de sa philosophie, c'était risqué... d'autant que Nietzsche était un écrivain hors pair. Du coup j'attendais un travail sur la langue, et une philosophie "à coups de marteau"...

Mais je ne vois pas le rapport ici...
Il semble s'agir d'histoires de famille, je ne comprends pas vraiment, et ne ressens rien à la lecture... il y a beaucoup de jeu avec les sonorités, chose que j'apprécie en temps normal, mais du coup je passe un peu à côté, car je n'en perçois pas le sens...
Il y a probablement beaucoup de choses que je ne comprends pas, et j'ai vraiment le sentiment de passer à côté du texte... je ne livre que mon point de vue de lecteur...

   papipoete   
16/4/2021
 a aimé ce texte 
Pas
bonjour Leopold
" Je n'aime pas Dieu ; lui en veux tellement que je l'ai assassiné de mes propres mains... "
Un dieu sans doute, il y en a tellement qui se proclament Sauveur... de quoi, de qui en autorisant la main qui torture, qui viole, qui tue de Charlie aux terres de Daesh...
L'autre, celui que l'on prie pour que l'un guérisse, l'autre qu'il revienne, pour qu'enfin vienne la pluie... ne peut être tué ; il n'a pas forme humaine, mais existe dans l'esprit de ceux que seul l'amour anime.
NB un texte qui pourrait offenser qui croit, mais ne demande pas d'être cru... il existe encore sur terre des " abbé Pierre, des mère Emmanuelle, des amis fort pieux "
" God bless you " paraît, c'est qu'il plût ? mais en ces temps-ci, la mer est agitée...peut-être faudrait-il la laisser se calmer ?

   ANIMAL   
16/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Je trouve ce texte très profond même s'il peut choquer j'imagine.

J'ai d'abord eu l'impression de retrouver l'histoire d'Abel et Caïn en des temps plus modernes, mais je vois là-dessous une réflexion philosophique : "comment Dieu pourrait-il être encore vivant avec tout ce que l'on voit de malheur et d'horreur sur cette Terre ?"

Mon impression est illustrée par ce passage :

"La lie de la lie
en toute perfidie
en toute ignominie
et puis la souffrance
cette souffrance de tant d’errance
maladie, épidémie, pandémie
homonyme, héroïne, home-jacking
coca, sida et coule l’armada"

Si un seul passage devait résumer ce poème, pour moi ce serait celui-ci :

Dieu dit : « Tu ne mentiras pas, tu ne tueras pas »
mais Dieu dit : « Tu mentiras et tu tueras…
seulement pour Moi »

C'est sans équivoque.

Malgré tout je trouve le texte un peu trop long et touffu. Le propos simplifié eut sans doute été plus perceptible. Pourquoi ne pas en faire une chanson à texte ? Il y a la matière pour.

   Lariviere   
17/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut Léopold,

Oui, Dieu est mort, on le sait depuis Nietzche, mais on ne savait pas qu'il s'était suicidé, remarque, ca ne m'étonne pas tant que ça...

J'ai bien aimé ce texte qui mélange les références anciennes d'Abel et Caïn avec nos vies de damnés modernes. Le ton est cru et cruel, moi ca me va...

Le libre est bien adapté pour laisser libre cours au rythme et à la métrique et aux apparentes digressions...

Merci pour cette lecture !

   dream   
16/4/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
« Dieu est mort ! ». A l’instar de Nietzche, l’auteur qui devait être très croyant au départ, doute à présent. Disons que c’est un athée mystique qui est dans la négation de la vie. Il s’aperçoit tout à coup que les hommes sont devenus petit à petit esclaves et soumis à la religion, l’éducation, la politique et à toutes les institutions. Pour lui, tout n’est qu’hypocrisie, mensonge, paraître, lâcheté et compromission interdisant toute réflexion personnelle, donc entraînant par là même, une chute inexorable vers un enfer certain.

Eh ! Dites-moi, ça ne rigole pas trop en ce moment sur notre site préféré. Malgré le beau soleil qui perce mes vitres, je vais quand même aller faire une petite sieste car je sens qu’une grosse déprime me gagne. A tout bientôt !
dream

   Charleter   
16/4/2021
On peut tout oser sur le Dieu Chrétien, sur d'autres c'est plus risqué.
Je sais que le blasphème n'est pas délictueux, mais sur un site de poésie on devrait éviter d'agresser les religions, par respect de l'Autre.
Disons que -Errare humanum est-, en sachant que Perseverare diabolicum.

   Robot   
16/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai trouvé intéressant ce récit qui développe un cheminement dans le domaine religieux. Le narrateur ne nie pas Dieu. Il l'a simplement enterré parce que son enfance en a souffert du fait de la pesanteur mystique familiale qui l'a poussé aux excés.

Je peux me tromper sur l'interprétation.

Je regrette cependant un trop long développement par moment comme si le narrateur voulait absolument donner une justification à son acte mal assumé peut-être.

   Corto   
16/4/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Il fallait oser écrire ce texte philosophico-sentimental, où l'auteur fait œuvre de re-création face au monde que certains disent créé par Dieu.
Les formulations sont souvent originales, significatives d'une pensée et d'un bouillonnement intérieur.

Je relève volontiers "Dieu est mort / et je l’ai moi-même / enterré à mains nues" en tant que mise en bouche sur ce chemin très construit.
Bien sûr la strophe "Falaises et fadaise / ne vous en déplaise / L’harmonie c’est la vie / qui caracole vers l’envie" sert de transition pour aller vers la description "d’une réalité fantasmée" pour une identification à Caïn réglant son compte à Abel dont le narrateur savoure qu'il a "beaucoup souffert pour retrouver le Très-Haut", sans regret lorsque "je repense souvent à ce frère que je n’ai jamais aimé".

