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Poésie libre
LeopoldPartisan : Manifeste de la perte du goût…
 Publié le 09/02/21  -  10 commentaires  -  4727 caractères  -  92 lectures    Autres textes du même auteur

Peut-être le résultat d'une dépression post-traumatique.


Manifeste de la perte du goût…



J’ai perdu le goût
de te suivre par monts et par vaux
dans les fougères
et les pins centenaires

J’ai perdu le goût
de t’écrire des sonnets
en alexandrins
en rimes et en pieds-de-nez
Avais-je encore les pieds nickelés
pour oser décrire ta jupe légère
se retroussant au vent d’automne
me découvrant tes fesses
altières et si bien galbées
que pour elles je me serais damné

J’ai perdu le goût
de la prière et de ses mystères
où la Vierge Marie
défèque dans les nuages
et pompe l’ange Gabriel
aux portes du paradis
Sucer n’est pas tromper

J’ai perdu le goût
aux anathèmes et aux blasphèmes
d’un prophète et d’une nymphette
tout juste pubère
qu’il vendra au plus offrant
de ses cavaliers prédicateurs
lui offrant en holocauste
les têtes des mécréants
des non-croyants

J’ai perdu le goût
de boire et d’y croire
en ce moi intrinsèque
reconnu de son vivant
et acclamé en rédempteur

J’ai perdu le goût
de tes seize ans
Violent printemps
à la nature adolescente
qui veut le monde
et le veut maintenant

J’ai perdu le goût
de tes vingt ans
paradoxe vivant
qu’alors que soufflent les vents
tu les affrontes nue et menue
Appelant à la rescousse
l’anticyclone des Açores
ce n’est du désespoir
le plus noir
que peut renaître l’espoir
Vents contraires, naufrage
et au bout du tunnel la lumière
qui pour beaucoup s’éteindra
Épuration ethnique
de la connerie obscurantiste…
Hélas combien resteront
une dizaine, une quinzaine
peut-être moins
et dès lors
ne survivra qu’une vision du bien
altérée par la consanguinité
d’une véritable beauté
diaphane et déjà fanée

J’ai perdu le goût
de toi
J’ai perdu le goût
de moi

Nager jusqu’à la nasse
et revenir couvert de perles
de cela aussi j’ai perdu le goût
Comme d’être l’obligé
d’un puissant qui me répudiera
comme une vulgaire putain

J’ai ainsi perdu le goût
d’offrir mon derrière
pour quelques secrets de pacotille
d’offrir mes arrières
et voir ainsi des fidèles
mourir sous la torture
afin de ne pas dévoiler
leur plus noirs dessins

J’ai perdu le goût
des conspirations et des intrigues
j’ai perdu le goût
de mes semblables
veules et lâches
comme le venin
inoculé
aux fidèles morts
pour préserver un secret
dont j’ai aussi perdu le goût
J’ai perdu le goût
du carré de l’hypoténuse
D’une armée se revendiquant
d’une race pervertie et blanche
J’ai perdu le goût
de ces sacerdoces païens
de ces autodafés
d’intellectuels
ayant toujours préféré
la prosaïque sodomie
au sacre de l’utopique vérité

J’ai perdu le goût
de toi et des choses simples
comme nager nu dans l’Adriatique
parmi les anémones
et les balles perdues
d’une guerre que l’on n’avait
pas vu venir
Le goût de nos baisers salés
et de ton corps de braise
que seule Tendre Violette
couchée dans les blés
et les fougères égalait en volupté

J’ai perdu le goût
de mes rêves en éternel exil
où je me battais pour toi,
avec toi et contre toi
longue, longue, longue lande
lente, lente, lente langue
tourbière et bruyère
à l’été assoupis
à l’hiver endormis
départ d’un feu de broussailles
chute sans gravité dans la rocaille
J’ai léché avec délectation
ton genou écorché
et séché tes larmes
à la saveur d’un soupçon
où peut-être je t’avais poussée
pour mieux t’enlacer

J’ai perdu le goût
de cette poésie contemporaine
qui ne fait que ressasser
en de biens inutiles fredaines
d’amours perdus et de plaisirs
retrouvés
paraphrasant d’illustres aînés
morts comme certains encore
aujourd’hui en dehors du sérail
et dont la reconnaissance
ne se fera qu’à titre posthume

J’ai perdu le goût
du doute et du dégoût
de ton instinct imprévisible
de tueuse à la beauté glaciale
pourtant aussi fragile qu’une poupée
de porcelaine à la blancheur
d’un marbre de Carrare
dentelle volatile et diaphane

J’ai enfin perdu le goût
de ce soleil levant
à travers les persiennes
irisant les rizières de Birmanie
et la jungle de Malaisie

Tioman mon amour
t’inquiète je reviendrai un jour…


 
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   Gemini   
31/1/2021
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Beaucoup trop long.

Le texte s'éparpille en pensées heurtées qui pourraient s'allonger à l’infini, mais qui auraient dû être plus resserrées afin de mieux convaincre le lecteur de ce mal-être sentimental.

On se doute que si le texte est adressé à une personne particulière (je me suis dit que Tioman existait et que ce n'était pas qu'une île), elle aura beaucoup plus de facilités à visualiser les situations ou à remettre les choses en perspective à l’aide de souvenirs communs. Mais pour un lecteur lambda…

Il y a pourtant dans certaines envolées une réelle poésie, mais je la trouve gâchée par des rajouts intempestifs, du remplissage inutile où parfois la perte de goût se change en dégoût, mépris ou rancœur contre, pêle-mêle : la Vierge Marie, un prophète, un puissant, les semblables, les intellectuels et la poésie.

Et puis cette anaphore qui martèle au lecteur cette infirmité mal vécue, sonne comme un aveu de l’auteur à n’avoir que l’arme du débit (verbal) pour convaincre.

Un empilement qui finit par lasser, à mon goût.

Quelques petites fautes d’orthographe. Desseins, nager nus, acclamé, préféré…

   Donaldo75   
31/1/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

Il y a de la puissance dans ces vers jetés sur le papier devant les yeux du lecteur. On n'accroche ou pas, je pense, car la longueur de l'ensemble, l'éparpillement des images dans des strophes toujours puissamment exposées, peuvent irriter le lecteur le plus rigoureux, celui qui aime l'économie de mots ou plutôt devrais-je dire, n'aime pas le gaspillage de vers pour exprimer finalement la même chose. Entre les deux mon cœur balance et même si je reconnais la force des vers, la puissance lyrique de ce poème, je ne peux pas nier qu'il mériterait plus de rigueur.

Pourtant, j'ai bien aimé parce que sur cet espace littéraire pour nous les écrivains et poètes amateurs, ce type de poésie emportée, emballée, lyrique à l'extrême, manque trop souvent à l'appel, remplacée par des textes moins risqués, plus inspirés par la prosodie et ses règles que par la poésie et ses élans passionnés.

Vive la passion ! Que Maïakovski détrône une instant Mallarmé !

Merci du partage.

   Robot   
31/1/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce poème exprime un pessimisme violent. Il dit avec force les désillusions, je dirais même le désespoir à peine atténué par le dernier vers.
Le "je" de la narration renforce encore la frappe de ce texte libre dont la longueur ne m'a jamais rebuté tant je me suis laissé prendre par l'intensité expressive.
Un texte que j'ai pris comme un uppercut.

   Pouet   
9/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut,

comme des vers au fil de la pensée effilochée, des mots comme un tunnel de lumière asphyxiée.

S'en échappe une indiscutable "vérité".

Ma préférence pour cette strophe:

"J’ai perdu le goût
de mes rêves en éternel exil
où je me battais pour toi,
avec toi et contre toi
longue, longue, longue lande
lente, lente, lente langue
tourbière et bruyère
à l’été assoupis
à l’hiver endormis
départ d’un feu de broussailles
chute sans gravité dans la rocaille
J’ai léché avec délectation
ton genou écorché
et séché tes larmes
à la saveur d’un soupçon
où peut-être je t’avais poussée
pour mieux t’enlacer"

Certainement qu' au final il y a ici "à boire et à manger", mais comme de toute façon on n'en sent plus le goût...

   Kekedi   
9/2/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Qu’elle invite de départ.
« J’ai perdu le goût
de te suivre par monts et par vaux
dans les fougères
et les pins centenaires »

Vous nous entraînez à vous suivre en nous disant le contraire.
J’ai aimé votre perte du goût qui finalement ne dit rien d’autre que vous êtes encore plein de saveurs (de ressentiments ?) qui ne demandent qu’à être partagées.