Vient ensuite la déclaration inexorable: "Quel est ce Dieu pervers narcissique / Mirage de sa propre image / dont il nous envoya son fils / pour racheter le péché originel / que lui-même avait initié…" complété plus loin par "Dieu dit : « Tu mentiras et tu tueras…seulement pour Moi »".

En contrepoint à ce développement digne de l'Antéchrist le narrateur se situe au milieu de ce tourbillon dramatique où il "erre dans les couloirs du métro après plus de vingt-cinq longues années de travaux forcés", et évoque sa mère "qui irradiait cette bonté que je n’ai jamais voulu voir de mes yeux d’assassin en puissance".

Le cheminement tourmenté et insupportable se conclue par cette conviction véhémente:
"Dieu est mort
J’aurais tant aimé l’assassiner
de mes propres mains".

Ce texte remarquable est fort bien construit. Il mêle conviction argumentée et vécu personnel. Il s'appuie sur des formulations fortes et précises.
Certains s'estimeront choqués.
J'y vois surtout une option, une argumentation intéressante, un vécu bien exprimé dans un tourbillon de sentiments et de souffrance qui ne cherche pas de soulagement dans un divin quelconque.

Mieux: le narrateur se fait lui-même créateur, affirmant ainsi que la nature profonde de l'homme est de créer par lui-même.

Bravo à l'auteur.

   Capry   
16/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Merci pour ce beau poème !

Je vous l'avoue, je ne peux le lire en entier mais je suis emportée par des vers si beaux par ce qu'ils amènent
Tel ce passage
"où je m’éveille
et tente tant bien que mal
de me mouvoir
en l’obscurité
d’une réalité fantasmée"

Votre écriture sait se saisir des éléments qui flottent dans l'air. On ressent ici, l'âme du poète, celui qui sait nommer l'invisible, celui qui donne corps à l'abstrait.
"vers l’abysse du précipice
La peur m’étreint"

"Au loin seul le vent" que je lis comme linceul, c'est remarquable !

Par contre, je heurte sur la 6ème strophe et un peu la suite.
Ce poème mériterait des chapitres pour être apprécié à sa juste valeur ou des coupures visuelles dans la lecture.

Merci

Capry

   Eclaircie   
17/4/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour LéopoldPartisan,

Je n'ajouterai rien d'original à la belle en-volée de commentaires, mais je ne peux laisser cette composition s'enfoncer dans les archives, dans le ventre d'oniris, sans lui offrir mon obole.

Proposer un titre en anglais (je ne comprends pas du tout l'anglais, ou si peu), un relativement long poème et parvenir à m'intéresser de A à Z , je ne pensais pas que ce soit possible ce matin.

Pas envie d'entrer dans le détail , j'ai apprécié la mise en page, en forme, le contenu.
Les jeux des sens et des sons, pour maintenir le lecteur dans un état d'éveil nécessaire.
Paroles et musique en harmonie.

merci du partage,
Éclaircie

   fried   
19/4/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
Personne ne sait si dieu existe ou a existé alors dans le doute...
ça me fait sourire
si il n'est pas mort pour de bon il viendra surement vous tirer les oreilles
cela mis à part, j'aime beaucoup les six premières lignes, ça sonne bien.
la deuxième partie révèle un lien avec l'actualité COVID
après apparaissent Cain et Abel je suis plongé dans le récit biblique
et il est rattaché à notre réalité, par une histoire de famille toute personnelle.
à la fin "J’aurais tant aimé l’assassiner
de mes propres mains
juste avant qu’il n’ait décidé
de se suicider"
ça vient contredire les lignes précédentes, on est donc dans un délire ou une colère. J'imagine quelqu'un d'affligé par désastre causé du covid.
Personnellement je ne pense pas qu'un dieu se mêle des affaires des hommes en bien ou en mal sinon il y a longtemps qu'on filerait droit et doux comme des agneaux.
Pour le poème j'ai été saisi au début mais me suis perdu après dans une histoire compliquée.

   Yannblev   
20/4/2021
Bonjour Léopold,

C’est peut être un tantinet longuet pour répondre à une éternelle question : « mais qu’est-ce que j’ai fait au bon dieu pour mériter tout ça ? » …
un peu long et pas facile à lire parce que dans ce « tout ça » on se perd un peu ou du moins, d’emblée, on n’a pas trop envie de s’y attarder.

Cette écriture jetée, criée, avec humeur pour être contemporaine (pourquoi pas ?) me semble personnellement assez peu poétique. Quelques rares assonances, voire des rimes riches, ne suffisent pas ici à rythmer la parole.

Il y a pourtant indubitablement chez l’auteur une émotion débordante qui semble l’avoir dépassé dans sa composition. Il n’a a priori pas cherché à finasser avec la prosodie, donnant sans doute priorité absolue au fond aux dépens de la forme et même si il semble que la maîtrise du propos lui échappe parfois, c’est un parti-pris qui se conçoit. En admettant ce principe et en relisant à cette aune, le texte tient mieux… reste pour moi que Dieu étant rarement dans mon esprit, toute métaphysique y compris blasphématoire ne m’interpelle pas facilement : j’ai toujours du mal à tuer un Dieu dont j’imagine mal l’existence… cela me tient forcément à distance de ce genre de propos et donc a fortiori quand poétiquement je n’y trouve pas mon compte.

merci pour la réflexion


Oniris Copyright © 2007-2020