Autant je trouve le texte globalement fluide, je trouve la strophe qui commence par « J’ai perdu le goût des tes 20 ans » plus difficile à lire et à comprendre que les autres. Peut être moins achevée que les autres.

Merci encore pour ce partage. Et croyez en vous pour demain.

Dominique

   hersen   
9/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je dis, moi, que quand il y a un tel souffle dans une poésie, il y a encore du goût pour quelque chose. Sa propre vérité sans doute, à chacun la sienne, il faut parfois toute une vie pour mettre le doigt dessus.
je lis ce texte comme une quête extraordinaire, car pointer la perte de ses goûts, c'est ne les avoir pas oubliés.
Et l'oubli est la pire perte de goût, agusie mentale.

J'ai beaucoup aimé lire ce poème, très bien balancé sans ponctuation, ce qui cadre avec le propos.

Merci de la lecture.

   papipoete   
9/2/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Leopold
J'ai perdu le goût...de quoi ? de tout !
Le goût au bien, celui du mal ; même le blasphème ne m'intéresse plus, et la " Sainte Vierge peut déféquer dans les nuages, et s'envoyer l'Ange Gabriel " , je m'en fous !
je n'ai plus goût à rien...
NB pas tout-à-fait à rien, quand je lis dans la 13e strophe " j'ai léché ton genou écorché et séché tes larmes... ) peut-être pas grand-chose, mais quand-même cette ligne...
Bien sûr, un poème au kilomètre, mais qui se lit sans ennui ( déconseillé à grenouille de bénitier ), et cette petite lumière citée plus haut, que je rattache directement aux deux vers de clôture.

   Corto   
9/2/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quel souffle ! Quel élan !
Un long poème qui vous laisse ébouriffé et pantelant devant tant d'évocations.
Une démarche qui passe à la râpe et à la paille de fer tant de bienséances, d'habitudes compassées, de mythes utilisés à tort et à travers, de règles usées et pourtant maintenues sur leur piédestal.
Des élans qui confortent le cap et une boussole d'énergie qui servira encore et toujours à progresser vers un horizon idéalisé dont il sera toujours temps d'observer les limites.
Un idéal qui donne la force, celle composée de souvenirs, de convictions et de volonté.
Bravo pour ce cheminement si bien décrit, avec des mots puissants.

   Lebarde   
9/2/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Leopold

Beau fatras, mais fatras quand même, que ce long, bien trop long texte à mon goût pour tenir en éveil mon attention jusqu'au bout.

On y retrouve pêle-mêle, de belles idées mais aussi beaucoup de sujets disparates, parfois un tantinet provocateurs dont certains un peu abscons alourdissent inutilement le propos.

J'ai vainement tenté de trouver une organisation dans l'écriture, un fil conducteur dans les thèmes abordés, que la seule répétition de "J'ai perdu le goût" en tête de strophes n'arrive pas à créer vraiment.

J'ai pourtant bien aimé certains passages où le sentiment et la poésie sont là:

"J’ai perdu le goût
de tes seize ans
Violent printemps
à la nature adolescente
qui veut le monde
et le veut maintenant"

"...J’ai léché avec délectation
ton genou écorché
et séché tes larmes
à la saveur d’un soupçon
où peut-être je t’avais poussée
pour mieux t’enlacer"

d'autres un peu moins.

Après un retour (pour vérifier !) sur vos publications précédentes, je sais que vous avez votre style d'écriture, bien à vous, que je n'ai nullement l'intention de juger mais qui est très éloigné du mien.

Merci Léopold pour ce partage.
Mais si vous pouviez faire un peu plus court la prochaine fois .....
En fait, je n'ai rien dit et exprimez-vous comme vous le sentez, c'est votre droit d'auteur le plus absolu.

A bientôt

Lebarde

   Arsinor   
14/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Vous n'avez pas perdu le goût de l'anaphore et elle est bien maniée ici, pour introduire une liste d'images. Je croyais que vous nous parleriez du covid. La perte de l'usage des papilles n'est pas moins grave que la dépression. Je ne sens pas la dépression ici, c'est plutôt un double de *L'Écclésiaste*, en dépit du blasphème de nos jours très convenu. Mon commentaire n'est pas passionnel pourtant j'ai adoré, car certains vers sont très inattendus.


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